Conte d’origine: Cendrillon.
Il était une fois, dans un royaume lointain, une jeune fille nommée Anelie, très belle, mais dont l’aura et le regard faisaient fuir les autres, tant elle semblait indifférente à tout. La mère d’Anelie mourut alors qu’elle était encore jeune, et son père se remaria avec une femme du nom de Sophia.
Sophia avait déjà deux filles, Leonora et Tenna, qui devinrent les demi-sœurs d’Anelie. Cependant, ces trois femmes se montrèrent extrêmement cruelles envers Anelie, comme si elles cherchaient à évacuer leur frustration en la maltraitant.
Elles prirent même la chambre qu’Anelie utilisait, la forçant à vivre dans un grenier poussiéreux rempli de toiles d’araignées. Pendant que ses deux sœurs partaient à des fêtes vêtues de magnifiques robes, Anelie devait accomplir toutes les tâches ménagères : préparer les repas, laver le linge, faire le ménage. Elle travaillait du matin au soir, sans relâche, et on ne lui donnait que des vêtements en lambeaux. Malgré tout, Anelie, toujours aussi imperturbable, ne montrait aucun signe de mécontentement et continuait son travail avec calme.
Un jour, le prince du royaume décida d’organiser un bal pour choisir sa fiancée, et une invitation arriva même chez Anelie. Ses sœurs sautèrent de joie et commencèrent à préparer leur venue au bal.
« Hm, peut-être que Son Altesse le Prince me remarquera. »
« Fufufu, je ne compte pas te laisser gagner, Leonora-nee-sama. »
Les deux sœurs firent venir Anelie pour qu’elle leur apporte leurs robes de bal. Tandis qu’elles se préparaient, aidées par Anelie, Leonora et Tenna ajustaient leur coiffure et leur tenue. Puis, au milieu des essayages, Leonora se tourna vers Anelie et lui posa une question :
« Anelie, voudrais-tu aller au bal toi aussi ? »
« … Pas spécialement. Et je n’ai même pas de robe. »
Anelie répondit, mais un seul regard suffisait à voir qu’elle n’était pas sincère, son visage affichant clairement : "Quelle corvée".
« Hmph, très bien. »
Visiblement insatisfaite, Leonora ne poussa cependant pas plus loin la discussion et partit pour le bal avec Tenna et Sophia.
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Après leur départ, Anelie ne se mit pas à pleurer tristement, comme on pourrait s’y attendre. Au lieu de cela, elle s’allongea paresseusement sur le canapé du salon. Une posture complètement à l’opposé de son attitude habituelle de travailleuse assidue.
« Eh bien, tu fais vraiment ce genre de chose quand personne ne vient te regarder ? »
« … Qui es-tu ? »
À cette question, un jeune homme aux longs cheveux noirs fit son apparition.
« Moi ? Je suis une sorte de dieu. Je pensais t’envoyer au bal. »
« Non merci. »
Anelie rétorqua aussitôt sans une once d’hésitation, tranchant net la proposition. Mais cela ne découragea pas le jeune homme pour autant.
« Allons, inutile de te montrer aussi réservée. »
« Sérieusement, je ne veux pas. »
« Allez, commençons à préparer tout ce qu’il faut. »
« Écoute-moi quand je te parle ! »
Bien qu’Anelie souhaitait suivre son propre rythme de vie, ce garçon ne semblait pas s’en soucier et, ignorant totalement ses protestations, il commença à s’occuper des préparatifs.
« Le carrosse, les chevaux, le cocher et les serviteurs… Tout ceci t’attend dehors. Il ne manque plus que ta robe. »
Le garçon claqua des doigts, et soudain, les vêtements en haillons d’Anelie se transformèrent en une magnifique robe blanche. Même ses chaussures se changèrent en délicats souliers de verre.
« Hmm… Juste une robe ? Cela manque d’originalité. Ah, je sais, je vais te donner le pouvoir d’un dieu maléfique. »
« Hein ? Je ne veux pas de ça… »
« Tu n’as pas le droit de refuser. »
Ne se souciant pas le moins du monde de l’avis d’Anelie, le garçon claqua des doigts une fois de plus.
« Je te donne le regard et l’aura d’un dieu maléfique, ainsi que la capacité d’accorder des bénédictions. Maintenant, j’ai hâte de voir quelle pagaille tu vas semer. »
« Non, attends… Arrête… »
Malgré la résistance d’Anelie, le jeune homme parvint à la forcer à monter dans le carrosse avant d’ordonner au cocher de se rendre au château. Incapable de sauter en marche, Anelie se contenta de lancer un regard empli de rancune à travers la fenêtre au garçon resté sur place. Celui-ci lui sourit en retour, pour mieux l’accabler avec un dernier détail :
« Allez, amuse-toi bien ! Oh, et au fait, mon pouvoir ne prendra pas fin à minuit ou quoi que ce soit de ce genre, alors profite. »
« Je te frapperai un jour. »
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L’octroi de Bénédiction, il s’agit du pouvoir divin permettant de distribuer de la force à d’autres êtres vivants ou objets inanimés. Bien qu’il puisse se faire de manière intentionnelle, il s’octroie également automatiquement après une exposition prolongée, même inconsciente.
En conséquence…
De nombreux carrosses alignés s’étendaient devant le château. Après tout, il s’agissait du bal destiné à choisir la fiancée du prince de ce royaume. Les nobles influents s’étaient empressés de participer en emmenant leurs filles.
Alors que les invités continuaient d’arriver, un nouveau carrosse pénétra sur la place… pour en écraser plusieurs autres devant le regard médusé des spectateurs. Rien d’étonnant à cela : orné de motifs sinistres en noir de jais, il paraissait être plusieurs fois plus imposant qu’un véhicule ordinaire, et tiré par quatre dragons à l’apparence féroce. À ce stade, il devenait difficile de le considérer encore comme un carrosse, le terme ‘char’ semblant plus approprié.
Les personnes présentes sur la place se mirent à pousser des cris en s’enfuyant après avoir repris leurs esprits. Un choix pour le moins très avisé, car cela leur permit d’éviter de croiser le regard de l’individu qui sortit ensuite du char.
La personne qui en descendit portait une magnifique robe noire de jais, ornée de détails menaçants. Il s’agissait bien évidemment d’Anelie.
Elle observa les alentours et, après quelques instants, comprit qu’elle se trouvait bien devant le château. Elle resta un instant absorbée dans ses pensées. Pour Anelie, il ne faisait aucun doute qu’il n’y avait aucune raison de participer à ce bal comme ce garçon le lui avait suggéré. D’ailleurs, ce genre d’événements lui posait bien trop de tracas. Elle songea donc immédiatement à faire demi-tour, mais un sentiment familier la fit hésiter.
Gru~…
Le ventre d’Anelie émit un son désagréable et elle posa par réflexe la main sur son estomac. Elle n’avait pas pu prendre de dîner en raison des événements récents, et elle ressentait maintenant une faim grandissante. Même si elle rentrait maintenant, il lui faudrait environ une heure pour atteindre la maison, puis préparer un repas lui prendrait encore trente minutes… Une attente insupportable. Et comme Anelie ne disposait pas d’argent pour manger à l’extérieur, il ne lui restait qu’une seule option. Elle décida donc d’entrer dans le château.
Une invitation ? Elle n’en avait pas, mais les gardes avaient déjà pris la fuite, donc personne ne pouvait le vérifier.
Dans la salle de bal, de nombreuses jeunes filles vêtues de robes éclatantes se pressaient, essayant d’attirer l’attention du prince. C’est à ce moment qu’Anelie, habillée de noir, fit son apparition. Dès qu’elle entra dans la pièce et balaya la salle du regard, ceux qui croisèrent ses yeux se figèrent, le visage pâle. Toutefois, Anelie les ignora totalement et se dirigea d’un pas décidé vers la table du banquet. Là où elle passait, les gens s’écartaient comme s’il existait une barrière invisible autour d’elle, créant une large zone vide.
Arrivée à la table remplie de plats, Anelie se mit à les attaquer les uns après les autres. Bien que sa manière de manger restait élégante, son rythme paraissait anormal, et les assiettes se vidaient à une vitesse fulgurante. Les convives observaient la scène, hébétés, et même ceux qui dansaient cessèrent leurs mouvements, captivés par ce spectacle.
Mais, au milieu de la foule, un jeune homme semblait réagir différemment.
« Formidable ! Elle représente exactement la femme idéale pour moi ! »
Celui qui prononça ces mots était le prince Harvin, le héros de ce bal. Ce prince avait manifestement des goûts bien particuliers en matière de femmes. Mais après tout, cela restait compréhensible. En temps normal, une fiancée pour un prince se choisit parmi la royauté d’autres nations ou les filles de nobles influents du pays. Si les négociations avaient abouti, un bal de ce genre n’aurait même pas été organisé. Autrement dit, si ce bal avait vu le jour, c’était parce que ni les princesses royales, ni les filles des ducs ne semblaient avoir satisfait les attentes du prince, forçant à réunir toutes les jeunes filles disponibles.
Anelie, elle, demeurait perplexe face à l’approche de ce prince. Jamais elle n’aurait imaginé qu’un homme puisse s’intéresser à elle. Bien qu’elle ne connaissait pas son visage, les réactions autour de lui permettaient de comprendre qu’il s’agissait du prince en personne. Elle ne s’était rendue au bal que pour assouvir sa faim, et se faire aborder par le prince ne faisait qu’ajouter des complications dont elle se serait bien passée. Heureusement, la majorité des plats avaient déjà été engloutis, et son ventre commençait à se sentir comblé. Il n’y avait donc qu’une seule chose à faire…
« Retraite stratégique ! »
« Hein !? Attendez ! »
Anelie s’éclipsa avant que le prince Harvin ne puisse l’atteindre. Le prince, paniqué, se lança à sa poursuite, mais la foule l’entrava, rendant sa progression difficile. Pourtant, en descendant les escaliers à la hâte, Anelie trébucha et perdit l’une de ses chaussures. Elle voulut retourner la chercher, mais le prince apparut dans son champ de vision. Ne voyant pas d’autre choix, elle décida de laisser la chaussure derrière elle et continua sa fuite. Elle sauta dans son char-dragon et rentra chez elle.
Le prince, qui avait suivi ses traces, ramassa la chaussure en cristal noir et déclara fièrement devant le roi :
« Je me marierai avec la fille à qui appartient cette chaussure. »
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Les chaussures en cristal noir que portait Anelie étaient des pantoufles de verre ayant été transformées par l’Octroi de Bénédiction. Ces chaussures maudites ne pouvaient être abandonnées. Même si elle parvenait à les enlever, après trente minutes, elles tenteraient de revenir à leurs pieds d’origine en s’élançant dans les airs.
« Je ne vous laisserai pas m’échapper !!! »
Voyant la malédiction s’activer et la chaussure s’envoler devant lui, le prince Harvin s’empara de celle-ci à deux mains avant de l’attacher fermement à l’aide d’une corde solide. Comprenant que la chaussure cherchait à retourner auprès de sa propriétaire, il orienta son attelage dans la direction vers laquelle pointait le soulier.
Il aurait pu choisir de publier un édit pour rechercher la fille dont la pointure correspondait, mais que se serait-il passé si plusieurs candidates correspondaient ?
L’étrange prince, guidé par une chaussure flottante attachée à une corde, finit par arriver devant un manoir. Garé devant celui-ci, on pouvait voir l’imposant et sinistre char-dragon. Cependant, sans s’en soucier, le prince toqua à la porte.
L’arrivée soudaine du prince aurait dû semer l’agitation dans la demeure… Pourtant, aucune pagaille ne se manifesta. En effet, la majorité des habitants de la maison se trouvaient déjà à genoux en position de dogeza. Le pouvoir du Regard Maléfique d’Anelie, demeurant toujours actif même après la fin du bal, avait forcé Sophia, Leonora et Tenna à s’incliner sous l’effet de la terreur lorsqu’elles croisèrent ses yeux, les laissant incapables de réagir à l’arrivée du prince.
La seule personne à se rendre compte de sa présence était Anelie elle-même, qui arborait une expression crispée à la vue de ce dernier.
« Je vous ai enfin trouvée, l’être idéal. Je vous en prie, épousez-moi ! »
« Non. »
Anelie tenta d’abord de refuser, mais face aux insistantes et ardentes déclarations du prince, elle finit par céder, acceptant finalement la proposition de mariage. Anelie devint ainsi princesse du royaume, et d’une manière ou d’une autre, malgré les tumultes, ils vécurent heureux.
« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enf… ghrrkk! »
« Châtiment divin ! »
Un garçon aux cheveux noirs observait la scène en souriant… jusqu’à ce qu’il reçoive un coup.
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<Distribution des rôles.>
Cendrillon : Anelie.
Belle-mère : Sophia.
Demi-sœur 1 : Leonora (âge falsifié).
Demi-sœur 2 : Tenna (âge falsifié).
Prince : Le Pape.
Fée marraine : Le Dieu du Mal (?)
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( Relecture et correction: Hastin )
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