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NORDEN – Chapitre 101

Chapitre 101 – Négociations et imprévus

Il pleuvait à verse lorsque les quatre émissaires, engagés au grand trot, pénétrèrent dans la haute-ville. Le dernier cavalier tractait derrière lui une charrette sur laquelle une petite cage était solidement attachée. Les chevaux, hors d’haleine, la bave aux lèvres et les naseaux dilatés, soufflaient et claquaient férocement leurs larges sabots ferrés sur le sol.

Sonjà, sur Majar, désignée cheffe de file, ouvrait la voie, écartant au passage tous les fiacres et les passants qui se trouvaient sur leur passage et qui regardaient d’un œil hébété, terrifiés, les guerriers noréens dévalant les rues à vive allure sans nullement se soucier d’eux.

Ils manquèrent également de bousculer plusieurs soldats ennemis, à cheval et armés, qui se pressaient à leur rencontre, tentant de les intimider en leur criant des ordres inaudibles. Mais leurs assauts furent repoussés par l’arrivée immédiate de William et James de Rochester ainsi que de leurs hommes accompagnés par les membres des Hani, qui rejoignirent les rangs noréens et se déployèrent autour d’eux afin de les escorter.

Les assaillants, révoltés, ne pouvant rivaliser avec la supériorité numérique de leurs opposants, durent abandonner leur tentative et faire demi-tour, furieux.

La mairie se dressait devant eux, noyée sous une épaisse nappe de brouillard d’un gris dense, dissimulant partiellement le bâtiment. Une odeur âcre et étouffante de pierre mouillée imprégnait l’air, accentuée par la chaleur ambiante de l’orage naissant.

Les cavaliers firent stopper net leurs montures et mirent pied à terre, observés par la foule qui les guettait d’un œil mauvais. William et James, restés sur leurs destriers, les saluèrent cordialement. Puis, avec leurs hommes, ils firent marcher leur cheval au pas sur les pavés glissants maculés de flaques d’eau. Ils se mirent à patrouiller sur la place, scrutant chaque recoin, traquant le moindre mouvement suspect de leurs adversaires qui les lorgnaient avec hargne. Tels des prédateurs avides de chair, ils étaient prêts à se jeter sur eux à tout instant et à engager le combat.

Le Grand Rafael Muffart et des charognards de la presse locale étaient également présents, assis confortablement à une table, au sec, derrière la baie vitrée soigneusement nettoyée du seul café de la place : Le Triomphe. Les profiteurs avides de nouvelles alléchantes, une boisson chaude et fumante à la main, s’armaient d’un stylo ainsi que d’un carnet, attendant patiemment le moment opportun pour dégainer leur appareil afin de capturer cet évènement d’exception.

La situation s’était encore dégradée depuis l’altercation au Cheval Fougueux, l’avant-veille. En effet, trois nouvelles rixes et de nombreux pillages avaient eu lieu la veille à différents endroits, prenant pour cible des soldats comme de simples civiles. Les militaires étaient échaudés, de même que de nombreux commerçants et marins en faillite qui commençaient à se révolter contre le pouvoir en place ainsi que contre leurs concitoyens.

Faùn, les sens en alerte, passa derrière la charrette et défit les liens de la cage. Une petite créature, profondément endormie, était lovée sous un tas de couvertures trempées. C’était une jeune fille de huit ans, au visage couvert de boue, à la carrure chétive et de petite taille, enveloppée d’un manteau de fourrure hirsute. Elle avait la peau couleur caramel, dissimulée en partie sous une foisonnante crinière noire, sale et ondulée, pleine de nœuds, parsemée de feuilles et de brindilles.

— Nous sommes arrivés, Mesali ! Déclara Faùn, après avoir sifflé entre ses dents pour la réveiller.

Mesali, sur le qui-vive, ouvrit un œil ambré et se redressa instantanément. Après un bâillement à s’en décrocher la mâchoire, dévoilant deux belles rangées de petites dents jaunies, elle babilla quelques mots incompréhensibles et plaqua ses mains, aux longs ongles pointus, sur les barreaux de la cage. Puis elle fit cliqueter les chaînes métalliques qui lui tenaient fermement les poignets et le cou, provoquant un bruit sourd, désagréable.

— Cesse de bouger sauvageonne ! Grommela Sonjà, en scrutant le paysage autour d’elle, aux aguets.

Son regard se posa devant l’entrée de l’hôtel de ville, où le maire ainsi que Pieter les attendaient sur le parvis, se tenant debout, bien droits. Alexander ordonna à son palefrenier de rentrer les chevaux dans l’enceinte de la bibliothèque, sous le haut vent de l’arrière-cour, afin de les protéger des intempéries et d’éventuels projectiles.

La guerrière, suivie par Skand et Wadruna, alla à leur rencontre afin de les saluer. Les trois noréens s’avancèrent sous le porche, tandis que Faùn ôta le verrou afin de faire sortir le petit être hargneux qui était retenu contre son gré à l’intérieur.

Mesali s’extirpa de la cage et mit pied à terre. Elle observa les environs, intriguée et défiante, grognant et feulant devant toute personne osant s’aventurer à moins de dix mètres, des hundr sans doute ; ils lui ressemblaient mais leurs vêtements étaient particuliers et dégageaient une odeur tout aussi intrigante et nauséabonde qui lui donna un haut-le-cœur.

— Ne tire pas comme ça toi ! Maugréa Faùn de mauvaise humeur, trempé et las d’avoir à s’occuper continuellement de cet être fougueux, indomptable.

Mesali planta son regard haineux dans celui de son interlocuteur puis, voyant qu’elle ne pourrait pas rivaliser avec son Shaman. Elle ne l’aimait pas beaucoup, car il n’avait de cesse de la persécuter chaque fois qu’elle faisait quelque chose ou osait bouger le petit doigt. Pourtant, elle était si sage et faisait tout son possible pour être gentille avec son clan. Vexée, elle cracha au sol, grimaça et se laissa traîner jusque dans la mairie, émettant un grognement guttural au passage, devant la statue de lion fortement intimidante.

Dès qu’elle passa la porte, elle écarquilla les yeux ; jamais, auparavant elle n’avait pu voir pareille maison comme, si grande et si froide. Méfiante, elle jetait de vifs coups d’œil, scrutant les environs à la manière d’un animal blessé aux abois. Puis elle renifla, grâce à son odorat très développé, toutes les étranges fragrances qui se trouvaient dans la pièce, laissant de larges bouffées d’air rance pénétrer dans ses narines.

Alexander, faisant preuve de courtoisie, les invita à rejoindre la salle de réunion, située à l’étage, où tous les membres conviés étaient déjà présents et dévisagea, d’un air impassible, la sauvageonne ainsi que son Shaman qui peinait à la maîtriser.

Celle-ci ronchonna et grogna en voyant ce grand homme en costume bleu, qui lui semblait si redoutable et menaçant.

— Par Alfadir, cesse de gesticuler et avance Mesali ! Pesta Faùn en resserrant son étreinte sur la longe.

Timide, mais téméraire, la petite s’approcha de l’inconnu et prit une grande inspiration. Une senteur agréable parvint jusqu’à son nez ; l’homme avait une femelle, une femelle comme elle ? Ou son odorat se trompait-il ? Interloquée, elle se figea sur place et fit les yeux ronds tout en fronçant les sourcils, évaluant le hundr qui lui faisait face avec un grand intérêt. Elle était à moins de deux mètres de lui et tendit une main comme pour l’agripper, mais Faùn, anxieux, la rabroua sèchement et lui donna une vive tape sur le crâne. Confus, il s’excusa auprès du maire qui lui accorda en retour un sourire amical.

— Mais bon sang, tu vas rester tranquille ! Cracha le Shaman, à l’intention de la créature infernale.

— Laisse-là donc, lui dit posément Wadruna qui vint à son secours. Tu veux que je te la prenne ?

Faùn réfléchit et fit la moue.

— Tu te sens de la tenir ? Demanda-t-il à sa consœur. Sache qu’elle a de la force.

Wadruna tendit sa main calleuse en sa direction et prit la chaîne. Puis elle s’agenouilla à hauteur de la petite et lui posa une tape sur la tête afin de la rassurer. Mesali, toute agitée par ce lieu inconnu et par le sol lisse et glissant ne broncha pas. Elle aimait bien la Shaman du clan annexe, plus que son Shaman en tout cas ; elle avait toujours été gentille envers elle et lui avait offert discrètement quelques biscuits et baies pendant le trajet.

Pendant qu’ils gravissaient les marches, la vieille dame gratta avec énergie le haut du crâne de Mesali qui, tel un chien, ferma les yeux et décrocha un fou rire à cette caresse avant de redevenir parfaitement docile et de la suivre tranquillement. Faùn observa la scène sans mot dire, désabusé par le comportement de la petite peste qui, triomphante, lui tira la langue.

— Tu vois que les Féros peuvent être dociles, il faut juste s’y prendre autrement, murmura Wadruna à son homologue, passant une main sur son épaule en guise de soutien.

Alexander, qui se trouvait en bas des escaliers, observait la scène, amusé par cette si jeune Féros nettement plus sauvage et mordante que sa future épouse.

Arrivés à l’étage, Wadruna accrocha Mesali à un coin. La petite couina, ne comprenant pas pourquoi on la mettait à l’écart et ne sachant qui étaient tous ces mâles curieux présents autour d’une table, qui parlaient fort et dans un langage incompréhensible.

D’autres hundr ? Allaient-ils manger tous ensemble ?

Non, il n’y avait pas de nourriture dans le coin, juste un fort effluve pestilentiel provenant d’un liquide noir émanant des tasses placées devant chaque convive, accompagné d’une odeur irritante de fumée et de parfums de fleur désagréables et étouffants. Comment les humains pouvaient-ils supporter toutes ces horribles senteurs mélangées sans être écœurés ou gênés ?

Soudain, elle vit venir vers elle une jeune femelle aux cheveux roux et aux yeux ambrés, comme les siens. Une Féros ? Dans cet endroit bizarre ? Pourquoi était-elle habillée comme tous ces mâles ? Elle, en revanche, dégageait une senteur enivrante, attractive, empreinte de phéromones comme toutes les grandes femelles Féros de son territoire.

Ambre s’agenouilla et lui tendit un verre d’eau, sous l’œil bienveillant de la Shaman. Mesali prit timidement le verre du bout des doigts, le renifla, puis, voyant qu’il ne représentait aucun danger, le but d’une traite.

— Vous avez l’air d’aller bien mieux, jeune Vindyr, s’exclama la Shaman, satisfaite en se mettant à sa hauteur.

— Il faut bien que je fasse avec. J’essaie de me maîtriser au mieux, ce n’est pas vraiment facile à vrai dire, avoua-t-elle, gênée.

— Je n’en doute pas, la vie est dure pour les Féros, nos civilisations ne sont guère adaptées pour des individus comme vous. Mais force est d’avouer que vous avez l’air de tenir le coup et de résister à vos instincts. Je salue votre courage et votre détermination. Je sais ce qu’il vous en coûte.

Ambre déglutit, se mordit la lèvre et jeta un regard timide envers la vieille dame aux yeux bleus perçants.

— Écoutez je…

— Vous n’avez pas à vous excuser. J’aurais certainement dû m’y prendre autrement.

La jeune femme, muette, hocha la tête, soulagée.

— Et pour Adèle, sachez que c’est bon pour nous. Elle vous suivra à la fin du conseil. C’est mieux pour nous tous.

— Je suis ravie de vous l’entendre dire, jeune Vindyr ! S’exclama la vieille noréenne, rayonnante. Nous prendrons grand soin d’elle, soyez-en certaine. Nous vous la ramènerons lorsque la situation s’améliorera chez vous. Vous êtes également les bienvenus sur notre territoire si jamais la situation se dégrade ici et que vos vies sont menacées.

— C’est très aimable à vous.

Elle hocha la tête et observa la petite Féros, interloquée de voir une de ses semblables, si jeune et déjà si revêche. Elle avança discrètement une main en sa direction.

Mesali, se sentant agressée, grogna et montra les dents, manquant de la mordre. Personne n’avait le droit de toucher Mesali, juste la gentille Shaman !

La jeune femme, choquée par cette attaque soudaine et par la vivacité dont la petite faisait preuve, retira sa main à la hâte.

La Shaman laissa échapper un petit rire.

— Faites bien attention, elle est peut-être jeune, mais elle est déjà bien redoutable. Voilà à quoi ressemble une Féros Dominale sur nos terres. Ces petites créatures débordent d’agressivité. Elle vous croquera si vous vous laissez charmer ou apitoyer. Il faut que vous montriez votre dominance et à partir de là elle vous suivra et obéira sans peine.

Mesali toisa sa semblable et toutes deux se lancèrent dans un duel de regard. Puis, se sentant finalement en position d’infériorité, car la Féros aux cheveux de feu était tout aussi intimidante que le hundr d’en bas, elle baissa la tête, s’assit et commença à ronronner afin de se rassurer.

Ambre eut un petit rire et partit rejoindre sa place, autour de la grande table sur laquelle les quatre noréens, les marquis Wolfgang von Eyre et Léopold de Lussac ainsi que le maire étaient présents. Rufùs se tenait à la droite d’Alexander et représentait les intérêts de Hangàr Hani, dont l’état de santé, qui n’avait cessé de s’aggraver au fil des derniers mois, ne pouvait lui permettre de voyager aussi loin.

Le Baron, présidant la séance face à Sonjà, balaya du regard chaque membre. Puis il s’éclaircit la voix et entama son discours, les bras croisés devant lui, l’air digne. L’assemblée, muette et courtoise, l’écouta avec attention. Le sujet du jour était de taille et l’échange devait permettre d’aboutir à la signature d’un traité de paix et d’union entre les trois territoires.

Dès que le discours fut achevé et les faits exposés, le dialogue entre les différentes personnalités commença.

Ambre, qui commençait à décrocher tant les termes utilisés devenaient pesants, porta son regard sur Mesali qui s’amusait à ôter la peinture du mur en la grattant du bout des ongles, tentant de griffonner des motifs dont elle seule avait la signification.

La jeune femme n’écoutait que d’une oreille le débat houleux, entre Mantis et Sonjà, ne sachant réellement quelle était la cause de leur discorde, trop captivée par la petite créature. Elle entendit vaguement la guerrière qui, à haute voix, ne manquait pas de répliques cinglantes à l’encontre des aranéens, voulant faire valoir son bon droit et désirant que ceux-ci lui rendent des comptes.

Las d’écouter cette dispute qui tournait en boucle, Ambre prit sa tasse, son carnet de notes et un stylo et décida, sans aucune gêne, d’aller s’asseoir à côté de sa semblable. Elle la salua et s’accouda au mur à moins d’un mètre.

La petite Féros, curieuse, arrêta son affaire et s’assit en tailleur, parfaitement droite, ses mains devant elle. Puis, humant le liquide noir que la femme rousse portait entre les mains, elle grimaça et se boucha le nez, avant de babiller des paroles incompréhensibles.

Voulant s’amuser un peu avec elle, la jeune femme faisait rouler le bouchon de son stylo que la petite mordillait frénétiquement lorsqu’elle l’avait en main. Ambre était amusée par ce jeu singulier et par l’attention que la petite Féros lui portait, étudiant et décortiquant chacun de ses mouvements.

Elle n’est pas si farouche, finalement ! On dirait un chaton.

Tout en jouant avec la petite, elle écoutait des bribes de la conversation qui continuait à gagner en intensité.

Elle comprit que Sonjà voulait que les aranéens lui cèdent le territoire central, riche en terres cultivables et en champs, et peu fréquenté par eux. Ces propos décrochèrent une vague de protestation et d’indignation, et le ton monta.

Ambre porta son regard sur la guerrière, légèrement intimidée mais surtout admirative par la prestance de cette femme qui ne cessait de débiter un flot inarrêtable de mots aussi tranchant que des lames. Les coups d’estoc verbaux s’enchaînant sans pitié contre ses soi-disant futurs alliés. Le tout, sous le regard de Faùn, totalement désabusé et désespéré par le comportement outrancier de sa cheffe.

Wolfgang, terriblement échaudé de voir sa personne ainsi rabaissée par cette femme méprisable et grotesque, se leva et lui fit face. Ce fut Léopold qui, avec l’aide de Rufùs, réussirent, non sans mal, à faire diminuer leurs ardeurs.

Alexander quant à lui, contemplait la scène de manière impassible, les laissant se calmer par eux-mêmes, tandis que Skand, intrigué par l’emportement manifeste de son homologue, observait le duel d’un œil vif et d’une mine enfantine, complètement dépassé par les évènements.

Mesali couina, perturbée par la soudaine tension environnante, et ne comprenant pas pourquoi sa cheffe s’énervait et criait plus que d’habitude. Pas contre elle cette fois, fort heureusement ; car Mesali était gentille aujourd’hui et aimait bien la Féros rousse qui gribouillait d’étranges notes dans son carnet.

Ambre aussi s’était arrêtée, surprise de les voir s’emporter ainsi. Cela faisait plusieurs minutes qu’elle avait complètement décroché de la conversation. Elle fut cependant rassurée de voir Alexander et Wadruna sereins. Ou du moins, en apparence, car le premier paraissait fulminer. Elle pouvait apercevoir les coins de sa bouche tressaillir légèrement et remarqua qu’il se grattait rageusement les paumes de ses mains dissimulées sous la table.

Une fois le dialogue apaisé, les trois parties abordèrent le sujet de l’Insurrection et des tensions latentes du territoire aranoréen. Sonjà, irritée, toisa l’assemblée, avachie sur sa chaise tout en ayant les bras croisés et les sourcils froncés.

La jeune femme cessa de jouer et porta son attention sur le discours qui semblait être devenu un duel de répliques ; une partie de cartes grandeur nature où chacun des membres abattait sa main pour renchérir et gagner la mise sur ses adversaires.

— Et que souhaitez-vous réellement que nous fassions ? Demanda Faùn, songeur.

— N’avez-vous pas des hommes et des femmes à nous envoyer par hasard ? Proposa Léopold. De braves soldats prêts à défendre leurs futurs alliés ?

— Malheureusement non, répliqua Skand. Ce n’est pas vraiment possible ça !

— Pourquoi cela ? Demanda Wolfgang, un rictus sur les lèvres.

— Tout simplement parce que nous ne sommes pas en mesure de vous fournir le moindre guerrier ! Renchérit Faùn, agacé, le visage grimaçant et passant une main dans ses cheveux bruns.

— Que voulez-vous dire par là ? S’enquit de Alexander, intrigué, les sourcils froncés.

— Écoutez, la sécurité du territoire est menacée, ajouta Léopold, si vous pouviez nous envoyer des guerriers supplémentaires, ne serait-ce qu’une poignée, afin de nous aider et défendre notre cause cela nous arrangerait bien.

Skand baissa les yeux et soupira.

— Nous sommes désolés. Mais c’est impossible.

— Et pourquoi donc ? Votre cher Aràn ne veut pas plaider notre cause ? Lança Wolfgang, cynique, leur dardant un regard dédaigneux, tout en caressant nerveusement le pommeau de sa canne.

— Ce n’est pas que nous ne voulons pas, répondit posément Wadruna. C’est que nous ne pouvons pas !

— Sahr ! Mais fermez-la vous trois ! Maugréa Sonjà. Vous voulez que ces sales Hundr nous assaillent ! On a dit non, c’est non, pas de guerriers un point c’est tout !

— Calme-toi Sonjà, rétorqua Faùn, tu as vu un peu l’état de leur peuple ? Jamais ils ne prendront le risque de nous attaquer.

— Je suis navré, fit Alexander, sentant la colère lui monter. Mais vous sous-estimez grandement notre engagement à votre égard ! Comment pouvez-vous songer que nous vous porterons préjudice ! Nous avons la volonté de nous unir à vous, loin de nous l’idée de vous porter atteinte !

— Mon cher monsieur, dit calmement Wadruna, ne prenez pas mal nos refus, mais nous ne pouvons pas exécuter votre demande !

— Pourquoi donc ? Seriez-vous des lâches, finalement ? Railla Wolfgang. Vous allez vous terrer derrière les pattes de votre pitoyable cerf ?

— Parce que le Aràn nous l’a interdit ! Hurla Sonjà, se redressant instantanément, frappant du poing sur la table et provoquant dans la foulée un terrible fracas qui fit sursauter tout le monde, Mesali comprise, qui, paniquée, se pressa contre Ambre.

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