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NORDEN – Chapitre 18

Chapitre 18 – Les préparatifs

Cela faisait plus de deux semaines que leur père s’était transformé en une majestueuse baleine bleue. Adèle allait beaucoup mieux, elle avait repris sa joie de vivre et son entrain habituel. La petite était retournée à l’école voilà maintenant plusieurs jours.

Ferdinand et Louis avaient été particulièrement gentils et attentionnés envers elle ; tous deux avaient vécu la même chose. Pour Ferdinand, c’était son grand frère, qui s’était métamorphosé en furet dès qu’il eut atteint l’âge adulte. Quant à Louis, c’était son père, rongé par le mal gris. Les deux garçons connaissaient donc la douleur de perdre un être cher. La petite passait donc énormément de temps en leur compagnie et ne rentrait plus chez elle directement après l’école.

Ambre travaillait dorénavant en service continu jusqu’à vingt heures afin de gagner suffisamment d’argent pour pouvoir les nourrir toutes deux et payer les taxes. Heureusement, cette dernière n’avait plus à préparer le dîner et repartait chaque soir avec un paquetage soigneusement emballé par son patron. Elle n’avait plus qu’à réchauffer le tout.

Les deux sœurs avaient donc du temps libre pour profiter l’une de l’autre ; temps qu’elles utilisaient pour jouer, lire ou encore danser et chanter… Elles aimaient ces moments de complicité partagés. La vie suivait son cours.

La jeune femme s’était remise au travail. Les clients affluaient à la taverne et elle pouvait alors penser à autre chose. Anselme avait reçu sa lettre et lui avait répondu qu’il passerait la voir au plus vite ; elle était ravie.

Il y avait pas mal de travail à la taverne ces derniers temps. Avec l’arrivée des beaux jours, beaucoup de travailleurs venaient prendre une pinte de bière ou un verre de whisky en fin de soirée afin de décompresser d’une journée bien remplie.

Comme promis à Beyrus, la jeune femme tentait de ne plus fumer et cela faisait plus d’une semaine qu’elle avait fini sa dernière cigarette. Pour pallier à ce genre d’envie, elle avait pris l’habitude de manger une pomme, car, en cette saison, ces fruits étaient redevenus abordables. Elle achetait donc des sacs par kilo, au grand plaisir d’Adèle qui tentait de reproduire avec sa sœur, la fameuse tarte Tatin deLa Bonne Graine.

Alors qu’elle essuyait les tables en fin d’après-midi et mettait le couvert pour le service du soir, Beyrus vint vers elle et lui demanda :

— Dis-moi, ma grande ! Es-tu disponible samedi prochain ? J’ai un travail pour toi si jamais cela t’intéresse !

— De quoi s’agit-il ? Je pense pouvoir me dégager du temps libre si le jeu en vaut la chandelle !

Beyrus la contempla, souriant :

— Tu ne dois pas te rendre compte de quel jour nous serons !

Elle leva un sourcil, surprise, elle n’en avait aucune idée et regarda son patron d’un air interrogateur.

— Nous serons le trente et un juillet, le jour de la fête nationale, voyons ! Ricana le grand homme, presque tout le peuple aranoréen sera présent ici pour célébrer cette journée ! Et je voudrais t’avoir à mes côtés pour un service… enfin, ce n’est pas vraiment pour moi, mais plutôt pour la Bernadette.

Elle gloussa, la perte de son père avait tellement chamboulé son quotidien qu’elle n’avait plus la notion du temps.

— Excuse-moi ! J’avais presque totalement oublié cette fête ! Pourtant c’est vrai qu’il y a des affiches partout en ville. Surtout que, si j’ai bien compris, cette année sera encore plus spectaculaire que les autres puisque nous célébrons les trois cents ans de la naissance d’Iriden et que Varden ne doit plus être loin des deux cents.

— C’est exact ! Grogna l’homme. Et il y aura beaucoup plus de monde et de festivités qu’à l’accoutumée. La journée s’annonce chargée. Ils organisent de grands marchés sur les places. Il y aura plusieurs groupes de musiciens et d’artistes faisant des représentations et des spectacles ainsi que pas mal de buvettes et de stands pour se ravitailler et plusieurs concours… Le soir, un feu d’artifice est prévu sur le port de Varden et pourra être observé depuis les remparts d’Iriden. Et pour finir, ils annoncent un grand bal au manoir du maire. Pour la noblesse aranéenne, bien évidemment, mais je sais que certains noréens et aranéens de basse classe auront le droit d’être tirés au sort pour avoir accès en sa demeure ! N’importe lequel d’entre nous pourra alors déposer un bulletin dans l’urne et avoir la possibilité d’être sélectionné pour l’occasion !

— Tu parles sérieusement Beyrus ? S’exclama-t-elle. N’importe lequel d’entre nous ?

— On ne peut plus sérieux, oui ! Bon après, il faut avoir au moins dix-sept ans et ne pas avoir eu de soucis avec la justice. Tout cela est, bien entendu, politique. De plus en plus d’aranéens de la haute société veulent obtenir une plus grande équité envers nous, le petit peuple aranoréen. Beaucoup d’entre eux ne sont pas d’accord avec la politique que le maire mène. Ils le trouvent beaucoup trop médisant et sévère envers les petites gens !

— C’est plutôt une bonne chose, non ?

— Oui ma grande ! Mais ne te réjouis pas trop vite quand même. Ce n’est pas une majorité d’entre eux qui pense ainsi, mais c’est déjà ça ! Et à mon avis, ils ne tireront au sort que des personnes dont ils jugent capables de bien se comporter en société. Donc, ne t’étonnes pas si jamais les noms des noréens sélectionnés ne te disent rien. Je ne serais pas surpris qu’ils choisissent exprès ceux vivant à Iriden qui connaissent parfaitement les manières et les coutumes aranéennes.

L’homme croisa ses énormes bras et lui adressa un sourire rayonnant.

— Mais bon, on ne sait jamais, ajouta-t-il avec un clin d’œil, ton petit Anselme pourra certainement te faire entrer.

Ambre eut un petit rire et posa sa main sur le bras de son patron.

— Ne dis pas n’importe quoi ! Anselme est juste un ami et je pense qu’il a d’autres choses à faire que de m’inviter à un bal avec lui, d’autant qu’il n’aime pas les mondanités ! Objecta-t-elle. Et puis, je ne suis pas vraiment intéressée pour aller faire un tour chez cet abominable personnage et, de toute façon, je n’aurais l’âge requis que dans quelques mois ! En plus, passer une soirée uniquement en compagnie d’une société presque composée d’aranéens issus de la noblesse ne m’enchante pas du tout ! Je n’ai pas envie de passer mon temps à être reluquée et questionnée, tel un objet ou une bête de foire, j’ai déjà assez donné ces derniers temps à ce niveau-là !

Elle lui lâcha le bras et continua son affaire.

— D’ailleurs, quel service voudrais-tu me confier ?

— J’aimerais que tu tiennes un petit stand à Iriden, proposa-t-il, Bernadette voudrait de la compagnie pour l’aider à vendre des pâtisseries et des boissons qu’elle va concocter. Et comme elle ne voit plus très bien, elle aurait besoin de quelqu’un pour veiller sur ses affaires et réussir à vendre le maximum de choses. Pour ma part, je tiendrai la taverne et je pense faire un bon chiffre d’affaires, surtout si la météo est avec nous et que le soleil pointe le bout de son nez.

Elle l’écouta attentivement, tout en mettant les derniers couverts sur les tables.

Avec un peu de chance je recroiserai peut-être ce nanti… dommage qu’il ne soit pas revenu me rendre visite… Bon, en même temps, tant mieux, il vaut mieux que j’évite les gens de la haute. J’ai déjà Anselme, ça suffit amplement.

— Ma foi, je ne vois pas d’inconvénient à cela, finit-elle par répondre, Adèle pourra s’occuper toute seule sans problème. Je pense que Ferdinand aussi sera présent. En espérant qu’ils ne fassent pas les pitres ou se fassent remarquer, car je ne voudrais pas subir une humiliation publique, surtout à Iriden !

Beyrus éclata de rire et posa sa grosse main sur son épaule.

— Dans ce cas, c’est d’accord ! Je préviendrai la Bernadette ce soir ! Si j’ai bien compris, elle te versera un tiers des recettes pour ton aide et te donnera une partie des invendus si jamais il en reste.

L’homme se remit au travail et elle partit accueillir les clients qui venaient d’entrer dans la taverne.

Une fois que la journée de labeur fut achevée, Ambre encaissa son dernier client et mit son manteau. Beyrus lui tendit son paquetage :

— Tiens ma grande, dit-il de sa grosse voix, c’est de la garbure, régale-toi bien !

— Merci patron ! Répondit-elle tout sourire.

— Ah ! mais au fait, j’oubliais ! S’exclama-t-il.

L’homme fouilla dans une pile de papiers disposée sur le comptoir à côté de la caisse et en sortit une enveloppe.

— Tiens, voilà pour toi ! C’est Anselme qui me l’a donné hier soir alors qu’il se rendait dans la campagne. Il pensait te voir, mais je lui ai dit que tu quittais le travail plus tôt dorénavant. Il avait l’air déçu et il a décidé de t’écrire une lettre pour que je puisse te la remettre en mains propres. Je ne sais pas où il se rend comme ça à une heure pareille, au beau milieu de la nuit. C’est dangereux en ce moment, le bruit court que trois jeunes enfants auraient disparu ces derniers temps. L’histoire du loup revient sans cesse, ils en ont même parlé dans le journal l’autre jour ! Fais attention à toi quand tu pars !

La jeune femme acquiesça, prit la lettre et partit regagner son chez-elle ; Adèle devait certainement l’attendre.

Le crépuscule venait tout juste de commencer lorsqu’elle arriva au cottage. Adèle avait allumé les lanternes et attendait avec impatience l’arrivée de sa sœur. Ambre remarqua qu’elle s’était lavée et qu’elle était en chemise de nuit, assise sur sa chaise, Pantoufle sur les cuisses. La petite réveilla le chat et le reposa au sol, l’animal ronchonna, énervé d’avoir été réveillé.

Puis elle sauta sur son aînée et l’enlaça de toutes ses forces :

— T’en as mis du temps à rentrer ! Piailla-t-elle, j’ai tellement faim ! On mange quoi de bon ce soir ?

— Beyrus a préparé de la garbure ! Elle est encore tiède, je n’ai donc pas besoin de la réchauffer !

— Du chou ? Beurk ! Pesta la petite.

— Tu mangeras ce qu’il y a Mouette ! Trancha Ambre.

La petite fit la moue, elle n’aimait vraiment pas ce légume qu’elle trouvait indigeste. Ambre ouvrit le bocal et versa le contenu dans deux bols. Elle en tendit un à Adèle qui grimaça en voyant les morceaux de choux et de haricots qui flottaient dans son assiette, dégageant un fort effluve peu appétissant.

— Beurk ! Ça pue en plus ! Gémit la petite.

— Ne fais pas cette tête et mange ! Grogna Ambre, agacée par son comportement.

La petite grommela et s’exécuta. Elle prit une cuillerée, la porta à sa bouche et goûta. Elle gémit puis posa le couvert, prit le bol à deux mains et avala le contenu ; après tout, elle avait faim et son ventre criait famine. Ambre pour sa part ne broncha pas, elle trouva la soupe délicieuse, assaisonnée avec goût.

— Au fait, fit Adèle, est-ce que tu pourrais m’acheter une nouvelle robe pour la fête de samedi ? J’aimerais bien être jolie pour une fois !

Ambre gloussa et regarda avec tendresse sa petite sœur qui avait les coins de sa bouche tout barbouillés de soupe.

— Ma foi, répondit-elle avec douceur, c’est vrai que ça fait bien longtemps que je ne nous ai pas pris de vêtements. Et puis, j’ai la possibilité de gagner un peu de sous, je les utiliserais pour nous acheter de nouvelles tenues. D’autant que tu as bien grandi, tes vêtements seront bientôt trop petits pour toi.

— Génial ! Cria la petite.

Elle sortit de sa poche un dessin qu’elle venait de faire. Celui-ci représentait schématiquement une fillette vêtue d’une robe et possédait quelques annotations.

— Je voudrais une robe blanche avec des froufrous, un ruban et des souliers rouges, et… lui expliqua-t-elle.

— Ne t’enflamme pas ma Mouette ! Tempera Ambre, je n’ai pas un budget illimité ! Je vais d’abord regarder combien est-ce que je peux dépenser et après on avisera, d’accord ?

— On ira quand ? S’enquit-elle, les yeux brillants.

— Je vais demander à Beyrus de travailler un peu plus demain pour que je puisse me dégager un après-midi jeudi ou vendredi. Comme ça tu me rejoindras à la taverne pour quatorze heures, juste après l’école et on ira toutes les deux faire les boutiques ! J’en profiterai aussi pour faire des achats de première nécessité, car nous n’avons presque plus de nourriture sèche, ni de lessive.

Adèle était aux anges et vivement enchantée par ce beau programme ! Elle allait enfin avoir une nouvelle robe, la sienne était tellement usée et tachée.

Une fois qu’elles eurent terminé leur dîner et débarrassé leur vaisselle, Ambre envoya Adèle se coucher. La jeune femme resta à son chevet quelques instants, la borda et lui raconta une histoire. Pantoufle arriva également et grimpa sur le lit afin de se lover contre la petite. Une fois confortablement installé, le félin ronronna.

La petite s’endormit. Ambre éteignit sa lanterne et l’embrassa avec tendresse sur le front. Puis elle retourna dans la cuisine où elle se servit une tisane et s’installa à table avec son breuvage. Dès qu’elle fut installée confortablement, elle sortit la lettre de la poche de son manteau et la lut attentivement :

« Ma très chère Ambre,

Je pensais te voir ce soir à la taverne, quelle n’a pas été ma surprise lorsque Beyrus m’a annoncé que tu finissais plus tôt dorénavant. Je voulais juste te dire que je suis terriblement désolé pour votre père et espère que ces temps troublés ne sont pas trop insurmontables pour toutes les deux. Je voudrais que tu saches que je suis là si jamais vous avez besoin d’aide ; que ce soit de manière financière ou juste par soutien moral.

Je te souhaite une agréable journée et espère te revoir un de ces jours.

Amicalement,

Anselme »

***

Ambre venait de terminer sa journée de travail, Beyrus lui avait accordé son après-midi du jeudi afin qu’elle puisse effectuer ses achats. Il lui avait même offert cinq pièces de bronze en prime afin qu’elle en profite pour s’acheter un vêtement de travail plus décent. Car elle ne s’était pas achetée de nouvelles tuniques depuis des années ; ses vêtements commençaient à être fort abîmés et son patron voulait la voir un peu plus présentable pour servir ses clients.

Adèle entra dans la taverne, saluée par la clientèle. Comme la petite venait souvent rejoindre sa sœur pour déjeuner avant d’aller s’amuser, bon nombre de clients réguliers la connaissaient. Ils aimaient beaucoup ce petit bout de noréen si plein de vie et d’enthousiasme. Adèle ne manquait pas de se rendre intéressante et soutirer quelques petits extras. Notamment de la part de certains parents qui lui offraient volontiers quelques biscuits et sucreries qu’ils achetaient à leur progéniture.

Adèle déjeuna rapidement, assise sur une petite table située dans l’arrière-cuisine, en compagnie de sa sœur. Elles prirent un repas frugal : un bol de soupe de légumes accompagné d’un quignon de pain afin de ne pas être trop lourdes pour leur virée en ville.

Dès que le repas fut avalé Ambre mit son manteau, prit le panier d’osier qu’elle avait emmené avec elle, salua son patron et partit tout en donnant la main à Adèle.

Il faisait relativement bon dehors, le soleil était au rendez-vous et la brise légère. La rue était animée, les gens effectuaient les derniers préparatifs de la fête. Ils installaient les dernières banderoles ainsi que l’estrade se trouvant sur la grande place de Varden afin d’y accueillir l’orchestre.

De belles affiches décoratives étaient placardées sur les murs sur lesquelles était écrit «  Fête nationale 198ème édition, Varden » et les bannières ornaient chaque côté de la chaussée, passant au-dessus des rues et offrant une farandole de couleurs et de motifs. Tréteaux, chaises et planches de bois étaient disposés contre les murs, attendant patiemment le jour J pour être installés sur les trottoirs.

Les deux sœurs se dirigèrent vers une rue perpendiculaire à l’allée principale. C’était une longue avenue exclusivement consacrée au marché du textile, à l’ameublement et à l’artisanat d’art. C’était l’allée la mieux entretenue et la plus luxueuse de Varden. Les bâtisses s’érigeaient sur trois étages et chaque rez-de-chaussée était constitué d’une échoppe.

Les maisons étaient à colombages et avaient de grandes fenêtres vitrées, possédant de larges vitrines transparentes afin de mettre en avant les tenues, parures et objets à vendre dont les prix variaient du simple au triple, selon la renommée de l’enseigne. Le pavement était propre et régulier, permettant le croisement de deux fiacres. Ici se trouvaient toutes sortes de boutiques dédiées à la vente de vêtements, de linge de maison, mais aussi des ateliers de tisserands, de tapissiers et de couturiers.

Adèle et Ambre scrutaient avec intérêt les devantures foisonnant de magnifiques vêtements et parures flambant neuf ainsi que du mobilier de prestige ; tels que des tapis, des tapisseries ou des sièges. Elles s’attardèrent un long moment devant celle de Chez Francine, la plus réputée de toutes les boutiques de costumes pour femmes, où de somptueuses robes d’apparat, en tissu de velours richement décorées, ornaient la devanture. C’était ici que se décidaient les modèles noréens et aranéens à la mode.

En ce moment, pour le style aranéen, s’étaient de longues robes sans manches couvrant les épaules. Elles étaient cintrées juste en dessous des seins par un ruban et décorées de dentelles et broderies à motifs qui décoraient le devant au niveau de la poitrine. Celles-ci étaient évasées en bas et comportaient quelques froufrous. Elles étaient dotées de grands motifs d’arabesques en fil d’or sur chaque extrémité.

Pour le style noréen, c’étaient des robes beaucoup plus courtes, à dos nu, s’arrêtant juste au-dessus des genoux et mettant en valeur les jambes. Elles étaient évasées, de couleur unie et cintrées à la taille par un ruban. Elles présentaient moins de dentelles et de matériaux nobles que celles de leurs consœurs aranéennes.

La petite aperçut une robe blanche dans une petite boutique située juste à côté. Elle était exactement comme elle le souhaitait. Adèle fit les yeux doux à son aînée et lui demanda si elle pouvait l’essayer. Heureusement pour Ambre, il ne s’agissait pas de la boutique la plus luxueuse de l’allée et les prix affichés étaient abordables. Elles entrèrent, l’intérieur était spacieux et présentait de nombreux modèles pour tous les âges.

La jeune femme regardait avec intérêt les nombreuses chemises disponibles, car elle se refusait de porter une robe dans la haute-ville et risquer d’être dévisagée voire abordée.

Adèle essaya la robe qui lui allait fort bien. Elle était ample et possédait de la dentelle sur chaque extrémité, un petit ruban rose était disposé à la taille afin de la cintrer. Ambre la lui acheta ainsi qu’un ruban doré qui se trouvait à disposition sur le comptoir et dont Adèle semblait visiblement avoir louché dessus.

La jeune femme trouva son bonheur auprès d’une chemise en lin de couleur bleu outremer. Celle-ci était évasée avec un col en V légèrement plongeant et possédait quelques fils dorés brodés sur les extrémités des manches. Elle prit également un simple pantalon couleur auburn qui s’accordait avec le bleu de son haut et sa toison rousse.

Dès qu’elles eurent fini leurs essais, Ambre paya et les deux sœurs sortirent puis partirent en direction de la droguerie. Au passage, Adèle vit une paire de souliers rouges dans une autre vitrine ; ils étaient comme elle l’avait rêvé. Elle fit une nouvelle fois les yeux doux à sa sœur et, après plusieurs minutes de négociations, réussit à les obtenir.

La petite était toute heureuse, elle fanfaronnait et chantonnait. Ambre ne l’avait pas vue aussi gaie depuis des mois et cela lui décrocha un sourire.

Pourvu que jamais un tel sourire ne s’efface de ton doux visage ma petite Mouette !

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