Après la fuite précipitée des bandits et de leur victime, je reste immobile un moment, essayant de rassembler mes pensées. Puis, prenant mon courage à deux mains, je décide de vérifier ce que contient le sac en cuir que je viens de recevoir en plein visage.
Comme je le craignais, à la suite de cette rencontre douloureuse, le sac est rempli de pièces d’or et d’argent. Même sans connaître la valeur exacte de la monnaie dans ce monde, il me semble qu’il s’agit d’une somme considérable, peut-être même une petite fortune.
… Ça explique pourquoi ça faisait si mal.
En comptant avec attention, je découvre que le sac contient 5 pièces d’or, 48 pièces d’argent et 114 pièces de cuivre.
Franchement, c’est un miracle que je n’aie pas été blessée après avoir reçu un objet aussi lourd en plein visage. Le propriétaire de la calèche essayait probablement de négocier sa vie avec ces brigands. Puis, alors que j’arrivais, il m’a jeté la première chose à portée de main sans vraiment réfléchir… Ça me fait bouillir de rage d’y repenser.
Bien que ça ne soit pas intentionnel, lancer quelque chose sur la personne qui vient de vous sauver… avant de s’enfuir… Oui, ma colère me semble justifiée. Alors, je vais considérer cet argent comme des dommages et intérêts. De toute façon, je ne vois pas comment je pourrais le lui rendre.
Après cette conclusion, je place quelques pièces d’argent et de cuivre dans la poche de ma robe et mets le reste dans mon inventaire.
Maintenant, que dois-je faire ? Vu les réactions de tout à l’heure, même si je rejoins une ville, il semble peu probable que l’accueil soit chaleureux.
Mieux vaut qu’ils me craignent et s’éloignent plutôt qu’ils n’essaient de m’attaquer… Mais je ne tiens pas non plus à vivre loin des gens et de la civilisation. Je ne connais aucune technique de survie, et même si c’était le cas, je doute qu’elles me soient utiles dans un autre monde. En fin de compte, trouver une ville reste ma meilleure option pour survivre.
Si seulement je pouvais contrôler ces compétences encombrantes…
Non, attends une minute.
Les bandits et le propriétaire de la calèche n’ont eu l’air effrayés qu’après m’avoir regardée dans les yeux. Ça signifie que l’effet terrifiant ne vient pas de moi, mais seulement de mes yeux. Je mettais ces deux compétences dans le même panier, mais en réalité, l’effet moindre sur les humains ne concerne que l’Aura Maligne. Quant au Regard Maléfique, il semble bien plus puissant…
Si l’Aura ne pose pas de vrai problème et que ça se limite au Regard Maléfique, alors je connais peut-être une solution. Le regard maléfique nécessite un contact visuel, donc tant que j’évite de croiser le regard des autres, l’effet ne devrait pas se produire.
Heureusement, ma robe dispose d’une capuche, donc en couvrant bien mes yeux, je serai peut-être seulement perçue comme légèrement inquiétante… du moins je l’espère.
Je ne peux pas nier que ce ne sont que des suppositions, mais faute de mieux, je dois poursuivre ma quête d’une ville, comme prévu. Reste à savoir dans quelle direction aller…
« … Allons par là. »
Je vais prendre la direction opposée à celle empruntée par la calèche. Je devrais atteindre des habitations dans les deux sens, mais impossible de savoir quel chemin sera le plus court. Les probabilités semblent égales, donc j’ai une chance sur deux. De toute façon, l’idée de tomber à nouveau sur le propriétaire de la calèche ne présage rien de bon. Autant prendre l’autre chemin.
Ainsi, je reprends ma route.
◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆
Sans montre pour confirmer l’heure exacte, j’estime avoir marché environ deux heures avant que la forêt ne laisse place à cette vaste plaine herbeuse déployée devant moi.
Normalement, je devrais déjà me sentir épuisée, mais grâce à l’amélioration de mes capacités physiques, je ne transpire même pas.
La route traverse la plaine et, bien que lointaine, j’aperçois une ville entourée de murs. Elle semble assez imposante. De là où je suis, ça me prendra sûrement encore une heure pour y arriver.
Après m’être assurée de l’absence de créatures dangereuses dans la prairie, je me dirige vers la ville.
En me rapprochant, je vois un portail avec un petit bâtiment à côté et quelques personnes et calèches faisant la queue devant l’entrée. Discrètement, je me place derrière eux, tendant l’oreille pour glaner des infos. Comme je ne connais rien à ce monde, je ne sais même pas comment on entre dans une ville.
Les marchands en charrette montrent une carte aux gardes et font vérifier leur chargement. Les piétons, tout comme les marchands, montrent une carte ou paient une pièce d’argent pour recevoir un morceau de bois en échange.
La carte, ça doit être un genre de pièce d’identité. Ceux qui n’en ont pas peuvent passer en payant une pièce d’argent. Ça semble un peu léger comme sécurité, mais ça m’arrange.
J’attends mon tour en tenant fermement une pièce d’argent dans la poche de ma robe.
« Prochain… juste une personne ? »
« Oui. »
C’est mon tour. Je m’avance vers le garde. Mon cœur bat fort, mais j’essaie de ne pas le montrer. Heureusement, j’évite tout contact visuel grâce à la capuche couvrant mes yeux et il ne semble pas remarquer mon stress.
« Une femme, hein. Vous avez une preuve d’identité ? »
« Non. »
« Alors vous devez payer une caution et nous vous délivrerons une plaque d’identité temporaire. La caution est d’une pièce d’argent. »
Il s’agit d’une caution et non d’un péage, apparemment. J’attrape une pièce d’argent dans ma poche et la lui passe en me demandant s’ils me la rendront vraiment quand je sortirai.
« Je confirme avoir reçu le dépôt. Nous vous rendrons la somme en échange de la plaque d’identité temporaire, lorsque vous quitterez la ville. Même si vous obtenez des papiers officiels en ville, assurez-vous de ne pas jeter votre plaque temporaire. »
« D’accord… Comment puis-je obtenir des papiers officiels ? »
« Vous venez d’un village à la campagne ? Le moyen le plus rapide est de s’inscrire à la guilde des aventuriers et d’obtenir une carte d’aventurier. Sinon il reste aussi l’église et la guilde des commerçants, mais pour la première, faut être résident de la ville ou un fidèle, et la guilde des commerçants n’accepte que les marchands et négociants, donc cela ne vous concerne probablement pas. »
Eh bien, quelle que soit la façon dont on me regarde, je ne ressemble pas à une marchande.
Je ne vois pas son visage, mais ce garde est plutôt sympa. La guilde des aventuriers, l’église, et la guilde des commerçants ; je sais maintenant que la ville possède au moins ces établissements.
« Bon, voici votre plaque d’identité temporaire. Assurez-vous de ne pas la perdre. »
« D’accord. »
Je prends le morceau de bois qu’il me tend et le glisse dans la poche de ma robe avant de passer le portail.
La ville est plus ou moins circulaire, avec une grande rue qui part du portail où je suis entrée, traverse la place centrale et mène au portail opposé. Je ne suis pas sûre des directions, mais d’après ce que j’entends, je suis arrivée par l’entrée Est. Il y a aussi un portail Ouest et un Sud. Pas de portail au Nord, juste le manoir du seigneur qui gouverne cette ville, qui, d’après ce que j’entends, s’appellerait Rimmel. La rue principale et une autre qui la coupe à angle droit semblent être les axes principaux. La grande rue est bordée d’échoppes et de boutiques, les résidences restant généralement situées un peu plus loin de la grande rue.
En marchant, j’observe les stands et les magasins pour me faire une idée des prix. Les stands dans la rue n’utilisent pas d’étiquettes ; il faut demander au vendeur pour connaître les prix. Par contre, les magasins disposent d’étiquettes de prix en bois.
– Deux fruits de la taille d’un poing pour une pièce de cuivre.
– Un pain, ça va d’une à deux pièces de cuivre.
– Une robe, dans le style de celles que portent les gens ici, coûte quinze pièces de cuivre.
– Une épée longue d’environ un mètre vaut une pièce d’argent et cinquante pièces de cuivre.
– Pour les boucliers, ceux en bois coûtent 50 pièces de cuivre et ceux en bronze coûtent 1 pièce d’argent, mais la boutique les solde à 90 pièces de cuivre.
Apparemment, cent pièces de cuivre équivalent à une pièce d’argent. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu l’utilisation de pièces d’or, alors je ne sais pas combien elles valent. Peut-être que les articles qui se trouvent dans la vitrine sont les produits bon marché et que les plus chers, qui coûtent des pièces d’or, se trouvent dans l’arrière-boutique.
En se basant uniquement sur la nourriture, une pièce de cuivre semble valoir environ 100 yens, mais les prix varient tellement qu’il vaut mieux ne pas trop se fier à cette conversion.
J’arrête mon enquête sur la monnaie et me dirige vers une boutique de vêtements pour acheter ce dont j’ai le plus besoin.
Les culottes gainantes sont vendues pour 6 pièces de cuivre.
La lingerie se rapprochant d’une nuisette coûte dix pièces de cuivre.
Des chaussures à talon bas valent 9 pièces de cuivre.
Trois paires de sous-vêtements et des chaussures pour un total de 57 pièces de cuivre, que je paie avec une pièce en argent, et je reçois 43 pièces de cuivre de monnaie en retour.
Pas de soutien-gorge par contre. À ma décharge, je tiens à préciser que le problème ne vient pas de la taille, mais ce genre de sous-vêtements n’existe juste pas ici. J’ignore volontairement les corsets accrochés à l’intérieur.
Je ne peux pas me changer ici. Un dilemme se pose entre ne pas porter de sous-vêtements et se faire prendre en essayant de les mettre… mais préférant ne pas me faire griller, je dois donc encore patienter un peu avec cette sensation de fraîcheur et me contenter d’enfiler mes nouvelles chaussures.
En sortant de la boutique, je remarque que le jour commence à tomber et un magnifique coucher de soleil éclaire la ville. Certains commerces commencent à fermer et les gens rentrent chez eux. La nuit tombe tôt ici. En y réfléchissant, il n’y a pas de lampadaires, donc il doit vraiment faire très sombre une fois le soleil couché. Les seuls endroits ouverts la nuit sont sûrement les bars et les boutiques un peu louches. Il faut que je trouve vite un endroit où dormir.
Je me dirige vers la rue principale à la recherche d’une auberge en me fiant aux images sur les enseignes. La plupart ont une taverne au rez-de-chaussée et des chambres à l’étage, avec des enseignes montrant un lit et une chope de bière côte à côte. Mais je choisis une auberge sans taverne. Les tavernes, ça sent les ennuis.
« Oh, un client ? Bienvenue dans mon auberge. »
En ouvrant la porte, une dame d’environ quarante ans m’adresse la parole. Maintenant que j’y pense, je ne m’étais pas beaucoup inquiétée jusqu’à présent, mais comment est-ce que je comprends la langue ?
« Ça coûte combien pour une nuit ? »
« Une nuit, c’est une pièce d’argent, et pour les repas, le petit-déjeuner coûte cinq pièces de cuivre, le dîner dix pièces de cuivre, et cinq cuivres pour une bassine d’eau chaude. »
Une bassine d’eau chaude ? Ah, pour remplacer le bain. Je suppose que le bain ne fait pas partie de leurs habitudes. C’est un peu décevant.
« Je prends cinq nuits, avec repas et eau chaude, s’il vous plaît. »
Je lui tends six pièces d’argent.
« D’accord, la chambre est au bout du couloir au deuxième étage du côté droit. Voici la clé. Voulez-vous manger tout de suite ? »
« Oui, si c’est possible. »
« D’accord, je me prépare tout de suite, alors asseyez-vous où vous voulez en attendant. »
Je prends la clé avec une plaque de bois attachée et m’installe à une table dans la salle à manger pour attendre mon repas.
◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆
Une fois le repas terminé, je prends une bassine d’eau chaude et monte les escaliers en direction de la chambre qui m’a été désignée.
Par ailleurs, le dîner se composait d’une généreuse portion de ragoût avec beaucoup de légumes, d’un pain et d‘un dessert aux fruits. Simple, mais délicieux.
En utilisant la clé, j’ouvre la porte. Je découvre une chambre d’environ six tatamis, [1] avec un lit et des tables. Je pose la bassine d’eau chaude par terre après avoir fermé la porte et je m’effondre sur le lit, allongée sur le dos. Là, je découvre alors un plafond en bois nu, et cette vision inhabituelle me fait réaliser que je me trouve dans un autre monde.
A cet instant, je me sens vraiment seule, et je dois retenir mes larmes qui tentent de brouiller ma vue…
Sentant que je pourrais sombrer dans la dépression, je me force à me lever plutôt que de simplement m’endormir, et après avoir revérifié que la porte est bien verrouillée, j’enlève ma robe et la pose sur le lit, à côté de la nuisette.
Je trempe et essore la serviette reçue avec la bassine dans l’eau chaude avant de commencer à me nettoyer, en partant de mes cheveux, puis le haut du corps, et finalement le bas du corps. Après m’être bien rafraîchie, j’enfile de nouveaux sous-vêtements, ainsi que la nuisette laissée sur le lit.
Puisque je vais dormir, il n’est pas nécessaire de remettre ma robe. Néanmoins, la couette étant très mince, j’utilise mon vêtement en guise de couverture pour supporter le froid de la chambre.
Bien que le soleil vienne juste de se coucher et qu’il soit encore tôt, je me sens épuisée après cette interminable journée. Mes paupières sont lourdes. N’ayant rien de mieux à faire, je décide de me coucher rapidement et je me glisse dans le lit.
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( Relecture et correction: Hastin )
Note de la traduction :
[1] Un tatami mesure environ 1 m x 2 m. Une chambre de 6 tatamis correspond donc à 4m x 3m => 12m².
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