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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 34 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 34

Voyage en calèche
Traducteur : Team Yarashii

Quelques jours s’écoulèrent et le gouverneur local nous offrit comme cadeau un nouvel attelage. Tout le village s’était réuni pour l’occasion, et il y eut même une fête où chacun nous encouragea.
Si vous vouliez faire bouger un Filolial, il vous fallait un attelage… ou quelque chose qui y ressemblait.

— Merci.
— Vous avez tant fait pour nous. Nous sommes simplement désolés de ne pas pouvoir faire plus.

Un sourire illuminait le sourire de tous les habitants tandis qu’ils m’aidaient à charger nos bagages dans la calèche.
Je ne pouvais pas les laisser me gâter, même s’ils le désiraient. Toutefois, je devais bien exprimer franchement ma gratitude.

— Merci pour ces paroles.
— Vous allez vous essayer au commerce itinérant ?
— Ouais.

J’ignorais si mon initiative allait être couronnée de succès. Cependant, j’avais la chance d’avoir Filo à mes côtés, il paraissait donc idiot de ne pas en profiter pour la faire travailler.

— Hein ? Une calèche !

Filo avait couru partout et joué sous forme humaine, et la vue de ce nouvel attelage la surprit.

— Je vais tirer ça ?

Ses yeux étincelaient de joie.

— Tout à fait. Tu vas tracter ce truc, et on va se balader dans tout le pays.
— Vraiment ?

Elle s’écria, tout excitée.
Ne voyait-elle pas qu’elle allait devoir se coltiner un lourd véhicule ? Je ne saisissais pas ce qu’il y avait de si génial…

— Alors, nous allons réellement le faire ?

Raphtalia énonça cette interrogation à voix basse, visiblement déprimée devant cette perspective d’avenir.
Elle n’était pas encore parvenue à maîtriser la nausée qui l’assaillait lors des voyages, donc l’idée de vadrouiller en Melromarc à bord d’une calèche ne devait guère l’enchanter.

— Ça peut sembler difficile comme ça, mais tu t’y feras.
— Si vous le dites.

Mon regard se porta sur Filo et je la scrutai bien attentivement.

— Filo, quel est ton boulot ?
— Voyons voir… Je suis supposée tirer l’attelage et aller où tu veux, mon Maître.
— Exact.
— Et si on rencontre le type à la Lance, je suis censée lui botter le derrière.
— Absolument.
— La dernière partie est incorrecte !

Raphtalia avait croisé les bras, arborant son air de justicière prête à redresser tous les torts du monde.

— Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme si j’étais bizarre ?

Si nous apercevions Motoyasu, Filo le frapperait. Qu’y avait-il d’étrange à cela ?
Et puis bon, je n’allais pas non plus satisfaire chacune de ses récriminations.

— Très bien ! Ceci marque le départ officiel de notre vie de marchands itinérants. Je me cacherai dans la calèche. Raphtalia, à notre arrivée dans une nouvelle ville, c’est toi qui t’occuperas de la vente.
— Oh, d’accord…

Ma mauvaise réputation me suivait toujours à la trace et se propageait bien au-delà de Riyute. Si j’endossais ce rôle, nous ne vendrions jamais rien. Qui donc voudrait négocier avec un criminel ? Placer Raphtalia à ce poste paraissait donc tout naturel.
Elle était jolie et avait la personnalité qui convenait. Elle ne jouerait pas les timides.

— Nous mettons-nous en route ?
— Oh, Héros.
— Hmm, qu’y a-t-il ?
— Prenez cela, je vous prie…

Le gouverneur me tendit un morceau de parchemin.

— C’est quoi ?
— Le laissez-passer commercial dont je vous parlais l’autre fois.
— Oh oui…

Avec ceci, je serais capable de vendre mes produits dans différentes villes sans avoir à payer la taxe locale. Cela me simplifierait la vie. Après, était-il normal que les gouverneurs réclament un impôt aux héros… ça, c’était une autre histoire.
En y repensant, Motoyasu était clairement de cet avis.

— Soyez prudents.
— Merci. On y va.
— J’espère que nous aurons d’autres occasions de vous aider. Vous avez tellement fait pour nous.
— Contentez-vous de ne pas vous surmener.
— D’accord !

Ce fut ainsi que nous quittâmes Riyute et embrassâmes notre nouvelle carrière de marchands itinérants.
La première chose que nous essayâmes fut de vendre différents remèdes.
Nous n’avions pas un vaste choix, donc nous fixâmes de prime abord un prix en dessous de celui du marché.
Nous commençâmes par des remèdes médicinaux et des boissons nutritives. Tous deux étaient de meilleure facture que la moyenne, leur prix fut donc placé un peu au-dessus par rapport au reste de nos produits.

Ensuite, nous comptions accumuler des herbes et des matériaux avant de nous rendre au prochain village. J’utiliserais ainsi le temps de trajet pour concevoir de nouveaux remèdes.
Filo était vraiment rapide, alors parfois, nous atteignions la ville suivante en une seule journée, et d’autres fois, il nous fallait camper en pleine nature. Ces nuits-là, nous arrêtions la calèche, faisions un feu, et prenions notre dîner à la belle étoile.

— Mon Maître ! Il y a de la place à côté de moi ! Viens dormir avec moi !

Nous avions terminé de manger et Filo était repassée sous forme de monstre. Elle tapotait le sol tout près d’elle.

— On crève quand on dort à côté de toi…

Filo insistait pourtant toujours pour que je passe la nuit près d’elle. Je lui avais ordonné de ne pas se transformer en monstre quand nous étions dans une auberge, elle profitait donc de la moindre opportunité en extérieur.
Certes, nous étions seuls dans la nature, donc, en théorie, elle ne dérangeait personne…

— Filo, tu aimes vraiment M. Naofumi, n’est-ce pas ?
— Ouais ! Je l’aime encore plus que toi, grande sœur !
— Ne m’appelle pas comme cela !

C’était ça, son problème ?

— Alors, je dois t’appeler comment ?
— Hmm… et que penses-tu de « Maman » ? J’étais présente quand tu es sortie de l’œuf, et je te connais depuis le tout début ! Cela me semble adéquat, qu’en dis-tu ?
— Je sais pas… grande sœur !

Elles continuèrent de se chamailler, comme si elles ne pouvaient pas décider si elles se voyaient comme alliées ou ennemies.
Filo n’était qu’une enfant, alors elle ne pouvait pas s’empêcher de s’entêter à l’extrême sur certaines choses.
En fait, c’était simplement une petite fille. Et elle se comportait exactement comme son apparence humaine le suggérait.

— D’accord, d’accord, allez, c’est l’heure d’aller se coucher. Quand mon quart sera terminé, je viendrai vous réveiller !
— Arrête de me traiter comme une gamine !
— Oui ! M. Naofumi, vous me considérez comme une enfant !
— Oh, oups ! J’oublie souvent à quel point tu as grandi vite !
— Vous nous racontez des bobards !
— Ouais, mon Maître ! Tu mens !

Cependant, elles étaient réellement comme des enfants. Et j’avais décidé d’incarner un parent pour toutes les deux.

— Je veux t’aider à monter la garde, mon Maître !

Filo s’empara de plusieurs cailloux et se mit à les frotter l’un contre l’autre en écrasant des brins d’herbe, pâle imitation de mon mortier et de mon pilon.

— Oh ! Elle est marrante, cette odeur !
— Oui, en effet.

Si l’on pouvait créer des remèdes avec des herbes prises au hasard, la vie serait bien plus facile, n’est-ce pas ?

— Pourquoi ça marche pas ?
— Certaines choses peuvent être apprises par l’observation, mais d’autres requièrent un peu de pratique.
— C’est pour ça que tu peux pas tirer cet attelage ?
— Et pourquoi je ferais ça ?
— Pourquoi on est différents, toi et moi ?
—Qu’y a-t-il de mal avec ça ?

À l’image d’un enfant… elle s’était mise à m’attaquer verbalement sur tout ce qui lui passait par la tête.
À ce train-là, elle finirait peut-être par s’embrouiller et lâcher l’affaire.

— Argh… mon Maître est si… si stupide !
— Hé, qui est-ce que tu traites de « stupide » ?

Ce cirque continua encore quelque temps, mais je parvins tout de même à achever certaines de mes tâches nocturnes habituelles.

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