Jashin Average – chapitre 88


Conte d’origine: La Petite Fille aux Allumettes.
(Cette fois-ci avec une dimension réconfortante.)



Dans une rue de la ville, une jeune fille, aux habits misérables et tremblante de froid, vendait désespérément des allumettes aux passants. Elle s’appelait Tenna, une adolescente aux longs cheveux blonds.
En cette veille du Nouvel An, la neige, qui commençait à tomber depuis le crépuscule, recouvrait déjà les chemins d’une couche épaisse.

« Des allumettes, des allumettes, s’il vous plaît, quelqu’un, achetez-moi des allumettes ! »

Mais les gens qui passaient sur la route ne prêtaient pas attention à la jeune fille et poursuivaient leur chemin. Après tout, cela restait compréhensible. Plutôt que d’acheter à Tenna, qui parcourait la rue pour vendre ses allumettes, il valait mieux se rendre dans une boutique pour en obtenir de meilleure qualité.

« Je vous en supplie ! Même juste une seule, ça suffirait ! Quelqu’un, s’il vous plaît, achetez-moi des allumettes ! »

Tenna criait de toutes ses forces, mais n’avait pas encore réussi à vendre une seule allumette.

Sa famille était trop pauvre pour lui offrir des chaussures, elle marchait alors pieds nus en tentant de vendre ses allumettes. La neige qui s’amoncelait sur la route restait glaciale, et les pieds de Tenna, gelés, étaient devenus rouges.

Si elle continuait ainsi, elle risquait de mourir de froid, mais Tenna ne pouvait pas rentrer chez elle sans avoir vendu une seule allumette.
Ses parents, incapables de travailler à cause de la maladie, ainsi que son jeune frère, tous attendaient que Tenna rapporte de l’argent à la maison. Toutefois, même avec cette pensée, son corps ne bougeait plus, et ne pouvant plus supporter le froid, elle se glissa dans une ruelle pour se protéger du vent en s’asseyant au sol. Bien qu’elle ne fût plus directement frappée par le vent, la sensation glaciale persistait, la menaçant toujours de mort.

« C’est vrai, je pourrai allumer une allumette pour me réchauffer… »

Après ces paroles, Tenna prit une allumette dans son panier et la frotta contre le mur. Avec un léger ‘schrr’, la tête de l’allumette s’enflamma. Exposée à ce vent hivernal glacial, la flamme de l’allumette sembla incroyablement chaleureuse pour Tenna.

Et avant qu’elle ne s’en rende compte, un poêle ardent apparut devant elle.

« Ah, c’est tellement chaud… »

Tenna tendit la main vers le poêle, mais la flamme de l’allumette s’éteignit aussitôt, et le poêle disparut devant ses yeux comme aspiré par le néant.

« Est-ce que j’ai vu ces choses parce que j’ai… brûlé cette allumette ? »

Pour en être sûre, Tenna en frotta une autre. Cette fois, elle aperçut la lumière d’une pièce inconnue à travers la flamme.

Sur la table de cette pièce, se trouvaient non pas un festin, mais simplement des ingrédients alignés sans préparation.

« Euh, qu’est-ce que c’est… ? »

En y regardant de plus près, elle remarqua une fille assise sur une chaise devant la table, et semblant occupée.
Curieuse, Tenna la fixa avec attention, mais avant qu’elle ne puisse comprendre, la flamme de l’allumette s’éteignit, effaçant également cette étrange vision.

« Ah ! Encore une fois, s’il vous plaît ! »

Paniquée, Tenna frotta une troisième allumette, et la scène étrange réapparut devant ses yeux.

La jeune fille assise devant la table paraissait légèrement plus âgée que Tenna. Elle avait les cheveux noirs, portait une robe noire, et elle grignotait distraitement les ingrédients crus placés devant elle.

« Ah ? »

Tenna laissa échapper sa surprise face à cette scène. La fille en noir mâchait des légumes crus, non cuits, et de manière frénétique. Se demandant pourquoi elle agissait ainsi, Tenna jeta un coup d’œil autour d’elle et remarqua des ustensiles de cuisine éparpillés.
Tenna comprit immédiatement la situation. Cette fille devait avoir essayé de cuisiner, mais comme elle avait échoué, elle avait décidé de manger directement ce qui semblait comestible. Bien que son visage restait impassible, en y repensant, la fille donnait l’impression d’être un peu désespérée.

« Quel gâchis ! »

Aidant ses parents avec diligence chez elle, Tenna était une assez bonne cuisinière. De son point de vue, les actions de la fille en noir représentaient un pur gâchis. Avec autant d’ingrédients, on pouvait préparer un festin !
N’ayant rien mangé depuis le matin, la vue des aliments sur la table ressemblait à un véritable trésor pour Tenna.

« Ah, j’aimerais tant lui cuisiner quelque chose… »

À l’instant où Tenna murmura ces mots, la fille en noir se leva brusquement et se tourna vers elle. Puis, sans un mot, elle s’approcha, tendant la main vers Tenna. La scène, reflétée dans un cercle de lumière, projetait une vision, mais le bras enveloppé dans la robe noire s’étira depuis cette lumière et agrippa fermement le bras droit de Tenna.

« Eh… ? »

Trop choquée pour crier, Tenna resta pétrifiée. La seconde suivante, une force phénoménale la tira à l’intérieur du cercle de lumière.

« Kyaaaaaaahhhhhh ! »

Le corps de Tenna disparut dans l’éclat lumineux. L’allumette qu’elle tenait tomba au sol, se consumant dans la neige avec un léger ‘pschhh’, avant de s’éteindre.
Au moment où la flamme disparut, le cercle de lumière montrant la pièce s’effaça également, ne laissant derrière lui que le panier d’allumettes abandonné.

◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆◇◆

En reprenant conscience, Tenna se retrouva dans la pièce qu’elle venait d’apercevoir. Comparée à la ruelle glaciale où elle se trouvait auparavant, cette pièce chaude semblait être un véritable paradis, mais Tenna n’avait pas le luxe de se détendre à ce moment-là. Devant elle, la jeune fille en robe noire qui l’avait tirée dans ce lieu lui tenait toujours fermement le bras droit.

« Euh… »

« S’il te plaît, fais-moi à manger. »

Face à cette demande désespérée et sans expression, Tenna hocha frénétiquement la tête en réponse, presque par réflexe.



Environ trente minutes plus tard, plusieurs plats garnis reposaient sur la table.

« Itadakimasu. »

La jeune fille, ayant joint poliment les mains, prononça cette formule avant de saisir couteau et fourchette pour commencer son repas. Mais juste avant de se mettre à manger, elle s’arrêta et tourna la tête vers Tenna, qui se tenait à côté de la table.

« Tu ne te sers pas ? »

« Hein ? Euh, je peux aussi manger ? »

À ces mots, la jeune fille acquiesça silencieusement. En voyant cela, Tenna, un peu hésitante, prit place de l’autre côté de la table et entama son repas. D’abord prudente, la faim extrême qu’elle ressentait finit par prendre le dessus. Elle oublia rapidement l’étrangeté de la situation et se laissa absorber par la saveur exquise du festin, une rareté pour elle.

Tout en discutant entre deux bouchées, Tenna apprit que cette pièce se trouvait dans une des salles d’un donjon, légèrement éloigné de la ville. Elle n’avait aucune idée de la raison pour laquelle elle se tenait là alors qu’elle était censée se trouver en ville, mais elle se dit que cela devait certainement être grâce à la magie.



En guise de remerciement pour avoir cuisiné, Tenna reçut quelques provisions à emporter après le repas, puis regagna la ville, portée au travers d’un cercle de ténèbres invoqué par la jeune fille en noir.
Lorsque celle-ci lui demanda de revenir préparer des plats, en promettant de l’en dédommager, Tenna accepta sans hésiter. Elle savait bien qu’en l’abandonnant à elle-même, l’étrange jeune fille se contenterait sans doute de grignoter des légumes crus sans aucun signe d’émotion.
De plus, tant qu’on lui accordait des vivres, Tenna pouvait subvenir aux besoins de sa famille.



Depuis, chaque jour, Tenna se retrouve à allumer des allumettes dans la ruelle.

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<Distribution des rôles.>

Fille vendeuse d’allumettes : Tenna.
Grand-mère (?) : Anelie.

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( Relecture et correction: Hastin )

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