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NORDEN – Chapitre 53

Chapitre 32 – Les sermons d’un père alarmé

Ambre se précipita à l’entrée à dessein d’accueillir le cavalier. À peine entrouvrit-elle la porte qu’un Velours exalté s’infiltra dans la demeure et se rua sur son maître qu’il manqua de renverser de sa chaise tant il débordait de bonheur. Il jappait, fouettait l’air de sa queue panachée et assaillait le blessé de vifs coups de langue sur son visage meurtri. La pression de ses pattes boueuses sur ses cuisses esquintées arracha un geignement à Anselme. Sous la fougue de son ami canin dont il tentait de refréner les ardeurs, le garçon grimaçait de douleur. Adèle lui porta secours et empoigna l’animal au collet pour le forcer à s’écarter.

Ambre détourna son attention du binôme pour sonder l’extérieur où Désirée, la levrette aux pattes arachnéennes, observait son maître poser pied à terre. Laissant son cheval écumant derrière lui, le baron von Tassle approchait d’une démarche raide tout en tentant de retirer ses gants. Dépeigné, les habits trempés par l’averse récente, jambes et bottes maculées de terre, il ignora les flaques d’eau fangeuses puis s’arrêta brusquement devant l’hôtesse.

— Mademoiselle, je vous en prie, dites-moi que mon fils est présent à vos côtés et qu’aucun malheur ne lui est arrivé ! commença-t-il d’une voix grave dans laquelle perçait une note suppliante.

Ses yeux nervurés de filaments grenat, la crispation de ses traits et la pâleur de son teint témoignaient de ses errances dans la lande en quête d’Anselme et de la crainte viscérale de le savoir possiblement occis. Ses doigts mordus par le froid et le cuir humide de ses gants frottaient frénétiquement contre ses paumes. Ambre fut stupéfaite de le voir si négligé tant son apparence et sa mine tranchaient avec le dernier portrait qu’il lui avait offert lors de la fête nationale. Le politicien à l’allure soignée et aux gestes mesurés avait laissé place à un père faillible et tourmenté, soucieux de la sécurité de son unique héritier. Elle hocha la tête. En réponse à cette affirmation, l’homme ferma les yeux. Il redressa la tête, gonfla son poitrail puis soupira bruyamment. Ses épaules se voûtèrent subitement et ses muscles se relâchèrent tant il fut soulagé par cette sentence favorable et d’un poids trop longuement contenu.

À son invitation, le baron entra et elle referma la porte derrière lui, refusant l’accès au second canidé qui, parfaitement éduqué, ne broncha pas et se contenta de s’allonger au pied du lierre qui grignotait la façade pierreuse. Quand l’homme s’enfonça dans la cuisine et aperçut son fils, son visage se para d’horreur et devint aussitôt d’une blancheur cadavérique. Chancelant, il dut s’appuyer contre le dossier d’une chaise pour conserver son équilibre et ne pas s’effondrer. Sans attendre, Ambre lui proposa de s’asseoir puis ordonna à sa cadette de quitter les lieux afin que l’éminence puisse récupérer en toute sérénité.

— Je peux aller jouer dehors avec les chiens ? demanda l’enfant de sa voix flûtée, ceignant la nuque du berger des Aravennes qui continuait à gesticuler.

Ambre tourna la tête en direction du baron pour guetter son approbation. Encore incapable de parler, ce dernier opina légèrement. À son départ, un silence se fit. Toujours sonné, le baron sondait en détail l’état de son fils. Avec ces sourcils arqués et cette mâchoire crispée, Ambre trouvait qu’il ressemblait à l’un des lions qui gardaient l’entrée de l’hôtel de ville. Seules les gouttes ruisselant de ses mèches ébène pour venir s’échouer sous son col brisaient cette immobilité sculpturale.

— Puis-je vous offrir quelque chose à boire, monsieur ? demanda la noréenne qui ne savait que faire.

L’homme dévia son regard du garçon et accrocha le sien.

— Un verre d’eau, je vous prie, parvint-il à articuler.

Elle obtempéra et il but d’une traite le breuvage apporté, reposant avec une lenteur exagérée le contenant vide sur la table. Ambre s’apprêtait à quitter les lieux pour les laisser converser en paix mais le baron la retint et l’obligea à s’asseoir.

— Vous êtes maîtresse en votre demeure, mademoiselle ! se justifia-t-il. Et j’imagine qu’au regard de votre relation étroite avec mon fils, nul propos confessé ici ne saurait vous paraître étranger.

D’abord hésitante, Ambre finit par s’exécuter de mauvaise grâce. Son cœur battait avec acharnement tant elle redoutait l’affrontement à venir entre le père et le fils dont le dialogue muet vrillait à l’orage malgré la consolation de ces retrouvailles. Une fois assise, elle jeta une œillade à Anselme qui se tenait très droit, les mains calées entre ses cuisses pour entraver sa nervosité.

Le baron ouvrit la bouche mais son fils le devança :

— Pardonnez-moi, père ! s’excusa-t-il, conscient de ses fautes et de la terreur causée à ses proches. J’aurais voulu rentrer plus tôt mais… disons que j’ai eu quelques réticences à traverser Iriden au vu de mon état. J’avais peur d’alerter d’éventuels témoins et le cottage était bien plus près du Cairn que le manoir.

Il toussota puis s’empressa de préciser :

— J’ai été sévèrement rossé mais je n’ai aucune blessure grave si c’est ce qui vous inquiète.

— Si c’est ce qui m’inquiète ? ricana le baron avant de lui adresser un regard chargé de ressentiment. Tu t’éclipses au beau milieu de la nuit dans le but d’affronter un adversaire lors d’un duel illégal. Adversaire qui n’est nul autre que le fils de Malherbes, ton ennemi le plus farouche. Tu nous as adressé une lettre pour toute explication. Lettre qui, littéralement, énumérait tes dernières volontés et tu penses que je m’étais simplement inquiété ?

Un court silence ponctua sa phrase. Il reprit d’un ton glaçant :

— Imagines-tu dans quel état j’ai retrouvé ta grand-mère ce matin, mon garçon ? Entendre ses hurlements dans la cage d’escalier, la voir fouiller la demeure de fond en comble et prononcer désespérément ton nom en espérant, par miracle, te voir réapparaître ? Devoir la consoler et la quitter hâtivement pour aller m’enquérir sur place, le ventre rongé par la terreur à l’idée de te retrouver possiblement mort et éventré par les corbeaux ?

Il retroussa ses lèvres en une moue amère.

— Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, une fois sur les lieux du désastre la milice déployée ! Voir le cadavre du marquis gisant à terre, le visage broyé et le corps partiellement dévoré par la louve. Retrouver tes affaires éparpillées sur place comme des pièces à conviction. Pire ! Tu étais parfaitement introuvable ! Heureusement que j’ai eu la présence d’esprit d’emmener Velours et Désirée dans ma quête. Les braves chiens m’ont guidé jusqu’ici. Dans le cas contraire, j’aurais pris le risque de poursuivre les recherches dans la forêt, ne sachant si je te reverrais vivant ou bien parfaitement mort et enterré !

Il souffla à la fin de sa phrase et s’enfonça dans son assise, tentant de conserver sa contenance afin de faire bonne mesure malgré l’agitation qui bouillonnait en lui. Anselme baissa la tête.

— Je suis désolé, père ! marmonna-t-il, vaincu par la culpabilité.

Il renifla. Un voile de larmes brouillait sa vue. Il n’osa rien ajouter de peur d’aggraver le courroux de son interlocuteur. Le baron inspira profondément puis expira.

— Je suis rassuré que tu ne sois pas plus amoché, se contenta-t-il de dire après un autre silence. J’aurais pu m’attendre à te voir éborgné, balafré ou délesté de tes dents.

— Isaac ne s’en serait pas privé… avoua-t-il en se remémorant son altercation et des tortures que le marquis se réjouissait de lui infliger. Heureusement, mère est intervenue à temps et je ne m’en sors qu’avec des blessures superficielles.

Il passa une main sur son ventre douloureux.

— J’ai le visage en feu mais seules mes côtes me font réellement mal si l’on ignore ma patte folle.

Sans que son beau-père n’eût à le demander, il se confia sur les événements de la veille, comme il l’eut fait auprès d’Ambre une demi heure auparavant. Toutefois, son récit se révélait plus factuel, dépourvu d’empathie et s’entrecoupait de quintes de toux. La louve fut clairement mentionnée sous l’identité de Judith sans que le baron n’esquisse la moindre contrariété. Le dos enfoncé sur sa chaise, les bras croisés contre sa poitrine et la tête haute, le magistrat l’écoutait sans intervenir.

Malgré la pénombre ambiante qui altérait son expression, Ambre percevait que l’homme peinait à canaliser ses élans de colère. De fugaces rictus étiraient ses lèvres. Quelques froncements de sourcils, froissements de nez et plissements des paupières parachevaient d’éclairer les tourments qui l’animaient encore. Jamais elle n’avait vu quelqu’un faire preuve de pareille maîtrise. Elle qui, à l’inverse, s’enflammait aussi aisément qu’une étincelle dans un champ asséché.

— Une chance inespérée que ta mère soit parvenue à te secourir ! dit-il une fois que son fils eut terminé son récit. Cependant, sa vie déjà bien menacée le sera d’autant plus dorénavant. Je ne serais guère étonné qu’elle s’éclipse quelque temps afin d’échapper aux nombreuses battues qui vont être planifiées les prochaines semaines. Ce meurtre va noircir davantage son portrait et la presse se fera une joie de pondre une armada d’articles au sujet de sa dangerosité et de l’incompétence des forces de l’ordre. Tout en portant le fils de Malherbes comme un martyr fauché sous ses crocs. Ce qui est fort désolant.

Anselme déglutit et se risqua à demander :

— Vous n’êtes pas fâché ?

— Je suis soulagé de te savoir en vie et rien ne compte plus à mes yeux que ce point ! En revanche, ne recommence jamais cela, veux-tu ? Car tu ne t’en tireras pas à si bon compte la prochaine fois ! La mauvaise fortune t’a peut-être épargné hier mais le revers est traître et la liste de tes rivaux risque de s’allonger suite à ce coup d’éclat. Ta mère ne sera pas toujours là pour te protéger et je ne peux gaspiller mon temps à te surveiller éternellement alors que ma propre sécurité est tout autant menacée.

Aussi austère qu’un juge, il ajouta gravement :

— Par ailleurs, jamais je ne te pardonnerais la frayeur que tu nous as causée. Je n’ai jamais vu Séverine aussi effondrée depuis la mort de ton père. Au point d’avoir redouté que son cœur allait lâcher lorsque je me suis efforcé par tous les moyens de la rassurer, ne sachant pas moi-même quel triste sort ce duel t’avait réservé ! Je ne t’incriminerais pas outre mesure. Je pense que tu as déjà bien assez souffert, inutile d’en rajouter davantage. D’autant que, je le déplore, tu n’auras pas fini d’entendre parler de cette histoire. Pour les prochaines semaines du moins. Il est fort à parier que la justice diligentera une enquête pour connaître exactement les circonstances du drame. Les miliciens et la presse se feront une joie de t’interroger et de décortiquer le moindre de tes faits et gestes. Puisque, comme tu t’en doutes, Laurent ne laissera pas la mort de son fils impunie. S’il peut également trouver une faille pour te déchoir et m’abattre dans la foulée, crois-moi que cela lui sera d’une juste consolation.

Anselme hocha fébrilement la tête. Pour le réconforter, Ambre glissa sa dextre sous la table et effleura sa paume. Le garçon accueillit cette caresse et enveloppa sa main de la sienne.

— Pensez-vous que mon escapade ait pu vous nuire ? Autrement qu’aux yeux du marquis, j’entends.

L’homme demeura songeur.

— Nul ne le sait, tout dépendra de qui administrera l’enquête et si ces messieurs von Eyre et de Lussac corroborent ta version des faits lors de leur interrogatoire. Les documents de votre duel seront passés au crible afin d’en attester la véracité. Le cas échéant, vous serez à l’abri d’éventuelles représailles et de répercussions néfastes. Ce qui, par conséquent, préservera la notoriété de vos aînés, la mienne incluse. Bien que je ne compte pas, au vu de ce que Théodore et Antonin t’ont infligé, laisser ces marquis et leurs pères s’en tirer à si bon compte. Leur laxisme doit être puni ! Ils paieront d’une manière ou d’une autre pour le crime qu’ils s’appétaient à commettre !

Ses yeux sombres rutilèrent d’une flamme fielleuse.

— Qu’importe leur faiblesse passagère, nul ne te blessera sans en payer le prix, mon fils ! Je t’en ai fait la promesse solennelle !

Jusqu’à présent, Ambre doutait de l’attachement du baron envers son héritier, pensant que von Tassle aimait davantage Anselme par noblesse d’âme et devoir moral plutôt que comme un fils à part entière. Elle se trompait indéniablement. Sans réel lien du sang, ce noble et cet orphelin avaient tissé un attachement ineffable, noué par des pertes et des blessures incurables. Si rude soit l’autorité du baron, la piété protectrice qu’il témoignait envers son fils adoptif avait de quoi attendrir le plus impitoyable des cœurs.

Ambre étrangla un sanglot ; l’absence de son propre père se fit cruellement ressentir. Elle aurait sacrifié des années de sa vie pour se pelotonner une ultime fois dans ses bras musculeux, noyer sa tête contre sa nuque fleurant le sel et les embruns puis l’enserrer ardemment tandis qu’il la bercerait et murmurerait à son oreille des paroles réconfortantes dont lui seul avait le secret.

De plus, en voyant ces deux hommes assis à sa table, d’autres images se superposèrent à son esprit. Des réminiscences enfouies de repas de famille. L’oncle Heifir, la tante Suzanne et le cousin Honoré ou encore des amis et collègues de ses parents, venus en ce lieu le temps de partager un déjeuner ou célébrer une occasion. Ces dernières semaines, le cottage avait accueilli son lot d’invités de prestige, souvent sous le signe de mauvais augures, hélas !

Une aigre sensation de solitude la foudroya à ce constat. Le baron tourna la tête pour l’observer puis haussa un sourcil, imité par Anselme dont l’expression se froissa. Face à leur réaction, Ambre se rendit compte qu’elle pleurait. Des larmes tièdes dévalaient ses joues qu’elle essuya du revers de sa main libre.

— Excusez-moi, dit-elle à mi-voix, je suis simplement fatiguée. La nuit a été courte et plutôt agitée.

— Nous n’allons pas nous attarder en ce cas, répondit calmement l’homme. Nous vous avons déjà par trop sollicitée. Je vous remercie grandement pour votre hospitalité et des soins apportés à mon fils, mademoiselle. Je suis rassuré de voir qu’Anselme possède des amis fidèles, parés à l’aider et à le soutenir face à l’adversité. L’amitié est une chose précieuse et votre dévouement est salutaire. Je vous suis redevable pour cette intervention et m’engage à entraver toute tentative d’intimidation à votre encontre. Je veillerai à ce que vous ne soyez pas impliquée dans cette histoire et me réserverai d’évoquer votre nom lors des interrogatoires à venir afin que la milice ou les charognards de la presse s’abstiennent de vous interroger et ne viennent céans troubler votre quiétude.

Il se redressa. Anselme se leva avec lenteur, les membres rouillés et perclus de douleurs. Une fois debout, il prit Ambre dans ses bras et l’enlaça. Prenant garde à ne pas éveiller ses élancements, elle rendit son accolade. Il était d’une maigreur consternante et elle sentit sa moelle épinière saillir sous le pull ainsi que le grondement laborieux de sa respiration. Le parfum de son père capturé dans les fibres du tissu la déstabilisait.

— Merci pour tout, ma rouquine ! murmura-t-il d’une voix enrouée après avoir rompu l’étreinte, gardant ses mains captives dans les siennes. Et merci pour les vêtements. Promis je les laverai avec le plus grand soin et viendrai récupérer les miens dans la semaine si père m’autorise à quitter le domaine.

— Il est hors de question que je te ramène au manoir dans cet état, mon garçon ! objecta le baron d’un ton mordant. Je t’emmène directement aux hospices et tu y resteras le temps qu’Aurel t’ausculte et juge tes conditions suffisantes pour rentrer à la maison ! Ta grand-mère me réduirait en charpie si je néglige ton bon rétablissement. Et mieux vaut pour toi qu’elle ne t’aperçoive pas dans un tel état si tu veux protéger sa santé mentale.

Le père passa une main à sa taille et l’aida à marcher. Anselme fut conduit à l’extérieur et ramené auprès de Montaigne, le destrier à la robe noire, plus aisé à monter que Balthazar dont l’imposante carrure l’obligerait à écarter les cuisses et dont les rênes manquantes ne lui assureraient qu’un faible équilibre. L’homme s’efforça de hisser son fils sur le dos de l’équidé.

Le visage marbré de plaques rouges et essoufflée, Adèle avait accouru, flanquée des deux chiens tout aussi exténués par leur session de jeu. Elle s’approcha du baron, la main plongée dans le pelage soyeux de la levrette qui ne semblait pas vouloir la quitter.

— Vous allez prendre soin d’Anselme et arrêter les méchants qui lui ont fait du mal, monsieur le baron von Tassle ? s’enquit-elle en levant la tête pour soutenir son regard sans ciller.

L’homme écarquilla les yeux, probablement décontenancé par sa question. Au grand étonnement de l’aînée qui les observait depuis la stalle où elle sanglait Balthazar, le noble se baissa pour se mettre à la hauteur de l’enfant dont la chétive carrure et la blanche chevelure contrastaient avec la teinte chocolatée de la sienne et sa stature aranéenne. Sous la clarté flavescente d’un timide soleil, son manteau de velours noir s’irisait de reflets bleutés et les passementeries argentées scintillaient.

— Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour veiller à sa sécurité et obtenir justice, mon enfant, la rassura-t-il d’une voix aux accents chaleureux.

Il la sondait intensément, presque perturbé. Était-ce la blancheur marmoréenne de sa peau et l’azur de ses iris qui le captivaient autant ? se demanda Ambre car la fillette laissait rarement indifférents les gens qui l’apercevaient de si près pour la première fois.

Adèle acquiesça et l’homme lui tapota gentiment l’épaule avant de poser sa main sur le crâne de la chienne.

— Merci de t’être occupée des chiens durant notre conversation.

— Je m’appelle Adèle Mouette, monsieur le baron von Tassle ! assura-t-elle en bombant le torse avant de caresser la levrette à son tour. Est-ce que Anselme pourra venir avec Velours et Désirée la prochaine fois ? Elle est vraiment très gentille.

— Je vois que tu as su amadouer la friponne. Pourtant, elle est loin d’être sociable avec les étrangers ! nota-t-il, un sourire triste adoucissant la crispation de ses traits. Mais je suis navré de te décevoir jeune fille, Désirée n’est pas encline à m’abandonner, elle me suit comme mon ombre.

Adèle eut une moue contrite mais se garda d’enchérir. Le cheval sanglé et dépourvu de harnais, Ambre guida Balthazar jusqu’au baron qui, le pied à l’étrier, se hissa sur son dos avec élégance. Il plongea ses mains gantées dans le crin charbonneux et l’empoigna avec fermeté pour enrichir son équilibre.

— Prenez soin de vous, mademoiselle ! dit-il à l’attention de l’aînée avant de talonner sa monture pour l’engager au trot en direction de la ville, suivi par Anselme et des deux canidés.

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Vindyr

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