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NORDEN – Chapitre 134

Chapitre 134 – La Lignée de H 1/2

La pluie battait son plein et le vent projetait avec violence les gouttes d’eau contre les vitres closes de l’imposant édifice à l’architecture solide. La pièce était plongée dans la pénombre et les cinq personnalités qui s’y trouvaient se tenaient assises autour du bureau, l’air grave et songeur. Le silence régnait en ces lieux, rythmé par le tintement régulier de l’horloge et par la voix posée de madame la duchesse qui exposait depuis plus de deux heures les faits concernant son père et son rôle. Elle était assise de manière impeccable, le dos bien droit et les mains jointes, sa toque d’hermine disposée sur le bureau juste devant elle.

Ses yeux bleus plantés dans ceux de ses interlocuteurs, elle exposait les faits, relatant les événements marquants de sa vie sans entrer dans les détails. Irène leur parla de Jörmungand et de la relation qu’il entretenait avec cette jeune noréenne du nom d’Erevan, la fille cadette de la Shaman Medreva. La jeune noréenne de dix-sept ans menait une vie simple proche de la mer en compagnie de sa sœur aînée Selki. Elles y habitaient seules, loin de leur famille.

Un jour de tempête, alors qu’elles prenaient le large, la coque de leur bateau se brisa. Dans la panique Selki se transforma, prenant sa forme de phoque et tenta vainement de remonter sa sœur à la surface. Malheureusement, les vagues de l’océan déchaîné étant trop puissantes, elle ne parvint pas à la récupérer et sa cadette, trop jeune au moment de l’incident, ne pouvait se transformer en son animal-totem ; l’épaulard.

Alors qu’elle s’enfonçait dans les profondeurs, le Aràn Jörmungand vint la récupérer pour la ramener dans son domaine comme il le faisait avec chaque noréen victime de noyade. D’ordinaire imperturbable par ces âmes infortunées, il fut ébranlé par sa présence au point qu’il se résolut à reprendre forme humaine et à la sauver. La légende racontait que lorsqu’elle reprit connaissance, le coup de foudre fut immédiat. Le Serpent, sous le charme et de nature curieuse, venait lui rendre visite, désireux de la connaître et d’avoir quelqu’un avec qui converser.

Leur amitié, devenue au fil des mois un amour caché et interdit, dura à peine plus de quatre ans ; quatre courtes années pendant lesquelles ils eurent Irène et Hélène, les deux premiers enfants de la lignée du Höggormurinn Kóngur : deux filles nées parias, des monstres d’une nature effroyable aux yeux d’Alfadir. Seule la mère d’Erevan, Medreva, était au courant de cette abomination qui la tourmentait ; étant elle-même la plus fidèle disciple du Hjarta Aràn, sa Shaman supérieure, elle tentait vainement de dissimuler ses craintes au tout puissant de Norden.

Pour apaiser les tensions et voulant une nouvelle fois négocier avec son jumeau, Jörmungand invita son frère afin de discuter d’un nouveau contrat. Le lieu de rendez-vous était à Eraven, en une journée pluvieuse du neuf mars 263, le jour de l’anniversaire d’Erevan. Cette dernière était présente, ayant laissé ses deux filles en compagnie de sa mère, qu’elle ne voulait pas mêler à cette histoire, et apporta à Alfadir les termes du contrat : Jörmungand s’engageait à récupérer lui-même Hrafn avec l’aide des Pandaràn et à protéger à nouveau les côtes de l’île, tandis qu’Alfadir accepterait l’union de son jumeau avec cette femme et permettrait à son frère d’avoir une descendance viable sur Norden sans exiger de nouvelle tribu en son honneur. Mais le Hjarta Aràn, submergé par un excès de fierté, déclina furieusement sans leur laisser la chance de s’expliquer.

Un duel engagea alors les deux frères, qui tourna rapidement au drame lorsque Jörmungand, dans son acharnement, se transforma, prenant se forme de serpent marin géant. D’un puissant coup de queue, il blessa grièvement son frère et tua sa femme, projetée avec violence contre les roches des falaises. Ivre de rage en prenant conscience de son acte, il déclara la guerre à son frère qui, blessé tant physiquement que par le poids de la culpabilité, rejoignit vivement son sanctuaire, fuyant tel un lâche, la démarche boiteuse et laissant son jumeau seul sur la plage, le cadavre de sa femme désarticulée entre les bras.

Medreva ayant reçu de plein fouet les vibrations du Serpent et du Cerf, fut foudroyée instantanément par la perte de sa fille. Elle les retrouva à Eraven et, gagnée par la fureur vis-à-vis de son Aràn, décida d’entrer sous les ordres de Jörmungand. Les deux orphelines, dont ni l’identité ni l’existence n’avaient été dévoilées, furent alors placées ; l’aînée irait à la prestigieuse institution de l’Allégeance afin d’entrer dans au service des plus nobles aranéens et de perpétuer sa lignée dans les plus hautes sphères de l’île, tandis que la cadette irait chez son oncle Heifir à Varden, s’épanouissant au sein petit peuple. Par pudeur, la duchesse ne s’attarda pas sur sa vie ni sur celle de sa sœur.

D’un calme maîtrisé, Alexander écoutait avec la plus grande attention son discours, captivé par toutes les informations inédites qu’elle lui révélait avec une franche sincérité. La machination prenait sens, les zones de floues se remplissaient et l’enchaînement des événements devenait de plus en plus limpide.

Il fut stupéfait d’apprendre les motivations de Jörmungand. La rancune incommensurable que le Serpent éprouvait envers son frère, mué par un désir de fonder une famille sur Norden, était aussi douteuse que légitime ; comment les deux Aràn osaient-ils se comporter de manière aussi puérile ? N’étaient-ils pas censés être au-dessus de tout ? Des protecteurs ne souhaitant que le bien-être des habitants de leur très chère île ? Ou bien se jouait-il des enjeux nettement plus importants ?

Alors qu’il s’apprêtait à la questionner, un bruit résonna contre le carreau. Le maire se leva et alla ouvrir à l’immense oiseau trempé et taché de sang qui toquait avec acharnement, frappant son bec contre la paroi du verre. La harpie féroce s’engouffra dans la pièce et se posa sur le bureau, envoyant au sol les rares papiers qui s’y trouvaient. Une fois atterrie, elle plongea son regard aux yeux bicolores dans celui de sa mère. James se redressa et quitta la salle tandis que les trois autres hommes contemplèrent interdits le rapace en silence.

Irène passa une main sur son plumage mouillé et l’oiseau ébouriffa ses plumes avec panache, aspergeant les lieux sans la moindre gêne.

— Qui est-ce ? s’enquit Desrosiers en frottant son vêtement afin de s’essuyer.

— Ma très chère fille ! répondit posément la duchesse tout en continuant de caresser l’animal du bout des doigts.

— Blanche ? fit Alexander choqué par cette annonce.

À la vue de l’oiseau au corps rougi, il devint blême et se raidit. La jeune duchesse devait être en compagnie de sa future épouse. Or, celle-ci était revenue seule, transformée et maculée de sang dont il était incapable d’en connaître la provenance.

— Rassurez-vous monsieur le maire, ma nièce va bien, elle est en sécurité, affirma Irène, ce n’est pas son sang qui est sur elle.

— Comment pouvez-vous en être aussi certaine ? demanda-t-il en se rapprochant de l’oiseau.

— Cher Baron, à être la fille d’un sujet aussi éminent que mon père, j’ai quelques petits avantages par rapport à un noréen lambda. Sans être Féros ou Sensitive, je peux malgré tout comprendre aisément ce que ma fille, même sous sa forme animale, peut me dire. J’ai tellement misé sur la sécurité de ma progéniture que le Lien que j’ai construit avec elle, surtout envers ma Blanche, est puissant et indéfectible.

— Où est Ambre ?

— Si Blanche est revenue vers moi aussi calme, soyez rassuré, elle est en sécurité. Avec qui et où, je ne le sais, mais elle ne court aucun danger à l’heure actuelle. De plus, sachez que le jeune von Eyre devait l’escorter en dehors de la ville afin de la protéger.

— Vous voulez dire qu’elle n’est plus à Iriden ?

— Probablement, du moins je l’espère. Elle sera ainsi préservée de tout malheur. Et bien que je n’aime pas vraiment ce garçon, je dois avouer qu’il a toujours été serviable et dévoué. Ma fille lui accordait toute sa confiance. J’ose espérer qu’il se montre digne de ses espérances et tienne parole afin d’aller secourir votre future épouse, qu’importe leur révulsion mutuelle.

Alexander soupira puis il se laissa choir sur son fauteuil. Son comportement singulier décrocha un sourire amusé à Lucius, ravi de voir son neveu s’inquiéter à nouveau pour une autre personne que lui-même.

James revint et tendit plusieurs serviettes et chiffons à la duchesse. Il affichait des signes d’agitation. La mine renfrognée, il faisait pianoter nerveusement ses doigts contre le bureau et jetait régulièrement des coups d’œil en direction de l’horloge, dont les aiguilles semblaient avancer avec une lenteur affligeante. Son père n’était pas encore revenu, parti avec ses hommes depuis plusieurs heures déjà. De plus, la présence de la harpie ensanglantée ne le rassurait guère.

Agité, il alla vers la fenêtre qu’il ouvrit en grand, scrutant du mieux qu’il pouvait la place baignée sous une averse sans discontinue et commençant à être envahie par les vapeurs brumeuses crépusculaires. En bas, personne n’était encore présent hormis la petite dizaine de militaires. La place était calme, trop calme, et l’odeur pénétrante de pierre chaude mouillée devenait insupportable.

— Quand Aorcha est-il parti exactement ? demanda-t-il, les mains fermement appuyées contre le rebord.

— Dès lors que la Goélette a accosté à Eraven et que père a foulé l’île pour nous confier Hrafn. Soit aux environs de seize heures, répondit-elle en séchant l’oiseau qui se laissait faire sans résistance. À cette heure-ci, il devrait être non loin de la frontière avec le territoire Svingars.

— Il sera donc au temple d’Oraden aux alentours de vingt-deux heures. N’est-ce pas ?

— C’est exact, quel dommage que ce foutu Aràn ait perdu toute clairvoyance, mon père nous aurait fait gagner un temps précieux à le contacter mentalement. J’espère que l’annonce du retour de son fils va lui redonner instantanément cette faculté. À défaut de lui rendre sa puissance de jadis.

— Il ne sera donc pas là avant demain soir, soupira James. J’espère que nous pourrons tenir vingt-quatre bonnes heures sans encombre.

Il y eut un silence ou tous demeuraient songeurs.

— Puis-je donc savoir qui est ce fameux Aorcha ? s’enquit Alexander, se demandant quel être vivant pouvait parcourir plus de cent cinquante kilomètres en moins de quatre heures.

Tout en continuant ses gestes, Irène lui adressa un faible sourire forcé et regarda le marquis qui paraissait tout autant intrigué que son neveu.

— Aorcha est en quelque sorte mon grand-père, dirais-je, expliqua-t-elle, le père de Selki et d’Heifir et ancien mari de la Shaman Medreva. Il doit avoir dans les quatre-vingt-dix ans maintenant et, au vu de vos regards perplexes, je vais bien entendu, vous donner des précisions le concernant.

Alexander et Lucius échangèrent un regard. Irène se redressa sur le dossier, déplia une serviette propre qu’elle disposa sur ses cuisses et laissa la harpie s’installer confortablement sur elle. L’oiseau, épuisé par son périple, se lova contre sa mère et ferma les yeux.

— Aorcha ainsi que toute la branche maternelle, englobant mon oncle Heifir, sa femme Suzanne et leur fils Honoré, ont été obligé de se transformer il y a de cela pas loin de neuf ans. Soit, peu après la mort de ma très chère sœur sous sa forme d’hermine. La raison me direz-vous ? Cela est très simple. Jörmungand, furieux et désespéré de la perte de sa fille bien-aimée, a tellement vibré que les secousses de son mal-être sont parvenues jusqu’à son frère. Cela faisait des décennies qu’Alfadir avait perdu une grande partie de sa clairvoyance, même des siècles si l’on en juge par son comportement vis-à-vis de vous, les aranéens. Soit plus précisément depuis la seconde disparition de son Hrafn adoré.

À la mention du corbeau, tous se retournèrent vers la caisse faite de bois et de métal d’où aucun bruit n’émanait.

— Rassurez-vous, il est bien là-dedans et il dort paisiblement, ajouta-t-elle de manière impassible, il est tellement affaibli que je doute qu’il puisse se mouvoir avant des années. Fort heureusement pour nous tous.

— Et donc, Alfadir les a sommés de se transformer ? Pour faire payer votre père de cette lignée illégale ?

— Pas seulement mon père, non, mais surtout Medreva. Ma grand-mère était Shaman supérieure et devait toute obéissance à son éminence. Elle l’avait trahi en lui cachant délibérément l’existence de la descendance de sa fille et surtout l’horrible filiation de celle-ci. Une immense trahison qu’il ne pouvait que condamner. Pour la punir, et le Aràn n’étant pas un tueur, il ordonna à toute sa famille de se transformer. Ainsi, mon oncle, sa femme, leur fils et Aorcha durent prendre leur forme animalière. Alfadir, quant à lui, a été tellement déçu par les actions de sa fidèle qu’il en a perdu ses dernières facultés de clairvoyance, coupant sciemment le Lien télépathique avec ses autres Shamans ainsi qu’avec son jumeau.

— Des animaux qui, je présume, sont restés auprès de leur famille et ce quoiqu’il advienne ? proposa Alexander.

— C’est exact.

— Pourquoi ne vous êtes-vous donc pas transformée ?

— Arrêtez de m’interrompre et vous saurez !

Alexander fit la moue, mais ne rétorqua rien.

— Quoiqu’il en soit, poursuivit Irène, sachez qu’Aorcha, était un Féros dit Latent, sans once d’agressivité ni signe distinctif. Lors de sa transformation, outré de devoir abandonner son fils et de se plier aux exigences du Aràn, il prit la forme de Berserk Volontaire, à l’instar de Saùr et de votre défunte femme, Judith. D’apparence, il n’était qu’un simple rouge-gorge, un oiseau tout à fait familier auquel on ne porte que peu d’attention. Pourtant, la métamorphose était particulière puisque sous sa forme de Berserk, Aorcha peut vivre encore un bon siècle et est doté d’une vitesse et d’une endurance prodigieuses. C’était lui qui servait de missionnaire entre Alfadir et moi-même ces dernières années et qui était mon sujet pour le prélèvement sanguin. Vous comprenez que je suis donc restée humaine pour servir d’ultime lien entre le Aràn et mon père, mais également parce que jamais Jörmungand n’aurait accepté que je sois transformée à mon tour. Je pense même qu’il aurait pu détruire Norden à lui seul si Alfadir avait voulu s’entêter. Sans compter un troisième point non négligeable que je me ferai une joie de lui lancer à la figure lorsque je lui donnerai Hrafn de mes mains.

— Et ce Aorcha ne disposait d’aucun signe d’agressivité ? s’enquit Alexander, incrédule.

— Aucune, il est rare que les Féros Latents prennent ce genre de forme. Sans oublier qu’il gardait contact avec son ex-femme même après leur séparation, ne serait-ce que pour garder de bons termes par respect pour leurs enfants. Et Medreva étant une Shaman, donc une Sensitive, était dotée d’un haut degré de persuasion. Jamais il n’aurait attaqué ou tué la moindre personne.

— Vos grands-parents étaient séparés ? Cela explique-t-il pourquoi vous ne qualifiez pas Aorcha de grand-père ?

— Vous êtes perspicace monsieur le maire.

— Erevan lui gardait rancune ? C’est pourquoi elle avait choisi de s’émanciper et de vivre aussi loin d’eux, en dehors du joug familial ?

Irène émit un pouffement et se contenta de lui adresser un sourire du coin des lèvres en guise de réponse.

— Vous êtes à la hauteur de vos talents de limier cher Baron, je comprends pourquoi Friedrich vous craignait. Vous et votre fidèle domestique formiez un duo redoutable.

Alexander se renfrogna. Il s’enfonça dans son fauteuil et croisa les bras, frottant frénétiquement ses doigts contre ses paumes. Son oncle, le voyant agité, s’enquit du motif.

— Qu’y a-t-il cher neveu ?

Le Baron prit une profonde inspiration et planta son regard dans celui de la femme qui se tenait en face de lui.

— Pourquoi votre sœur a-t-elle fait assassiner Ambroise ?

À cette question, Pieter se renfrogna ; les deux domestiques se connaissaient depuis tellement d’années que sa perte l’avait, lui aussi, totalement abattu.

La duchesse eut un sourire en coin et plissa les yeux.

— Pour faire ce qui devait être fait, protéger sa progéniture. Bien que le but initial a, comme qui dirait, subi un léger dérapage.

— Soyez plus précise, je vous prie ! cracha Alexander, un affreux rictus se dessinant sur son visage.

Irène s’éclaircit la voix et raconta en détail les événements ayant eu lieu le jour du 24 septembre 300. Au fur et à mesure de ces révélations, le maître et son palefrenier devinrent blêmes, les yeux perdus dans le vide. Ambre avait raison, Hélène n’était pas la seule fautive et le déroulement de cette histoire sordide ne pouvait que mal finir.

Ce soir-là, Alexander avait perdu un domestique, un ami, un beau-frère… un sauveur. Ambroise avait été l’une des rares personnes à être respecté à ses yeux. Il était l’un de ses piliers, couverts de défauts ; arrogant, borné, rancunier et violent, mais d’une fidélité sans faille.

Les deux jeunes hommes, accablés par le chagrin des pertes tragiques, d’une sœur et d’une nièce pour l’un, d’une femme et d’une fille pour l’autre, s’étaient soutenus dans cette épreuve douloureuse, ayant eu lieu en cette fin d’hiver à cheval entre les années 287 et 288 ; les heures les plus tristes de toute leur existence.

Leur complicité était-elle que lorsque le domestique et Judith eurent leur fils Anselme, le garçon fut aussitôt nommé en tant que pupille du Baron. Ce qu’il avait accepté volontiers et avait amèrement regretté des années plus tard quand il fut contraint d’épouser la veuve qu’il ne côtoyait que très peu et de prendre en charge leur fils avec qui il n’avait jamais fondé le moindre lien auparavant hormis lorsqu’il les invitait au manoir en de rares occasions.

Pourquoi avait-il fallu qu’Ambroise trahisse les siens et brise son couple au profit de cette satanée Hélène ? Pourquoi cette femme, lui avait-elle désespérément avoué ses sombres origines ? Et surtout, pourquoi ne lui avait-il jamais parlé de rien au sujet de cette relation interdite ? En se remémorant ces souvenirs déchirants, le cœur d’Alexander se serra et il sentit les larmes lui monter. Il s’apprêtait à la questionner à nouveau lorsqu’une détonation retentit.

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