Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 331.5.26 Epilogue

 


Chapitre 331.5.26 : Épilogue

(Ce chapitre contient de nombreux dialogues en ping-pong, un style courant dans la littérature orientale ; pour éviter toute confusion, les noms des locuteurs sont ajoutés .)

*

Meido : « Alors ? Le résultat final te convient-il ? »
D : « Hmm, on va dire que oui. Je qualifierais ça de passable. »

Cela se passait dans un jardin dominé par des fleurs en pleine floraison. Autour d’une table installée au centre, deux femmes prenaient le thé. L’une était la Déesse Maléfique D. L’autre, une femme type Yamato Nadeshiko portant un uniforme de femme de chambre.

D : « Et voilà, le monde a été sauvé grâce au sacrifice d’un seul dieu. Et tout le monde vécut heureux pour toujours. »
M : « Il reste des cicatrices de la guerre, mais pour la plupart c’est une “happy end”, hein. »
D : « Assurément. »

M : « Cependant, si le monde et l’humanité pouvaient continuer à exister ensemble, il aurait mieux valu faire ça dès le départ. Alors ça ne servait à rien d’avoir déclenché la guerre, non ? »
D : « Oh, ça, c’était impossible. »
M : « C’est-à-dire ? »

D : « Avant la guerre, il n’y avait pas assez d’énergie disponible ; la condition de base n’était pas remplie. Il fallait compléter l’énergie manquante quelque part pour rendre possibles les deux objectifs. Voilà pourquoi il a été nécessaire d’essorer au maximum l’énergie des victimes de la guerre et du Dragon Noir Gyuriedistodiez. »
M : « Ah, je vois. »
D : « Comme la guerre a eu lieu et que les deux armées se sont battues à mort, leurs compétences et valeurs de statut ont grimpé, et par conséquent la quantité d’énergie récupérable a énormément augmenté. »

M : « Hmm. N’empêche que “celle-là” essayait au départ d’atteindre l’objectif sans qu’ait lieu une guerre, pas vrai ? »
D : « L’un ou l’autre lui convenait. Pour “celle-là”, sauver la planète ou sauver l’humanité dépendait en fin de compte du vœu d’Ariel, le Roi Démon. Au fond, peu lui importaient le sort de la planète ou de l’humanité. »
M : « Et donc elle était prête à aller de l’avant avec un plan secret qui impliquait la mort de la moitié de l’humanité ? »
D : « En effet. J’ai intervenu parce que ça n’aurait pas été intéressant. »
M : « Tu restes aussi vulgaire que d’habitude. »

D : « C’est dur de traiter de vulgaire quelqu’un d’aussi compatissant que moi, vu que j’ai permis à Ariel, le Roi Démon, et à la Déesse Sariel d’avoir leurs adieux. »
M : « Oh, c’était bien orchestré, je trouve. Ariel a dû s’en sentir récompensée. »
D : « C’était prévu d’avance : si la Déesse Sariel était libérée du Système, elle mourrait immédiatement après. En considération pour son soutien continu au Système, au minimum je pouvais offrir des adieux comme cadeau. »
M : « Cette “considération” se résume à un seul mot pour Ariel et un seul pour Gyuriedistodiez, hein ? Tu n’aurais pas pu en accorder un peu plus ? »
D : « Il y a des choses qui se transmettent précisément parce que ce n’étaient que des mots uniques. »
M : « Vraiment ? »

D : « Voilà un chapitre de l’histoire de ce monde bouclé. C’était divertissant à sa manière. »
M : « Quel mauvais goût tu as. Ça ne va pas être rose pour ce monde, maintenant. »
D : « Plutôt, oui. L’humanité devra survivre dans un monde où elle a soudainement perdu ses compétences et ses valeurs de statut. Ce qui l’attend, c’est sûrement une ère de troubles. »
M : « Les réincarnés seront aussi jetés dans cette ère de troubles ? »
D : « Eh bien, c’est la vie. Qui sait ce qui arrivera ? Réussiront-ils à traverser l’ère de troubles et à s’imposer, ou se cacheront-ils discrètement ? S’effondreront-ils en chemin ? À chacun sa route, je pense. »
M : « Politique des mains levées, donc. »
D : « De toute façon, ils ont vécu peinards sous la protection de “celle-là” jusqu’à maintenant. En cumulé vie précédente + vie actuelle, ils ont dépassé la trentaine ; si à ce stade ils ne gèrent pas leur situation par eux-mêmes, ça ne m’intéresse pas. »
M : « Là, c’est ton avis sincère qui ressort, non ? »
D : « Bien sûr. »

M : « En pratique, grâce à “celle-là”, les réincarnés ont pu rester sans qu’on leur retire leur énergie. Donc, même s’ils seront en deçà de ce qu’ils étaient avec les compétences, ils resteront plus forts que la piétaille. »
D : « Exact. Dommage que Yamada-kun ne risque plus de jouer un grand rôle après avoir abusé de sa Bonté (Kindness), mais j’attends des choses des autres réincarnés. En gros, j’espère qu’ils continueront à m’amuser. »
M : « Il y en a vraiment qui risquent d’être à ton goût ? »
D : « Au minimum, j’ai des espoirs pour Sophia-san, la seule autre survivante du camp de “celle-là”. Je suis sûre qu’elle mijotera encore quelque chose. »
M : « ……Certainement. »

D : « Cela dit, le grand événement est plié. Je n’ai pas l’intention de m’astreindre à observer d’aussi près qu’avant. »
M : « Tu n’en auras pas le temps. Au travail. »
D : « ……D’accord. »
M : « Je te l’accorde si tu te limites à des moments comme maintenant, pendant les pauses. »
D : « ……D’accord. »

M : « Alors ? Qu’as-tu l’intention de faire de “celle-ci” ? Comme je le dis depuis tout à l’heure, tu n’auras pas le temps de t’en mêler, d’accord ? »

La femme en tenue de domestique tapa sur une cage à insectes.

D : « Eh bien, je vais la confier à un membre de ma famille. Vu à quel point elle a faibli, il lui faudra des efforts pour retrouver sa force. Je ne pourrai pas la surveiller en permanence. »
M : « Décision raisonnable. »
D : « Donc voilà. Tu comprends, Shiraori ? »

Je ne comprends paaaas du tout ! Pourquoi suis-je enfermée dans une cage à insectes !? Oui, je suis dans cette cage totalement déplacée pour un thé mondain. Et sous la forme d’une araignée assez petite pour tenir sur un auriculaire !

Au moment de l’effondrement du Système, en réalité, j’étais encore en vie. Ce n’était pas un mensonge quand j’ai dit que j’avais rassemblé toute mon énergie. C’est juste que l’énergie de ce mini-corps n’était pas incluse ! J’ai entièrement vidé l’énergie de mes autres clones, qui ont donc été vraiment détruits, à l’exception de ce mini-corps. En outre, la quantité totale d’énergie qu’il me reste est à l’image de ce mini-corps. Je suis si fragile qu’on pourrait m’écrabouiller entre deux doigts. Mais c’est voulu. Après tout, je suis allée jusque-là pour faire croire à D que j’étais vraiment morte !

Oui, j’ai tenté de simuler ma mort. Pour que D pense que j’avais épuisé mes forces après avoir dû mobiliser toute mon énergie pendant la bataille. En fait, j’ai bel et bien dû tout rassembler, et l’accident imprévu où mon corps principal s’est fait détruire par Yamada-kun m’a mise sérieusement au bord de la mort. Mais justement, ça rendait ma mort d’autant plus crédible. Si je devenais une araignée minuscule, même D ne devrait pas me retrouver après ma fausse mort ! Du moins… c’est ce que je croyais… Alors pourquoi… suis-je… prise dans cette cage ? Pourquoi… ? Comment… ?

D : « Sérieusement. Quand quelqu’un va jusqu’à feindre sa propre mort, comment pourrais-je laisser une chose aussi intéressante m’échapper ? »

Hiii ! Je sens une obsession terrible. Et comme pour confirmer ça, la femme en tenue de domestique me regarde avec un air piteux !

M : « On va avoir une longue relation à partir d’ici, alors je compte sur vous, Mlle Araignée. »

Ha, haha, hah… C’est précisément parce que j’avais peur de ça que j’ai tenté de fuir en faisant la morte… On dirait que mes souffrances ne font que commencer. Urgh ! Mais je n’abandonnerai jamais ! Un jour, je m’évaderai de ce pouvoir maléfique ! Pour ça, je dois d’abord accumuler de la force ! Ou plutôt, retrouver celle que j’ai perdue ! Mes aventures ne font que commencer !


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