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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 26 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 26

Filo
Traducteur : Team Yarashii

Nous nous réveillâmes assez tard le lendemain, car Raphtalia était restée debout longtemps la nuit précédente. Elle avait marmonné dans son coin en tenant le livre de magie pendant des heures. Et moi ? Je m’étais concentré sur des herbes, en les faisant chauffer pour mes remèdes.
J’avais à cœur de rattraper le temps perdu, alors j’accélérai ma routine matinale. Je voulais me mettre en route le plus rapidement possible.

— Oh ! Il a l’air sur le point d’éclore !

J’avais posé l’œuf que nous avions acheté près de la fenêtre pour la nuit, et Raphtalia avait remarqué une fine craquelure verticale.
On pouvait apercevoir quelque chose de doux à l’intérieur, comme des plumes ou de la fourrure.

— Est-ce que c’est…

J’étais curieux de savoir ce qui allait en sortir, alors je me rapprochai.
Les craquelures se firent plus nombreuses et l’œuf s’ouvrit bruyamment, la face d’un bébé monstre se dévoilant à travers le trou créé.

— Cui cui !

Cela ressemblait à un petit oisillon rose. Il était recouvert de plumes soyeuses et un morceau de coquille trônait encore au sommet de sa tête, comme un chapeau. Il me regarda.

— Cui cui !

Il gazouilla et voleta soudain vers moi, rebondissant sur mon visage. Cela ne faisait pas mal du tout, mais j’étais étonné par l’énergie déployée par cette boule de plumes, alors qu’elle venait de naître.

— Comment s’appelle ce monstre ? Ça ressemble à un oiseau, c’est un PikyuPikyu ?

Les PikyuPikyu étaient similaires à des petits condors déformés qui volaient mal. Ce bébé pouvait très bien en être un. Il possédait tout de même un bec acéré, ce qui pourrait aboutir à de meilleures attaques qu’avec un ballon ou un autre monstre.

— Oh… vous savez, je ne m’y connais pas vraiment en monstres…

Raphtalia paraissait aussi confuse que moi.

— Très bien, allons demander aux villageois s’ils en savent plus que nous.

S’il s’agissait d’une espèce vendable en boutique, elle ne devait sûrement pas être très dangereuse. En demandant, j’obtiendrais probablement une réponse. Je tendis la main vers le petit oiseau et il grimpa sur ma paume, avant de voler vers mon épaule, pour enfin atterrir sur ma tête.

— Cuiiiii !

Il gazouilla encore et encore, tout en frottant sa tête contre la mienne. C’était plutôt mignon.

— Oh, regardez ! Il vous voit comme un parent, M. Naofumi.
— Ça doit sûrement être une sorte d’empreinte.

Je l’avais déjà enregistré sur mon écran de statut et j’étais la première chose qu’il avait vue à la naissance. Je supposais qu’il était simplement naturel qu’il me considère comme son père.

Je décidai de nettoyer les morceaux de coquille et, ce faisant, mon bouclier commença à réagir. En y réfléchissant, si je le laissais en absorber, cela pourrait m’apprendre à quel type de monstre j’avais affaire. J’en pris donc un bout et le présentai au bouclier.

Bouclier de Maître de Monstre : conditions remplies
Bouclier d’OEuf de Monstre : conditions remplies
Bouclier de Maître de Monstre : talent bloqué
Bonus d’équipement – ajustement de maturation de monstre (faible)
Bouclier d’Œuf de Monstre : talent bloqué
Bonus d’équipement – compétence de cuisine 2

Je ne m’attendais pas vraiment à cela. Mais cela avait tout de même l’air utile d’une certaine manière, je changeai donc mon bouclier en passant du Bouclier de Maître d’Esclave II (que j’utilisais jusqu’à présent pour déverrouiller son talent) à ce Bouclier de Maître de Monstre.

— Savez-vous de quelle espèce il s’agit ?
— Non, ça a débloqué autre chose.

J’ignorais toujours quel type de monstre était cet oisillon. J’espérais vivement que les villageois pourraient nous renseigner.
Nous sortîmes marcher dans ce bourg à moitié détruit, et je commençai à me demander où trouver un bon coin pour monter en niveau.

En prenant en compte notre niveau actuel, le meilleur endroit était sûrement le marécage à l’ouest d’ici. La dernière fois que nous étions passés dans cette région, c’était pour nous rendre vers les montagnes au nord, alors j’espérais trouver un autre lieu à explorer. Je repérai plusieurs habitants et ils m’interpellèrent.

— Bien le bonjour, Héros Porte-Bouclier.
— Salut.
— Bonjour !

En tout et pour tout, j’avais passé environ une semaine ici et, après les avoir protégés durant la vague, je pouvais me dire que la plupart d’entre eux savaient à quoi je ressemblais.
L’un d’eux s’inclina profondément devant moi, ce qui me parut gênant.

— Cui !

Le petit oisillon sur ma tête gazouilla un salut de son cru.

— Qu’est-ce que c’est ?

Les villageois regardaient tous ce qui était perché sur ma tête.

— Que vous est-il arrivé ?

Leurs doigts étaient tous pointés vers l’oiseau, et ils posèrent la même question de concert.

— J’ai acheté un œuf à l’éleveur de monstres.
— Ah, j’ai compris.
— Savez-vous à quelle espèce il appartient ?

Ils se penchèrent pour l’examiner plus attentivement.

— Hmm… oui… je pense que ça ressemble à un Filolial. Pas vous ?
— Les gros oiseaux qui tirent les attelages ?

Si cela était avéré, cela signifiait que j’avais quand même fait un léger retour sur investissement, en considérant le prix d’achat d’un membre de cette race de monstre. Si c’était exact…

— Eh bien, je n’en suis pas entièrement sûr, mais il y a un petit ranch aux abords de la ville. Vous feriez bien d’y aller pour en savoir plus.
— Bonne idée. Allons-y.

Raphtalia et moi découvrîmes où logeait le propriétaire et nous nous rendîmes chez lui.
Apparemment, le ranch avait subi de lourds dégâts durant la vague, et il avait perdu plus de la moitié des créatures qu’il élevait.

— D’accord, mais est-ce que cette bestiole est bien un Filolial ?

Je posai la question à l’homme et il acquiesça.

— Oui, cela ressemble assurément à un bébé Filolial.

Il tint l’oisillon dans sa main et ne répondit qu’après l’avoir scrupuleusement examiné.

— Oui, c’est une variété très commune, mais ils ont du mal à rester calmes sans attelage à tirer.
— Mais c’est quoi cette façon d’élever un monstre ?
— Eh bien, cela vous semble-t-il étrange ?

Hmm… il fallait croire qu’en étant né et en grandissant ici, ce genre de choses ne semblait pas si mystérieux.
En y réfléchissant, cela s’expliquait peut-être par l’instinct naturel les poussant à protéger leur nid ou leurs œufs, instinct que les éleveurs avaient réussi à porter sur un attelage à la place.

— Bien, on n’est pas complètement perdants dans cette histoire, alors. C’est même plutôt l’inverse, en fait.

Si un adulte se vendait 200 pièces d’argent, alors que je m’étais procuré un bébé pour 100, ce n’était pas vraiment une mauvaise affaire.

— Cui !

Le bébé Filolial gazouillait depuis le sommet de mon crâne.

— Que mange cette bestiole ?
— Vous devriez commencer par des haricots cuits, écrasés en purée. Quelque chose de doux. Une fois qu’elle grandira, elle ne se montrera pas difficile. Ils ont l’habitude de manger un peu de tout, une fois adultes.
— Pigé. Merci.

Je fus moi-même surpris de voir à quel point mes remerciements se montraient rapides et sincères, alors qu’honnêtement, je voyais tous les habitants de ce monde comme des ennemis jusqu’à récemment. Toutefois, je me sentais mieux ces derniers temps. Je me demandais si cela avait un lien avec ce que Raphtalia avait fait pour moi au château.

Enfin bref, en revenant au village, nous vîmes qu’ils vendaient des haricots bouillis, je ferais donc bien d’en acheter.

— Comment devrions-nous l’appeler ?

Raphtalia était en train de caresser l’oisillon lorsqu’elle me posa cette question.

— Pourquoi est-ce qu’on devrait lui donner un nom ? On pourrait bien finir par le vendre, tu sais ?

Si nous commencions à agir de la sorte, nous pourrions finir par nous y attacher. Cela ne rendrait sa vente que plus difficile si nous en arrivions là.

— Alors, vous allez vous contenter de l’appeler « l’oisillon » ou « le Filolial » ?
— Hmm…

Elle n’avait pas tort, cela nous compliquerait inutilement la tâche.

— Tu as raison. Pourquoi ne pas choisir « Filo » ?
— Quelle imagination.
— Oh, ça va, hein.
— Cui !

Le petit oiseau poussa un puissant gazouillis de satisfaction, comme s’il comprenait que nous venions de le baptiser.
Nous remerciâmes l’éleveur et partîmes. Puis, nous achetâmes quelques haricots bouillis, nous déjeunâmes, et nous mîmes en route après.

— Où allons-nous aujourd’hui ?
— Cui ?
— Bah, écoute, je ne connais pas vraiment de coin par ici qui soit sympa pour prendre des niveaux, on devra donc chercher un peu tout seuls. On n’a qu’à faire comme d’habitude.
— D’accord.

Maintenant que je savais pouvoir m’appuyer sur Raphtalia, j’avais le sentiment que les batailles à venir seraient plus faciles qu’auparavant.
Filo continuait de gazouiller sur ma tête. C’était un peu lourd à la longue, mais, au fond, j’aimais bien cela.

— C’est énorme ! Cette grenouille est immense !

Nous nous étions dirigés vers le marécage à l’ouest de Riyute pour chasser des monstres, mais je fus incapable de cacher ma surprise lorsque nous en croisâmes enfin un.
Mais bon, soyons honnêtes un instant.
Si rencontrer des champignons géants ou des trucs du genre se produisait régulièrement quand on jouait à un RPG, en voir un en vrai aurait de quoi surprendre n’importe qui.
Ainsi, lorsque ce batracien géant, cette « Grosse Grenouille » comme ils l’appelaient, bondit vers moi, et que je pris conscience qu’elle m’arrivait à la taille, je poussai un cri.

— J’y vais !
— Attends ! Raphtalia !

Avant que je puisse restreindre la Grosse Grenouille, Raphtalia s’élança devant moi.
Quand nous en venions aux combats, nous étions convenus que ce serait moi qui donnerais les directives. Si tout ceci était un MMORPG, un tel choix se justifiait tout simplement parce qu’il était dangereux d’approcher un nouveau monstre dont on ignorait les caractéristiques. Et si cette créature était plus forte que nous ?
Dans ce cas, nous ne serions peut-être pas capables de nous échapper avec seulement des bleus et des égratignures. Cela pourrait être une erreur qui nous coûterait la vie.

— Hiya !

Raphtalia ignora mon ordre et fonça vers la Grosse Grenouille avec son épée.
Le monstre poussa un cri strident, comme surpris par cette initiative.
Bon sang ! À quoi est-ce qu’elle pensait ? Et notre plan, alors ? J’étais supposé engager le combat et distraire la bête pour elle !
La Grosse Grenouille gonfla ses joues, puis envoya sa langue acérée en direction de Raphtalia.

— Attention !

Je courus en avant et encaissai le plus gros de l’attaque avec mon bouclier.
Je ne pouvais pas laisser ma partenaire être blessée.

— Cui !

Filo était tout excitée sur ma tête. J’avais l’impression qu’elle tournait en rond, prête à se battre.

— Je vais la retenir, alors profites-en pour te ressaisir !
— Mais, je…
— Ne discute pas !

Mais que se passait-il ? C’était comme si Raphtalia et moi n’étions plus sur la même longueur d’onde. Je n’avais jamais senti cela auparavant. Que cela pouvait-il signifier ?
Si elle finissait par être blessée, je me sentirais très mal. J’aurais le sentiment de trahir la mémoire de ses parents. Je m’étais résolu à la protéger, à constituer pour elle une nouvelle figure paternelle.

La Grosse Grenouille se tourna vers moi et projeta sa langue vers moi.
Oui ! Je tendis la main et l’attrapai en plein vol. Cela produisit une sorte de bruit métallique.

— Vas-y !
— D’accord !

N’attendant visiblement que mon signal, Raphtalia se jeta sur la bête, l’épée au clair et le regard brillant.
La Grosse Grenouille s’effondra facilement et rapidement, et nous reçûmes tous deux des points d’expérience.
Pas mal du tout. Cela rapportait plus qu’un porc-épic.

— Huff.

Raphtalia me regardait, l’air apparemment déçue. Elle commençait à être dépassée par sa propre ténacité, il était peut-être temps de lui en toucher un mot. Si elle n’apprenait pas à se retenir un peu, nous pourrions très bien finir morts.

— Raphtalia, soyons juste un peu plus prudents… d’accord ?
— Mais notre temps est limité avant la prochaine vague. Ne serait-il pas mieux de vaincre le plus grand nombre d’ennemis possible ? D’engranger le plus grand nombre de niveaux ?
— Il nous reste un mois et demi. C’est bien assez. Ralentissons un peu la cadence. Tu ne veux pas te surmener et finir à genoux, n’est-ce pas ?
— En effet. Mais je… je veux devenir plus forte !

Au moins, elle était d’accord avec moi… Attendez, était-ce vraiment le cas ?
J’ignorais l’emplacement des monstres utiles, à l’inverse des autres héros. Nous n’avions donc guère le choix en matière de montée en niveau efficace.

— Gugeeeh !

Qu’est-ce que ? Je me tournai vers l’origine de ce bruit soudain et vis quelque chose d’environ deux fois la taille de la Grosse Grenouille. Cela avait la même forme, mais en violet, et la créature était accompagnée d’une Salamandre Grise, fonçant tous deux droit sur nous.

— Pii !

Filo courait en cercle sur ma tête, visiblement parée au combat.
Elle ne serait pas encore très utile pour cela, et la laisser là pourrait s’avérer dangereux, alors je la fourrai dans mon armure.

— Pii !
— J’y vais !
— Non ! Moi d’abord !
— Et si vous étiez blessé, M. Naofumi ? Ne m’avez-vous pas achetée pour que je puisse me battre pour vous ?
— Si cette bestiole est suffisamment forte pour me faire du mal, imagine un instant ce que ce serait avec toi. Je n’ai pas payé pour que tu sois blessée ! À l’époque, c’était peut-être différent… mais, maintenant, tu dois penser un peu à toi !
— M. Naofumi…

Je tournai la tête vers les monstres, la Grosse Grenouille Améthyste et la Salamandre Grise, levai mon bouclier, et fonçai vers eux. Malheureusement, mes statistiques offensives n’étaient pas assez élevées pour causer le moindre dégât. Ils crachèrent un liquide visqueux et visiblement empoisonné vers moi, que je bloquai avec mon bouclier.

— Allez !
— D’accord !

Elle courut vers eux et les trancha rapidement avec son épée. Ils tombèrent à terre aisément. Sa nouvelle épée était-elle si forte ? En tout cas, l’armure était meilleure que ce à quoi je m’attendais. J’allais devoir féliciter le vieil homme à l’armurerie.

Je dépeçai les monstres et laissai mon bouclier en absorber certains morceaux.
La viande de la grenouille avait l’air repoussante et devait être empoisonnée. Je pris la décision de ne pas m’embêter à tenter de la vendre.

— Pii !

Filo s’extirpa de mon armure, marcha vers les bêtes vaincues, et prit une pose de défi sur leurs cadavres, comme si c’était elle qui les avait battues.
Je voulais lui demander ce qu’elle faisait, mais c’était assez mignon, alors je laissai couler.
Nous arpentâmes les environs pendant encore quelque temps, tout en tuant les monstres que nous croisions. Cette méthode de montée en niveau se montra plutôt efficace.

Quand la nuit arriva, je pus affirmer avoir progressé, tout comme Filo. Les résultats étaient les suivants :

Naofumi : NIV 23
Raphtalia : NIV 27
Filo : NIV 12

Filo n’avait absolument pas participé aux combats, mais avait tout de même reçu assez de points d’expérience pour progresser à un bon rythme. Et elle semblait avoir grandi, également.
Très bien, tout ça. J’avais entendu que les jeunes demi-humains grandissaient en fonction de leur niveau, il ne fallait donc pas vraiment s’étonner si les monstres se conduisaient aussi de la sorte.
C’était forcément la bonne explication…

Le petit oisillon était encore suffisamment petit et léger pour tenir dans nos mains. Mais il était disons… plus rond ? On aurait dit une brioche à la vapeur géante. Ses plumes étaient plus larges et recouvraient tout son corps à présent, et sa couleur évoluait vers le rose foncé.

Bouclier de Maître de Monstre II : conditions remplies
Bouclier de Maître de Monstre II : talent bloqué
Bonus d’équipement – ajustement de maturation de monstre (faible)

Je n’avais pas remarqué la croissance de Raphtalia sous mes yeux, mais même moi étais capable de constater la transformation radicale que ce petit oiseau subissait.

— Piyo.

Son gazouillis aussi était différent. Comme elle pesait plus lourd, je la posai au sol et elle se mit à marcher d’un air autoritaire.

*Gargouillement*

Cela faisait déjà un petit moment que j’entendais son estomac gronder. Cela avait même fini par être plus sonore que chez Raphtalia ou moi. Je m’étais assuré d’acheter suffisamment de nourriture, mais, visiblement, ce n’était pas assez pour cet oiseau. L’éleveur avait dit qu’ils pouvaient manger de tout, je l’avais donc nourrie avec tout ce qui paraissait comestible, à l’image du foin que nous avions trouvé en chemin. Elle avait tout mangé et semblait avoir encore faim. Cela devait sûrement être la preuve que sa croissance était rapide.

— Hmm… M. Naofumi ?
— Je sais… Les monstres sont de sacrées créatures.

Et dire qu’elle avait tant grandi en une seule journée… Encore un peu, et elle pourrait bientôt nous porter !
C’était une bonne chose, que j’avais hâte de voir. Toutefois, si elle atteignait une très grande taille, mais restait aussi immature qu’un bébé, cela pourrait nous causer des ennuis. Je passai en revue mon écran de statut et définis les réglages sur un mode plus strict.

Nous retournâmes à l’auberge, et je demandai au propriétaire où nous pourrions laisser Filo. Il nous conduisit à l’étable, qui possédait le foin nécessaire pour lui aménager un lit.

— Hein ? Qu’est-ce que les os et la viande de la Chimère font là ?

La viande n’avait pas encore pourri du tout, elle devait être bonne à conserver. À moins que cela s’explique par le fait que cette créature provenait d’une autre dimension.

— Nous avons décidé de suspendre la viande en attendant qu’elle s’attendrisse. Cela nous facilitera la tâche après.
— Hmm…

Mais ils n’allaient pas s’en servir comme nourriture… Et ils comptaient l’utiliser pour autre chose.
— Nous la fumerons ou la sècherons. Une fois que ce sera fait, nous nous mettrons en quête de clients. Plusieurs personnes se sont déjà montrées intéressées en s’arrêtant ici.

— Ça m’a l’air pas mal.

La Chimère avait été une créature imposante, alors il leur fallait un endroit suffisamment grand pour entreposer les restes. Cela prenait probablement la place de deux vaches adultes. II ne devrait pas y avoir de quoi se régaler avec ça, mais il en restait sans doute trop pour être donnée à des chercheurs uniquement.

— Piyo.

*Gargouillement*

Encore faim ? J’avais acheté de quoi la rassasier sur le chemin du retour, et elle avait tout mangé. J’imagine qu’elle avait aussi dû s’attaquer à nos réserves. Bon Dieu, mais où allait se loger toute cette bouffe ?

*Craquement* * Craquement* *Craquement*

Était-ce ses os qui faisaient ce bruit ? Encore une nouvelle phase de croissance ?

— J’ai du mal à croire à quel point cette créature a grandi aujourd’hui. Vous allez bientôt vous retrouver dépassés, hein ?

L’aubergiste parut inquiet.

— Elle n’est que niveau 12.
— Hein ? Niveau 12 ?

L’homme jeta un regard surpris à Filo.

— Une telle croissance si peu de temps après sa naissance ! Eh bien, j’étais sûr qu’elle était au moins niveau 20 ! Vous êtes très impressionnant, Héros.

Ouais, bon… Je me servais de l’ajustement de maturation, cela expliquait sûrement cette situation. À chaque fois que je vérifiais son statut, les chiffres étaient différents. Il fallait bien croire que sa croissance était très rapide.

— Piyo !

Filo gazouillait joyeusement. Ce phénomène n’était pas près de s’arrêter.
Je caressai le sommet de son crâne jusqu’à être sûr qu’elle dorme. Une fois que nous l’entendîmes ronfloter, Raphtalia et moi retournâmes à notre chambre. Ensuite, je repris mon étude sur le système d’écriture de ce monde. Il y avait tant à faire. Je commençais à fatiguer.

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