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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 63.5.1 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 63.5.1

Épilogue : Une histoire de nom
Traducteur : Team Yarashii

Nous progressions dans notre voyage en direction du sud-ouest.
Nous n’avions pas de chariot, alors nous grimpions tous sur Filo. Nous nous accoutumâmes assez vite à cette routine.

— Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de voler une carriole quelque part ?

Nous avions déjà des chasseurs de primes à nos trousses. Qu’était un petit chariot comparé aux crimes dont on m’accusait déjà ?

— NON !

Filo manifesta son désaccord avec virulence.

— Si on fait ça, je veux pas le tirer !

Bon, elle avait dû développer un certain sens moral.

— Ma foi, je ne le désire pas non plus, mais passer mon temps sur ton dos devient un peu lassant.
— T’en penses quoi, princesse ?
— Hmm…

Mel parut perplexe face à ma question.
Qu’est-ce qui l’embêtait ?

— C’est peut-être dangereux, mais envoyer Raphtalia dans le village le plus proche pour en acheter un pourrait être notre meilleure option.

C’était sans doute une bonne idée. Ou devrions-nous demander l’aide de l’ombre ?

— Le soleil est assez bas, maintenant. Restons-en là pour aujourd’hui, qu’en dites-vous ?
— Ouais ! Oh…

J’étais d’accord avec sa proposition, mais la princesse me regardait toujours d’un air réprobateur.
Qu’est-ce qui clochait avec elle ?
L’estomac de Filo se mit à gargouiller bruyamment.

— J’ai faim !
— Tu manges trop, Filo !

Mel lui donna une petite tape.

— Hé hé.

J’étais content qu’elles s’entendent aussi bien, mais elles commençaient à ressembler à un petit couple idiot. Cela m’agaçait.
Je finis de préparer le feu de camp et passai aux préparatifs du dîner.

— Tiens, princesse.

Une fois que ce fut fait, je lui tendis une part, mais elle continua de me faire la tête.
Bon sang, qu’est-ce qu’il lui arrivait ?

— Mel, tu ne voulais pas manger aussi ?
— Si, mais…

Elle me jeta un coup d’œil, puis détourna le regard. Quelque chose la dérangeait.
Mais quoi ?

— Qu’y a-t-il ?
— Ce n’est rien.

Lorsque Raphtalia lui posa cette question, elle tendit la main et s’empara du plat que je lui avais présenté.

— Qu’est-ce qui va pas chez toi, Mel ?
— Hmm…

Elle se conduisait si étrangement que même Filo l’avait remarqué.

— Tu es consciente que je n’ai pas de pouvoir d’endoctrinement, on est d’accord ?
— Oui, je le sais bien !

Elle se tourna précipitamment et regarda ailleurs.
Pour être honnête, elle n’agissait pas si bizarrement, en fait. Elle jouait avec Filo, souriait et discutait avec Raphtalia.
Elle ne se montrait aussi remontée qu’avec moi. Elle m’ignorait.
Je ne savais pas du tout quel était le souci.

— Ne dites plus cela.
— Hein ? Qu’est-ce qu’il y a, princesse ?

Elle tremblait et venait de marmonner quelque chose.

— Qu’est-ce que j’ai dit ?
— Ne m’appelez plus « princesse » !

Elle cria. Ses yeux étaient baignés de larmes.

— Pourquoi ça te fout autant en rogne ?
— J’ai un nom, vous savez ? C’est Melty !
— Quoi ? Pourquoi tu me sors une évidence pareille ?
— Je suis en colère, Héros Porte-Bouclier, car vous ne m’appelez plus jamais par mon prénom ! Au début, vous aviez l’habitude d’employer « Mel » !

La princesse devait sans doute évacuer la pression emmagasinée par ce long voyage. Elle se prenait la tête et se comportait de façon hystérique.
Filo et Raphtalia étaient en train de regarder la princesse sortir de ses gonds. Elles étaient visiblement aussi surprises que moi.

— Je vous le répète ! J’ai un prénom : Melty. Mais le Héros Porte-Bouclier ne cesse d’user d’expressions tournant autour du mot « princesse » ! Cela constitue mon titre, pas mon prénom !
— Quoi ? Tu veux que je t’appelle comme ça, maintenant ?
— Ce n’est pas pour cela que je suis énervée ! Pourquoi me traitez-vous différemment des autres ?
— Pardon ? Hé, tu ne fais pas vraiment partie de notre groupe depuis si longtemps que ça !
— Mais j’ai partagé certaines de vos épreuves et plusieurs de vos succès, non ? N’employez plus mon titre !
— Pourtant, tu m’appelles bien « Héros Porte-Bouclier ».

La princesse sembla comprendre.

— Et ce n’est pas mon nom non plus.
— Très bien, je vous appellerai Naofumi à présent. J’attends donc de votre part que vous vous adressiez à moi en utilisant mon prénom !
— Mon Dieu…
— J’attends ! Dites-le, Naofumi ! Appelez-moi Melty !

Je n’aimais pas l’idée de me montrer aussi familier.
Elle était très polie envers Raphtalia, mais il fallait que l’on ait l’air plus proches tout à coup ?
Je ne voulais tout de même pas qu’elle m’appelle « monsieur », ou un truc du genre. Cela me rappellerait le temps passé en compagnie de la Salope. Elle avait eu l’habitude de s’adresser à moi en employant « M. le Héros Porte-Bouclier ».
Si je tentais de manifester mon désaccord, elle finirait assurément par nous causer davantage d’ennuis, et je n’oubliais pas qu’elle nous avait aidés à protéger Filo lors du dernier combat.

De ce que je savais, elle ne nous avait jamais menti non plus, et elle avait même tenté de me réconcilier avec le Sac à merde, du moins jusqu’à l’irruption des chevaliers. Si je remontais encore plus loin, elle nous avait sauvé la mise quand Motoyasu avait provoqué un esclandre en pleine ville.
Elle avait toujours dit vrai et n’avait apparemment jamais essayé de nous dérober Filo.
Je doutais de bien des gens dans ce monde, mais si je devais accorder ma confiance à une personne, il n’était pas déraisonnable de penser à elle.
Filo était naïve et innocente, mais elle savait bien juger quelqu’un. Si elle avait foi en elle, alors il n’y avait pas de mal à faire de même.

— Bon, très bien, Melty. Ça sonne mieux pour toi ?
— Oui ! Et vous feriez mieux de vous y tenir !
— Oui, oui, d’accord.

Elle ferait donc une scène à chaque fois que je l’appellerais « princesse » ?

— Je ne m’attendais pas à ça.

Certes, Filo était bruyante et agitée, mais elle ne versait pas dans l’hystérie. Elle piquait juste une crise de temps à autre comme le ferait n’importe quel enfant.
Mel et Filo se ressemblaient sur ce point, probablement en raison du fait qu’elles avaient à peu près le même âge.

— Oh, princesse Melty, j’ignorais que cela vous mettait autant en colère.
— Raphtalia, je vous en prie, ne m’appelez plus ainsi !
— C’est entendu, Mlle Melty.
— Voilà qui est mieux !

Je me demandais ce qu’en pensait Raphtalia. Elle s’était mise à m’appeler par mon nom au cours de notre affrontement contre le Chien Noir à Deux Têtes. Il fallait croire qu’employer notre prénom respectif était la preuve que nous nous étions rapprochés.

— Raphtalia, je suis bien content que tu sois moins à cheval sur ces choses-là.

Elle avait été franchement pénible au début, mais la situation avait fini par changer.
Contrairement à Filo, elle se battait de façon traditionnelle, avec une épée. Puisque j’étais le Porte-Bouclier, nous formions un bon duo complémentaire. Quand nous vendions nos marchandises, elle pouvait tenir l’échoppe. Quand nous étions en fuite, elle savait se déguiser. Elle était toujours sacrément utile.

— Est-ce un compliment ?
— Bien sûr.
— Et je suppose que vous êtes sérieux ? dit-elle d’un air vexé.
— Y a un problème, maître ?

Maintenant, Filo s’en mêlait ?

— Filo, n’utilise jamais mon nom.
— Pourquoi ?
— Hé hé, à présent, c’est elle qui est à part !
— Mais pourquoi ? Pourquoi ? Comment ça se fait que je sois la seule qui puisse pas ?
— Vas-y, essaie.
— Naofumi !

Sans même passer par le stade « monsieur » ? Et elle avait trop marqué chaque syllabe. Cela sonnait faux.

— Mouais, j’aime pas trop. Et j’ai pas le droit à un peu plus de respect ?
— Naofumi, la nounou d’enfer !
— Du calme, Filo, on se détend.
— Mais euh !
— Melty a raison. Filo, continue à utiliser « maître ». Tu peux te voir comme étant « à part », mais le bon côté des choses, c’est que ça te rend spéciale !
— T’es une nounou, nananère !
— D’accord, tout doux, ma petite. Je t’ai élevée, alors qu’est-ce que tu dis plutôt de « papa » ? « Père » ?
— Hmm… j’aime pas !
— Pourquoi ?

Bon, ça suffit.
De toute manière, l’idée d’une telle symbolique me déplaisait.

— Je préfère encore t’appeler « maître » que « père » !
— Ça te va ? Parfait, on reste comme ça, alors.

Je me demandais si son choix était motivé par une véritable raison. Hmm, cela n’avait pas beaucoup d’importance.

— Naofumi.
— Quoi ?

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