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NORDEN – Chapitre 19

  • Chapitre 19 – La Fête Nationale

Les villes de Varden et d’Iriden étaient déjà très animées en ce samedi matin.

Ambre s’était vêtue de son nouvel ensemble, celui-ci mettait en valeur sa poitrine et ses hanches galbées. Elle avait épinglé sa broche en forme de chat et s’était attachée les cheveux en arrière de son habituelle queue-de-cheval haute. Sa longue crinière rousse ondulait le long de son dos et laissait échapper une mèche rebelle qui venait se frotter contre sa joue droite. Elle avait également pris soin de nettoyer et de lustrer sa vieille paire de bottes noires à talons hauts afin de leur redonner de l’éclat et de paraître moins négligée.

Adèle était à ses côtés, toute de blanc vêtue, tel un petit cygne. Son aînée lui avait brossé et coiffé ses longs cheveux blancs en deux grandes tresses qui lui arrivaient jusqu’en bas des omoplates et avait fait parcourir le ruban doré entre ses nattes.

Beyrus, dans son accoutrement habituel, attendait à l’entrée de la taverne. Quand il vit la jeune femme arriver, il la guida jusqu’à l’emplacement du stand de Bernadette situé sur la grande place de la haute-ville.

Il faisait beau et chaud, le soleil était là, le ciel complètement dégagé et il n’y avait presque pas de vent.

Les rues étaient surchargées de monde, tant de vendeurs que de visiteurs. Il régnait en ces lieux un incessant brouhaha. Les tréteaux et les tables étaient installés de part et d’autre de la chaussée. Tous arboraient des articles en tout genre : bijoux, sacs, bouteilles d’alcool et bien sûr gâteaux et confiseries.

Adèle ne pouvait s’empêcher de regarder avec envie les immenses bocaux garnis de cookies, de sablés, de viennoiseries et de friandises de toutes les couleurs ainsi que les grands plateaux sur lesquels trônaient de multiples tartes aux fruits et brioches de toutes tailles. Les odeurs s’entremêlaient et offraient une farandole de parfums enivrants.

Les passants avaient l’air de bonne humeur, l’heure était à la fête et à la légèreté. C’était un des seuls jours de l’année où presque tous avaient droit à un jour de congé. Hormis pour les commerçants qui profitaient de cette journée chargée pour augmenter drastiquement leur chiffre d’affaires. Une bonne partie des nordiens du territoire se rendaient à Iriden et Varden ce jour-ci.

Il s’agissait de l’un des évènements les plus importants de l’année et beaucoup venaient admirer les fastes des deux villes ou venaient rendre visite à leur famille.

Le trio remonta avec lenteur l’allée principale, se frayant tant bien que mal un chemin entre les dédales de gens, jusqu’à la grande place d’Iriden où les maisons arboraient fièrement le drapeau national.

Celui-ci représentait une licorne dorée, dirigée vers la gauche, symbole du peuple aranéen, située au-dessus d’un cerf argenté, symbole du peuple noréen, tourné vers la droite. Les deux animaux étaient placés sur un fond bicolore séparé par la diagonale : le rouge cardinal du côté gauche et le bleu impérial du côté opposé.

Ils arrivèrent sur la grande place d’Iriden, majestueusement bien décorée : drapeaux, banderoles et bannières en tout genre ornaient chaque recoin. Leurs couleurs vives reflétaient les rayons du soleil, les faisant scintiller, et projetaient des vastes halos colorés sur le sol.

Une grande estrade se tenait juste devant l’hôtel de ville où l’orchestre attendait patiemment l’arrivée des musiciens. Les stands étaient disposés le long du tour extérieur de la place. Là encore, se vendaient toutes sortes d’objets et de friandises, savamment organisés par thème, bien loin du foisonnement et des aménagements désordonnés de Varden.

Bernadette les attendait sur place, sa petite échoppe située juste en bas de la bibliothèque. La pâtissière s’était bien habillée pour l’occasion ; elle avait peigné et attaché ses cheveux bruns en arrière et portait une robe grise à carreaux cintrée par un ruban noir. Son médaillon représentant une mésange décorait son bustier. Elle se tenait bien droite et affichait un air noble. Ainsi, elle ressemblait étrangement à ces domestiques de la haute bourgeoisie, tant dans son accoutrement que dans son attitude. En plus de cela, elle avait mis une goutte de parfum floral dont l’odeur agréable, était un mélange de jasmin et de fleur d’oranger.

— Je ne sais pas par quel miracle la Bernadette a réussi à obtenir un stand sur la grande-place, déclara Beyrus, ébahi, mais il va falloir que je lui demande.

Ils arrivèrent à son niveau. La dame les salua et demanda à Ambre de l’aider à décharger sa petite charrette garnie de gâteaux et de pâtisseries soigneusement emballées sous des couches de cartons et de torchons. Adèle lui vint en aide. La petite s’était engagée à être serviable et gentille envers sa sœur. En échange de quoi elle avait pu avoir cette belle paire de souliers écarlates qu’elle avait aux pieds.

Ainsi, tartes, gâteaux et liqueurs prenaient à présent place sur la planche. Tous étaient mis bien en valeur sur des plateaux en verre et en porcelaine. Il y avait également quelques bocaux de fruits confits et de confitures, concoctés avec soin par Bernadette.

C’était une bonne cuisinière. Ses plats n’étaient pas des plus élaborés, mais elle maîtrisait les classiques et pouvait vendre ses desserts à des prix plus qu’abordables. Souvent, elle les faisait livrer à domicile. Et selon certaines rumeurs, le Duc lui-même, passait régulièrement lui prendre des commandes. Pour cela, elle avait à disposition un nouveau coursier du nom de Thomas, un jeune noréen de quinze ans qu’Adèle appréciait énormément.

Beyrus prit congé et regagna la taverne. Ambre et Bernadette attendaient patiemment les premiers clients. Adèle s’amusait à pourchasser les mouettes rieuses qui avaient pris place sur la fontaine et regardaient avec avidité tous ces plats fort appétissants qui se trouvaient à portée d’aile.

Au bout de plusieurs minutes, les gens affluaient et commençaient à se réunir sur la grande place. Les musiciens venaient de monter sur l’estrade et entamaient leurs mélodies.

Ambre regarda en direction de sa sœur et la vit en compagnie de Louis et Ferdinand, les deux comparses étaient habillés simplement. Adèle, toute joyeuse, les emmena jusqu’au stand où se tenait son aînée et leur présenta les gâteaux.

Les trois amis lui firent les yeux doux afin d’obtenir une part. La jeune femme les regarda avec un sourire et leur demanda de repasser plus tard en journée. Elle leur promit que s’ils se tenaient sages, tous trois auraient droit à une récompense. Le trio, ravi, décida après concertation, d’aller jouer au ballon à Varden où ils seraient beaucoup plus tranquilles et auraient la chance de rencontrer leurs camarades.

La matinée passa rapidement, Ambre et Bernadette furent submergées par les ventes. Presque toutes les parts de gâteaux furent vendues en l’espace de deux heures. Ambre en acheta trois et les mit de côté pour Adèle et ses amis. Quant aux bouteilles d’alcool et bocaux de fruits confits, une grande partie fut réservée et mise de côté pour être retirée un peu plus tard.

Bernadette, fatiguée, prit une pause et alla se promener en ville, laissant la jeune femme gérer le stand en son absence.

Ambre était en train de servir un client lorsqu’elle vit au loin la silhouette d’Anselme et ce qui semblait être celle du Baron.

Les deux hommes étaient habillés sobrement. Ils portaient tous deux un costume similaire ; une redingote noire ouverte par-dessus une chemise de lin blanc cintrée par un veston. Ils se tenaient bien droits, Anselme tenant fermement sa canne de la main gauche. Ils avaient leurs cheveux noirs impeccablement coiffés ; le Baron les avait accrochés en catogan tandis qu’Anselme les avait laissés détachés.

Habillés ainsi, les deux hommes se ressemblaient, c’en était troublant, d’autant qu’ils n’étaient ni du même sang, ni du même peuple. Ils se déplaçaient avec élégance tels deux cerfs en parade au milieu des passants qui s’inclinaient légèrement devant eux en signe de respect.

Ambre fut alors troublée par l’apparence du Baron ; l’homme lui semblait familier. Elle ne l’avait pourtant jamais croisé et n’avait qu’une vague représentation de sa personne.

C’est étrange, il ressemble à ce nantidu mois dernier ! S’étonna-t-elle en fronçant les sourcils.

Elle le dévisagea longuement, tentant de discerner le moindre de ses traits.

Non, mais arrête un peu de délirer, c’était juste un nanti lambda, beaucoup d’aranéens sont grands, bruns et aux yeux sombres. En plus il était bien bizarre et son comportement était bien trop étrange ; rien à voir avec ce que m’a dit Anselme au sujet de son père. Et puis, réfléchit un peu,que viendrait foutre le Baron en pleine campagne au beau milieu de la nuit ?

Anselme la remarqua et lui adressa un bref signe de la main. Ambre lui sourit en retour et continua sa besogne, tout en gardant un œil sur son ami. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n’arrivait pas à décrocher son regard de lui. Il restait en compagnie du Baron, qui avait l’air de s’être engagé dans une grande conversation avec des aranéens de bonne famille. Ils s’étaient installés sur les gradins, proches de l’estrade et discutaient.

La jeune femme reconnut le maire, le Duc Friedrich von Hauzen : un homme d’âge mûr, d’une soixantaine d’années aux cheveux poivre et sel. Il était grand, de carrure imposante et vêtu tout aussi sobrement que le Baron, habillé entièrement de noir et de gris. Cet homme dégageait une grande prestance, accentuée par son air grave et digne de magistrat.

À ses côtés se tenait sa femme, Irène. C’était une grande femme mince, aux pommettes hautes et au regard hautain, âgée de quarante-sept ans. Elle avait la peau blanche bien mise en valeur par ses cheveux blond-châtain et possédait de grands yeux bleus. Irène était une noréenne et la deuxième épouse du Duc. Celui-ci l’avait épousée à la suite de la mort de sa première femme, Eleonora, décédée alors qu’elle mettait au monde son fils, Henri, mort-né.

Irène, orpheline, travaillait à l’époque à son service en tant que domestique. Elle avait été placée dès son plus jeune âge à l’école des domestiques, l’Allégeance, un internat public et orphelinat, afin de recevoir une éducation privilégiée, dans le but de servir au mieux les riches familles aranéennes d’Iriden. Elle n’avait que faire des coutumes noréennes, qu’elle reniait sans vergogne, car elle aspirait à plus de grandeur.

Selon les rumeurs, Irène était une femme impitoyable, manipulatrice et intelligente. Elle avait rapidement su charmer le Duc grâce à ses atours et à s’imposer en peu de temps comme sa nouvelle épouse légitime. De leur union naquirent deux magnifiques jumelles baptisées Blanche et Meredith, âgées de dix-sept ans.

La première avait la peau aussi blanche que sa mère, un doux visage fin aux pommettes rosées et hautes ainsi qu’une bouche en forme de cœur. Elle possédait des yeux vairons : l’un bleu, l’autre marron clair, bordés par de longs cils blonds. Elle avait une multitude de taches de rousseur relativement claires au niveau des yeux. Sa longue chevelure blonde et bouclée descendait au-dessous de la taille. Elle avait une silhouette élancée accentuée par une taille très fine.

La seconde avait la peau brune, un visage et un physique en tout point similaire à celui de sa sœur. Ses yeux et ses taches de rousseur sur les joues de son visage étaient d’un noir profond. Ses cheveux, couleur ébène étaient coupés en carré et s’arrêtaient au bas du cou.

Ambre apercevait les deux jeunes demoiselles. Elles étaient en train de discuter avec un groupe d’aranéens de leur âge, non loin de leurs parents. Toutes deux étaient vêtues d’une robe longue et cintrée, couleur mauve pour Blanche et bleu paon pour Meredith. Elle ne les connaissait que très peu et par la seule renommée de leur beauté et de leur statut social.

Ambre venait de finir de servir un client, lorsqu’une voix l’interpella :

— Oh, mais c’est la petite rouquine de la dernière fois !

C’était une voix d’homme, une voix qui lui donna un frisson et fit accélérer son cœur. La jeune femme s’arrêta, se retourna puis planta son regard dans celui de son interlocuteur.

C’était le jeune homme blond de la dernière fois, accompagné de ces deux acolytes. Tous trois affichaient un sourire radieux et portaient leur costume bleu universitaire mettant fièrement en valeur leur blason.

Le cœur d’Ambre s’accéléra. Elle grimaça et le scrutait avec sévérité. Oh putain… Pas eux !

— C’est exact ! Répliqua-t-elle d’un ton acerbe. Comment va votre nez, monsieur ? Je ne vois nulle cicatrice présente dessus… quel dommage !

Les deux amis rirent devant son impertinence.

— Je vois que tu n’as pas froid aux yeux ! Rétorqua le blondinet, un sourire en coin. C’est rare pour quelqu’un de ton peuple !

Il s’approcha d’elle, lui prit la main et y déposa un baiser. Il la regardait avec défiance, la scrutant de ses yeux perçants, telle une proie à dévorer :

— Au fait la noréenne, je ne pense pas m’être présenté la dernière fois, je m’appelle Isaac de Malherbes. Dit-il d’un ton mielleux. Je suis le digne fils du marquis Laurent de Malherbes, haut dignitaire de l’île, magistrat, chargé des affaires de commerce entre Norden et la Grande-terre et propriétaire de L’Alouette.

— J’en ai rien à foutre, barre-toi et laisse-moi tranquille ! Cracha-t-elle entre ses dents.

— Ne sois pas si malpolie ma jolie, voyons ! S’offusqua-t-il tout en lui adressant un sourire carnassier.

Ambre plissa le nez et fronça ses sourcils, dévisageant avec aigreur le jeune homme. Elle savait de par son ton mielleux qu’il tentait de l’intimider de par son statut. De plus, Isaac était grand à la carrure musclée, elle ne faisait clairement pas le poids face à lui et elle ne se souvenait que trop bien de la douleur vive qui l’avait submergée lorsqu’il lui avait tordu le poignet.

Il fit un signe de la main et désigna ses deux amis.

— Voici Antonin de Lussac et Théodore von Eyre ; tous deux fils de hauts magistrats et marquis également. Nous sommes les héritiers des familles parmi les plus puissantes de Norden.

Les deux hommes s’inclinèrent poliment, sourire en coin.

Qu’ils sont abjects, ils ne peuvent pas dégager et me laisser tranquille !Je les vois d’ailleurs jubiler en me révélant leurs titres, ils sont pitoyables ! D’autant qu’il y a trop de monde pour que je puisse les envoyer balader, ces sales bâtards ! Pesta-t-elle.

Le garçon s’avança dans sa direction et la regardait avec malice et avidité.

— La demoiselle a-t-elle un nom ? Railla-t-il.

— En quoi cela vous intéresse-t-il ? Lâcha-t-elle.

— Tout doux ma jolie ! Tempera Antonin, nous ne venons pas pour t’agresser cette fois. On veut juste apprendre à te connaître, il n’y a rien de mal à cela !

Ambre plissa les yeux. Elle sentait son cœur s’accélérer et commençait à bouillonner intérieurement. Elle voulait à tout prix les voir s’en aller au plus vite, de peur de risquer de s’emporter et de créer un scandale sur la place publique.

— Allez donc jouer ailleurs, messieurs ! Cracha-t-elle, je n’ai pas envie de converser avec vous, j’ai à faire ! Alors laissez-moi et fichez le camp !

Les trois hommes rirent, la jeune femme n’était définitivement pas tentée de se laisser faire. Pour la taquiner davantage et tester ses limites, Isaac se positionna à côté d’elle, son visage à quelques centimètres du sien. Il sortit de sa poche une pièce de bronze et la lui tendit sous le nez. Puis il fit parcourir son doigt le long du cou de la jeune femme, caressant délicatement sa peau duveteuse et approcha sa bouche de son oreille.

Surtout reste calme ma grande ! Il y a bien trop de monde sur la place pour que tu puisses l’engueuler ou le gifler… fais chier…

Ambre, agacée, tenta discrètement de le repousser d’un bref coup de coude dans le ventre qui n’eut aucun effet si ce n’est de le faire rire.

— Il va falloir frapper plus fort si tu veux me voir à terre ma jolie, murmura-t-il.

Puis il désigna le gâteau aux noix.

— Je vais prendre une part de ce gâteau qui m’a l’air fort appétissant, si tu le veux bien !

Profondément énervée, elle prit la pièce et la mit dans la petite boîte en fer. Puis, après avoir pris une grande inspiration, elle se munit d’un couteau et commença à couper une part. Pendant qu’elle découpait, elle sentit la main du jeune homme se balader sur sa taille et l’agripper fermement au niveau du bassin. Elle se raidit instantanément et sentit son échine se dresser. La colère l’envahissait.

Toi mon gars si un jour je te croise, crois-moi que je vais défouler sur toi toute ma rage ! Et rien cette fois ne m’empêchera de te faire souffrir. Ragea-t-elle.

À cet instant précis, elle aurait volontiers planté son couteau dans la chair du blondinet et le voir agoniser sous ses yeux. Malheureusement, il y avait trop de monde sur la place et elle ne voulait pas se faire remarquer, au risque de finir en prison à vie… Voire pire !

Elle ne savait alors que faire pour se débarrasser de lui. Le garçon ne semblait pas être enclin à vouloir lâcher son emprise et Ambre sentait ses doigts s’enfoncer un peu plus dans la chair tendre de son ventre. Contre toute attente, quelqu’un arriva et vint à son secours :

— Messieurs, pourquoi importunez-vous cette charmante demoiselle ! Déclara une voix douce et distinguée.

Les jeunes hommes détournèrent leur regard de la rouquine pour se concentrer sur leur interlocuteur.

— Allez, prenez votre part de gâteau et laissez mon amie tranquille ! Poursuivit la voix.

Ambre, surprise par ce chevalier blanc, leva les yeux et se retrouva tout hébétée. Devant elle se tenait Meredith von Hauzen, la fille du Duc. Elle la contemplait avec un large sourire accentué par un regard espiègle.

— Bonjour mademoiselle Meredith, dit Isaac, confus. Désolé de vous importuner, mais la connaissez-vous ?

Meredith planta son regard dans le sien puis lui fit un signe de la main, l’obligeant à s’éloigner en hâte de la jeune femme. Sans broncher, l’homme lâcha prise et alla rejoindre ses amis, deux pas en arrière. La jeune duchesse rit et vint se presser contre Ambre, passant son bras sous le sien et enlaçant sa main dans la sienne. Puis elle appuya sa tête contre son épaule.

— Tout à fait messieurs ! Minauda-t-elle, il s’agit de mademoiselle Ambre, une de mes plus chères amies. Je vous prierais donc de ne pas l’importuner outre mesure !

Elle rit à nouveau et plaça une main devant sa bouche :

— Sinon je vais encore devoir avertir le Duc de votre comportement outrancier. Ce serait vraiment dommage d’être encore dévalorisés à ses yeux alors que vos parents font tout pour être dans ses bonnes grâces ! Vous ne pensez pas ?

Les trois jeunes hommes devinrent blêmes, ils se sentirent honteux et terriblement gênés. Mademoiselle Meredith inspirait le respect et jamais personne n’osait la contrarier ou la contredire. La jeune brune passa une main sur ses lèvres et poussa un léger rire. Les trois hommes s’inclinèrent et partirent rejoindre leurs parents sans mot dire.

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