Chapitre 331.5.20 : Bataille finale 20
(Le combat revient au point de vue de Shun)
*
Dès que Wakaba-san est apparue, la situation a changé du tout au tout.
Elle a empêché Reise-san d’attaquer le Roi Démon, puis l’a vaincu.
Le dieu noir semble également avoir perdu face à elle, son corps gisant maintenant au sol.
Et en plus de tout cela, nous devons subir un bombardement à distance de la part de Wakaba-san.
Ses sorts frappent avec une précision terrifiante, presque comme s’ils étaient guidés.
Ils ont touché Guen-san et Hyuvan-san sans faute.
Et elle, en revanche, évite nos attaques sans le moindre effort.
Pour renverser cette situation, je n’ai pas d’autre choix que de m’approcher d’elle.
— Katia. Je vais essayer de me faufiler jusqu’à Wakaba-san.
— Quoi !? Tu réalises dans quelle situation on est !?
— Moins fort. C’est parce que je réalise que je dois y aller.
Pour l’instant, Wakaba-san concentre son attention sur Guen-san et Hyuvan-san.
Elle jette de temps à autre un œil à Nier-san et Sue,
mais elle ne les attaque pas encore.
Elle a sans doute décidé de commencer par les grandes cibles,
comme Guen-san et Hyuvan-san sous leur forme de dragon.
Elle nous ignore complètement, Katia et moi.
Assez pour que ça en devienne vexant.
Mais bon… je ne me fais pas d’illusions : parmi tous ceux ici présents, nous sommes les plus faibles.
Notre présence ou non ne change rien.
Et Wakaba-san le sait très bien.
C’est pour cela que son attention est ailleurs.
— Même si tu réussis à t’approcher, tu crois pouvoir faire quoi ?
— Ce n’est pas qu’on doive faire quelque chose.
D’ailleurs, on ne peut rien faire.
Mais je peux ressusciter Reise-san.
C’est tout ce que je peux faire : utiliser Bonté pour ramener les morts.
Le corps de Reise-san gît derrière Wakaba-san.
Si j’arrive à le ressusciter,
il pourra peut-être la surprendre par derrière.
— Tu crois vraiment que ça va marcher ?
— Peu probable. Mais si on n’essaie pas, on a déjà perdu.
Nous sommes en position de faiblesse.
Si les choses continuent ainsi, notre défaite est certaine.
Alors autant tenter un coup de dés, même risqué.
— …Dans ce cas, va d’abord voir Ronant-sama.
— Je vois.
Ces quelques mots suffisent pour que je comprenne l’intention de Katia.
En clair : on va dépendre de la téléportation de Ronant-sama.
— Puisque c’est décidé, allons-y.
— D’accord.
— Je ne peux pas faire grand-chose, mais je vais vous couvrir.
À cet instant, nous avons entendu la voix de Nier-san, non loin.
Aussitôt, elle a pris sa forme de dragon.
Parfaitement placée pour nous masquer à la vue de Wakaba-san.
Pour attirer encore davantage son attention,
Nier-san lança un souffle de glace droit sur Wakaba-san.
En ce moment même, Katia et moi sommes hors de son champ de vision.
Je remercie Nier-san en silence,
et nous commençons à nous déplacer discrètement.
La plupart des monstres-araignées ont déjà été éliminés.
Avec aucun ennemi en travers,
et leurs cadavres servant d’excellent camouflage,
nous avançons sans être repérés.
À ce rythme, nous atteindrons Ronant-sama sans attirer l’attention.
Peu après, nous arrivons enfin à son emplacement.
Il combat un gigantesque monstre-araignée :
un Arch Taratekt.
Ces créatures ont une classe de danger S,
juste un cran en dessous des monstres mythiques.
Un seul humain ne devrait même pas pouvoir les affronter.
Et pourtant…
Ronant-sama se bat d’égal à égal contre cet Arch Taratekt.
La bête charge, profitant de sa taille immense.
Ronant-sama répond en projetant des sphères de feu incandescentes.
L’Arch Taratekt tire à son tour des Projectiles Obscurs pour les intercepter,
mais les boules de feu engloutissent les projectiles et continuent leur trajectoire.
L’Arch Taratekt bondit en arrière,
mettant de la distance pour éviter l’impact.
Incroyable.
C’est ça, le plus puissant mage de l’humanité,
le maître de magie de Julius-nii-sama.
…Mais ce n’est pas le moment d’être admiratif.
L’Arch Taratekt se remet en mouvement pour l’attaquer à nouveau.
Je profite de l’ouverture pour m’approcher discrètement par derrière,
et je tranche l’une de ses pattes arrière.
Pris au dépourvu, il pousse un cri étrange et se retourne brusquement vers moi.
— Tu es sûr de vouloir me tourner le dos ?
La voix de Ronant-sama retentit derrière lui.
Au moment où l’Arch Taratekt pivote,
son corps est transpercé par des rayons de chaleur.
Sous l’impact, la bête hurle, déchirée par la douleur.
Je profite de l’ouverture pour plonger mon épée dans sa tête.
Son énorme corps tremble une dernière fois,
puis s’effondre lourdement au sol.
— Pfiou… Je te remercie pour ton aide.
— Ce n’est rien. J’étais sûr que tu pouvais le battre seul, Ronant-sama.
Mon attaque n’était qu’un coup opportuniste, et je doute d’avoir réellement contribué à la victoire.
Vu la façon dont il se battait, il aurait sans doute pu gagner seul.
— Pas forcément. Affronter une bête de ce calibre tout en protégeant ce vieux type effondré,
crois-moi, c’est pénible.
Je regarde alors le vieil homme dont il parle : le pape de la Religion du Mot Divin.
En utilisant la compétence Harmonie, deux fois, il a annulé les attaques ennemies.
Mais le contrecoup a été tel qu’il s’est écroulé, couvert de sang.
— Je vais le soigner.
— Ig… ignore-moi… Les autres… s’en sortent-ils… koff…
Il tousse du sang. Il est clairement à l’article de la mort.
— Ronant-sama… serait-il possible de nous téléporter jusqu’à Reise-san ?
J’ai pris ma décision : j’abandonne le pape.
Avec ma magie de soin, je pourrais le sauver.
Mais cela prendrait trop de temps, et surtout, cela n’améliorerait pas la situation.
C’est amer… mais c’est un choix que j’ai déjà accepté.
Une résolution qui laisse un goût amer.
— Tu sais ce que ça va te coûter, n’est-ce pas ?
Utiliser ce pouvoir va ronger ton propre corps.
— Je le sais. Et je suis prêt.
Je le regarde droit dans les yeux en disant cela.
Ronant-sama pousse un long soupir, puis commence à incanter son sort.
— Je vais soigner ce vieux.
Je doute de pouvoir encore affronter d’autres ennemis de toute façon.
Alors je ferai ce que je peux, tant que je le peux.
Fais de même, toi aussi. Ne tente que ce que tu peux faire.
— Oui.
C’est sa façon à lui de dire :
« Ne sois pas imprudent. »
Mais pardonne-moi, Ronant-sama.
En cet instant, nous ne pouvons plus gagner sans l’être.
Et ainsi, Katia et moi fûmes téléportés par Ronant-sama
jusqu’à l’endroit où repose Reise-san.
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