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NORDEN – Chapitre 151

Chapitre 151 – Les confidences de la mésange 2/2

Alexander toussa et fronça les sourcils.

— Que dites-vous ?

— La fille aînée de Friedrich en personne, annonça Irène qui les écoutait depuis le début et trouvait enfin l’opportunité pour parler sans paraître impolie.

— Mais comment est-ce possible ?

Irène et Bernadette se regardèrent en silence. Puis la duchesse s’éclaircit la voix et commença son discours.

— Il y a de cela trente-trois ans, j’entrai au service de la famille ducale des von Hauzen, soit juste après la fin de mes études à l’Allégeance où mon père, dans sa grande bonté, avait ordonné à ma grand-mère de m’y placer afin d’accéder aux hautes sphères. Bernadette, quant à elle, y travaillait déjà depuis un certain nombre d’années.

La dame acquiesça, les yeux voilés de fatigue et légèrement embués.

— Comme vous le savez, à l’époque Friedrich était marié à Eleanora. Malheureusement pour lui, sa femme mourut en couche en 283. Ce soir-là, elle venait de donner naissance non pas à un enfant, mais à deux, des jumeaux. Un garçon, mort-né, et d’une fille. L’enfant survécut. Bernadette et moi-même, les seules au courant de son existence, en avons pris soin tandis que le Duc, ébranlé, était parti le long de la côte afin de cracher sa peine.

À l’évocation de son père, la harpie poussa un petit cri et se lova davantage contre sa mère, la tête nichée dans l’une de ses mains.

— C’est à cet instant qu’il rencontra mon père qui l’engagea à son service, poursuivit-elle. Il lui promit le titre de maire à condition qu’il se marie avec moi. En contrepartie, il devait cacher l’existence de cet enfant et la former en tant qu’émissaire, pour sa cause à lui. D’abord réticent, il avait accepté sans broncher et de bonne grâce. Mon père, à l’instar d’Alfadir, possède la Sensitivité et il n’est guère compliqué pour lui de faire plier les gens à sa volonté, en particulier les esprits tourmentés.

Elle but une gorgée et passa sa langue sur ses lèvres, se délectant de ce qu’elle allait annoncer.

— En rentrant, il chargea Bernadette de prendre soin de sa fille dont personne hormis nous trois et, plus tard, les de Rochester, ne devait soupçonner l’existence. Friedrich me fit part des projets de père à mon égard, ce que je ne pouvais refuser. Je n’aurais d’ailleurs jamais imaginé remplir ce rôle, je n’avais que vingt-trois ans alors qu’il en avait trente-huit. Bien que je n’étais absolument pas attiré par lui, il ne m’a pas semblé rebutant de l’épouser. Certes nous étions différents et son physique, bien que n’étant pas des plus disgracieux, me laissait indifférente. Mais il possédait tout de même des valeurs que je chérissais et avait toujours été d’une grande amabilité et témoigné d’un profond respect. L’ennui fut que j’étais noréenne, certes très convoitée, mais noréenne quand même. Il nous aura fallu énormément de temps pour savoir exactement comment tout mettre en œuvre afin que notre amour paraisse naturel et que ce cher Friedrich ne perde pas en notoriété au sein de l’Élite.

Un long silence s’ensuivit dans le salon, où seul Léonhard s’amusait à voix basse tandis que toute l’attention était portée sur la duchesse.

— Et pour l’enfant ?

— C’est moi qui m’en suis occupée, poursuivit Bernadette. Je suis partie le soir même, regagnant en toute discrétion mon logis avec la petite, que j’avais baptisé Ann et lui ai donné mon nom de famille. Je n’avais personne dans ma vie et le duc, satisfait de mes services jusqu’alors, me confia son éducation. Elle a grandi à Varden, son père venait lui rendre visite régulièrement. Il faut dire qu’il l’aimait sa petite Ann. Même si elle souffrait de sa condition. Dès son plus jeune âge, elle fut mise au courant de ses objectifs. Elle serait une espionne, au service de Jörmungand lui-même et serait éduquée par un de Rochester afin de parfaire sa formation et de la rendre redoutable. C’est une enfant extrêmement intelligente et courageuse.

— Comment êtes-vous parvenu à masquer son existence aux yeux d’Alfadir ? s’interrogea Alexander en regardant Lucius et James. Il n’a jamais rien su ?

— Vous vous doutez bien que non, cher neveu.

— Il en va de même pour moi, avoua James.

— Dans ce cas, qui parmi vous était au courant ?

— Je crois que c’est assez simple à deviner cher Baron. Le seul de Rochester qui ne pouvait se permettre de croiser Alfadir afin de protéger les siens.

— Georges ? proposa-t-il, les sourcils froncés.

La duchesse effectua un geste de la main pour lui signifier qu’il avait vu juste.

— Georges a été le précepteur de Ann pendant de nombreuses années et le maillon clé pour Jörmungand. Père avait tout prévu en poussant Hélène à se marier avec lui. Qu’elle n’a pas été sa désolation lorsque le pauvre homme a compris qu’il s’était engagé auprès du rival d’Alfadir à qui il devait allégeance. Une vérité si impitoyable pour un homme d’honneur. Mais père n’avait que faire des états d’âme de ces gens, seules comptaient ses filles et la descendance qu’elles engendreraient sur l’île.

— Pourquoi le serpent a-t-il été à ce point cruel ? Quand bien même les noréens ne sont pas ses héritiers, qu’a-t-il à gagner en faisant payer tout le monde des mauvais choix de son frère ?

— Baron, vous savez bien le déchirement qui survient lorsque vous perdez l’être le plus cher à vos yeux. Mon père ne parvient pas à oublier ni à pardonner la mort d’Erevan lors de son combat contre son jumeau. Imaginez un instant un être solitaire qui ne possède rien et dont la flamme s’allume un jour à la vue d’une femme, une jeune mortelle si différente des autres, unique, pour qui il donnerait tout.

À l’entente de cette annonce, Alexander baissa la tête et sentit son cœur se serrer, ne connaissant que trop bien ce qu’elle s’apprêtait à lui dévoiler.

— Erevan était cette femme, elle était son monde et il aurait tout donné pour elle. Je vous le répète, mais ils vivaient leur amour caché. Durant leurs quatre années de relation, ils arrivaient à se voir quotidiennement et réussirent à avoir deux enfants, moi-même et Hélène de deux ans ma cadette, où seule ma grand-mère était au courant de notre existence. Jusqu’à ce qu’Alfadir s’en aperçoive et qu’un second duel éclata en cette fâcheuse année 263. c’est réellement à partir de cet instant que les hostilités entre les deux frères ont commencé. Fort heureusement, aucun de ceux présents n’avait dévoilé au Hjarta Aràn notre existence.

— Et donc, concrètement quel était le rôle de Ann ? s’enquit Lucius, perplexe.

— Au départ, celui de servir Jörmungand, d’être sa chasse gardée afin d’espionner les espions eux-mêmes et de soutirer pour lui toutes les informations dont ni père, ni Friedrich ni moi n’avions accès.

Irène observa sa toque en fourrure d’hermine et la caressa amoureusement.

— Son rôle a changé une fois qu’Hélène a été assassinée par un chasseur et qu’elle est devenue cette magnifique coiffe. Je ne vous préciserai pas toute cette histoire que je vous ai tant détaillée hier soir. Mais à partir de ce moment-là, Ann est devenue une espionne à part entière, travaillant à la fois pour Alfadir et Jörmungand, au grand dam de Friedrich. Il savait pertinemment que sa fille serait continuellement en danger en étant envoyée sur la Grande-terre en tant qu’émissaire diplomatique. C’est elle qui fut la garante de l’échange entre Charité et Norden lors des enlèvements des enfants noréens.

Un long silence s’ensuivit.

— Que lui est-il arrivé après la découverte de l’affaire et de l’arrestation de messieurs d’Antins et du Duc ?

— Après le scandale des enfants noréens, Ann restait la seule et unique espionne disponible pour aller récupérer Hrafn. Vous comprenez pourquoi Friedrich a sombré dans la D.H.P.A., c’en était trop pour lui. Tout le dépassait, le pauvre homme ne savait plus que faire, obligé d’exécuter des actions qui le rebutaient, de se plier aux volontés des deux frères en plus de celle de l’Élite. Son monde, sa vie avait pris fin en septembre 301.

Elle eut un petit rire et but une gorgée :

— Et dire que cet imbécile, dans sa folie, s’était acharné sur sa nièce à Eden. Père ne lui a pas du tout pardonné cet affront et si l’homme voulait espérer voir sa fille vivante, il devait à tout prix tenir sa langue à propos de mes origines, celles de ses filles ainsi que celles de ses nièces. Friedrich était encore muselé et totalement à la merci de la volonté de père.

— Je comprends maintenant pourquoi il tenait tant à vouloir me détruire également, murmura Alexander, avec mon entêtement je l’ai poussé à faire se transformer votre sœur, je suis d’une certaine manière en partie responsable de sa mort.

— En effet. Cela dit, nous avons la chance actuellement de pouvoir redistribuer les cartes une fois l’insurrection terminée. Quand bien même certains d’entre nous trépasseront, nous aurons l’opportunité, nous, les descendants du Höggormurinn Kóngur, de pouvoir prospérer sur l’île pendant un bon nombre d’années. Que ce soit Meredith en tant que duchesse, faisant perpétuer le titre à Modeste et, je l’espère, à ses autres enfants. Adèle qui, comme vous l’avez si bien dit tout à l’heure, sera promue au rang de marquise, ce qui lui offrira une place de choix dans la société en plus de son titre de Shaman. Elle pourra donc procréer sans crainte auprès d’un prétendant digne et tenir une partie des rênes du territoire.

Alexander eut un rictus à l’entente de ces mots qui n’étaient pas si différents de ceux de l’Élite aranéenne. Son regard rempli de révulsion n’échappa pas à la duchesse.

— Ne me regardez pas comme cela Baron. Je ne fais qu’exécuter les ordres de père et puis, au moins avez-vous la chance de pouvoir garder Ambre pour vous. Tout comme Blanche ou moi-même à présent, notre rôle est de protéger la descendance de la lignée de Jörmungand. Elles seront les protectrices de sa lignée, qu’importe les sacrifices qu’elles devront essuyer pour cela.

— Vous entendez vous parler Irène ! s’emporta-t-il, énervé. Comment osez-vous dire de telles paroles ? Et ce devant moi ! La vie de votre nièce ne vous importe donc-t-elle pas ?

— Calmez-vous donc ! objecta-t-elle. Je sais très bien ce qu’il en coûte de passer sa vie à se sacrifier pour une cause Baron. Je crois d’ailleurs que la plupart d’entre nous ici présents savons de quoi nous parlons !

— Dans ce cas, pourquoi tenez-vous à perpétuer ce modèle qui nous a tant fait souffrir ! Vos filles et vos nièces ne méritent-elles pas de vivre pleinement leur vie et de jouir de cette liberté si durement gagnée et qui nous a été refusée ?

— Car tout comme Hélène ou moi-même leur mission est loin d’être achevée ! Elles seront la génération de transition, sacrifiées elles aussi, à l’instar de leurs mères. Leur tâche incombe de poursuivre l’héritage de père et de venger Erevan !

Elle esquissa un signe de la main, désignant l’intégralité de l’assemblée.

— Nous avons tous été obligés de mettre nos vies de côté et nous plier aux exigences des éléments qui nous dépassent ! Tout comme vous je ne connais que trop bien ce que c’est que de se sacrifier quotidiennement, de se dévouer corps et âme à des causes plus nobles voire injustes, mais nécessaires !

Elle se redressa et montra les dents, manquant de renverser la harpie qui bascula au sol, légèrement étourdie. Léonhard, apeuré par ce haussement de ton, se tut et se pressa contre Pieter.

Irène plaqua une main contre son cœur et défia l’assemblée qui demeurait muette devant son emportement si rare.

— Croyez-vous que je suis heureuse d’avoir été abandonnée ? Rejetée dans une institution dans le but de vous servir, vous, les aranéens ? De devoir épouser un homme que je n’aimais guère et de devoir lui donner des enfants ? De mettre en permanence mes filles à l’épreuve afin qu’elles puissent s’adapter au mieux dans ce monde cruel et impitoyable ? De me résigner à voir ma fille Blanche se dévouer et se confier à moi afin de protéger sa sœur ? Qu’elle se soit transformée pour protéger ma nièce et que ma nièce risque de subir le même sort en devant protéger sa sœur ?

Elle siffla puis déglutit, un regard haineux affiché sur son visage. Dans sa colère, elle crispait farouchement ses mains sur la table, esquintant la surface du bois.

— Sachez Baron, que j’ai dû abandonner ma sœur alors qu’elle avait besoin de moi afin de ne pas éveiller de soupçons sur nos origines ! Je me suis résolue à la voir me supplier un nombre incalculable de fois, tout cela parce qu’elle voulait rester auprès de ses enfants ! Vous rendez-vous compte de la douleur qui m’a submergée lorsque je devais la regarder droit dans les yeux et de lui ordonner de se transformer ? Quel n’a pas été mon désarroi de la voir impuissante, de la voir abandonner ses deux filles qui ont été livrées à elle-même, car toute notre famille grâce à l’incroyable magnanimité d’Alfadir a dû se transformer et que George a dû mettre les bouchées doubles pour réparer ses torts !

D’un geste menaçant, elle pointa son doigt en direction de son interlocuteur. Alexander, pantois, l’examina d’un œil inquisiteur. Les lèvres retroussées, le nez plissé et les yeux brillants, la duchesse mère paraissait une créature sauvage, une prédatrice tout aussi intimidante qu’Ambre ; la Hyène qui dormait en elle venait de se réveiller.

— Tout cela afin de nous punir pour la trahison de Medreva dont le seul et unique but était de protéger sa fille Erevan ! Et qu’Alfadir, dans son arrogante fierté, n’a pas supporté que sa dernière fille née se soit acoquinée avec son jumeau dont il souilla la chair, rendant pourri le fruit de ses entrailles dont il ne se souciait guère !

Elle déglutit, les yeux embués toisant le maire de haut avec un air de défis dans le regard.

— Donc oui Baron, comme nous tous ici présents, je sais exactement ce que le mot sacrifice signifie !

Un silence s’installa où tous, immobiles, réfléchissaient. Alexander, piqué au vif par l’une de ses paroles qui ne cessait de revenir à son esprit, fut le premier à le rompre.

— Attendez, que venez-vous de dire ? s’écria-t-il. Vous sous-entendez qu’Erevan était la fille d’Alfadir ?

Comprenant qu’elle en avait trop dit, Irène pesta et frappa du poing sur la table, faisant sursauter tout le monde. Un nouveau long silence demeura où tous dévisageaient la duchesse avec une expression de stupeur.

— Vous… vous êtes la petite-fille d’Alfadir ? s’enquit Lucius. C’est pour cela que le serpent a sauvé Erevan ? Vous êtes la descendante directe des deux Aràn, n’est-ce pas ?

La duchesse, bouillonnante de rage contre sa propre négligence, les observa avec dédain, tremblant de tous ses membres. Puis elle expira longuement, passa une main sur son visage, manquant de se griffer et fit claquer sa langue.

— Si l’un d’entre vous, commença-t-elle d’une voix tranchante, répand cette information, je vous garantis que j’en avertirai immédiatement mon père afin qu’il s’occupe de son cas ! Je suis sûre qu’il serait ravi de tourmenter certains d’entre-vous ici présents !

— Mais que craignez-vous donc ? demanda James, surpris. Vous devriez au contraire vous sentir rassurée de posséder cette double identité ! Jamais je n’aurais pensé qu’Alfadir puisse s’accoupler à nouveau, après si longtemps ! Lui qui jadis avait tant procréé.

— Allez donc demander cela à ma grand-mère ! Vous aurez peut-être une chance de savoir pourquoi la grande Shaman Medreva a décidé d’écarter les cuisses devant son Aràn qu’importe si elle avait déjà eu deux enfants avec un autre homme ! Ah non, c’est vrai, suis-je sotte, elle ne le voulait pas et Alfadir l’a forcée, la mettant enceinte pour la même occasion ! Et Aorcha dont la vie venait d’être ruinée pour la même occasion ne pourra, je le crains, strictement rien vous dire là-dessus. Je suis sûre qu’il aurait trouvé les mots justes pour qualifier le viol de sa femme par le Tout-Puissant de Norden !

L’assemblée demeura coite, sonnée par cette information si douloureuse et impensable à encaisser.

— Erevan était-elle au courant de sa filiation ? finit par demander Alexander. Jörmungand ou Alfadir ne lui ont-ils jamais rien dit ? L’avez-vous toujours su également ?

— Cessez de me harceler avec vos questions ! Tout comme ma mère j’ai haï ce cerf dès lors que Medreva me raconta son histoire. La pauvre femme que la vie n’avait pas gâtée semblait pardonner son bourreau pour son « élan d’emportement » comme elle me disait. C’est vrai, après tout elle était sa Shaman, elle devait faire ce que le grand Aràn exige, lui qui était si juste et si bon, qu’importe si cela lui plaisait ou non. Et dire que cet acte impardonnable lui fit engendrer un enfant. Erevan l’avait deviné, elle qui par sa peau basanée et ses cheveux noirs était si différente de ses deux aînés blonds à la peau claire. Elle qui possédait les mêmes traits que ma tendre Meredith. Elle souffrait de cette vérité. Surtout que son géniteur, qui avait déjà eu tant d’enfants par le passé, se fichait éperdument d’elle, ne désirant rien d’autre que son Hrafn adoré.

Elle fronça les sourcils et grogna, devenant incroyablement intimidante au point que Léonhard, totalement apeuré et tremblant de la tête aux pieds, se nicha davantage dans les bras de Pieter.

— Je voulais tant venger ma mère et ma grand-mère, faire payer Alfadir pour tous ces tourments ! poursuivit-elle sèchement. Lui rendre coup pour coup toutes les persécutions et injustices que j’ai subies depuis l’enfance ! J’ai été anéantie en apprenant cette fatalité ! J’ai alors compris pourquoi Hélène et moi-même avions toujours demeuré dans l’ombre. Jörmungand et Medreva voulaient nous préserver de cet être abominable et de son influence. Pourquoi croyez-vous donc que je n’ai cessé de renier mes origines noréennes ? Que je n’ai rien inculqué à mes filles là-dessus allant jusqu’à ne jamais dévoiler leur animal-totem. Hormis pour Blanche récemment. Alfadir nous aura toutes brisées, détruites, annihilées, nous, les descendantes des Hjarta et Höggormurinn Kóngur ! La lignée des deux H !

Elle redressa la tête, les larmes aux yeux :

— Et dire que vous tous le vénérez ! Quelle injustice ! Il n’y a pas plus grande infamie que d’être la descendante d’un être comme lui.

Fulminante, elle redressa la tête et, d’une démarche impériale, quitta la pièce en laissant derrière elle une assemblée muette, totalement désarçonnée par ces propos.

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