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Chapitre 417 : L’automne approche
Loin au-dessus des rayons de magasins où Nomad cherche de la nourriture. Loin au-dessus de l’étage où il se trouve, à plusieurs kilomètres au-dessus de sa tête, le bataillon de Phagéens se tient en formation devant son commandant. Vingt lignes de cinquante Phagéens se tenant droits attendent à une dizaine de mètres du vide. La plateforme sur laquelle ils se trouvent est une jeune branche dans les hauteurs d’Elfil servant aux déploiements des Phagéens situé au sommet de cette section de la ville. Les écrans magiques devant eux continuent de montrer les agissements des erreurs qui troublent Jéricho. Pour réajuster leur stratégie à cause du matériel que le non-elfe a récupéré, ils sont restés quinze minutes de plus à voir les simulations se mettre à jour pour pallier à chaque possibilité. Finalement, les écrans finissent par s’éteindre pour signaler le début de l’attaque. D’un mouvement, les Phagéens frappent leur glaive rouge contre leur armure et redressent leur bouclier dont la forme est celle d’une feuille d’or. L’écho simultané de mille Phagéens prêts à se battre se répand en une vibration qui fait trembler la jeune branche cérémonieusement.
La première ligne se met en marche en s’approchant du rebord de l’étage. Le commandant sera le dernier à sauter et il se place sur le côté pour laisser ses hommes faire le premier pas dans le vide. Cinquante Phagéens sautent en même temps sans hésiter. Toutes les deux minutes, ils sont suivis par la ligne suivante. Mille Phagéens tombent à présent dans le vide en ayant une seule mission en tête.
Le commandant regarde ses hommes tomber comme autant de feuilles en automne. En s’aidant de leur bouclier, qui le temps de leur chute devient une planche aérienne, chaque Phagéen glisse dans le vent pour contrôler sa descente.
Dans Jéricho, chaque armée représente une saison et une hiérarchie. L’inconnu a probablement déjà rencontré le printemps et l’été sans le savoir. Les Prétoriens en armure blanche, dont le vrai nom est Leucos, symbolisent l’été, et les Asterons à l’armure de fleurs et de feuilles le printemps. L’automne est la saison que représente l’armée qui vient de se lancer dans les airs. Quand le printemps et l’été passent, il ne reste plus que l’automne puis l’hiver pour rectifier ce qui est contre nature.
Les couleurs or et rouge recouvrant chaque armure des Phagéens ne sont là que pour renforcer l’idée que la fin approche. La fin, l’hiver, les Marchogions.
Alors que les feuilles d’automne continuent de tomber dans le ciel de Jéricho, un Marchogion se jette à son tour dans le vide. Il suit les Phagéens dans leur chute.
*
Je soupire. J’en suis au dixième paquet que j’ouvre pour le faire sentir à Juliette. À chaque fois, je le jette derrière moi et Viviane fait semblant de le gober alors que la nourriture passe à travers elle pour finir par terre. Derrière elle, il y a Lud qui s’amuse à construire une ville avec ce qui ressemble à des biscuits. Je me sens très soutenu dans mon effort.
… C’est complètement barbare, mais à ce rythme je ne vais pas avoir d’autre choix que de découper des elfes pour la nourrir.
— Les elfes ne mangent pas de viande, tu ferais mieux de changer d’idée.
— Je m’attends à ce que tu serves à quelque chose en ce moment. C’est quand même incroyable d’avoir l’intégralité de la littérature scientifique de Jéricho qui doit s’étaler sur des milliers d’années et de ne pas trouver de solution.
— Pff. Même dans la fiction elfique, manger de la viande est un tabou ultime. Dans les livres d’horreurs, on ne va pas jusque-là. À vrai dire, ça me dégoûte que tu penses à manger de la viande.
— Différentes races, différentes alimentations. Dis-moi plutôt quel est l’aliment le plus proche dans sa composition à de la viande ou du sang.
— Hue… Rien que d’y penser, ça va me rendre malade…
— J’ai quand même besoin d’une réponse avant que tu ne fasses semblant d’être malade.
Je regarde Viviane qui lève les yeux pour réfléchir en se frottant le menton. J’aurai perdu moins de temps avec Yuu… ou pas, maintenant que j’y pense. Elle m’a aidé à choisir les paquets dans les rayons, mais j’ai l’impression qu’elle a fait ça en se basant sur certains composants mineurs dans la nourriture. Maintenant, je ne peux que me reposer sur ce qu’elle va trouver dans sa bibliothèque magique pour m’aider. Juliette me dit qu’elle n’a besoin de rien en boudant, mais je décide de l’ignorer. En tant que serpent, je trouve qu’elle a bien trop souvent tendance à se cacher derrière un rôle de diva de temps à autre. Je sais qu’elle agit ainsi pour éviter que je m’en fasse, mais je peux sentir sa faim à travers le lien et, même si elle peut tenir encore quelques jours comme ça, j’aimerais résoudre le problème maintenant.
« Oh ! C’est pas le bon magasin dans ce cas ! On doit passer chez un fleuriste ! »
Je me redresse en me demandant ce qu’elle a trouvé et j’espère sincèrement qu’elle ne fait pas d’erreur cette fois-ci. Nous sortons du magasin et passons à un autre à plusieurs échoppes de là.
Pour jouer, Viviane fait apparaître des flèches de lumière pour m’indiquer la direction à prendre dans l’arrière-boutique. Elle s’arrête devant une pile de sacs avec un signe qui ressemble à un « tada » terrestre.
Je décide d’ouvrir le sac sans plus attendre et… je crois que c’est moi qui vais être malade maintenant… Des insectes. Des milliers de fourmis, de cafards, de vers et autres tombent par terre en s’agitant dans tous les sens.
« C’est nécessaire pour faire pousser certaines plantes de recréer un écosystème avec des insectes. »
En serrant les dents, j’en attrape une poignée que je tends à Juliette. Même elle ne semble pas très à l’aise. J’attrape un ver de terre assez gros que je lui tends et elle décide de l’avaler. J’attends le verdict et finalement elle se met en colère. Avec tout ce qu’elle m’envoie à travers le lien, j’arrive à comprendre que ce n’est clairement pas agréable, mais qu’elle peut le manger. Est-ce que c’est une victoire ? Tant pis si ce n’est pas agréable tant que c’est une solution. Elle se retient de me mordre puisqu’elle sait que je n’ai plus beaucoup d’antidote dans mon inventaire, mais ça ne l’empêche pas de passer à travers mon corps pour commencer à m’étrangler un peu en comprenant que je suis satisfait de cette solution. Elle serre de plus en plus fort pour me faire comprendre qu’elle ne touchera pas à un insecte de plus.
« Ça va ! J’ai compris ! Pas d’insectes ! Calme-toi ! Je vais devoir découper des drones… »
Je sors rapidement de l’arrière-boutique en attrapant Lud par la main. Le drone-vendeur passe rapidement derrière moi et commence à nettoyer ce qui ressemble à une grande évasion. Le manque de réaction me fait dire que les elfes n’ont pas de dégoût pour ce qui grouille par milliers. C’est bien une compétence que j’aimerais avoir, mais je lui laisse si ça veut dire que je dois perdre la raison.
— Viviane, occupe-toi de distraire Lud. Je vais devoir découper quelques bras et j’aimerais ne pas lui donner pour leçon que c’est normal ou une bonne chose.
— Tu sais que tu vas réaliser un crime assez grave là ? Je n’aime pas les drones, mais j’aime encore moins le découpage gratuit de quelqu’un qui ne fait que passer par là.
— … Je leur donnerai des graines de soin. C’est aussi moralement assez discutable pour moi, donc n’en rajoute pas.
— Compris chef !
En la laissant derrière moi, j’essaye de trouver un drone convenable. Juliette y va de sa petite remarque en regardant avec moi, mais je décide de l’ignorer en prenant un drone qui se promène tout seul.
… J’ai l’impression d’être un tueur en série en faisant cela, mais je n’ai pas d’autre choix dans cette situation. Je m’approche en sortant mon shashka de son fourreau. Avec un peu de chance, il ne s’en rendra même pas compte.
{DANGER ! Au-dessus ! Beaucoup beaucoup !}
En entendant Micha, je me mets en posture de combat tout en activant le partage de vision. Au début, je ne vois rien de particulier si ce n’est des points noirs dans le ciel… Malheureusement, je change vite d’idée en voyant la quantité. La vision de Micha se précise et ce sont des soldats. Ceux-là sont en armure rouge. Ils surfent dans le ciel en se servant de leur bouclier et ils approchent très vite… dans moins de trente secondes, ils tomberont sur le toit et à travers les grands puits de jour présents un peu partout dans la zone commerciale.
— Viviane, il me faut des informations maintenant. Ils portent des armures rouges, ceux-là !
— J.. Je… Des Phagéens ? Oh-oh… Non… Ils sont probablement là pour autre chose… Tu n’es pas assez dangereux pour que…
— Parle ! On perd du temps !
— Ghg… Soldats d’élite, bien plus forts que les Leucos en armure blanche. Chacun d’eux en vaut au moins une dizaine. C’est une armée ! Tu dois partir !
— Donne-moi des directions !
Je regarde les « Phagéens » s’approcher. Ils sont bien trop nombreux pour que je puisse espérer m’en sortir sans difficulté. J’ai bien l’impression que le type aux commandes de la ville a décidé que je n’étais pas le bienvenu ici. Je décide de revenir près de Lud en courant pour lui attraper la main.
« Saute dans le vide ! Si tu quittes la ville, ils arrêteront peut-être de te chasser ! Il n’y a pas de cachette à cet étage et… Et je ne vois rien d’autre !!! Dépêche-toi ! »
Tu parles d’un plan… Malheureusement, il est déjà trop tard. Sur le toit du centre commercial, les premiers Phagéens commencent déjà à atterrir et à foncer dans notre direction. D’autres tombent directement à l’intérieur en faisant des virages dans les airs pour atterrir à proximité. Dans le ciel au-dessus d’eux, il y en a d’autres qui seront bientôt là. Beaucoup trop.
« JE SUIS PEUT-ÊTRE UNE IDIOTE, MAIS TU NE MOURRAS PAS PAR MA FAUTE !!! RAAAAH ! PHAGÉENS OU PAS, JE M’EN FOUUUUUUUS ! »
Alors qu’elle hurle comme une folle, un hologramme sort de moi pour se mettre à courir puis un autre et une dizaine d’autres qui se divisent eux-mêmes en plusieurs dizaines de copies de moi-même et de Lud. Certains se mettent même à se déplacer sur les murs ou au plafond. Ils se mettent tous à courir dans des directions différentes alors que les Phagéens semblent perdus d’après les mouvements de leur casque. Ils commencent à attaquer les hologrammes machinalement en frappant chaque illusion avant de passer à la suivante. D’autres Phagéens sautent du toit pour entrer dans le centre commercial et ils sont maintenant plus d’une trentaine à se battre contre du vide.
Lud se met alors à me tirer la manche nerveusement. Son visage semble s’être décomposé quand elle a vu les Phagéens et elle est terrifiée maintenant. La réaction est bien plus violente que pour les hommes buissons.
« Mortel… Elfes ! Calme ! »
J’essaye de la rassurer à travers le lien en continuant à observer les lieux. Je dois trouver le moyen le plus facile de sortir d’ici… ! Une carte apparaît soudainement devant un de mes yeux et un énorme trait rouge me montre la direction à suivre.
« Tu suis la carte et tu arrêtes de te plaindre ! Le bord de l’étage est par là ! Tu vas sauter dans le vide et je ne veux rien entendre ! »
B-bien chef !
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Correction : Hastin
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