NORDEN – Chapitre 129

Chapitre 129 – La fuite à Varden

Alexander s’approcha de la fenêtre et scruta les alentours d’un air anxieux ; Ambre n’était toujours pas revenue et il se devait de quitter les lieux au plus vite. Il espérait vivement qu’elle eut trouvé refuge quelque part, dans une habitation ou une cabane en dehors de la ville, et qu’il ne lui vienne pas à l’esprit de revenir ici afin de le retrouver, s’exposant ainsi à de nombreux dangers potentiels.

La nuit venait de tomber, voilant la voûte céleste d’une oppressante obscurité. Un ciel noir sans étoiles, où seul un infime croissant de lune luisait. Iriden et plus loin Varden semblaient totalement endormies alors qu’il n’était que vingt-deux heures. Les lampadaires demeuraient éteints, pas la moindre flammèche ne sortait de leur réceptacle. Comme les avait avertis William, le gaz et par conséquent, l’éclairage public avait été coupé, une aubaine pour le groupe qui s’apprêtait à quitter la mairie. En bas, sur la place mangée par le brouillard, Rufùs et ses hommes les attendaient, hissés sur leurs destriers.

Les soldats venaient de repousser un premier assaut de civils échaudés dont les corps massacrés gisaient à terre, la tête séparée du corps. Comme William leur avait annoncé tantôt, il s’agissait de révolutionnaires de la basse-ville, ceux ayant subi les conséquences directes de l’embargo dont les corps décharnés, transpercés et décapités n’avaient nullement été épargnés par les Ulfarks. Ils furent une centaine de personnes au total, regroupés en hâte et s’étant rués vers Iriden, armes en main, tentant désespérément de renverser le pouvoir par leurs maigres moyens.

L’assaut avait été aussi vif qu’inefficace, rapidement étouffé par l’arrivée des forces Hani sur la place de l’hôtel de ville. Ces dernières avaient été alertées par le tumulte et les tensions naissantes convergeant vers le siège du pouvoir. Les belligérants survivants, trop faibles pour poursuivre le combat, avaient fini par cesser le feu et s’étaient résolus à fuir. En rebroussant chemin, des clameurs et hurlements en faveur du parti opposé commencèrent à se répandre comme une traînée de poudre parmi la foule.

Selon les rumeurs, le Grand Rafael Muffart, qui n’avait pas raté une miette de ce spectacle macabre du haut de son perchoir au Café du Triomphe, avait semé une graine de rébellion dans la tête de quelques-uns. Il avait gentiment pris à parti une poignée de dissidents, qui avaient eu l’audace de se capitonner dans l’établissement pour échapper aux impacts de balles, afin de leur faire part d’une alliance avec les élitistes, en joignant leur force au service du comte de Laflégère et du marquis von Dorff.

D’après une autre rumeur, le marquis Dieter von Dorff, avait eu vent d’un soulèvement fomenté par la population elle-même. Impitoyable et calculateur, il patientait sagement non loin de là, afin de repousser son attaque de quelques heures, souhaitant épargner la vie de ses hommes au profit du sacrifice de cette armée de miséreux, composée majoritairement de vermine tachetée.

Les Hani patrouillaient entre les dédales de chairs inanimées, à l’affût du moindre agissement suspect. La harpie trônait au centre, postée sur la statue du Duc Vladimir von Hauzen, son ancêtre, dont la tête venait d’être brisée durant la bataille, ôtant à cet ancien dirigeant Fédéré toute sa prestance. Imperturbable et le regard digne, le rapace observait les soldats s’activer, ses plumes blanches et grises ondulant à la brise, lui conférant une allure impériale.

Alexander soupira devant la sérénité apparente du rapace. Un cliquetis métallique retentit. Tiré de ses pensées, il se retourna et aperçut Irène et Lucius en train d’ôter les sangles pour déverrouiller la caisse contenant le précieux corbeau. Ils levèrent l’épais capot et plongèrent leurs mains dans la malle pour en ressortir une boîte en bois noir nettement plus petite. Elle était harnachée par un réseau de cordelettes, aisément transportable à bout de bras.

— Êtes-vous sûre que vous ne voulez pas que je la prenne duchesse ? demanda posément le marquis.

— C’est inutile, le corbeau ne pèse plus qu’un millier de grammes. Il ne sera pas bien lourd à transporter et je tiens à assurer cette tâche par moi-même.

Irène saisit la clé qui se trouvait au fond de la malle, l’épingla sur sa toque puis mit son manteau et se coiffa de ladite toque avant de prendre la boîte via les cordages.

— En revanche rien ne vous empêche de me donner votre bras. La chaussée doit être glissante et il serait fort dommage que je me torde la cheville ou que je chute.

Lucius esquissa un sourire et s’exécuta tandis que le Baron alla à son bureau pour en sortir son revolver et descendit à leur suite. En bas, James donnait à ses hommes les directives. Pieter se tenait à ses côtés, agrippant les rênes de Balthazar et de Montaigne. Lorsqu’il les vit arriver, Rufùs Hani se posta devant eux. Sa peau ébène le dissimulait entièrement dans l’obscurité, seuls l’éclat de ses yeux noisette et l’émail de ses dents se distinguaient. Son médaillon en forme de coq luisait d’un éclat flamboyant.

— Nous allons partir à sept et sans monture. Deux de mes hommes ouvriront la voie une centaine de mètres devant nous. Des sentinelles ont été postées dans les rues et ruelles annexes afin de patrouiller et de nous avertir de chaque déplacement d’ennemis potentiels.

Il leva la tête et porta son regard sur l’immense oiseau.

— Nous avons de la chance de pouvoir compter sur mademoiselle la duchesse. Sous cette forme, elle fera une éclaireuse idéale pour nous avertir de tout danger.

Alexander jeta un bref regard à la duchesse mère qui hocha la tête silencieusement. Il fut surpris de la voir aussi sereine alors que la vie de sa fille était en jeu. Pourtant, malgré ses airs maîtrisés, le visage de madame trahissait ses émotions, ses lèvres tressaillaient.

— Avez-vous une idée de l’itinéraire ? s’enquit Lucius.

— La voie directe est praticable, expliqua Rufùs avec des gestes éloquents. Nous ne prendrons pas l’avenue principale, bien entendu, mais nous passerons par la route de la garde, longeant les remparts jusqu’au passage de la Gouverne, suivi de la Vieille rue et enfin nous passerons par la rue du Chat Noir puis la ruelle des Taverniers ou le chemin des écoles si le premier est trop hasardeux.

— Cela nous fait une bonne vingtaine de minutes de marche. Quinze si l’on presse le pas, réfléchit Alexander.

— Comptez plutôt trente. Il ne sera pas impossible de devoir stopper le pas ou que nous ayons à nous battre. Cependant les escaliers successifs font qu’il ne risque pas d’y avoir grand monde pour les emprunter. Surtout au vu de l’obscurité des lieux et de la chaussée particulièrement glissante. Sans lumières, les ruelles sont un vrai coupe-gorge. Je doute que quelqu’un s’y rende sciemment. C’est un quartier plutôt calme d’ordinaire.

— Et il n’y a pas grand-chose à voler, renchérit James, ce sont des rues résidentielles dont les habitants, bien que modestes, ne sont ni pauvres ni ne disposent de biens qui peuvent susciter la convoitise. Les gens seront capitonnés chez eux et les éventuels pilleurs s’orienteront vers les demeures plus luxueuses au nord ou, comme l’a dit mon père, se rueront vers les commerces.

— L’itinéraire semble parfait ! appuya Lucius.

— Surtout que nous avons inlassablement écumé ces allées, ajouta l’Ulfarks, il n’y avait que peu de monde et les seules gens que nous avons croisés sont des civils effrayés à la recherche d’un abri ou s’enfuyant avec leurs familles et bagages sous le bras.

Il y eut un instant pendant lequel personne ne parla, tous semblaient en accord avec le plan exposé. Quoiqu’il advienne, ils devaient quitter la mairie sans plus tarder. Les enjeux avaient changé et l’être qui se trouvait dans la petite boîte noire était devenu leur seule et unique priorité. Qu’importe la personne qui se trouvait sur le siège de l’hôtel de ville, cela ne durerait que quelques heures.

Rufùs frappa dans se mains et déclara :

— Soit, allons-y dans ce cas, ne tardons pas.

— Juste une dernière chose, demanda Pieter qui tenait encore la bride des deux destriers, que dois-je faire de Balthazar et de Montaigne ?

Alexander s’avança vers son cheval, posa une main sur ses larges naseaux fumants et lui flatta l’encolure.

— Rentre avec les chevaux au manoir, protège-les et capitonne toi avec Séverine et les autres.

Pieter grimaça et regarda James, la mine renfrognée.

— Je souhaiterais vous accompagner Alexander, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

Le Baron haussa un sourcil puis hocha la tête, comprenant volontiers que son palefrenier désire rester auprès de son amant.

— Soit, fait comme tu le sens, je n’ai pas d’ordre à te donner, encore moins ce soir.

— Merci maître, fit-il en lui gratifiant un faible sourire.

— Je peux missionner un de mes hommes pour raccompagner vos chevaux, annonça le Ulfarks. Il ne serait pas à exclure que votre demeure soit attaquée. Vous n’avez que peu de gens à votre service et au vu de leur âge et de leur stature je doute fort qu’ils sachent manier les armes.

— Inutile Rufùs, objecta le marquis.

Il fit signe à ses hommes d’approcher.

— Je peux héberger vos gens cher neveu, vous serez davantage en sécurité dans mon manoir plutôt que dans le vôtre, d’autant que mes hommes sont revenus.

Deux cavaliers arrivèrent et stoppèrent leurs montures juste devant le groupe.

— Messieurs veuillez raccompagner ces chevaux jusqu’au manoir von Tassle. Réunissez par la suite les domestiques et escortez-les jusqu’à mon logis.

Les cavaliers s’inclinèrent et tendirent la main en direction du palefrenier pour prendre les rênes. Avant qu’ils ne partent, Alexander approcha une main de Balthazar. Le destrier la renifla et y frotta sa tête. L’homme planta son regard dans ses pupilles noires et lui murmura tout bas :

— Je ne sais toujours pas si tu es capable de me comprendre mais prends soin des nôtres, je te prie.

Comme s’il avait compris, le cheval dodelina des oreilles avant de suivre son meneur. Et les quatre chevaux s’engagèrent au grand trot, quittant la place pour s’enfoncer vers l’ouest, leurs silhouettes massives avalées par la brume.

— Pouvons-nous y aller à présent ? s’impatienta Irène qui commença à marcher vers le sud. Dois-je vous rappeler que nous avons une mission et pas des moindres !

Alexander opina et s’engagea à sa suite, jetant un coup d’œil en direction de la mairie. Il étudia une dernière fois son architecture solide, à la fois majestueuse et imposante. Les puissantes colonnes soutenant le fronton de l’entrée, flanquées de deux statues de lions au visage grave et solennel, demeuraient encore intactes. En serait-il de même à son retour ou ce lieu symbolique, à l’instar du palais de Justice et de la maison d’arrêt, subirait un destin funeste ?

Le groupe s’engagea dans les ruelles étroites, aux escaliers interminables. Le sol glissant les obligeait à s’agripper aux rambardes. Des odeurs de brûlé, de chair calcinée, de nourriture et d’urine se mêlaient aux relents d’égouts qui débordaient des rigoles. Hormis des cris et des coups de feu lointain, les rues étaient calmes sous cette obscurité écrasante où le danger pouvait surgir sans crier gare.

Au fil de leur traversée, le regard à présent aiguisé pour s’adapter à la profondeur de la nuit, ils parvenaient à discerner de subtiles lueurs à travers les volets clos et les bâtisses calfeutrées. Certaines paires d’yeux semblaient épier leurs mouvements.

— C’est étrangement angoissant comme situation, chuchota Lucius à l’oreille de la duchesse.

— Tout à fait, vous voyez à présent ce que ressent une proie lorsqu’elle doit partir se nourrir.

— Je n’avais pas besoin de vivre une telle expérience pour m’en rendre compte duchesse. Bien qu’à choisir entre une souris et un chat, mon choix se porterait sur le félin.

— Nous avons tort de toujours vouloir être le prédateur, répliqua-t-elle en examinant une file de rats rampant le long des caniveaux, les uns derrière les autres comme des soldats s’en allant au combat.

Les rongeurs miteux se regroupaient en nombre, une armée de l’ombre qui depuis longtemps investissait chaque recoin de la ville pour subsister, rongeant les os de leurs congénères laissés par les chiens et les chats, fouinant dans les ordures à la recherche de leur pitance, un maigre morceau de viande avariée ou du fromage grouillant de vers. Les rats affamés trouvèrent un chat, un gros matou isolé cherchant lui aussi un aliment frugal à ingurgiter dans son corps robuste. Sans une once de peur, ils se jetèrent sur lui, plantant farouchement leurs incisives dans la peau de leur proie qui miaula de détresse, ensevelie sous le poids de tous ces êtres qui l’assaillaient avec rage.

— La confiance fait baisser la garde des plus forts et des plus sages d’entre nous, poursuivit Irène en contemplant ce spectacle macabre avec un certain plaisir. Il devient facile pour une proie de déstabiliser son bourreau lorsque celle-ci agit à l’encontre des lois naturelles.

Submergé par la douleur, le chat ne cessait de hurler avant de s’effondrer au sol, inerte, tandis que la vermine triomphante commença à la dévorer avec avidité, se délectant de la chair encore chaude et fumante. Lucius détourna le regard et inspecta les alentours. Les façades des habitations présentaient de multiples affiches. L’une d’elles, assez vieille et déchirée par endroits, attira son attention. Elle illustrait un serpent à trois têtes, représenté de profil, les gueules ouvertes et les langues pendantes dont le titre « L’Élite vous sauvera, Gloire à l’Hydre » était encore lisible.

— Une sacrée belle ironie. Je n’ose imaginer la réaction de von Dorff lorsqu’il apprendra votre filiation.

— Je pense qu’il sera extrêmement compliqué pour lui de réaliser que la vermine tachetée que je suis soit la fille de son emblème. Il s’est toujours méfié de ma personne. Je pense qu’il a été fortement désappointé lorsque Friedrich lui a annoncé qu’il s’apprêtait à se marier avec sa servante noréenne que tout homme de l’Élite enviait secrètement.

— Vous avez été bien jalousée, il est vrai. Vous suscitiez la convoitise des plus nobles et le mépris de vos pairs. Combien de fois ai-je entendu mes domestiques et soldats vous railler ou jeter des propos obscènes à votre intention.

— Noréens, aranéens, pandr… avec ou sans taches, nous ne sommes que des humains soumis à nos basses pulsions, des instincts primitifs qui nous unissent tous.

Elle baissa les yeux et observa la boîte scellée.

— Même les Sensitifs, les Féros, les Aràn et les Pandaràn, éprouvent ce genre de sentiments.

Ils continuèrent leur progression en silence. Alexander fermait la marche, l’esprit plus préoccupé par l’absence de son Ambre que par la dangerosité de leur périple. Le Parc des remparts se dessinait à leur droite, entouré d’un muret de briques sur lequel une haute grille noire s’érigeait, longeant la route sur une centaine de mètres. Soudain, un grognement plus roque suivi de claquements de sabots et de bruissements de feuilles résonna à l’entrée du parc. Le groupe alerté stoppa sa marche et regarda avec stupeur la créature qui se tenait non loin d’eux. Il s’agissait d’un orignal adulte, perdu entre les buissons et les bancs. L’équidé mâchait paisiblement les feuilles de la cime d’un arbre.

— D’où sort cet élan ! s’étonna Lucius.

— Certainement un noréen transformé, murmura Pieter tout en serrant le médaillon en forme de cheval.

Alexander demeura coi. Il n’avait nullement pensé à l’éventualité que bon nombre de noréens, sous le coup de la peur ou de la colère, puissent prendre leur forme animalière afin d’échapper à leurs assaillants. Qui savait réellement combien d’animaux incongrus risquaient-ils de croiser sur leur route ? Combien parmi eux pouvaient potentiellement être des Féros Latents et déclencher une hypothétique forme Berserk lors de la métamorphose ?

Il ne s’était jamais vraiment renseigné sur les totems de ses concitoyens noréens, hormis lors de l’affaire des enlèvements ayant eu lieu trois ans plus tôt. Il savait que les totems de grands prédateurs, tels que les loups, les lynx, les panthères ou encore les ours et les aigles étaient rares, surtout en ville. Cependant, les Ulfarks et les citoyens de Wolden pouvaient comporter certains membres aux animaux-totems dangereux dont il n’avait pas pris connaissance. Il grinça des dents et pesta, s’en voulant d’avoir à ce point négligé ce détail, pourtant primordial. Troublé, il repensa à la jeune duchesse et leva la tête. La harpie survolait le ciel, effectuant des va-et-vient avec agilité.

Ils descendirent l’allée, prirent un autre escalier et empruntèrent la ruelle du Chat Noir, une des plus anciennes de la ville, du temps où Varden se nommait encore Raven. Cette allée lugubre et étroite débouchait sur des rangées de portes donnant accès aux arrière-boutiques. Les maisons, érigées sur deux étages et à l’architecture biscornue, étaient reliées de chaque côté de la route par des barres de fer noires sur lesquelles étaient suspendues des banderoles au sigle de l’Alliance qui ondulaient à la brise.

À cette vision, Alexander esquissa un sourire, ils étaient en territoire allié. Ce soulagement ne fut que de courte durée car, à peine le groupe s’y était engagé que la harpie poussa un hurlement strident et fondit droit vers sa mère. Elle se posta devant elle, le plumage ébouriffé et la houppette redressée avec panache. Irène devint soudainement blême en comprenant les avertissements de sa fille. Alarmée, elle se retourna face au groupe :

— Courez ! Suivez Blanche !

Sans chercher à comprendre, le groupe s’exécuta et fit demi-tour, suivant le trajet de la harpie qui s’élança à toute vitesse. Pour alléger la duchesse, James attrapa le cordage de la boîte et prit les devants, suivi par Rufùs et Pieter. Irène, à la traîne, haletait. La voyant aussi lente, Lucius la saisit par le poignet et la tira tandis qu’Alexander restait derrière eux et fermait la marche. Dans sa course, la toque chuta et s’échoua deux mètres plus loin. La duchesse pesta, ne pouvant s’arrêter, entraînée par l’élan du marquis. Le Baron, notant son désarroi, fit demi-tour afin de la récupérer. D’un geste vif, il la saisit et repartit aussitôt.

L’oiseau regagna le parc et passa les grilles de l’entrée. Elle sillonna les allées verdoyantes et se posa sur une fontaine où la sculpture d’un serpent marin crachait un filet d’eau. L’endroit était dégagé, la harpie regardait à l’ouest, le plumage gonflé et les serres farouchement plantées sur la tête de la statue. Le groupe s’arrêta. Le cœur battant et le souffle court, ils s’observaient les uns les autres sans comprendre l’emportement de l’oiseau.

— Qu’y a-t-il ? haleta Lucius, les mains appuyées contre sa canne pour lui servir de béquille.

Irène toussa puis se redressa. Elle s’apprêtait à répondre lorsqu’un hurlement strident suivi d’une détonation tonitruante éclata non loin de là.

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