Chapitre 20 – Epilogue
Paris, juin 2039
Florian regagna le chemin du travail. Les pensées nébuleuses, il longeait ces rues encombrées du centre de Paris, baignées sous la lumière flavescente de ce soleil d’été. Malgré la chaleur, il était vêtu d’un chemisier blanc cintré à la taille ainsi que d’un veston gris clair qu’il avait laissé légèrement entrouvert. Une cravate était nouée à son col car aujourd’hui était un jour bien particulier.
Les examens de fin d’années venaient de s’achever et les concours visant à recruter de nouveaux membres arrivaient à échéance. Pour la première fois, il faisait partie du jury. Après le scandale de l’affaire Yves Moreau et l’arrestation de son mentor, ses supérieurs avaient décrété la fin de sa période de formation et l’avaient jugé digne d’encadrer un jeune à son tour. Ainsi, il lui fallait trouver la personne adéquate pour le seconder lors de ces voyages. Il restait encore trente candidats en lice, tous aptes, et ayant réussi à valider les épreuves qui leur avaient été données d’exécuter.
Après trois heures d’entretien sous cette atmosphère étouffante, l’homme commençait à décrocher, abruti par le manque d’air. Les yeux perdus dans le vide, il n’écoutait que d’une oreille les discours de motivation de ces candidats dont aucun ne semblait se discerner des autres ; tous étaient calibrés de la même manière et débitaient les mêmes sermons monotones sans une once d’intérêt. Des gens souvent issus de cette éducation de la haute société, fils ou filles ayant grandi dans la richesse et avec des codes pour leur permettre d’avoir aisément les moyens d’entrer dans n’importe quelle institution.
Un des membres du jury parla à son micro et invita le candidat numéro vingt-trois à se rendre dans la pièce. Suite à cela, une jeune femme entra. De petite taille, vêtue d’une simple chemise, certainement la plus adaptée de sa garde-robe, la demoiselle entra. Elle avait attaché ses longs cheveux ondulés en une queue de cheval haute pour dégager son visage juvénile où ses grands yeux marron clair trahissaient une douceur comme rarement il lui avait été donné d’en voir. Elle paraissait intimidée, nerveuse, et faisait pianoter ses doigts sur le rebord de la table tout en se mordillant frénétiquement les lèvres.
La reconnaissant, le regard de Florian se mua, devenant anormalement doux ; peu importe qui était passé et qui passerait après elle, ce serait elle et elle seule qu’il choisirait pour le seconder. Il ne pouvait en être autrement. Il prit son dossier, s’éclaircit la voix et commença à parler :
— Nous vous écoutons mademoiselle Maud Roux.
FIN
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