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NORDEN – Chapitre 10

  • Chapitre 10 – Anselme

La journée à la Taverne de l’Ours avait été harassante. Comme tous les lundis, Beyrus cuisinait un excellent bœuf bourguignon qu’il préparait la veille et laissait mariner toute la nuit. La viande devenait ainsi particulièrement tendre et moelleuse. Bien qu’il ne s’agisse en réalité que de maigres morceaux de second choix achetés au rabais chez un grossiste du coin et avec lesquels il rajoutait une bonne dose d’oignons, de carottes et de champignons.

Ce plat connaissait un certain succès et beaucoup de clients accouraient bien avant le déjeuner pour réserver une portion. Il y avait souvent des aranéens de bonne famille, lassés des mets raffinés de la haute-ville. Beyrus les faisait s’asseoir à l’écart pour plus de discrétion. C’était pour la majorité des écrivains ou des scientifiques. Ils n’étaient ni imbus de leur personne, ni arrogants ; bien au contraire, ils dégageaient une certaine bienveillance envers les noréens. Ils étaient curieux, courtois et posaient un grand nombre de questions.

Ambre aimait beaucoup l’un d’entre eux, Enguerrand, un homme d’une petite trentaine d’années, à la silhouette dégingandée et à l’allure efféminée.

L’homme, charismatique, au corps svelte et aux cheveux châtains coiffés en bataille, portait une fine et élégante paire de lunettes dissimulant en partie ses yeux verts aux longs cils. Sous ses airs d’érudit, calme et posé, il affichait une attitude désinvolte, accentuée par l’incroyable maladresse dont il faisait preuve quotidiennement.

En effet, il venait de la Grande-terre, le seul cas avéré de personne ayant effectué la traversée en ce sens afin d’accoster sur Norden, et affichait des manières peu coutumières.

Il était arrivé sur l’île il y a trois ans de cela accompagné de l’un de ses amis afin d’étudier le peuple noréen, car tous deux étaient anthropologues et souhaitaient analyser de près ces êtres si spéciaux. Pour cela il n’hésitait pas se mélanger à la population autochtone du territoire, leur posant sans gêne ni honte de multiples questions indiscrètes ; il avait le don d’embarrasser les gens, mais Ambre l’admirait et le considérait presque comme un ami. Elle le trouvait amusant et avait de la sympathie à son égard. Bien souvent, ils bavardaient tous les deux à l’heure du déjeuner, en toute amitié.

N’ayant pas le besoin de rentrer pour veiller sur Adèle qu’elle savait avec leur père, Ambre avait demandé à travailler en service continu pour la journée. Elle espérait ainsi se détacher une journée dans la semaine pour profiter de sa famille. Elle travailla d’arrache-pied : lavant plateaux et tables, nettoyant les sols. Beyrus la chargea également de faire l’inventaire et de récupérer des marchandises.

***

Il était neuf heures, la taverne allait bientôt fermer et Ambre venait d’encaisser le dernier client, lorsque la porte s’ouvrit et qu’un jeune homme entra. C’était Anselme. Il s’approcha du bar et s’installa sur un tabouret. Il posa sa canne à côté de lui et commanda une pinte.

La jeune femme, surprise de le voir ici, prit un verre, le remplit et le lui tendit puis ils se regardèrent l’un l’autre dans un silence gênant.

Voyant qu’il était de trop, le géant décida qu’il était temps pour lui de rentrer et confia la fermeture de la taverne à son employée.

Une fois qu’il fut parti, Anselme prit timidement la parole.

— Bonsoir Ambre, je me doutais bien que tu serais encore au travail à cette heure.

— Que veux-tu ? Lança-t-elle froidement.

Le garçon ne répondit pas de suite. Il plongea ses yeux noirs dans les siens, un sourire esquissé du bout des lèvres, révélant une légère fossette.

— Je voulais m’assurer que tu allais bien ! Finit-il par ajouter.

Ambre, confuse, se servit une bière et se posa face à lui.

— Excuse-moi, c’est juste que… je ne m’attendais pas à ce que tu débarques et…

— Tu n’as pas à t’excuser ! La coupa Anselme.

— Si ! Je ne devrais pas être hargneuse envers toi ! Je devrais plutôt te remercier pour le coup de main d’hier… Si jamais tu n’étais pas intervenu… Qui sait ce qui aurait pu m’arriver…

Elle s’arrêta, sa gorge était nouée et le douloureux souvenir de la veille lui revint en mémoire.

— Ne t’inquiète pas Ambre ! Assura-t-il, ils ne te feront plus de mal ces scélérats ! Et tu n’as à t’excuser de rien !

— Bien sûr que si ! Insista-t-elle. Je suis désolée et je te remercie grandement pour ton aide !

La tension était palpable, tous deux étaient gênés et regardaient ailleurs ; aucun d’eux n’osait parler. Ils buvaient leur pinte en silence ; le tic-tac de l’horloge et le crépitement du feu étant les seuls bruits perceptibles.

Ambre en profita de ce moment de calme pour s’allumer une cigarette et en proposa une à Anselme qui déclina poliment de la main. Puis elle se mit à le dévisager ; le jeune homme était habillé sobrement, les cheveux détachés. Malgré son regard triste, il paraissait en forme et en bonne santé.

— Tu vas bien sinon ? La vie à Iriden n’est pas trop dure pour toi ? Finit-elle par demander.

— Ce n’est pas ce dont je rêve ! Avoua-t-il. Mon père, le Baron, tient à ce que je sois tout le temps irréprochable et essaie de faire de moi quelqu’un que je ne suis pas ! Mon enfance me manque… ma vie d’avant également. Avant, j’étais pauvre, mais au moins j’étais libre !

— Le Baron est mauvais avec toi ? S’enquit-elle, interloquée.

— Oh non ! Loin de là… mais, disons… qu’il ne me considère pas vraiment. Je suis souvent seul et il ne m’accorde que peu d’importance. Bien sûr, il s’assure à ce que je ne manque de rien et à ce que je sois éduqué comme il se doit, mais jamais il ne me montre le moindre attachement ou signe de sympathie. Après, c’est dans son caractère. C’est un grand solitaire dont le plaisir est uniquement axé sur sa propre personne. Après tout, il n’a jamais eu l’ambition de fonder une famille ou de s’engager auprès de quelqu’un. Je pense d’ailleurs qu’il n’a jamais aimé personne à part lui-même et ses propres désirs.

Ambre était peinée d’entendre cela, car Anselme semblait souffrir de sa condition. C’était d’ailleurs à cause de cela qu’ils avaient arrêté de se voir cinq ans plus tôt où, lorsqu’une nuit, la jeune femme s’était fait agresser.

Cela s’était déroulé à Varden, tard le soir, alors qu’elle sortait de chez un médecin afin d’aller récupérer des plantes médicinales pour sa sœur, atteinte du mal gris, une infection respiratoire sévère.

Un groupe de jeunes fortement avinés l’avait aperçue et prise en chasse. Elle s’était retrouvée prise au piège dans une impasse. Ils s’apprêtaient à la violer lorsque Beyrus, entendant les hurlements de la jeune fille, qui n’avait alors que onze ans, s’était empressé d’accourir à son secours. Il réussit à les faire battre en retraite, sa carrure imposante avait intimidé les agresseurs qui avaient fui aussitôt. Par miracle, la jeune fille n’avait rien.

Quelques jours après l’incident, elle avait été voir Anselme, récemment fils du Baron, pour lui demander de faire quelque chose et de les arrêter afin d’empêcher que d’autres femmes ne subissent le même sort. Malheureusement, celui-ci n’avait pas osé intervenir de peur de représailles. Dégoûtée, la jeune fille était entrée dans une colère noire et une violente dispute avait éclaté entre les deux. Depuis ils ne s’étaient vus que très rarement.

— Et toi… Tu vas bien ? Hésita le garçon.

Ambre haussa les épaules et but une gorgée d’alcool :

— Ça peut aller… disons que je fais avec. Adèle me prend toute mon énergie. Je me plie en quatre pour la savoir heureuse et épanouie. Je n’ai presque plus de temps pour moi. Le travail ici est long et fatigant. Je manque souvent de sommeil et j’ai par conséquent les nerfs à vif la plupart du temps.

Anselme eut un petit rire nerveux.

— Je l’ai croisé à la plage l’autre soir. Selon ses dires, elle allait voir votre mère. Je ne me souvenais pas que son totem était un phoque et il me semblait qu’elle était décédée sous sa forme animalière. J’ai été très surpris lorsqu’elle m’a dit aller la voir, mais je n’ai pas voulu la contrarier.

— C’est parce que ce n’est pas le cas, Anselme ! C’est une histoire qu’on a inventée de toutes pièces pour éviter de la rendre triste et de la perturber davantage. Mais tu as raison, maman est morte il y a un peu plus de cinq ans maintenant. Je ne sais pas si tu te souviens, mais on avait été lui faire une petite cabane dans le jardin alors qu’elle s’était changée en hermine afin de la protéger du froid et des prédateurs. À l’époque, cela faisait près d’un an que tu avais emménagé chez le Baron avec ta mère et tu portais encore ton atèle à la jambe.

Le jeune homme hocha légèrement la tête, tentant de se remémorer ce souvenir qu’il avait oublié.

— Avant la naissance d’Adèle, poursuivit-elle, maman avait l’air malheureuse et n’était plus que l’ombre d’elle-même. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi, mais elle faisait de grandes crises et entrait dans des colères noires ! Elle ne désirait plus vivre en tant qu’humaine. C’était très choquant. Papa non plus ne comprenait pas son mal-être, il pensait qu’elle avait dû subir quelques atrocités en son absence. Cependant, il n’a jamais eu le courage de lui demander. Maman a toujours été distante avec nous et comme tu le sais, elle ne m’a jamais vraiment élevé ; c’est d’ailleurs pour ça que l’on était toujours fourrés ensemble étant gamins. Elle a donc attendu d’accoucher du bébé avant de se transformer quelques jours après, ne prenant même pas le temps de l’allaiter. Elle avait pris sa forme d’hermine, blanche comme la neige. Dans un premier temps, elle venait souvent nous voir. Puis elle a disparu du jour au lendemain au bout de quelques mois seulement. Un an après, alors que je me rendais à Iriden, j’ai croisé Irène von Hauzen, la femme du maire, portant une magnifique toque en fourrure immaculée sur la tête, j’ai su alors que maman n’était plus de ce monde.

Son regard se voila et ses yeux s’emplirent de larmes.

— Le pire dans cette histoire, c’est que je n’ai pas éprouvé la moindre tristesse à l’égard de sa mort. Elle n’a jamais vraiment existé pour moi quand j’y repense.

Anselme, peiné, posa avec douceur sa main sur la sienne.

— Mais bon, c’est du passé maintenant ! Ajouta-t-elle en s’essuyant les yeux. Il me faut aller de l’avant. Après tout, j’ai encore mon papa que j’aime fort et ma situation n’est pas des plus catastrophiques. Je travaille dur, mais au moins Adèle ne manque de rien.

Les pintes étant terminées, le garçon se leva et prit sa canne, prêt à partir. Ambre l’interpella :

— Au fait, pardonne-moi ma question un peu cavalière, mais ta maman ne se serait-elle pas transformée il y a peu ? D’après plusieurs personnes, un loup ou plutôt une louve se trouverait sur ces terres et je ne vois que Judith pour posséder un tel totem dans le coin.

Il soupira, se retourna et lui fit face :

— Ambre… ce que je vais te dire, tu dois me promettre de ne pas le répéter. Certes beaucoup de gens sont déjà au courant… Mais peu connaissent vraiment les détails de cette affaire.

La jeune femme hocha la tête, silencieuse.

— Sache que ma mère est morte il y a quelques mois à peine ! Ça s’est passé un soir alors qu’elle se baladait sur le versant Nord de l’île, non loin d’Eden. Son cheval a paniqué et s’est emballé. Il s’est mis à galoper comme un fou jusqu’au rebord de la falaise du haut de laquelle il s’est jeté. Du moins c’est ce qu’en ont conclu les miliciens arrivés sur place plusieurs heures après le drame. Père s’inquiétait de ne pas la voir revenir et a donné l’alerte. Ils ont fouillé les environs et ont aperçu la dépouille du cheval complètement disloquée, son corps décharné aplati contre la paroi rocheuse. Le corps de maman n’a pas été retrouvé, hormis son médaillon découvert quelques rochers plus loin.

Ambre déglutit péniblement, elle n’était pas du tout au courant de cet évènement et l’annonce de la mort de Judith lui donna un pincement au cœur. Car, d’aussi loin qu’elle se souvienne, c’était une femme douce et tranquille, qui ne se fâchait jamais et était toujours ravie de la recevoir chez elle lorsqu’elle n’allait pas bien ou qu’elle voulait profiter de son ami un peu plus longtemps.

— Crois-tu qu’elle puisse être encore en vie ?

— Ambre ! Lâcha-t-il, personne ne peut survivre à une telle chute ! Elle est morte cela ne fait aucun doute !

Sa voix trahissait son désarroi qu’il essayait en vain de dissimuler. Elle s’approcha de lui et serra sa main dans les siennes.

— Je suis désolée. Murmura-t-elle, plein de douceur.

Elle libéra sa main et Anselme passa le pas de la porte.

Il commençait à pleuvoir. Balthazar se tenait devant la taverne, trempé, attendant patiemment son maître. Le jeune homme monta sur l’imposant destrier et la regarda de haut.

— Je reviendrai te voir un de ces jours si tu me le permets. Ça m’a fait plaisir de bavarder avec toi !

La jeune femme acquiesça.

Il donna un coup de cravache sur la croupe de l’animal qui partit aussitôt au trop. Sa silhouette s’effaçait dans la nuit et le bruit des sabots s’estompait au loin.

Ambre éteignit les bougies et prit ses affaires. Elle prit une lanterne, ferma la porte de l’établissement à clé et marcha tranquillement, pensive et mélancolique, sous la lumière des réverbères. La pluie faisait ressortir les odeurs de terre et d’humus sur la chaussée mouillée. Le ciel était voilé, la brume enveloppait l’île de son épais manteau.

La jeune femme quitta la ville, emprunta le pont et se retrouva en pleine campagne, dans cette oppressante obscurité avec pour seule présence la petite lanterne, luisant faiblement, qu’elle tenait devant elle.

Les bruits de la nuit étaient apaisants. Le frémissement des feuilles se balançant à la bise légère et le clapotis des gouttes contre le sol, s’accompagnaient du hululement des chouettes, faisant écho aux sons rauques des cris de corbeaux. Il régnait ici une étrange harmonie, à la fois morbide et sublime.

La pluie commençait à s’intensifier. Pour égayer son trajet, Ambre se mit à chantonner :

« Cheminant dans la brume

Seule dans un silence profond

Un bruissement résonne

Créature es-tu là ?

Entre les forêts et les champs

Dans la nuit brumeuse

Je sens une ombre

Quelque chose se déplace

Créature, peux-tu me voir ?

Me guetterais-tu, là dans la brume ?

Es-tu ici, tout près de moi ?

Je sens ton souffle sur ma nuque »

Au loin, dans cette étrange brume, Ambre crut apercevoir furtivement deux gros yeux jaunes qui la guettaient.

Quelques minutes plus tard, elle arriva chez elle, trempée jusqu’aux os et grelottante. Adèle était déjà couchée et son père était assis à table, une cervoise à la main, et lisait la gazette du jour sur laquelle était affiché en gros titre ; Nouvelle disparition inquiétante.

Lorsqu’il aperçut son aînée, Georges partit aussitôt dans sa chambre et en revint avec une grosse serviette qu’il lui donna afin de la sécher au plus vite et d’éviter qu’elle ne tombe malade. Puis il mit de l’eau à bouillir afin de la réchauffer et sortit quelques plantes du placard et lui prépara en hâte une tisane.

Pendant ce temps, Ambre avalait son dîner, composé d’un potage de légumes accompagné de sardines qu’elle engloutissait avec appétit.

— Tu as enfin repris des couleurs, ma grande ! J’ai bien cru que tu tomberais dans les vapes tant tu étais livide !

— Oui, merci papa ! Répondit-elle en avalant goulûment un morceau de pain.

— Tu as travaillé jusqu’à tard dis-moi ! Je ne me souvenais plus que tu finissais à une telle heure. Chuchota-t-il afin d’éviter de réveiller Adèle.

— C’est normal, Anselme est venu me voir à la fermeture, il voulait me parler.

— Anselme ?! Le fils de Judith et d’Ambroise ? S’étonna-t-il. Ça fait bien longtemps que tu ne m’as pas parlé de lui !

— En effet, on s’est croisé l’autre jour à Iriden et il a voulu avoir de mes nouvelles.

— Je vois…

Elle venait de terminer son repas et tenait fermement sa tasse de tisane entre les mains, la sensation de chaleur sur sa paume et le bout de ses doigts était très agréable. Elle se sentait mieux à présent, détendue.

— Au fait papa, aurais-tu entendu parler de ce qui était arrivé à Judith récemment ?

L’homme regarda sa fille, songeur :

— Tu veux me demander si j’étais au courant de sa mort ? Sache que oui ma fille. Les nouvelles vont vite sur les bateaux et l’histoire de sa disparition s’est répandue comme une traînée de poudre. Il paraît qu’ils n’ont jamais retrouvé son corps. C’est bien cela ?

Ambre but une gorgée et acquiesça. Puis en réfléchissant à la situation, un sentiment d’amertume s’empara d’elle.

C’est vraiment horrible quand j’y pense, pauvre Judith et pauvre Anselme ! Quand je pense que tu as perdu tes deux parents et que tu es orphelin désormais !

— Je me demande ce qu’il va advenir d’Anselme, chuchota-t-elle, le cœur lourd. Maintenant que Judith n’est plus. Plus rien n’engage le Baron à le garder sous son toit. Après tout, il n’est tenu de rien.

— Ne t’en fais pas pour ça ! Rassura le père. Malgré ses airs hautains et implacables, le Baron von Tassle est un homme d’honneur et de parole. Surtout que l’homme et Judith étaient mariés, leur certificat de mairie suffit amplement pour reconnaître Anselme comme fils légitime et héritier. Même si, effectivement, plus rien n’oblige le Baron à s’occuper de lui.

Elle le regarda, les sourcils froncés et la mine renfrognée.

— Rassure-toi ma fille, je doute fort qu’il chasse ce pauvre Anselme de sa demeure. Et puis, avec le temps il a bien dû s’attacher à lui.

Ambre l’écoutait attentivement, ces paroles l’avaient rassurée. Elle se leva, débarrassa son assiette dans l’évier et alla se laver avant d’aller dormir.

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