LES MONDES ERRANTS – Chapitre 68

Chapitre 4 – Les gazouillis du rossignol

Les sept semaines qui suivirent furent éprouvantes ; une succession de séances de danses, de cours de chant et d’essais de costumes. Cet enchaînement se conjuguait de tout un tas d’activités et de tâches annexes extrêmement rébarbatives telles que des entrevues avec les journalistes ou encore de dialogues avec les producteurs et autres investisseurs.

Je détestais ces deux derniers points. Être seule parmi ces hommes aux regards inquisiteurs et aux questions indiscrètes m’angoissait. J’étais une brebis égarée au milieu des loups, jetée en pâture comme un morceau de viande fraîche pour appâter ces prédateurs avides d’argent et de notoriété.

Les séances d’entraînement s’orchestraient de manière chronométrée où la moindre minute écoulée était précieuse. J’étais épuisée. Chaque jour, au lieu de progresser, j’éprouvais l’amère impression de régresser, de perdre en motricité et en fluidité, ne devenant qu’un pantin désarticulé sans aucune cohérence.

Le pire était les regards tant réprobateurs que dédaigneux émanant de mes professeurs ou de mes collègues. Était-ce réellement le cas ou bien le stress étiolait ma lucidité et m’empêchait d’analyser pleinement la situation ? Je n’arrivais pas à le savoir. Je ne comprenais plus rien. Je savais seulement que je n’étais pas à la hauteur de l’enjeu.

Je me sentais sotte, incapable de faire ce que l’on m’ordonnait avec de plus en plus d’insistances et d’attentes. J’étais si seule devant ces gens semblables à des masses obscures dont les yeux luisants, aux pupilles acérées d’oiseaux de proie, m’épiaient. Mon cerveau ne différenciait plus le réel du songe et les cauchemars s’emparaient de mes nuits. Pour couronner le tout, faute d’un appauvrissement drastique en heures de sommeil, je manquais l’évanouissement.

En cette période de tourmente, j’avais également perdu un peu de poids tant mes tripes broyées ne voulaient pas se dénouer pour y accueillir un morceau de nourriture aussi finement tranchée soit-elle.

Mon chant était aussi chaotique que mes mouvements étaient désordonnés ; d’un gazouillement mélodieux, je passais au cri rauque d’un coq enroué. Et j’entendais derrière moi les gloussements de pintades et les sempiternelles médisances si gentiment offertes à mon intention sans aucune gêne. Je n’évoquerais pas non plus à quel point je me sentais terriblement humiliée lors des chorégraphies ni n’entrerais dans les détails sur les conversations que je surprenais de temps à autre, dans la pénombre des couloirs.

Dans cette effervescence néfaste pour ma santé, seule la présence de madame Hofmann m’était rassurante. Bien sûr, je la voyais me sonder de son regard aiguisé qui me transperçait de part et d’autre. Mais à aucun moment je ne l’entendis prononcer la moindre méchanceté à mon encontre depuis ma dernière entrevue privée en sa compagnie. Elle semblait, à l’inverse de tous, être douée de compassion et d’empathie à mon égard. La seule qui, finalement, devait me comprendre. Madame avait certainement dû vivre cette expérience des années plus tôt.

Pour terminer d’achever mon état et d’abattre mon estime jusqu’à la réduire à néant, maestro Davore prenait part à mes répétitions ; un peu trop régulièrement à mon goût, hélas ! Sa présence me gênait car je n’étais vraiment pas à la hauteur de ses espérances. Et de tous les regards qui m’étaient adressés, le sien était celui que je redoutais le plus.

Malgré ses airs maîtrisés et la posture droite qu’il conservait chaque fois qu’il assistait à mes entraînements, je voyais luire dans ses yeux l’immense déception face à cet affreux spectacle que je lui offrais. Mes performances étaient pitoyables. Pourtant, je tentais de dompter cette pression que je refoulais en moi sans parvenir à la canaliser. Elle était tel un abcès qui me rongeait en permanence, une plaie purulente qu’il me fallait soigner avant qu’elle n’empire.

Un matin, le directeur crut bon de me prendre à part dans son bureau en la présence d’une armada de personnes annexes, producteurs et investisseurs principalement. Ces messieurs désiraient m’avertir qu’ils mettraient également madame Hofmann sur le devant de la scène afin de lui faire exécuter mes pas en tant que doublure pour me seconder. « Juste au cas où ! » m’avait justifié le directeur de sa voix gouailleuse.

Je me souviendrais éternellement de son regard perfide et de son doigt boudiné pointé en ma direction alors qu’il me soufflait un nuage de fumée au visage. Jouissant de son autorité suprême, il me dévisageait de haut et tirait sur son cigare de grandes bouffées de nicotine, un mince filet de bave gisant à la commissure de ses lèvres. Pour paraître plus intimidant, il gonflait la chair molle et tendue de son gosier.

Suite à cette entrevue, je regagnai la salle d’entraînement. Je conservais la tête basse, accablée devant cette injustice. En arrivant, je vis la diva présente au centre, vêtue d’une robe en flanelle blanche. Concentrée, elle se tenait bien droite, encerclée par les autres danseurs qui patientaient dans l’ombre des projecteurs, contemplant le spectacle qu’elle s’apprêtait à leur offrir.

Spectatrice, je fixai la diva avec une intensité qui frôlait l’indécence. Sans m’en rendre compte, je serrai des poings. Ma gorge se noua et mon souffle devint saccadé. Lorsque les notes de piano commencèrent à résonner, elle se mit à esquisser les premiers pas avec une franche assurance, presque spontanée, qui avait le don de me troubler autant que de m’émerveiller. Ses jambes élancées et fuselées, aux muscles finement dessinés, épousaient les arias de la mélodie. Tandis que ses bras nus, engagés dans des mouvements souples et gracieux, laissaient apparaître toute la volupté que cette femme maîtrisait sans le moindre effort.

Je fus subjuguée par tant de fragilité et d’ardeur contenue dans une seule et même personne. Elle incarnait autant la timidité que l’effronterie, alliait la douceur à la fougue, la pureté à la passion, la glace et la braise. Une mèche de ses cheveux noirs s’échappa de son chignon, accentuant davantage cette dualité ambiguë. En toute légèreté, elle balançait son corps, enchaînant en toute simplicité les mouvements chorégraphiés ; un déhanché impétueux, suivi d’un haussement d’épaules puis d’un roulement du bassin. Et sa robe, tel le plumage d’un cygne, tournoyait autour de sa silhouette au galbe séduisant. Elle semblait un oiseau en parade nuptiale et captivait la foule par sa présence muette.

Happée, je ne pus m’empêcher de l’admirer tout en jetant une œillade sur l’assemblée qui paraissait tout autant envoûtée que je l’étais devant la prestance de la noble diva. Je sentis poindre en moi un sentiment malsain de jalousie. Comme je l’enviais de la voir autant adulée par ces spectateurs d’ordinaire si critiques ! Fulminant intérieurement, je tournai la tête pour venir observer monsieur Davore.

Le maestro était assis sur un fauteuil, près du pianiste. Son regard trahissait un engouement retenu à la vue du spectacle sublime que lui offrait la sulfureuse oiselle. J’apercevais le halo scintillant de ses pupilles et notai, à mon grand désarroi, qu’un subtil sourire s’esquissait sur le coin de ses lèvres. Puis je reportai mon attention sur ma rivale et soupirai. Olivia était la parfaite incarnation d’Eugenia. Madame était capable d’interpréter les deux facettes diamétralement opposées de cette protagoniste ; à la fois l’attrayante et passionnée courtisane de la cour ainsi que la discrète impératrice.

Je laissai échapper un sanglot étranglé devant cette prise de conscience. Comment, dans l’esprit calculateur et réfléchi de ce maestro de génie, avait-il pu germer l’idée de m’engager pour ce rôle ? L’incarnation d’Eugenia Danza était visiblement beaucoup trop ambitieuse pour la chétive tourterelle, le moineau inexpérimenté, que j’étais. Je ne pouvais pas rayonner ou m’épanouir derrière l’ombre de ce majestueux cygne. J’étais indigne de ce rôle, une incapable. C’était un fait indéniable, un constat implacable !

Quand la danse s’arrêta, madame se redressa. Sous les acclamations et applaudissements des spectateurs, elle quitta le devant de la scène pour se dissimuler dans les ténèbres. En sueur, elle but un verre d’eau et partit s’asseoir afin de récupérer son souffle. Je la vis m’adresser un sourire gêné lorsqu’elle croisa mon regard.

Après ce silence solennel, d’une étrange sacralité, des chuchotements et gloussements s’élevèrent à nouveau. Dans ce tumulte, j’entendis une voix m’appeler ; celle du maestro qui m’intimait de me rendre sur scène et d’exécuter la même danse que venait de terminer ma noble prédécesseure.

À cette invitation, mon cœur cessa de battre et je demeurai immobile l’espace d’un instant. Les regards se tournèrent vers moi pour me scruter avidement. Une lueur de moquerie s’illuminait dans les yeux des épieurs. Fort mal à l’aise, je pris place à mon tour au centre de la salle puis patientai. Je voyais flou et mes oreilles bourdonnaient à m’en donner le tournis. Malgré tout, je tentais de faire fi de cette cohorte intimidante qui, je le savais, ne manquerait pas de juger éhontément chacun de mes pas pour me déstabiliser.

Je manquai de défaillir avant même d’entamer la danse. Je transpirais à larges suées et tremblais par à-coups ; la pression contenue au fond de mes entrailles était trop puissante pour que je puisse la dissimuler aux yeux de tous. Sur ordre du maestro, le pianiste entama son aria, faisant tinter les notes à un rythme à peine plus lent que précédemment. Après avoir pris une grande inspiration, je fermai les yeux et m’élançai, me concentrant sur la mélodie qui berçait mes oreilles.

Durant les premières minutes, tout se déroulait comme je le désirais ; hormis deux ou trois mouvements à peine plus faibles que les autres, j’étais satisfaite du rendu. Malheureusement, une réplique qui sonnait comme un reproche me fit revenir à la réalité. En ouvrant les yeux, je fus extirpée de mes pensées, chassée de ma rêverie au point que je commençai à perdre toute ma contenance.

Troublée, je revoyais la scène de la diva et, en portant sur moi-même un regard extérieur, je me sentis ridicule face à sa performance. Mes mouvements, fluides jusqu’alors, se saccadèrent et mes muscles relativement souples se figèrent.

Plus les secondes défilaient et plus j’hésitai. Je n’osai même plus bouger le bout de mon petit doigt de peur de commettre une énième faute. Tout ceci me chamboulait et ce fut avec une peur viscérale que je poursuivis ma danse dans le sillage du cygne.

Tandis que la fin approchait, je fus tellement pressée par la délivrance que ma cheville vrilla par mégarde lors de l’ultime pas. Lors de ma chute, mon regard croisa celui du maestro dont le visage trahissait une expression que je n’avais jamais aperçue chez lui. N’y tenant plus, je fondis en larmes devant l’assemblée puis, profondément humiliée, me ruai en direction de ma loge, tiraillée par la douleur qui rongeait ma jambe meurtrie.

Arrivée dans ma forteresse, je refermai la porte et m’avachis sur mon siège. D’un geste brusque, je balayai l’ensemble de mes affaires présentes sur ma coiffeuse qui s’échouèrent sur la moquette, puis plaquai ma tête au creux de mes mains et poussai un hurlement. L’image de madame Hofmann vint hanter mon esprit. En cet instant, je voulais la frapper, la griffer et la mordre à sang ! Lui faire payer chèrement cette humiliation publique. Consciente de mon emportement, je me laissai choir et, incapable de retenir mon désarroi, pleurai à chaudes larmes. Cette pression se révélait trop corrosive pour un gabarit aussi malingre que le mien.

Je gisais à terre, adossée contre le mur, tentant vainement de calmer mes tremblements et de me dominer. Je fus tellement chamboulée que je ne vis pas la porte s’ouvrir. Ce ne fut que lorsque je sentis une main se poser sur mon épaule que je compris que quelqu’un venait d’entrer. Le contact inattendu de cette paume me fit sursauter. Je m’essuyai les yeux d’un revers de la main et redressai la tête. À travers mes rétines embuées, je tentai d’examiner la personne qui se tenait face à moi et reconnus ce visage à la barbiche pointue et aux yeux émeraude si caractéristiques.

— Pourquoi pleurez-vous ? me demanda-t-il en pressant légèrement ses doigts sur ma nuque.

Je reniflai et détournai les yeux. Le décevoir m’était déjà insupportable, mais qu’il m’aperçoive ainsi, totalement abattue, me fit perdre toute mon allure. Ne trouvant pas les mots, je laissai le silence s’installer pour répondre à ma place, ne prenant même pas la peine de me redresser pour lui faire face. Néanmoins, mes sanglots diminuèrent ; sa présence m’empêchait de me laisser aller. Je faisais mon possible pour récupérer mes esprits et retrouver un rythme de respiration stable.

Au bout d’un temps que je ne savais mesurer, je l’entendis réitérer sa demande. Devant lui répondre pour ne pas paraître impolie, je raclai ma gorge et annonçai :

— Je sais ce que vous pensez. Je ne suis pas à la hauteur de vos espérances, me plaignis-je d’une voix faible, donc si vous souhaitez rompre le contrat maintenant qu’il est encore tôt, je comprendrais et ne vous en voudrais pas. J’ai eu tort d’accepter. Gardez madame Hofmann, elle est largement plus qualifiée que moi pour ce rôle.

Je sentis son emprise se raffermir. Ses doigts roulaient sur ma nuque pour la masser avec plus d’insistance.

— Pourquoi souhaitez-vous abandonner dès à présent ? Alors même que vous n’avez pas simulé une scène entière.

— Parce que… je ne suis pas à la hauteur… marmonnai-je en manquant de fondre à nouveau en larmes. Je suis une incapable, je ne sais rien faire, je suis bonne à rien ! Je sais que je vous déçois et que vous vous en voulez de m’avoir choisi pour ce rôle que je ne pourrais jamais assumer.

Il cessa son geste et retira sa main pour la glisser dans sa poche.

— N’est-ce pas présomptueux de votre part de me prêter de mauvaises intentions et d’interpréter fallacieusement mes pensées ? rétorqua-t-il sèchement. Pensez-vous être devin au point de comprendre parfaitement ce que j’ai en tête, mademoiselle Hannah Wagner ? Si tel est le cas, veuillez me faire part de votre lamentable talent !

Sous son ordre, je me relevai et me dressai devant lui. La tête basse en guise de soumission, je me confondis en excuses et lui annonçai une nouvelle fois ma volonté d’abandonner cette mission insurmontable.

— Ainsi vous ne voulez pas vous laisser une chance de poursuivre votre entraînement ? Êtes-vous sûre de ne pas vouloir saisir cette opportunité et endosser ce rôle de la plus digne des manières ?

— Si bien sûr ! répliquai-je en gémissant. Je ne souhaite pas laisser cette chance s’envoler… Tout ce que je désire, c’est d’exercer ce rôle, d’être parfaite ! Être digne d’incarner Eugenia ! Mais…

Je hoquetai et me pinçai les lèvres.

— Mais j’ai peur, monsieur. Peur de tout gâcher, de ne pas être à la hauteur. Les gens ne cessent de se moquer de moi, je le vois bien. Tout le monde me rabaisse, me pointe du doigt comme une chose ridicule. Je deviens la risée de l’institution. Et j’essuie quotidiennement de vives remontrances ainsi que des blâmes de la part des supérieurs. Vous le savez. Le directeur me déteste. Et malgré toute ma bonne volonté, le bilan à l’issue de ces deux premiers mois est catastrophique. Je sais que je vous déçois monsieur. J’en suis sincèrement désolée.

Alors que je vidais mon sac, faisant baisser peu à peu mes ardeurs ainsi que mes craintes, une exaltation soudaine commençait à couler à travers mes veines. Qu’importe la douleur, qu’importe le stress, je voulais incarner Eugenia ; cette courtisane à la voix de passereau dont la vie, bien que diamétralement opposée à la mienne, m’impactait et éveillait en moi cette source d’inspiration inconnue.

À la fin de mon discours, j’essuyai mes yeux rougis par les larmes et reniflai bruyamment.

— Vous faites fausse route me concernant, mademoiselle Wagner, dit-il posément, jamais je n’ai remis vos talents de danseuse ou votre voix en question. Certes vous m’avez déçu, non pas pour votre entraînement, mais pour votre comportement. Vous avez l’étoffe pour endosser ce rôle mais votre estime est si faible que vos représentations publiques sont médiocres. Apprenez à vous libérer de ceci, concentrez vous sur votre ressenti et faites fi du regard d’autrui. Quant aux autres, ils vous critiquent ? Ne les écoutez donc pas et faites ce que vous savez faire. Si je me souviens bien, vous vous moquiez éperdument du jugement des autres lorsque vous étiez une figurante ou lors de vos anciens entraînements. Quelle différence y a-t-il réellement ? Comportez-vous comme lorsque vous êtes dans votre loge. Dansez et chantez rien que pour votre plaisir.

Confuse, je relevai la tête et tentai une timide œillade en sa direction. Contre toute attente, maestro Davore m’adressait un regard bienveillant duquel émanait un chaleureux sentiment de compassion.

— Je ne vous déçois pas, monsieur ? demandai-je d’une petite voix aiguë, les yeux écarquillés.

Il reposa une main tendre sur ma nuque. De la pulpe de ses doigts, il caressa la naissance de mes cheveux. Puis, avec une extrême lenteur, il approcha mon visage du sien et superposa ses lèvres sur les miennes. Nous partageâmes un baiser langoureux, empreint d’un léger goût salé. Nous souffles tièdes s’entremêlèrent. Les yeux clos, je ressentais avec délice toutes les émotions que cet échange me procurait. Je me sentis revivre en une fraction de seconde, gagnée par le désir de me laisser cueillir par cet homme.

Avec des gestes habiles, je le laissais me dévêtir, impatiente et fébrile de tenter cette expérience auprès de sa personne. Il déliait méticuleusement les nœuds de mon corsage pour exposer ma chaire à nue. Je restai étonnamment inactive, n’osant bouger tant cette situation m’exaltait depuis le soir où lui et moi avions échangé ce premier baiser.

Une fois nue, il plaça ses mains contre ma taille et me souleva pour me placer sur la coiffeuse. Le dos plaqué contre le mur, prise en étau, je l’observai, subjuguée. Son sourire franc me fit défaillir. Alors qu’il m’embrassait beaucoup plus fougueusement, ses doigts palpaient mon corps dans son intégralité, glissant le long de ma peau et épousant mes formes sinueuses pour venir s’immiscer vers mes zones sensibles que je lui offrais généreusement, sans résistance. Ces caresses me grisèrent aussitôt et il ne me fallut pas longtemps pour me montrer docile, entièrement soumise à sa personne. Quand il s’engouffra en moi, un soupir de plaisir s’échappa de ma bouche qu’il alla cueillir à nouveau de la sienne tout en resserrant son emprise sur mes hanches. Haletante, je sentais ses va-et-vient successifs me pourfendre avec ardeur. Je savourais un véritable délice !

La puissance de son assaut me fit monter dans les aigus. Un cri jaillit, strident, mélodieux… alors je compris ce que ceci signifiait. Tel était le chant du rossignol, le son clair et limpide ; l’appel de l’orgasme. Je devins malgré ma volonté, l’oiseau tant convoité, faisant corps avec mon créateur. L’esprit vacillant sous les gestes habiles qui stimulaient le moindre de mes sens, tâtaient chaque zone de ma chair en un toucher à la fois voluptueux et énergique. Ma voix et mon corps se synchronisèrent ne formant qu’une seule essence. Je faisais corps avec mon cavalier, au point de fusionner en une seule et unique entité.

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