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Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 265


Me voilà de retour après bien un mois à… ne rien faire et sans même prévenir, en plus. Je n’ai pas vraiment d’excuses, je n’étais pas malade ou quoi que ce soit, c’était juste un manque de motivation (plus quelques petits évènements mais rien de grave). Enfin, tout est réglé maintenant, alors appréciez ce nouveau chapitre. Ah, et il y aura probablement quelques chapitres de rattrapage en plus de ceux hebdomadaires.


Le Roi-Démon est peut-être un NEET* mais ce n’est pas un reclus

« En route, mauvaise troupe ! »

Face à l’arrivée surprise d’un Roi-Démon au grand sourire, il n’y a qu’une réaction possible pour un protagoniste : un bon coup de pied au visage.

« Tu es vraiment méchante ! Une fille aussi magnifique que moi a rassemblé son courage pour venir te voir et la première chose qui te traverse l’esprit, c’est de lui donner un coup de pied, tu devrais aller te faire examiner !

– Je ne t’ai pas appelé. Pars. »

Le Roi-Démon, probablement l’être non divin le plus puissant au monde, a délibérément choisi resté recroquevillé au sol, ses mains couvrant son visage, pour susciter ma pitié. Eh bien, si elle ne veut pas m’écouter, qu’à cela ne tienne ! Pour la dégager de la pièce, je lui ai donné une série de coup de pied dans le ventre et, mon but finalement accomplie, je ferme la porte et m’y adosse pour prendre une profonde inspiration. Pourquoi est-elle venue me voir, en premier lieu ?

« Très bien, très bien. Cette fois, je suis sérieuse, je veux que tu m’emmènes avec toi. Tu vas te rendre d’un instant à l’autre auprès du pape, pas vrai ? »

Profitant d’un moment de distraction, l’Araignée Sainte entre une nouvelle fois, semble-t-il armée de nouvelles absurdités à me raconter.

« Ce n’est pas un jeu, je ne vais pas y emmener quelqu’un comme toi.

– Comme moi ?

– Un NEET. »

Cette trahison inattendue semble l’avoir prise de court, la laissant dans un tel état que cela ne m’aurait pas surprise de voir un éclair tomber en arrière-plan.*

« Même Shiro-chan, ma propre petite fille, m’accuse de passer mon temps à ne rien faire, huh …… »

Si tout le monde le dit, c’est qu’il y a bien un fond de vérité. Les gens n’auraient probablement pas la même réaction si tu ne déléguais pas tout ton travail à Balto, autant le nommer officiellement Roi-Démon !

« Maintenant qu’on en ai arrivé là, je me vois obligée de détruire le monde de mes propres mains !

– Arrête ça. »

Si elle essayait sérieusement, je ne vois pas grand monde pouvant l’arrêter. C’est le genre de chose qu’il faut mieux éviter de dire, même en rigolant.

« Enfin, laissons ces blagues de côté et revenons sur le sujet principal. Emmène-moi.

– Eh ?

– Eh ? »

Témoin de mon incrédulité, mon interlocuteur se fige, comme venant d’expérimenter un BSoD*.

« Ce n’est pas possible, je dois rêver. Shiro-chan ne peut pas sérieusement me considérer comme une paresseuse inutile. J’ai bien raison, hein ? HEIN ? »

Je ne pense pas me tromper en disant que ce que je vois dans ses yeux, ce ne sont pas des larmes de crocodiles mais bien de tristesse, cependant, que suis-je donc bien sensée faire d’elle, dans cet état ? A la recherche de toute l’aide que je peux trouver, je tourne mon regard vers ma fidèle acolyte, Felmina-chan, qui est malheureusement déjà occupée à classer des documents, tout en elle semblant affirmer ‘Je suis en plein travail’. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le pressentiment qu’elle ne voudrait pas, même pour tout l’argent du monde, s’impliquer dans cette histoire. J’ai de plus en plus souvent l’impression, ces derniers temps, qu’elle se comporte de façon impertinente. La crise d’adolescence a une fois de plus frappée !?

« Oh ? Ce ne serait pas la fille que tu avais ramassée ? »

La pleurnicheuse semble avoir remarqué mon regard et, au moment où ses yeux se sont posés sur Felmina-chan, toutes traces de tristesse semblèrent comme s’évaporer au soleil. Sentant ce regard lourd, l’ancienne noble relève les yeux pour croiser ceux de ce qui devrait normalement être sa reine.

« Ravie de vous rencontrer. Je me nomme Felmina. Je n’ai malheureusement pas de nom de famille. »

Bien qu’ayant gardé l’attitude ‘Rien de tout ça ne me concerne’ jusqu’à présent, elle n’a eu aucun mal à s’adapter à cette nouvelle situation, offrant au nouvel arrivant un salut poli sans aucun signe de mauvaise volonté. Elle est bien digne de son ancien titre de noblesse. Et si vous vous interrogez sur son absence de nom de famille, qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans ‘ancien’. Enfin, cette perte n’a pas fait disparaître ce mur en acier trempé cultivé pendant toute ces années lui permettant d’arborer un masque élégant sans jamais laisser transparaître ses véritables pensées. Je la connais cependant assez bien pour savoir, sans aucun doute, qu’elle considère cette situation comme un nouveau dérangement.

« Hiya. Ça fait du bien, pour changer, de croiser quelqu’un m’accordant le respect que je mérite. Moi, je suis Ariel. L’actuel Roi-Démon. »

Devant une présentation aussi étonnante venant de quelqu’un ayant passé son temps à se faire malmener depuis son arrivée, évidemment, la démone arrête ce qu’elle était en train de faire. Sentant son regard insistant, j’hoche la tête pour répondre à son interrogation silencieuse.

J’ai failli oublier, c’est la première fois que la nouvellement promue vice-commandante voit le Roi-Démon, sa confusion est donc évidente. Pour être plus précis, les démons connaissant l’identité de leur reine se compte probablement sur les doigts de la main. Jamais la jeune fille n’aurait pu imaginer que ce punching ball humain était en réalité son souverain et l’être le plus puissant du royaume, à quelques exceptions près. Bien qu’elle puise dans ses dernières forces pour conserver une expression neutre malgré la révélation qui vient de s’écraser sur elle, son dos doit déjà être couvert de sueur froide. Pour vérifier, c’est très simple, écoutons quelques instants ses battements de cœur… Ouah, vu son rythme, elle n’est probablement pas passé loin de la crise cardiaque.

« Et donc, pourquoi cette visite ? »

Afin que le Roi-Démon ne le remarque pas à son tour, je détourne son attention d’une question. Regardez comme je m’inquiète pour le cœur de ma subordonnée, ne suis-je pas la patronne rêvée. Mais, malgré tout mes efforts, son rythme cardiaque accélère encore. Tout simplement incompréhensible.

« Non, non et non ! Shiro-chan, je pense avoir été suffisamment claire plus tôt, tu ne penses pas ? Si tu comptes te rendre à la conférence entre les démons et la Religion de la Parole Divine, en tant que souverain, c’est mon devoir de t’accompagner.

Vu le nombre de fois que je l’ai répétée, tu devrais déjà le savoir ! »

Ah, donc ce n’était pas une blague mais une vérité tout ce qu’il y a de plus sérieuse, huh. J’étais pourtant convaincue que cette fainéante ne travaillerait pas, même si sa vie en dépendait. Te-e-e-ellement désolée. Maintenant que j’y pense, si une personne comme elle est prête à travailler, la fin du monde doit être proche. Ai-je fait une erreur dans mes calculs ? Oi, Gyurigyuri, arrête de faire ton incompétent et fais quelque chose, le monde est en danger !

« Hey, j’espère bien que tu ne pensais pas quelque chose d’incroyablement grossier, hein ? »

Non, rien de la sorte. Et puis, même si ce que je pensais était vraiment grossier, comment pourrait-elle le savoir. Bon, pour revenir à ce qui nous intéresse, je suppose que je peux l’emmener, elle aussi, sans problème. De toute façon, je suis prête à parier que, si je la laisse derrière, elle n’en profitera pas pour travailler. Si tout le monde la considère comme une NEET, c’est pour une bonne raison, vous savez.

Dans ce cas, je n’ai plus d’autre choix que d’ajouter un nouveau membre à notre unité spéciale, destination, le quartier général de la Religion de la Parole Divine. Lorsque j’ai prudemment interrogé les deux anciens participants, ils m’ont tous deux indiqués pouvoir s’y rendre.

Lorsque, par curiosité, j’en fait de même avec Felmina-chan, elle m’a offert un refus poli typiquement japonais, ‘Malheureusement, je ne pense pas être d’une grande utilité’, indiquant par là qu’elle n’a aucune intention de venir. Seulement, je me suis dit que ce serait vraiment intéressant de la forcer à m’accompagner, voilà pourquoi, après lui avoir donné un faux espoir d’un signe de la tête, je l’ai immédiatement écrasé d’un ‘Je suis certaine que tu sous-estime ta véritable valeur, tu le réaliseras une fois sur place’. Condamnée à mort par coercition. Il n’y a que deux réponses valables ; ‘oui’ et ‘oui, madame’. Tu n’as pas de droit de véto ! Ce n’était surement que mon imagination mais j’ai eu l’impression, l’espace d’un instant, que, malgré tout son entrainement de noble, elle n’a pas pu empêché son sourire de tressaillir en réponse.

Et c’est ainsi que, tout en trainant derrière moi un boulet considéré comme le Roi-Démon et Felmina-chan, je suis parti à la recherche des deux membres manquants. En chemin, nous sommes tombés sur le petit frère de Balto, le voyou. En temps normal, il ne devrait même pas être au château alors pourquoi est-ce que je tombe aussi souvent sur lui ?

Il semble lui aussi nous avoir remarqué, moi plus particulièrement. Il n’en a probablement pas conscience mais il y a quelque chose de déplaisant dans son regard qui me donne l’impression qu’il me jette un regard furieux, je préférerais donc qu’il arrête. Comme s’il pouvait lire dans mes pensées, il détourne le regard pour plutôt le poser sur le Roi-Démon qui m’accompagne. Sans attendre, son expression devient des plus sinistres. Il semble qu’il n’était pas véritablement furieux envers moi mais je ne peux pas en dire de même pour mon compagnon. Le regard fixe qu’il pose sur le Roi-Démon mérite, lui, vraiment le nom de regard noir.

« Salope, tu penses aller où, hein !? »

Voyou utilise duel de regard !

« Aux dernières nouvelles, je pense encore avoir le droit d’aller où bon me semble ? »

Ce n’est pas très efficace sur le Roi-Démon ennemi !

« Aniki travaille tant qu’il n’a même plus l’occasion de dormir et toi, celle qui lui a refilé tout le boulot, tu pars te promener comme ça, sans te soucier de rien, huh !?»

C’est si évident que le démon vient de craquer que j’ai même eu l’impression d’entendre quelque chose se briser en lui. Cela m’a laissé une telle impression que je croirai voir de la fumée lui sortir par les oreilles.

Nous n’allons certainement pas jouer, comme il l’affirme, mais il est peu probable qu’il accepte ce genre de réponse, huh. Au contraire, lui dire la vérité ne sera probablement que source de malentendu inutile. Après tout, notre destination est située en plein milieu du camp ennemi.

« Eek, e-e-effrayant, tellement effrayant ! Sauve-moi, Shiro-chan ! »

Malgré sa demande de sauvetage, je ne peux pas sentir la moindre once de peur dans sa voix, elle semble juste avoir profité de la situation pour s’accrocher à moi. Dégage. Bon, je n’ai pas vraiment de temps à perdre, moi non plus, alors je ne vais pas passer des heures à me disputer avec ce démon dans un des couloir du palais.

« Hey, tu n’as pas besoin d’obéir aux ordres de quelqu’un comme elle. Si elle t’agace, dis-le clairement.

– Pénible. »

Cela me fait mal au cœur d’obéir à un voyou comme lui mais je déteste que l’on s’accroche à moi alors je la balance au loin après ce simple mot.

« Kadoom* ! »

Quoique, peut-être que je n’aurai pas du accepter d’emmener ce ‘truc’ avec moi. Cette situation est devenue pénible de bien des façons alors j’ignore ces deux, toujours en pleine dispute avant de m’éloigner.

« Oi, attends deux secondes !

– Attends-moi, Shiro-chan ! »

Ignore les, tout ça n’est qu’une illusion de l’esprit. Vu qu’il n’est plus là, je suppose que l’espèce de gangster a abandonné en cours de route mais cette satané grand-mère est restée accrochée à ma taille pendant tout le trajet. Hey, ma colonne vertébrale va se briser à ce rythme. Tout ces évènements commencent à m’irriter, me poussant à libérer un peu de pression d’un coup de pied sur cette sangsue, la mettant au sol dans le processus. Au début, j’envisageais sérieusement de la laisser évanouie dans le couloir mais que voulez-vous, je suis trop gentille. Je l’ai donc attrapée par la peau du cou et l’ai trainée ainsi sur toute la durée du trajet. L’évènement principal d’aujourd’hui n’a même pas encore commencée alors pourquoi suis-je déjà si épuisée que, tout ce que je voudrais, c’est de m’enrouler dans mes couvertures ? Je peux déjà dire qu’aujourd’hui sera une journée éprouvante.


Note du Traducteur Français :

– NEET : Comme le savent surement ceux ayant l’habitude de lire des light novels japonais, un NEET (Not in Education, Employment or Training, grossièrement, ni scolarisé, ni employé, ni en formation) est une personne répondant aux trois critères de l’acronyme. Généralement, dans les œuvres japonaises, un personnages ainsi décrits est juste paresseux et ne fait rien volontairement

– BSoD : Un BSoD (Blue Screen of the Death = Écran Bleu de la Mort) désigne ce fameux écran bleu affiché par le système d’opération Windows lorsqu’il n’arrive pas à se remettre d’une erreur.

– ‘voir un éclair tomber en arrière-plan’ : Cette phrase fait référence à un arrière-plan apparaissant souvent dans les anime/manga lorsqu’un personnage est surpris, choqué, etc… où, eh bien, on peut voir un éclair en arrière-plan.

Note du Traducteur Anglais :

J’ai gardé la seconde note, bien que j’ai remplacé les parties qui correspondent dans le chapitre comme elles me semblaient intéressantes ;

Dans le chapitre d’aujourd’hui, il y a deux références à des onomatopées japonaises :

– La première, ‘gaan’, kadoom en anglais, est utilisé pour exprimer le choc ou le désespoir, avec une nuance comique

– La seconde et dernière est ‘bikibiki’ qui, de façon générale, est utilisée pour désigner quelque chose qui grince, racle ou se brise mais qui est là utilisée pour indiquer que le frère de Balto a perdu son calme


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7 thoughts on “Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 265

  1. Merci pour le chapitre.
    Ça fait plaisir que tu continues à traduire et si tu as besoin de pause de temps en temps prends les si ça te permet de continuer.

  2. Merci pour le chapitre !
    Juste pour prévenir, tu as un paragraphe en double sur la fin

    « Quoique, peut-être que je n’aurai pas du accepter d’emmener ce ‘truc’ avec moi. Cette situation est devenue pénible de bien des façons alors j’ignore ces deux, toujours en pleine dispute avant de m’éloigner.

    « Oi, attends deux secondes !

    – Attends-moi, Shiro-chan »

    Celui ci ^^

  3. C’est un plaisir de vour une traduction française de se light nouvel, merci pour le taff donné

  4. Merci pour le chapitre ! J’ai été surpris par le « salope », c’est bien ça qui est utilisé en anglais ? Je sais que celui qui l’utilise n’aime pas Ariel mais il a aucune volonté de vivre… il me semblait que la scène où elle montre aux 10 commandants qu’elle est extrêmement puissante dans la salle de réunion.

    1. En anglais, le mot utilisé est ‘bitch’ donc oui, c’est la même chose en anglais. Vis-à-vis de cette scène, elle se passe probablement plus tard étant donné que toutes les armées ne sont pas encore formées, comme l’a dit Ariel en confiant la 10ème Armée à Shiro.

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