Chapitre 34 – Invitation en vue d’un déjeuner
Le soir venu, alors qu’Adèle dormait et que son aînée lisait paisiblement à la lueur d’une chandelle, une châtelaine à la main, quelqu’un frappa à la porte du cottage. Surprise, Ambre sursauta puis regarda l’horloge dont les aiguilles indiquaient vingt et une heures. Sans attendre, elle écrasa sa cigarette dans le cendrier et se leva avec une certaine appréhension mêlée de lassitude. Elle s’avança jusque devant la fenêtre, écarta le fin voilage puis aperçut la robe alezan brûlé d’un cheval qui se découpait à travers l’obscurité. Ne parvenant pas à reconnaître la monture, elle ouvrit timidement.
Un garçon châtain d’une vingtaine d’années, à la silhouette trapue et en livrée argile se tenait sur le pas-de-porte. Une broche argentée en forme de rat musqué était épinglée sur sa veste, à côté des armoiries des von Tassle. Malgré la droiture de sa posture, les bras croisés dans le dos, son visage juvénile affichait un air affable.
— Que puis-je pour vous ? demanda-t-elle.
Le cavalier s’inclina poliment puis retira de sa poche une missive et la lui tendit.
— Une lettre pour vous, mademoiselle ! dit-il avec un enthousiasme non feint. De la part de monsieur le baron von Tassle.
— Merci, répondit-elle en la saisissant délicatement, voulez-vous entrer un instant ?
— C’est gentil mademoiselle, la remercia-t-il en souriant, dévoilant ses dents qui se chevauchaient légèrement. Mais je compte repartir dans la foulée avant que ma lanterne soit en deuil et que le maître s’inquiète de mon absence. Avez-vous les affaires de monsieur Anselme à me donner ?
Ambre opina puis s’en alla chercher les vêtements propres et secs — quoique sévèrement éraflés au niveau des jointures et amputés de quelques attaches — qu’elle remit au garçon prénommé Maxime. Tandis qu’il remontait en selle après les avoir rangés dans sa sacoche, la noréenne referma la porte puis retourna s’asseoir. Elle but une gorgée de tisane et étudia l’enveloppe, cachetée d’un sceau aux initiales baronniales : un A, un V et un T aux courbes voluptueuses, superposés à la verticale. Elle empoigna un couteau et l’éventra, tranchant la cire purpurine d’un geste vif. La lettre était rédigée sur un papier ivoire, au toucher granité. L’écriture manuscrite, à l’encre obsidienne aux reflets moirés, était belle et allongée, soignée d’arabesques.
Mademoiselle Ambre, Chat Viverrin :
Après auscultation par mon éminent ami le docteur Aurel Hermman, je tenais à vous rassurer quant à l’état d’Anselme qui, hormis quelques contusions, éraflures et deux côtes fêlées, n’a effectivement aucuns sévices préoccupants à déclarer. Bien qu’une inflammation pulmonaire et une fatigue accrue ne soient pas à exclure pour les jours à venir.
Afin de vous remercier dignement pour les bons soins que vous avez prodigués à mon fils, permettez-moi de vous inviter en mon humble demeure ce samedi midi à dessein de partager un déjeuner et faire, enfin, plus ample connaissance. Un fiacre vous récupérera à votre domicile aux alentours de midi et demi. Votre petite sœur Adèle est également conviée.
Veuillez accepter mademoiselle, l’expression de mes salutations distinguées.
Post-scriptum : Permettez-moi de vous enjoindre à la prudence ces jours prochains. Eu égard aux récents événements, la campagne environnante risque d’être le théâtre de nombreuses battues. Évitez, si possible, toute escapade nocturne ou en solitaire.
Monsieur le Baron A. von Tassle.
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