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Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 260.5.12


Le chapitre de la semaine dernière arrive enfin avec un peu de retard dû à mes problèmes de connexion Internet.


Conférence informelle – Secret

Je laisse le rangement de la salle de conférence à mes subordonnés et me dirige vers mes quartiers privés. A mon arrivée, je ferme la porte, vérifie être seul et me laisse tomber sur ma chaise comme si mes forces m’avaient abandonnées. C’est alors Mes jambes se mettent à trembler, bien trop tard. Je ne peux m’empêcher de lâcher un énorme soupir.

Quel que soit le nombre de fois où j’y ai fait face, la peur de la mort reste tout aussi forte. J’ai certes réussi à survivre cette fois ci mais je me demande bien ce qu’il se produira dans 10 jours.

J’ai peur de la mort. Mais, plus que tout, ce qui m’effraie vraiment, c’est que le monde soit détruit avant que je ne puisse revenir. Lors de cette rencontre, je me suis vanté que tout irait bien même si je n’étais plus là et, dans les faits, je suis certain que mon absence n’ébranlerait pas la Religion de la Parole Divine. Malgré tout, je ne peux pas me débarrasser de mon appréhension à l’idée que quelque chose pourrait arriver alors que je ne suis pas là.

Je stimule mes genoux tremblants. Peu après, je décide de me lever et de récupérer une certaine bouteille de vin sur l’une des étagères. En temps normal, je m’abstiendrai mais je suis sûr qu’il est acceptable de se laisser aller après une telle journée. Cela seul montre à quel point j’ai été acculé aussi bien mentalement que physiquement au cours de cette brève rencontre.

« Pourrais-tu préparer un deuxième verre ? »

Une fois m’être retourné après avoir soudainement entendu une voix, je remarque Dragon Noir-sama qui, semble-t-il, s’est invité sur l’une de mes chaises, assis de façon élégante

« Il est certain que même une personne dans ton genre se retrouverait considérablement terrifié après avoir fait face à cette chose.

– Épier autrui n’est pas quelque chose que je peux approuver en tant que pape. »

Une fois sa plaisanterie tranquillement esquivée en ayant exprimé mon honnête opinion, le doux sourire de mon interlocuteur s’approfondit en réponse. Je ravale un soupir avant qu’il n’ait pu s’échapper, prépare deux verres avant de faire face à l’Administrateur. Le moment de verser le vin venu, je remet le premier verre à mon invité surprise avant de remplir le mien.

« Eh bien, Santé ! »

Lorsque nos deux verres entrechoquèrent légèrement, un son résonna dans la pièce privée avant que, bien entendu, je ne penche mon verre, déversant ainsi son contenu dans ma bouche et stimulant ma vieille gorge. Ma première boisson depuis bien longtemps… semble être un stimulus un peu trop puissant pour mon corps âgé.

« Alors, qu’as-tu pensé de cette chose ? »

Je pris un certain temps pour apprécier ma boisson et lorsque vint le moment pour lui de se verser un second verre, mon invité en profita afin de me poser la question précédente.

« Je ne sais pas. »

Ma réponse était honnête. Lors de cette conférence, je n’ai pas pu rassembler le plus petit indice concernant cette fille appelée Shiro et se proclamant Administratrice. Je ne pourrais pas réaliser la moindre conjecture concernant sa personnalité, en vérité, de nous deux, j’étais celui à être testé aujourd’hui et non l’inverse. Les mots qu’elle a prononcé en fin de réunion ‘J’ai clairement été témoin de votre détermination.’ en sont l’exemple parfait. Notre rapport de force lui même, celui d’un évaluateur et d’un évalué, se manifestait ici et là.

« Ça ne m’étonne pas. Moi-même, je n’arrive pas vraiment à la comprendre. »

Dragon Noir-sama semble de bonne humeur, celui-ci souriant tout en observant le vin tourbillonner.

« Son affirmation… celle comme quoi elle est elle aussi une Administratrice, est-ce la vérité ?

– Cela me paraît légèrement injuste que de révéler ce secret mais, très bien. Cette chose est indubitablement une Administratrice. Pour être exact, elle a accès aux profondeurs du Système qui sont, même pour moi, inaccessibles.

Tout en exprimant mon accord face aux mots de mon interlocuteur, je peux sentir ma fatigue augmenter à chacune de ses paroles.

« Si cette Administratrice est personnellement intervenue, cela doit vouloir dire que la situation est particulièrement mauvaise.

– Effectivement. »

M’annonçe avec désinvolture mon invité avant de soulever son troisième verre.

« Toutefois, pas la peine d’être aussi pessimiste. Que cette chose réussisse ou que je disparaisse, en fin de compte, ce sont les deux seules possibilités. Tant que les choses évoluent selon le scénario qu’elle a préparée, il me suffit de faire comme si je ne savais rien .»

Lorsque Dragon Noir-sama évoqua sa possible disparition, son ton indiquait qu’il trouve cette possibilité plaisante d’une certaine façon.

« Est-ce que cela ne vous dérange pas ?

– Qu’est-ce qui serait sensé me déranger ?

– Le fait que vous risquez de devenir le nouveau pilier organique du Système.

– Ahh. Tu parles donc de cela.

– En effet. Une fois la Déesse morte, vous perdrez sans aucun doute l’unique raison pour laquelle vous demeurez sur ce monde. Et vous n’aurez qu’encore moins de raison de succéder à la Déesse.

– Je pense te l’avoir déjà dit, mais après être allé aussi loin, il serait extrêmement difficile pour moi que de tout abandonner. Et Sariel ne souhaiterait probablement pas, elle aussi, que j’abandonne mes devoirs. De plus, je ne vois aucun mérite à vivre dans un monde où elle n’existe pas. Dans ce cas, ce n’est pas une si mauvaise idée que d’utiliser cette vie qu’est mienne pour assurer la survie de ce monde qu’elle aimait. »

Bien qu’ici et là, il dise des choses qui m’inquiète, même si je devais l’interroger là-dessus, je suis certain qu’il ne me répondrait pas. Après tout, cet Administrateur ne compte que sur lui-même. Jusqu’à présent, nul ne pouvait être à ses côtés et il ne pouvait s’appuyer sur personne. Pour toutes les raisons précédemment citées, il est parfaitement seul. Je ne suis, moi-même, pas digne de rester à ses côtés.

Peut-être est-ce la raison de l’humeur inhabituellement bonne de Dragon Noir-sama. Après tout, une existence digne de se tenir à ses côtés est finalement apparue.

« Cette chose est vraiment fascinante. Sais-tu comment elle se réfère à moi lorsqu’elle pense que je ne peux l’entendre ?

– Eh bien, je ne peux même pas commencer à l’imaginer.

– ‘Bon à rien’. »

Pauvre de moi. Dire qu’elle considère l’existence au sommet de ce monde comme un bon à rien. Je ne sais même pas si l’on peut juger encore cela comme un comportement audacieux. Comparé à l’image soignée et calme qu’elle m’a donnée lors de notre rencontre, ces mots semble venir d’une tout autre personne.

« Je suis moi-même conscient qu’il est inévitable pour moi d’être ainsi considéré. J’ai après tout évité de faire le moindre choix toutes ces années. En conséquence de cette longue période d’inaction, j’ai à terme perdu le droit de faire mes propres choix. Je suivrai simplement le scénario qui m’est préparé. Cette chose réussira-t-elle à accomplir ce qu’elle souhaite ou bien va-t-elle trébucher en chemin et échouer ? J’observerai ces actions jusqu’à la fin. Quelle qu’en soit l’issue, cela ne me dérange pas. »

Je peux déduire des mots prononcés par l’Administrateur que ce que souhaite accomplir Shiro-sama pourrait être bien plus grand que ce que je pensais. De plus, s’il m’en a informé directement, il est probable qu’il essaie indirectement par là de m’informer de ne pas lui mettre des bâtons dans les roues.

« Je ne peux que prier pour que le scénario que vous avez mentionné n’est pas quelque chose qui menacera les humains. »

Avec cette réponse, la question est tranchée. Même si Dragon Noir-sama lui-même cherche à m’avertir, si les actions de la femme en blanc vont à l’encontre du bien de l’humanité, je ne pourrai m’y plier. J’ai déjà perdu tout droit de faire un tel choix. Le choix d’agir à l’encontre des intérêts de l’humanité, je précise.

« Je vois. Cette boisson était un régal. »

Avant même que je ne le remarque, le contenu de la bouteille de vin avait disparu, comme par magie. Je n’avais pris qu’une gorgée de mon premier verre. Il semblerait donc que mon invité en ait consommé la majorité. Cependant, le temps que j’en prenne conscience, il avait déjà disparu du siège qui me fait face.


Note du Traducteur Anglais :

– Bon à rien : le mot utilisé dans la version originale est hetare, qui, de manière générale, est utilisé en place de ‘perdant’, ‘bon-à-rien’, ‘paresseux’, ‘incompétent’, ect… C’est le même mot qu’utilise Shiro pour décrire Kuro dans le chapitre 255, que j’avais à l’époque traduit par perdant

Note du Traducteur Français :

– J’ai traduit par ‘cette chose’ le ‘that’ que Kuro utilise pour désigner Shiro dans la version anglaise car ‘that’ est en général utilisé pour désigner une chose ou un objet. De plus, dans cette situation, le ‘that’ indiquait le caractère mystérieux de ce qu’il désigne, du moins selon le traducteur anglais, et cela correspond plutôt bien même si ce n’est pas parfait. ( Si vous avez mieux, proposez, je le changerai peut-être.)


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4 thoughts on “Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 260.5.12

  1. Merci pour le chapitre. Et peut importe le retard du chapitre c’est toujours un plaisir de les lires. Continues comme ça (même si tu prends les sort en retard ou que tu prends des semaines de repos)

  2. Merci de même, j’ai relu les anciens chapitres et malheureusement le nombres de fautes de français est assez désastreux.
    Heureusement depuis 220 ça c’est grandement amélioré pourrais tu juste checker les anciens chapitres
    Je suis un grand fan de ton travail merci pour tout

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