Chapitre 94 : La visite de la maison du demi-vampire pour conquérir le singe
« D’après Isla, Chipiras et le “Chien Fou” Berkert~ gravir la montagne~ voler dans le ciel~ entrer dans le lac~ »
Vandalieu fredonnait l’itinéraire qu’il avait prévu d’après les informations obtenues auprès des Vampires, tout en faisant des exercices d’échauffement au bord du lac.
Même si c’était le printemps, on n’était encore qu’en mars. Il était trop tôt dans l’année pour se baigner. Et Vandalieu n’était pas particulièrement bon nageur.
« À l’école, j’avais tout juste réussi à nager cinquante mètres… Je peux retenir ma respiration plus de trente minutes maintenant, cela dit. »
Combien de temps les phoques, les otaries et les loutres de mer pouvaient-ils nager sous l’eau ? Vandalieu serait-il bientôt capable de les dépasser ?
Peu importe, je suppose, pensa Vandalieu en se lançant dans le lac.
CLIC-CLIC-CLIC-CLIC !
Pete s’étira depuis la tête de Vandalieu jusqu’à la rive et le tira en arrière. Vandalieu laissa échapper un son de surprise étrange, quelque chose comme « Hogeh ! », en retombant sur le dos.
« Votre Majesté, allez-vous bien ?! » s’inquiéta la princesse Levia. « Le bruit que vous avez fait était très curieux ! »
« P… probablement ? » dit Vandalieu. « Pete, tant que tu restes à l’intérieur de moi, c’est comme quand je prends un bain, donc ça va. Ah, attends, stop, ne prends pas racine sur la berge. »
Un long moment passa, le temps que Vandalieu calme Pete et les monstres de type plante, qui semblaient opposés à l’idée d’aller sous l’eau. La symbiose était une affaire passablement contraignante.
Vandalieu avançait d’un pas sûr dans l’eau froide du lac.
Avec adresse, il manipulait les branches de l’Ent Immortel qui s’étendaient depuis ses mains et utilisait la terre et les rochers du fond comme points d’appui.
« Ils auraient sans doute détesté l’eau de mer, en revanche, » murmura Vandalieu par sa bouche en forme spirituelle, en continuant le long du fond. « Je devrais peut-être en profiter pour trouver une parade à ça ? »
Il faisait sombre, mais même ici, la visibilité ne posait aucun problème grâce à la compétence Vision des Ténèbres.
Si l’eau avait été troublée par la boue et des micro-organismes, il n’aurait pas pu voir, même avec la Vision des Ténèbres ; la limpidité de l’eau était une chance.
« Hmm ? »
Plusieurs dizaines de silhouettes armées de lances apparurent devant lui. En y regardant de plus près, bien qu’elles fussent humanoïdes, leurs corps entiers étaient couverts d’écailles, et leurs visages semblaient un mélange entre ceux des humains et ceux des poissons.
C’étaient des monstres semi-humains aquatiques : des Ichtyiens.
Il existait aussi, sur Lambda, des Sahuagins, autres monstres semi-humains aquatiques – des poissons dotés de membres humains –, connus comme les Gobelins de la mer. Mais les Ichtyiens étaient bien plus puissants que les Sahuagins.
Leur structure mentale étant différente de celle des humains, communiquer avec eux était difficile, mais ils étaient très intelligents : ils fabriquaient de l’équipement à partir de coquilles et de carapaces d’autres créatures, et formaient des groupes pouvant compter plusieurs centaines d’individus.
Les gens connaissaient mal les Ichtyiens, puisqu’ils ne partageaient pas le même milieu, mais, dans les villages de pêcheurs, ils étaient plus redoutés que les Ogres. Et peut-être en raison d’un lien avec Tristan, le dieu de la mer qui les avait créés, ils entraient en frénésie dès qu’ils voyaient des Ondins, si bien qu’on les appelait « les ennemis des Ondins ».
« Gubububu. »
« Buggukyubugyu. »
Les Ichtyiens encerclèrent Vandalieu à distance, la perplexité bien visible dans leurs yeux de poisson.
Ils disaient probablement des choses comme : « Qu’est-ce que c’est ? » et « Il a des branches qui sortent des mains et des pieds », n’est-ce pas ?
« Compliqué ; les monstres de ce monde ne comprennent pas le japonais. S’il y avait eu l’esprit d’un Ichtyien dans les parages, j’aurais utilisé Visualisation pour le faire traduire, mais je n’en vois pas. »
La situation était gênante, mais il sembla que les Ichtyiens avaient décidé : « On ne sait pas ce que c’est, éliminons-le pour commencer. » Une intention meurtrière que Vandalieu percevait par Perception du danger Mort se tourna vers lui, tandis qu’ils s’approchaient, lances levées.
Puisqu’ils adoptaient cette attitude, Vandalieu n’eut pas besoin de réfléchir longtemps à la marche à suivre.
« Je n’ai pas très envie de me battre sous l’eau. Je ne peux pas non plus demander l’aide de la princesse Levia et des autres, » dit Vandalieu en lançant son kunai d’Arme Maudite et en dispersant du poison dans l’eau. « Mais bon, au moins, j’ai trouvé de quoi me servir de guides. »
À noter, les Ichtyiens étaient de Rang 3. Mais comme on les affrontait le plus souvent dans l’eau ou sur des navires, la Guilde des Aventuriers recommandait de les considérer comme d’un Rang supérieur lorsqu’on les combat.
Faisant mener la marche à des Ichtyiens zombies, Vandalieu découvrit une cavité sous-marine cachée au fond du lac, la parcourut pendant une heure avant de finalement émerger à la surface.
« Ah, j’ai cru que j’allais mourir. »
S’il n’avait pas mordu à la gorge des Ichtyiens pour aspirer l’air de leurs poumons chaque fois qu’il était à court de souffle, la situation aurait pu devenir dangereuse pour Vandalieu.
Les Ichtyiens avaient des branchies sur les flancs, mais aussi des poumons pour se déplacer hors de l’eau.
Accessoirement, si Vandalieu n’avait pas pratiqué de bouche-à-bouche, c’était uniquement parce qu’il n’en avait pas envie. Même en faisant abstraction du fait qu’ils étaient des Zombies, il ne souhaitait pas que son premier baiser soit avec un monstre au visage de poisson.
Les visages des Ichtyiens zombies émergèrent silencieusement à la surface tandis que Vandalieu les faisait l’aider à gagner la rive. Il constata qu’il sortait d’un lac souterrain, à proximité d’un manoir qui paraissait élégant au premier regard… mais sinistre quand on y regardait de plus près.
« Oh. Il aurait mieux valu que vous mouriez vraiment, cher invité dont je ne me souviens pas avoir sollicité la présence. » Un homme à l’allure d’un majordome compétent sortit accueillir Vandalieu. C’était un bel homme d’âge mûr, de taille moyenne. Le monocle qu’il portait – un objet coûteux sur Lambda – lui allait à merveille.
« Bonjour, » dit Vandalieu. « Je m’excuse d’être venu sans prévenir. Je m’appelle Vandalieu. »
« Oh. Vous êtes donc bien le Dhampir dont parlent les rumeurs. Depuis qu’elles ont commencé à circuler, je désirais réellement vous rencontrer. Pardonnez ma présentation tardive. Je suis l’intendant de ce manoir, le “Chien Sot” Bellmond, » dit l’homme en s’inclinant courtoisement. « Quelles affaires vous amènent ici aujourd’hui ? »
« Je pensais prendre de force l’endroit dont vous avez la charge, » répondit Vandalieu. « Je vais commencer maintenant ; cela vous convient-il ? Enfin, même si vous dites non, je n’ai pas l’intention de revenir un autre jour. »
« Je vois. C’est parfait. Je songeais justement à te tuer… toi ! » cria Bellmond en bougeant les doigts, son doux sourire se muant en rictus fou qui découvrait ses crocs.
L’instant d’après, les Ichtyiens protégeant les flancs de Vandalieu furent mis en pièces.
Les cinq Ichtyiens furent découpés en silence en plus de dix morceaux chacun, révélant des sections transversales vivement colorées, puis s’effondrèrent dans le lac souterrain près de la rive.
Tandis que les fragments d’Ichtyiens tombaient dans l’eau dans un grand éclaboussement, Bellmond éprouva une déception : Vandalieu n’avait pas esquissé le moindre mouvement.
« Fufu, tu ne sais pas ce qu’il vient de se passer, n’est-ce pas ? » dit Bellmond. « Malgré mon apparence, je vis depuis des dizaines de milliers d’années, et voici le résultat. Si je pouvais te le faire apprécier aussi– »
« Tu utilises la magie et tes doigts pour manipuler des fils métalliques ultra-fins. La magie est… de l’attribut du vent, je suppose. L’électricité relève bien de l’attribut du vent, non ? » dit Vandalieu.
« Q… quoi ?! »
Bellmond en resta interdit : il ne s’attendait pas à ce que sa technique secrète soit percée à jour en un instant. L’instant suivant, chacun de ses doigts commença à se plier de façon étrange, comme s’ils étaient des créatures indépendantes.
« Fuh. Je ne m’attendais pas à être percé à jour si facilement, mais qu’importe ? Tu es déjà prisonnier de mes fils ! » déclara Bellmond. « Il n’existe aucune ouverture par laquelle t’échapper. »
Ayant encerclé Vandalieu de ses fils, Bellmond se crut certain de la victoire et retrouva son calme.
Avec un tel encerclement, Bellmond pouvait se débarrasser de Vandalieu avant même qu’il ne récite une incantation. Les Ichtyiens zombies restants tentaient de le contourner, mais Bellmond pourrait facilement se charger de pareils brimborions dès qu’ils approcheraient.
« À présent, va donc rejoindre tes parents ! » cria-t-il.
Il plia légèrement un doigt. À ce petit mouvement, la tête de Vandalieu devait tomber. C’est ce qui aurait dû se produire, mais… il sentit une résistance sourde.
Les fils ne bougeaient pas comme il le voulait !
« Quoi ?! C’est… Je vois, tu es un Manieur de fils comme moi ! »
Les fils de Bellmond s’étaient emmêlés dans les objets filandreux qui s’allongeaient depuis les propres doigts de Vandalieu.
« Non, je n’ai pas ce Job, » dit Vandalieu. « Mais je peux manipuler des objets en forme de fil. »
Chaque fil métallique ultra-fin de Bellmond s’était empêtré dans les cheveux allongés de Vandalieu et dans les fils gluants qu’il avait produits avec sa langue et ses griffes.
La Technique de Manipulation de fil de Vandalieu était à un niveau bien inférieur à celle de Bellmond, mais il lui suffisait d’étendre ses fils autour de lui ; les mêler à ceux de Bellmond était simple.
« … Les Dhampirs sont-ils une race capable de telles choses ? » demanda Bellmond.
« Je ne connais pas d’autres Dhampirs, » répondit Vandalieu.
Pour être plus précis, Vandalieu avait déjà vu la Dhampire protégée par Heinz, dont il ignorait le nom, mais il ne l’avait aperçue qu’une fois. Il ne savait pas si elle pouvait cracher des fils par la bouche. Il jugeait plutôt que non.
Bellmond esquissa un sourire de défi en constatant que Vandalieu pouvait, lui aussi, manipuler les fils, même par des méthodes différentes.
« Je comprends ; il ne s’agit plus d’un combat entre un Vampire et un Dhampir, mais d’un duel de manieurs de fils… Je n’aurais jamais imaginé être gratifié de l’occasion d’affronter un autre ennemi qui use de fils, » dit-il. « Je dois remercier Hihiryushukaka-sama du fond du cœur. »
On aurait dit qu’un étrange interrupteur s’était enclenché en Bellmond. Une lueur candide brillait dans ses yeux, comme s’il s’adressait à son plus proche ami.
« Alors, faisons chacun de notre mieux pour saisir la gloire de la victoire ! » déclara-t-il, toisant Vandalieu comme un adversaire digne de ce nom. Au moment même où il achevait sa phrase, ses chaussures se fendirent bruyamment de l’intérieur. « À présent, cher invité ! Pourras-tu tenir bon face aux fils issus de mes vingt phalanges ?! »
Les orteils de Bellmond s’allongèrent, à la manière de ceux d’un singe.
Il les fit remuer avec dextérité pour manipuler ses fils. Il ne restait plus la moindre trace de l’abattement affiché plus tôt ; seul demeurait le martèlement rapide de son cœur.
Était-ce l’apparition d’un adversaire à sa mesure, ou bien une prémonition concernant ce combat ? Quoi qu’il en soit, il ne doutait pas que l’être devant ses yeux lui apporterait quelque chose.
Les fils libérés par Bellmond s’emmêlaient avec ceux de Vandalieu, l’un après l’autre. Pourtant, les fils de Bellmond finissaient par percer, taillant leur chemin et refermant l’écart sur leur cible.
« Qu’y a-t-il ? Tu ne peux pas gagner en restant sur la défensive ! » cria Bellmond.
« Tu as raison, » dit Vandalieu.
« Eh bien, je suppose qu’il est temps d’entamer une contre-attaque, » dit une autre voix, un peu plus loin. Stupéfait, Bellmond tourna la tête dans cette direction.
À sa gauche, à quelque distance, les Ichtyiens zombies s’étaient regroupés en un point. Se demandant si c’étaient eux qui avaient parlé, des Vandalieu surgirent de leurs corps écailleux, l’un après l’autre.
« Hein ? Quoi ? C-cher invité, seraient-ce tes frères ? » demanda Bellmond au Vandalieu qu’il affrontait, déconcerté par les autres Vandalieu qui apparaissaient sans heurt depuis les zombies ichtyiens.
« Non, ils sont tous une partie de moi, » répondit Vandalieu. « Celui qui se bat avec toi est mon corps physique, qui déplace les autres via la compétence Contrôle à longue distance. »
« Ceux-ci, » dit un autre Vandalieu, « sont mes clones en Forme Spirituelle créée après usage de l’expérience hors du corps, puis fusionnée avec les Ichtyiens zombies. »
« Bien, je vais commencer ma contre-attaque, » dit encore un Vandalieu en Forme Spirituelle.
Les Vandalieu en Forme Spirituelle braquèrent sur Bellmond un long objet tubulaire que les Ichtyiens portaient sur le dos.
« Un corps physique et des corps en Forme Spirituelle ?! N-non, attendez un instant, cher invité, c’est insensé, » balbutia Bellmond. « Voudrais-tu dire que tu as utilisé ton corps physique… ton corps principal, comme appât pour me tromper ?! »
« Eh bien, tu dis que c’est mon corps principal, mais l’est-ce vraiment ? » répondit Vandalieu.
« N’as-tu pas pensé que tu ne pourrais pas entraver tous mes fils et que tu serais mis en pièces ? En vérité, dans une minute, je peux désassembler ton corps entier, » dit Bellmond.
« Même si mon corps est morcelé, il me faudra moins de trois minutes pour tout rassembler ; je ne mourrai pas, » dit Vandalieu.
« … Mais même des Vampires Nobles Nés en mourraient. »
« En outre, j’ai cette méthode. »
Une tête de Ver jaillit de la nuque de Vandalieu. Sa bouche, seul trait distinctif, s’ouvrit et un fluide épais s’en écoula.
Ce fluide… le Cuivre Obscure, devint une armure qui enveloppa le corps de Vandalieu. Datara avait forgé ce Golem de Cuivre Obscure pour en faire une armure.
Il déploya ensuite sa Barrière d’absorption magique et sa Barrière de nullification d’impacts, engloutissant à la fois ses fils et ceux de Bellmond.
Bellmond resta interdit devant la facilité avec laquelle Vandalieu empilait les défenses. À présent que ses fils se trouvaient dans les barrières, ils étaient presque totalement immobilisés.
Chaque fois qu’il bougeait les doigts pour tenter de les manipuler, ses fils se retournaient dans sa chair, et le sang en jaillissait.
« Je suis conscient de mon impolitesse, mais… cher invité, êtes-vous une sorte d’aberration ou de monstruosité ? » demanda Bellmond.
À ce stade, il n’avait d’autre choix que de se couper les membres pour s’enfuir, mais, au lieu de réciter l’incantation nécessaire, il posa cette question.
Son cœur battait à tout rompre en réalisant que la défaite était inévitable ; ses joues s’empourprèrent et ses yeux tremblèrent, brouillant sa vision.
« Je me considère comme une personne, aussi je regrette profondément que vous me disiez cela » répondit Vandalieu, tandis que ses autres formes spirituelles chargeaient un projectile argenté dans le tube… ou du moins commençaient à le faire, avant de changer pour un autre projectile.
Une balle de fer fut insérée dans le tube – un canon doté de rainures en spirale dans le fût afin de faire tourner les projectiles.
Vandalieu ajusta légèrement sa visée, puis utilisa la Télékinésie pour propulser la balle.
« Feu. »
En contraste avec sa voix plate, la balle partit dans un grondement assourdissant.
« Kuh… fushaaah ! » Bellmond déploya sa langue fourchue pour manipuler un fil et tenter d’éviter la première balle tirée sur Lambda par Vandalieu.
Mais la balle de fer écarta le fil et frappa le torse de Bellmond.
【Vous avez acquis la compétence Artillerie ! 】
Apparemment, sur Lambda, la compétence pour manier les armes à feu n’était pas « Technique de tir », mais Artillerie.
La balle de fer s’écrasa contre le mur opposé du lac souterrain, faisant s’effondrer une partie de la paroi.
Il était logique qu’elle soit traitée comme un coup de canon plutôt qu’un tir d’arme.
D’ailleurs, le canon du Fusil de Télékinésie de Vandalieu, conçu pour la précision et la puissance, n’était littéralement qu’un fut : il n’avait ni détente ni chargeur ; difficile donc de parler véritablement d’un fusil.
Mais même en reconnaissant la puissance de son arme et de son canon, Vandalieu décida de ne plus jamais l’utiliser sous terre, sauf nécessité absolue.
« Au fait, peux-tu parler ? J’ai utilisé une balle de fer au lieu d’une en Orichalque ou en argent, et j’ai un peu décalé ma visée, donc tu ne devrais pas mourir, » dit Vandalieu, baissant les yeux sur Bellmond, qui se roulait au sol dans un état pitoyable, tout en conservant un ton poli.
« Kah… Hyuh… Je vous présente mes plus humbles excuses… pour vous avoir offert un spectacle si honteux… »
Un trou béant lui traversait le flanc droit jusqu’à la poitrine ; des fragments d’entrailles, d’os et de sang s’étaient éparpillés.
Et comme elle avait été projetée et roulée sur le sol plusieurs fois après le tir, son corps avait été lacéré par les fils acérés qu’elle manipulait.
Il ne restait plus aucun doigt à ses mains ni à ses pieds, et sa langue n’était plus qu’une masse en lambeaux.
Cependant, la « honte » dont Bellmond parlait ne faisait pas référence à cela. Elle évoquait sa véritable apparence, désormais visible : le monocle, Objet Magique de dissimulation, s’était brisé.
Sous ses vêtements déchirés apparaissaient des marques de brûlures et des cicatrices étirées. La moitié de son visage autrefois élégant était ravagée, et l’un de ses yeux était voilé.
La forme de ses oreilles aussi avait changé.
« C’est surprenant, tu étais donc une femme, » remarqua Vandalieu. « Et il semble que tu étais à l’origine une Homme-Bête. Les races de Vida peuvent donc aussi devenir des Vampires ? »
« Je suis issue d’une race appelée les Hommes-Bêtes Singes des Forêts, » répondit Bellmond. « Cela dit, je ne suis pas une simple Homme-Bête ; du sang de Lamia coule dans ma lignée. Cette langue, et bien que cela se voie mal maintenant, cet œil aveugle, sont semblables à ceux d’une Lamia. Il n’est pas impossible pour les races de Vida de devenir Vampires, mais il y a quatre-vingt-dix pour cent d’échecs, et la transformation peut être fatale.
Mais comment avez-vous su que j’étais une femme ? Comme vous le voyez, toutes mes parties féminines ont été brûlées ou tranchées. »
« Je peux voir tes organes internes à travers tes blessures, » répondit Vandalieu.
« Je vois… cela m’avait échappé. » Bellmond – qui se révélait donc être une femme – esquissa un rire amer.
« Alors, allez-vous m’achever ? demanda-t-elle. Je ne suis pas aussi puissante que vous, mais je suis une Vampire Noble Née, comtesse de mon rang. Je pourrai me remettre de telles blessures. Peut-être pas retrouver ma mobilité d’autrefois, mais dans une demi-journée, je pourrai marcher. Et même pendant que nous discutons ainsi, il ne m’est pas impossible de réciter une incantation, si j’essaie. »
« Mais tu n’essaies pas, n’est-ce pas ? » répondit Vandalieu.
« Tu n’as aucune intention de contre-attaquer. De plus, la compétence Envoûtement de l’attribut de la Mort agit, n’est-ce pas ? »
Il ne ressentait plus la moindre alerte de Perception du danger Mort.
Bellmond eut un air surpris avant de souffler, comme comprenant soudain.
« Je vois. C’est donc une compétence de type charme. Mais plus que d’être charmée par vous, cher invité, mon cœur s’agite à l’idée de ce qui changerait si je vous tuais, et aussi parce que, même si je n’y parviens pas, vous accepteriez de me tuer. »
« Ah, je vois. C’est donc de cet effet-là qu’il s’agit. »
Même si c’était un charme, cela ne signifiait pas que tous ceux qui en étaient affectés devenaient amicaux envers Vandalieu. Les individus malades ou dérangés, comme Bellmond, réagissaient ainsi.
En d’autres termes, une yandere.
En y repensant, Sercrent et Isla, qu’il avait vaincus plus tôt, étaient eux aussi des Vampires ; pourtant, contrairement à Eleanora, ils n’étaient pas devenus amicaux avec lui.
Il était possible qu’ils n’aient pas résisté à l’Envoûtement de l’attribut de la Mort, mais que ses effets se soient simplement manifestés de manière déformée.
Il avait déjà brisé l’âme de Sercrent ; il faudrait donc qu’il interroge Isla à son retour à Talosheim.
Vandalieu nota mentalement d’être plus prudent à l’avenir.
« Vous n’allez tout de même pas me demander de changer de camp ? » demanda Bellmond.
« Change de camp, » dit Vandalieu.
« … Donc, si. »
« Oui, » répondit Vandalieu. « Tu as seulement essayé de me tuer ; je n’ai pas de rancune particulière, et j’aimerais que tu m’apprennes à manier les fils. »
Bellmond le regarda, interloquée, tandis qu’il poursuivait.
« Et puis, je recrute justement un intendant. »
« … Même si je suis une personne très mauvaise ? » demanda Bellmond.
« Hmm, mais rien ne te hante. Se pourrait-il que tu aies passé des années à veiller sur cet endroit sans jamais sortir ? » demanda Vandalieu.
« … C’est exact, cher invité, » répondit Bellmond.
Elle avait dit avoir vécu des dizaines de milliers d’années, mais en vérité, elle n’en avait vécu qu’environ dix mille depuis qu’elle était devenue Vampire.
Dix mille ans plus tôt, le clan dans lequel elle était née l’avait exilée parce que le sang de son ancêtre s’était manifesté sous la forme d’anomalies physiques. Après une errance sans but, elle atteignit finalement un lieu habité… pour y être traitée de monstre et violée.
À l’article de la mort, elle fut recueillie par les Vampires adorateurs de Hihiryushukaka.
« Mon maître cherchait justement un subordonné docile pour garder ce manoir, » expliqua Bellmond. « En dépit de son apparence, cet endroit sert à la fois d’abri en cas de crise et de dépôt d’objets précieux ; jamais il n’aurait été confié à quelqu’un de suspect. Et mon maître trouva des êtres à moitié morts comme moi, les sauva et les éleva en Vampires. »
« Dans ce cas, tu ne sembles pas très loyale, » observa Vandalieu.
Bellmond eut un petit rire.
« Bien des choses peuvent arriver quand on vit dix mille ans. Surtout avec un corps comme le mien. Les cicatrices que j’ai reçues avant de devenir Vampire ne peuvent être guéries, voyez-vous. »
Les premières années, elle s’était démenée pour rendre la faveur que son maître lui avait faite.
Elle étudiait avec ardeur, s’améliorant parmi d’autres compagnons au passé semblable.
Son talent fut reconnu, et elle devint Vampire.
Elle versa des larmes pour ses camarades, de moins en moins nombreux au fil des décennies, tout en s’acharnant à perfectionner ses compétences pour exprimer sa gratitude à son maître.
Puis on lui confia la garde de ce manoir, et plusieurs siècles s’écoulèrent.
Peu à peu, elle commença à se demander si elle n’était pas simplement utilisée.
Au bout de mille ans, son maître lui imposa le monocle magique, accompagné de ces mots : « Ne montre jamais ton apparence hideuse dans ce manoir. »
Au bout de dix mille ans, tout lui parut vain.
Les occasions d’utiliser ses talents étaient rares, et même lorsqu’elles se présentaient, elles se terminaient aussitôt.
Quand elle envisageait de s’enfuir, elle se demandait ce qu’elle voudrait faire ensuite… sans jamais trouver de réponse.
Elle pensa qu’il vaudrait mieux mourir, mais n’en eut pas la force.
Et, avant qu’elle ne s’en rende compte, d’autres années s’étaient écoulées.
C’est dans cet état d’esprit épuisé que Vandalieu était apparu.
« Alors, n’est-ce pas le moment de changer de camp et de me rejoindre ? » demanda Vandalieu, satisfait que Bellmond n’ait eu aucun lien avec le sort de Talosheim.
Bien sûr, il ne la voyait pas simplement comme une victime.
Elle avait tué plusieurs personnes en dix mille ans, et commis bien des crimes.
Mais tout cela importait peu à Vandalieu.
« Pour être honnête, je me moque que ta bonté ou ta malice soient discutables, » poursuivit-il.
« La perception de tout cela change selon les nations, les cultures et les époques. Et il paraît qu’un grand nombre de gens me considèrent moi aussi comme une personne mauvaise. Je n’ai que faire des notions de bien et de mal d’une société à laquelle je n’appartiens pas. »
Vandalieu ne pouvait imaginer qu’il puisse exister des êtres absolument bons.
Le bien existait parce que le concept du mal existait aussi.
Puisqu’il pensait ainsi, l’idée même de bien et de mal était pour lui une notion ambiguë.
En réalité, sur Terre comme dans Origin, le bien avait échoué à le sauver.
Bien sûr, il savait qu’il serait étroit d’esprit de tirer des conclusions à partir de sa seule expérience, mais cette manière de penser lui convenait, et les choses allaient bien sur Lambda ainsi, donc il jugeait cela suffisant.
« … Et le fait que j’aie essayé de vous tuer, cher invité ? » demanda Bellmond.
« J’ai gagné, donc cela ne compte pas, » répondit Vandalieu.
Il considérait simplement que, dans un combat à mort, le vainqueur détenait le droit de vie sur le vaincu.
Avec les monstres, il les dépouillait de leurs matériaux et de leurs Pierres Magiques ;
avec les bandits, il les tuait et buvait leur sang.
Même en temps de guerre, tuer des soldats ennemis était une victoire, et les capturer vivants rapportait une prime supplémentaire.
Dans ce cas, Vandalieu ayant vaincu Bellmond, il était libre de lui proposer de le rejoindre.
« Pour le dire simplement, c’est juste une question de changer de camp de ton vivant, ou de le faire après ta mort, » expliqua Vandalieu.
« Mais une fois morte, ta mémoire et ta personnalité risquent de s’effriter ou d’être profondément altérées, donc il serait plus pratique que tu changes de camp tant que tu es encore en vie. »
Il existait bien quelques cas rares, comme Chezare, dont l’éclat avait augmenté après être devenu un Mort-Vivant, mais cela restait exceptionnel.
« Alors, que décides-tu ? » demanda Vandalieu.
Puisque Vandalieu n’avait pas eu besoin d’utiliser la Magie des Esprits Morts, la princesse Levia et les autres Esprits de Flamme étaient libres, et elles apparurent devant Bellmond.
« Il vaut mieux que vous rejoigniez Sa Majesté, » dit la princesse Levia.
« Nous hantons Sa Majesté ainsi, et même en tant que Fantômes, nous pouvons manger de délicieuses choses. N’est-ce pas, Levia-sama ? » ajouta un autre Esprit de Flamme.
« Oui. Ce serait rassurant que vous prêtiez votre force à Sa Majesté, » poursuivit la princesse Levia.
« Puis-je vous faire cette requête ? »
Consciente qu’elle ne pouvait échapper à cet étrange invité, Bellmond céda.
« Soit, cher invité, » dit-elle. « Cependant, j’ai deux conditions. La première : que vous vainquiez mon maître, Ternecia-sama. La seconde : que vous rendiez à mon corps sa forme originelle. »
Si Vandalieu était tué par Ternecia, il n’y aurait aucun sens à changer de camp, et dans son état actuel, Bellmond serait incapable de lui enseigner l’art des fils ou d’assumer le rôle d’intendante.
« Compris, » dit Vandalieu en hochant la tête, acceptant ces conditions auxquelles même un aventurier de rang S aurait hésité.
« Je vais commencer par rassembler et reconnecter tes organes et tes os. Princesse Levia, tout le monde, baissez vos flammes. Les viscères de Bellmond sont presque en train de brûler. »
« Ah, je suis désolée ! Je vais m’éloigner, » dit la princesse Levia.
« Cher invité… je doute qu’il soit approprié d’appeler les organes de quelqu’un des “viscères”, » dit Bellmond.
Peut-être avait-elle été un peu trop prompte à accepter.
Mais malgré tout, Bellmond ne pouvait s’empêcher de nourrir une grande attente envers Vandalieu.
*
« GUAAAAAAH ! VIVE TERNECIA-SAMAAAAAA ! »
Daroak, un Vampire Noble Né portant le titre de marquis, s’effondra, le cœur transpercé par le poing d’une guerrière, en poussant un cri d’agonie digne d’une explosion dans un film à effets spéciaux de la Terre.
Il était réputé pour posséder la plus grande puissance de combat après Ternecia elle-même – un homme connu sous le nom de « Chien de Combat » dans le monde souterrain, vivant depuis des dizaines de milliers d’années.
« Hmph. Peu importe à quel point tu changes ton corps en brume, tu es impuissant face à ma Technique du Poing Lumineux. »
Jennifer, qui avait vaincu Daroak grâce à ses brassards magiques d’un blanc éclatant, rejoignit ses compagnons et lança un regard plein de défi à leur dernier adversaire.
La Vampire de Sang Pur Ternecia, arborant comme toujours son apparence de courtisane, claqua la langue à la mort de son fidèle subordonné, tout en fixant Jennifer d’un regard noir.
« Oh lala, tu l’as vraiment fait, » dit Ternecia.
« Même mes Cinq Chiens ont tous été anéantis, sauf un… Pensée que vous en avez éliminé trois, même si Isla n’en faisait pas partie. Je vous ai un peu sous-estimés. »
Tout autour, des ruines de bâtiments et des troncs d’arbres jonchaient le sol.
Ce manoir, l’une des bases de Ternecia, avait autrefois un certain raffinement… mais les vagues destructrices du combat l’avaient, ainsi que la forêt alentour, transformé presque en désert.
« Vous êtes tout de même spectaculaires, » poursuivit Ternecia, regardant autour d’elle les vestiges de sa base, maintenant que plus aucun plafond n’obstruait la vue sur la lune et les étoiles.
« Le héros légendaire Bellwood ressentait de la douleur à chaque fois qu’il écrasait une fleur sous son pied. Êtes-vous donc différents de lui ? »
« Hésiter à te détruire pour protéger une forêt isolée habitée uniquement de monstres serait un péché, » répondit Heinz.
« J’y ai tout de même réfléchi, car cette forêt est la source d’une rivière. »
Bellwood avait évité d’utiliser les connaissances venues d’autres mondes, mais il avait activement diffusé celles concernant l’environnement naturel, qui perduraient encore aujourd’hui.
Le fait que les forêts retiennent l’eau faisait partie de l’héritage de son savoir.
« Tch, des mots dignes de “celui qui déchire les ténèbres”, » dit Ternecia.
« Mais j’en ai assez d’entendre vos voix ! Je vous laisserai continuer à chanter… comme mes Morts-Vivants ! »
Ternecia libéra une intention meurtrière si intense qu’elle produisit une véritable pression physique.
Mais intérieurement, elle était irritée et légèrement déstabilisée.
Que font Birkyne et Gubamon ?!
Pourquoi ne se dépêchent-ils pas ?! À ce rythme, je vais être forcée d’utiliser cette carte maîtresse !
Comme si elle avait perçu le trouble de Ternecia, Diana – la prêtresse de la déesse du Sommeil, Mill – tenta de lancer un sort d’enchantement.
« Je ne te laisserai pas faire ! Kah ! » s’écria Ternecia, en essayant d’activer l’Œil démoniaque pétrifiant qu’elle avait substitué à son œil droit.
« C’est moi qui devrais dire ça ! » lança Delizah.
« Grande Provocation ! »
L’hostilité de Ternecia fut aussitôt détournée de force vers Delizah par la compétence martiale de sa Technique de Bouclier.
Les doigts et les orteils de Delizah commencèrent à se changer en pierre dans un bruit désagréable, mais le regard de Ternecia se détourna bien vite d’elle.
Ternecia laissa échapper un nouveau grognement de frustration.
Edgar s’était glissé jusqu’à elle et l’attaqua depuis son angle mort. Son poignard de mythril, enchanté de magie de l’attribut de la lumière, visait les points vitaux de Ternecia.
Elle l’arrêta de ses griffes et tenta, dans le même mouvement, de taillader Edgar, mais l’instant d’après, son corps se volatilisa comme de la brume.
« Un clone ?! »
« Je suis surpris que tu l’aies remarqué. La plupart confondent ça avec de la magie. » Edgar fit danser son poignard tout en créant d’autres doubles de lui-même grâce à Rémanence, une technique martiale avancée de Technique d’Armure. Même si la plupart n’étaient que des illusions, puisqu’à tout moment l’une de leurs attaques pouvait être réelle, on ne pouvait les ignorer.
« Tous ensemble ! » cria Heinz. « Éclair radiant de l’épée ! »
« Rafale de poings radiant ! »
L’épée magique de Heinz et les poings magiques de Jennifer s’abattirent sur Ternecia. Même elle ne pouvait tout encaisser : son corps subit de nombreuses blessures.
Compte tenu de sa Vitalité, ce n’étaient guère plus que des éraflures. Toutefois, les attaques du groupe de Heinz étaient toutes spécialisées contre les Vampires. Même ces éraflures lui infligeaient une grande douleur, réduisaient fortement sa régénération hors du commun et, surtout, faisaient vaciller sa concentration.
« … Ne m’assaillissez pas ainsi, morveux ! Danse des lames de vent chaotique ! »
Incapable de contenir son irritation, Ternecia relâcha d’innombrables lames de vent tout autour d’elle. Cela aurait dû forcer Heinz et ses compagnons à reculer un instant, lui laissant l’ouverture nécessaire pour reprendre son calme.
Cependant, Diana récita une incantation : « Mana, sois guidée par la déesse et deviens paisible. Vague de Sommeil Magique. »
Son sort réduisit drastiquement la puissance de celui de Ternecia, au point que l’attaque de Ternecia fut déviée par la défense anti-magie de l’équipement défensif du groupe, forgé de quantité de matériaux draconiques et de métaux magiques.
Désormais, l’ouverture jouait en faveur de Heinz et des siens, et la force de leurs assauts s’intensifia.
Ces gens… Ils ont l’habitude d’affronter des ennemis plus forts qu’eux !
La porteuse de bouclier, Delizah, attirait l’hostilité de l’ennemie ; Edgar suivait ; Jennifer attaquait par une multitude de coups tandis que Heinz se rapprochait pour porter une frappe puissante, et Diana soutenait l’ensemble.
Leur coordination était d’un niveau très élevé, et Ternecia ne parvenait pas à exprimer pleinement ses pouvoirs face à eux. Seule, elle ne pouvait faire face au travail d’équipe du groupe de Heinz. Quoi qu’elle tente, aucune action décisive ne passait.
Les attaques monotones qu’elle lâchait, agacées et frustrées, étaient bloquées ou amorties par Delizah et Diana.
« Comment moi, Ternecia-sama, qui ai survécu à la guerre contre les champions, pourrais-je perdre face à de tels gamins inexpérimentés ! »
Ternecia était enragée. Il est vrai qu’elle était puissante. En étant une créature au sommet de la chaîne alimentaire, elle pouvait écraser un Dragon moyen comme s’il n’était qu’un insecte ailé.
Mais c’est précisément pour cela qu’elle était plus faible qu’il y a cent mille ans.
Au cours de ces cent mille ans, elle avait pris d’innombrables vies. Toutefois, la plupart l’avaient été lors de massacres à sens unique ; les adversaires capables de lutter à armes égales se comptaient. Et depuis plusieurs dizaines de millénaires, elle se contentait d’exister en tyran, régnant sur d’innombrables subordonnés.
Ses instincts s’étaient émoussés à force de ne plus jamais sentir sa vie en danger ; sa force mentale et ses techniques, jadis affûtées, s’étaient usées et relâchées.
Dans un tel état, Ternecia n’avait aucun moyen de vaincre, seule, la coordination du groupe de Heinz. Les trois Vampires de Sang Pur gouvernaient en système « parlementaire » précisément pour ce genre de situations, mais–
[Kuh, Birkyne et Gubamon comptent-ils m’abandonner ici ?!]
Son dernier espoir – des renforts – ne parut pas.
Ternecia poussa un cri rauque en recevant une nouvelle blessure superficielle. Heinz et ses compagnons étaient maintenant convaincus de pouvoir la vaincre, mais ils poursuivaient leurs attaques sans baisser la garde.
Alors Ternecia découvrit ses crocs et leur lança un rire fou : « Mourez en regrettant de m’avoir acculée ! Activation, Cornes du Roi Démon ! »
L’instant d’après, Heinz et son groupe furent déchiquetés par les cornes qui jaillirent de tout le corps de Ternecia.
*
Nom : Bellmond
Âge : Environ 10 000 ans (18 ans au moment de la transformation en Vampire)
Titre : Chien Sot de Ternecia
Rang : 10
Race : Comtesse Vampire Noble Née (Homme-Bête, type singe des forêts)
Niveau : 7
Job : Maître des fils
Niveau de Job : 7
Historique de Jobs : Apprenti Chasseur, Apprenti Voleur, Voleur, Assassin, Serviteur, Manieur de fils
Compétences passives :
Vision des Ténèbres ; Force Surhumaine : Niveau 3 ; Régénération rapide : Niveau 5 ; Résistance aux altérations d’état : Niveau 6 ; Renforcement personnel, Subordonnés : Niveau 10 ; Récupération de mana via les dégâts : Niveau 10 ; Perception de présence : Niveau 7 ; Intuition : Niveau 3 ; Corruption mentale : Niveau 7
Compétences actives :
Vampirisme : Niveau 7 ; Tir à l’arc : Niveau 1 ; Lancer : Niveau 1 ; Technique à l’épée courte : Niveau 9 ; Magie de l’attribut du vent : Niveau 2 ; Magie sans attribut : Niveau 1 ; Contrôle du mana : Niveau 1 ; Vol à grande vitesse : Niveau 1 ; Foulée silencieuse : Niveau 8 ; Piège : Niveau 5 ; Dépeçage : Niveau 3 ; Dépassement des limites : Niveau 1 ; Tâches ménagères : Niveau 10 ; Manipulation de fil : Niveau 7
Compétences uniques :
Offrande
La plus faible des proches auxiliaires de Ternecia – ses « Cinq Chiens » – à qui l’on a confié, d’une certaine manière, le rôle le plus important. Les autres membres la raillaient souvent en la traitant de « chien de garde ».
*
En dehors de quelques visites de Ternecia, Bellmond a passé plus de 90 % de ses dix mille ans à garder un manoir peuplé uniquement de Morts-Vivants gémissants, haletants, stridents. Son état mental frôle ainsi le handicap, et elle est habitée par un désir d’autodestruction.
Cependant, cela l’a tenue à distance des autres Vampires – de ce point de vue, elle est « normale ».
À l’origine, c’était une femelle d’une race d’Hommes-Bêtes « singe des forêts », mais une part du sang de Lamia présent dans sa lignée se manifeste dans ses traits physiques.
À cause du viol brutal qu’elle a subi avant de devenir Vampire, son corps est couvert de cicatrices et de marques de brûlures. Elle a perdu la vue d’un œil lors d’une agression, et la longue queue qu’elle aurait dû avoir a été tranchée.
En raison de la cécité d’un de ses yeux et de la manière irresponsable dont Ternecia l’a élevée – sans se soucier d’elle tant qu’elle ne se montrait pas rebelle –, elle est en réalité la plus faible des Cinq Chiens.
Elle ne possédait d’ailleurs aucun Objet Magique autre que son monocle enchanté.
De plus, les Vampires ne bénéficient d’aucun avantage particulier en matière de talent magique. Étant née Homme-Bête, elle demeura peu douée pour la magie, même après être devenue une Vampire Noble Née.
C’est pourquoi elle n’utilise aucune magie hormis les sorts nécessaires pour assister la manipulation de ses fils.
Elle est à son plus haut niveau de puissance lorsqu’elle combat avec la Technique à l’épée courte, mais… c’est avant tout une passionnée qui accorde la priorité à son passe-temps.
Dans les tâches ménagères ordinaires, elle est une véritable experte ; en particulier pour le nettoyage, qu’elle exécute à la perfection malgré un état mental tel que des pans entiers de plusieurs années peuvent s’effacer de sa mémoire d’un coup.
Pour donner vos impressions n’hésitez pas à mettre des commentaires !
Vos appréciations sont importantes pour montrer votre soutien.
Chapitre Précédent | Sommaire | Chapitre Suivant
Chapitre 19 - Sororité inespérée Une fois libérée des griffes de ses tourmenteurs, Ambre était…
Chapitre 345 : Réunion (2) Tôt le matin, alors que la lune brillait encore dans…
Chapitre 36 : Une tâche avant le camp d'entraînement Les vacances d'été de l'académie de…
Chapitre 20 - Epilogue Paris, juin 2039 Florian regagna le chemin du travail. Les pensées…
Merci aux donateurs du mois pour la Tour des Mondes ! ! Max la castagne…
Chapitre 18 - Parades et algarades Cerf d’argent sous fond de saphir, licorne dorée auréolée…