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NORDEN – Chapitre 63

Chapitre 63 – Cours particuliers

Le soleil était à son zénith lorsqu’Ambre sortit du bâtiment, illuminant d’une lueur mordorée la grande place. La mairie, à l’architecture droite et à la façade moins blanche que par le passé, resplendissait d’un bel éclat ivoire, trônant avec fierté. Sur le toit, le drapeau aranoréen flottait vigoureusement au vent, produisant un claquement sourd et dominant la ville de sa hauteur.

La jeune femme remarqua que l’une des fenêtres de l’étage était grande ouverte, le maire était à son bureau.

Elle continua son chemin, passant devant la boulangerie de la Bonne Graine dont les effluves de pain et de viennoiseries tout juste sorties du four, encore chaudes et fumantes, embaumaient l’air d’un parfum enivrant. Les prix affichés étaient encore et toujours délicieusement indécents. Cependant, elle était désormais capable de reconnaître la plupart des douceurs qui se tenaient derrière la devanture.

Celle-ci foisonnait de gâteaux, d’entremets ainsi que de diverses pâtisseries et tartes aux fruits ; notamment la tarte Tatin reconnue comme leur spécialité avec ses pommes fondantes caramélisées et sa pâte croustillante.

Ambre avait pris l’habitude de s’y rendre au moins une fois par semaine pour faire plaisir à sa cadette, grande amatrice de ces gourmandises, qu’elle dégustait avec félicité. La petite allait jusqu’à lécher les miettes et la crème qui se trouvaient sur l’emballage, suçant le bout de ses doigts, les coins de la bouche barbouillés et gloussant devant l’air réprobateur de son père adoptif lorsqu’il la voyait faire.

Une fois rendue au centre de la place, elle s’arrêta et examina la statue du Duc Vladimir von Hauzen, le fondateur de la ville. Celle-ci était maculée de peinture rouge vive. Sur le socle était écrit au pinceau, en écriture dégoulinante et grossière : à mort l’Élite.

À cette vue, la jeune femme ne put s’empêcher d’afficher un sourire satisfait. Cela faisait plus d’une semaine que la statue avait été dégradée. La peinture était tenace et, selon les dires des employés municipaux, « terriblement compliquée à enlever ». Pourtant, monsieur le maire ne semblait accorder que peu d’importance à cette « outrageuse et odieuse dégradation impardonnable et sévèrement réprimandable » avait-il déclaré lors d’une audience publique, de son air froid et impassible, bien qu’Ambre put y déceler un léger soupçon de satisfaction dans son regard.

Elle poursuivit sa route et descendit l’avenue principale, menant en plein cœur de la ville de Varden, située en contrebas. L’allée était traversée de part et d’autre par des fiacres et des charrettes, produisant un ballet incessant d’attelages engagés au trop.

Les bruits des sabots claquant au sol accompagnés par le cahot des roues et le piaffement des chevaux, hors d’haleine, créaient un brouhaha difficilement supportable. À cette heure du déjeuner, les rues étaient animées et les gens s’activaient à la tâche.

Varden, contrairement à Iriden, n’avait pas encore subi de réels dommages et dégradations. Pour l’instant, les deux partis se contentaient de placarder les murs d’affiches, de distribuer des tracts et d’entonner des discours de propagande. La basse-ville était reconnue comme étant favorable au parti de l’Alliance de par la composition de sa population, majoritairement noréenne.

Au fil des jours, les fenêtres arboraient de plus en plus de drapeaux aranoréens, pourtant jusque-là exclusivement sortis lors de l’Alliance.

Ambre passa la place et s’engouffra dans la taverne. Son patron venait de préparer le repas et un appétissant fumet de viande bouillie s’échappait de la marmite en fer accrochée à la crémaillère. C’était une odeur réconfortante et empreinte de souvenirs. Car les plats du manoir, bien que raffinés, variés et cuisinés à la perfection, manquaient de cette touche rustique, procurée par une large portion de beurre ou une sauce trop grasse, si caractéristique de la cuisine des gens modestes.

La jeune femme entra et vit l’homme affairé à nettoyer les plats. Elle salua le géant d’une tape amicale sur l’épaule, se changea puis elle prit une pile d’assiettes et commença à accueillir les premiers clients pour le service du midi.

Après sa journée de travail, elle prit la direction du manoir. Pendant sa marche, elle aimait rêvasser, se laissant bercer par l’animation des villes. Le chemin était si différent de celui qu’elle empruntait autrefois lorsqu’elle arpentait les campagnes désertes.

À présent, elle parcourait les rues agitées, foisonnantes de monde, recevant à son passage de nombreuses remarques, tantôt bienveillantes, tantôt insultantes. Puis elle passait devant les parcs où bon nombre de jeunes, heureux et insouciants malgré le contexte actuel, flânaient et se reposaient dans l’herbe, profitant de ces belles journées de printemps.

Souvent, Anselme la rejoignait sur le chemin du retour, se perchant sur son épaule, roucoulant, la tête nichée dans le cou de son éternelle fiancée.

Ambre regardait avec amertume et une pointe de tristesse les couples qui se tenaient la main ou s’échangeaient des baisers passionnés à l’ombre des arbres, sans gêne ni pudeur. Malgré la métamorphose de son fiancé, elle avait pris soin de garder son anneau, épinglé sur la broche à côté de son médaillon, en souvenir de son engagement envers l’homme qui se tenait à ses côtés, sous la forme de corbeau, et dont la mémoire ne devait plus avoir conservé grand-chose de sa vie passée.

Heureusement pour elle, le palais de justice, bâtiment à l’architecture austère et sévère, s’élevait de manière implacable en plein milieu du carrefour et lui ôtait instantanément le sentiment mélancolique qu’elle avait en elle.

Ambre demeurait légèrement intimidée par ces hommes à l’air aussi grave et impitoyable que le bâtiment dans lequel ils exerçaient. Pour bon nombre d’entre eux, il s’agissait de vieux hommes bien portants, vêtus intégralement d’un costume noir long et ample, accompagné d’un haut de forme afin de grandir encore plus leur silhouette déjà bien massive.

Des mâles dominants aux valeurs et principes moraux contestables par tous ceux qui, comme moi, sont étrangers à leur pitoyable petit milieu sectaire et privilégié, terriblement ridicule ! Songeait-elle avec défiance.

Chaque fois qu’elle passait devant l’édifice, elle sentait les regards dédaigneux se porter sur elle. Ce n’était plus un secret, la jeune femme était connue officiellement comme travaillant à la solde du maire en tant qu’acolyte et chargée de diplomatie auprès de la population noréenne. Statut qu’elle exploitait lors de ses allocutions à la Taverne de l’Ours ou sur la place du marché à Varden, le dimanche matin.

Alexander la trouvait encore trop rustre pour pouvoir la laisser s’exprimer sur la place publique d’Iriden. Puisque, de nature querelleuse et grossière, sa petite proie ne pouvait s’empêcher de s’emporter ou de jurer à chaque fin de phrase.

Comme les deux partenaires l’avaient remarqué, ces discours sincères et entonnés franchement plaisaient aux habitants de la basse-ville, voyant en ce porte-parole, une fille du peuple pleine de convictions. En revanche, ses manières n’étaient guère adaptées ni convaincantes pour la riche clientèle de la haute-ville, qu’un rien indignait.

Ambre s’arrêta un instant, foudroyée par une remarque acerbe, fortement déplacée, à son intention et prononcée par un être qu’elle haïssait ; le tout fraîchement nommé Capitaine de la Goélette, monsieur Armand Maspero-Gavard.

Voilà que je le croise encore ! Putain quelle plaie ! Je ne comprends pas pourquoi cet assassin et enleveur d’enfant n’est pas en prison lui non plus !

Fulminante, elle serra les poings et le toisa.

Armand était un aranéen âgé d’une trentaine d’années, de carrure musclée et au physique adapté à sa condition de marin militaire. Ses longs cheveux châtains bouclés, retombant en cascade le long de ses épaules solides, faisaient ressortir les traits de son visage grêlé aux pommettes saillantes, donnant à cet homme l’allure d’un jeune lion. Ses grands yeux sombres luisaient sous ses sourcils arqués et une large cicatrice proche de ses lèvres, l’empreinte possible d’une lame incisive, rendait son sourire étrangement intimidant.

Ambre grogna, l’homme, sans qu’elle ne sache pourquoi lui provoquait à chaque fois une intense révulsion. Il ressemblait à s’y méprendre au monstre qui hantait certaines de ses nuits depuis qu’elle avait été agressée par le Baron. Pourtant, elle était persuadée de ne jamais l’avoir vu.

La voyant se retourner vers lui, percutée par ces douces paroles, il lui adressa un sourire malin empli de toute la gratitude qu’il éprouvait pour elle.

Ses propos furent suivis d’une vague de rires moqueurs émanant des magistrats qui se trouvaient à proximité. Tous la scrutaient de haut en bas, d’un œil inquisiteur, un rictus au coin des lèvres, désireux de la provoquer.

Ces gens ne manquaient d’ailleurs aucune occasion pour la rabaisser dès qu’ils l’apercevaient. Ils la qualifiaient généralementde « gentil toutou docile » voire plus communément comme « la Chienne » ou encore, pour les plus sarcastiques d’entre eux, « la petite poupée charnelle du Baron » dont le but premier était de servir de réceptacle à cet homme à l’appétit sexuel reconnu.

Cela avait le don de l’ulcérer et elle se serait volontiers jetée sur eux, séduite par l’envie de lacérer leur visage à violents coups de griffes ou de planter ses dents dans la chair molle de leur nuque. Néanmoins, elle parvenait à réfréner ses ardeurs. Il fallait qu’elle se montre digne de ses fonctions et sache faire preuve de diplomatie ; il en allait de la réputation du maire.

Énervée, elle soupira ; elle avait pris pour habitude de faire fi de leurs médisances. Ne souhaitant pas se laisser déstabiliser, elle redressa dignement la tête et marcha sur la pointe des pieds avec désinvolture, tout en leur adressant un large sourire faux.

Elle fut soutenue par les cris rauques d’Anselme qui, courroucé, gonflait son plumage, le faisant doubler de volume pour paraître plus intimidant.

Lorsqu’elle arriva au manoir, furieuse et se sentant souillée. Elle s’installa sur les marches, en compagnie de Séverine qui lui tendit généreusement son paquet de cigarettes. Elle la remercia et en prit une poignée qu’elle fuma avec acharnement, tremblante de rage.

La notant anxieuse, Séverine parvint grâce à son calme et ses paroles posées, à faire baisser son agitation. La vieille domestique aranéenne, aux yeux bleus voilés, avait toujours été d’une oreille attentive et d’un soutien remarquable pour la jeune femme et sa petite sœur. Elle était une présence rassurante, parlait peu et ne portait jamais de jugements, se contentant d’écouter et partageant son point de vue lorsqu’on lui demandait. Elle était proche du maître et elle seule pouvait se permettre de lui faire des réflexions ; chose troublante puisque le Baron n’objectait jamais rien à ses commentaires, obéissant sans broncher comme un enfant devant un ordre de sa mère.

Une fois ses cigarettes achevées sans une once de plaisir, elle les écrasa dans le cendrier. Puis elle se leva, salua Séverine et pénétra dans l’entrée avec empressement.

Elle s’apprêtait à regagner sa chambre lorsque François l’avertit que le maître l’attendait dans son salon. La jeune femme, surprise, se dirigea vers la pièce et toqua.

La porte s’ouvrit et Alexander l’invita à entrer.

À l’intérieur, un homme était présent et se leva poliment. C’était un monsieur sans âge, à la silhouette élancée et élégamment vêtu d’un costume gris uni égayé d’une cravate verte faisant écho à ses yeux. Il avait ses cheveux blonds soigneusement peignés et portait une moustache complétée par une barbe taillée en pointe.

Ambre, stupéfaite, le reconnut, il s’agissait d’André Laboisière, l’un des scientifiques travaillant à l’observatoire en tant que naturaliste, spécialisé dans l’étude de la faune de Norden. Elle l’avait rencontré deux ans auparavant alors qu’elle visitait les lieux avec Adèle.

Il la salua d’une vive poignée de main et tous trois s’installèrent à un fauteuil afin de discuter autour d’un café. Pendant qu’ils dégustaient leur breuvage, Alexander lui annonça qu’André serait dès à présent son professeur particulier et lui tendit un contrat.

La jeune femme le prit et l’étudia avec attention, pensive. Une fois la lecture achevée, elle se mordilla les lèvres, embarrassée, ne sachant si elle pouvait se permettre de payer ses services tant les honoraires inscrits en bas de page étaient élevés. Elle demeura muette puis, après un temps, elle croisa les bras et refusa l’offre.

Alexander, notant son trouble, la rassura en lui déclarant qu’il prendrait en charge les frais de ses cours à condition qu’elle se montre collaborative.

Ambre, intriguée par ce énième élan de gentillesse, finit par accepter. Néanmoins, elle ne pouvait s’empêcher de se montrer méfiante envers le scientifique qu’elle dévisageait intensément. Elle allait devoir rester des heures seule en sa compagnie ; seule auprès d’un homme qu’elle ne connaissait pas et qui était potentiellement de connivence avec ses deux anciens confrères, Charles et Enguerrand.

Depuis la trahison de ce dernier, elle ne faisait plus confiance aux hommes. Les seuls qu’elle jugeait encore dignes de son estime étaient ce bon vieux Beyrus et son collègue Thomas.

***

Plusieurs semaines s’écoulèrent et les tensions sur le territoire semblaient augmenter de jour en jour, les discours politiques allaient bon train, tant sur les places publiques que dans les conversations privées.

Sous ce climat hostile, Ambre suivait tant bien que mal les cours de qualité délivrés par son professeur. Ils étudiaient dans le salon du maître, assis sur les banquettes, ayant à disposition tous les ouvrages des trois bibliothèques ainsi que d’autres, triés sur le volet, provenant de l’observatoire.

Alexander, souvent présent lors de leurs sessions, les écoutait d’une oreille, riant intérieurement des questions généralement idiotes et innocentes de la candide noréenne qui lui servait d’acolyte, se demandant nerveusement ce qui l’avait poussé à engager une femme aussi inculte à son service pour le seconder.

André enseignait à la jeune femme toutes les connaissances qu’il avait au sujet des noréens. En particulier tout ce qui concernait la métamorphose, son sujet de prédilection. Le scientifique était passionné par les espèces endémiques ainsi que par les spécimens issus de transformations noréennes.

Il connaissait en détail les diverses caractéristiques comportementales et physionomiques, pour les sujets communs. En revanche, tout comme son confrère Stephan, il était fortement intrigué par le cas de la louve Judith dont la dépouille était encore conservée au palais de Justice, demeurant jusqu’à nouvel ordre une pièce à conviction pour le procès en cours.

Comme Ambre le savait déjà, les noréens transformés possédaient des caractéristiques singulières, dont leur capacité exceptionnelle à reconnaître leurs alliés, leur famille ou encore leurs ennemis.

Elle remarquait cela chaque jour avec Anselme qui, malgré sa forme de corbeau, n’en pouvait plus d’amour pour elle tant il adorait se lover contre celle qu’il appelait jadis « sa jolie rouquine au tempérament de feu ».

Et sa sœur était formelle en annonçant qu’Ernest était leur oncle. Même si l’aînée restait sceptique là-dessus. Pourtant, il était vrai que l’animal possédait des traits de personnalité bien atypiques pour un simple poney.

Elle estimait également que leur ancien chat domestique, le petit Pantoufle, pouvait être un membre éloigné, sans trop savoir de qui il pouvait s’agir réellement, car les connaissances sur sa famille se révélaient bien limitées.

Ambre adorait son chat qui avait été un compagnon idéal et d’un grand soutien lors de sa période de trouble. Malheureusement, le pauvre félin avait été assassiné alors qu’il tentait de protéger Adèle et la jeune femme parvenait difficilement à se remettre de cette douloureuse disparition.

Au fil des jours, la jeune femme commençait à s’accommoder à la présence régulière et rapprochée du naturaliste. Plus sereine, elle apprenait avec de plus en plus de plaisir tout ce que le scientifique lui racontait.

Cependant, elle n’apprit rien de concret concernant les noréens spéciaux et était quelque peu déçue des lectures qu’elle avait à disposition à ce sujet. Même à l’observatoire ou à la bibliothèque d’Iriden, pourtant foisonnant d’ouvrages sur de nombreux sujets, les informations sur les noréens natifs étaient limitées qu’elles soient d’ordre historique, comportemental ou encore biologique.

D’ailleurs, elle gardait toujours à l’esprit le rapt des registres répertoriant les naissances noréennes, concernant les années à 260 à 300.

Elle se demandait si c’était le Duc ou Enguerrand qui les avaient en sa possession ; elle aurait tant désiré savoir ce qu’ils contenaient d’aussi compromettant. Car selon elle, il était impossible qu’ils aient été volés uniquement pour se renseigner sur les enfants enlevés, dans la mesure où ceux-ci étaient librement consultables par tous, dans la salle sept de la bibliothèque.

Cette question la travaillait et elle ne cessait de se demander si cette affaire n’avait pas un lien avec elle et sa petite sœur.

Tout comme son hôte, elle avait pris soin d’étudier les écrits du Comte de Serignac, mais les informations inscrites étaient sommaires et relevaient parfois de la légende ou du mythe.

Elle passait de longues heures à lire et relire les récits, espérant ainsi trouver le moindre indice intéressant, sans aucun résultat probant si ce n’est le chapitre concernant les Titans Berserk :

« … Ainsi naquirent les incroyables Titans Berserk, entités supérieures surpuissantes, domination suprême et prédateurs alpha par excellence : Ulfraks et Svingars, deux redoutables bêtes féroces, sanguinaires, impitoyables, monstrueuses, l’un loup l’autre sanglier. Le premier à l’aboiement ravageur faisant craquer avec rage et sans pitié la coque des navires ennemis. (…) Le second à l’extraordinaire force et pouvoir de destruction, sabots de l’enfer claquant le sol, grondement de tonnerre, pour créer montagnes et carrières. (…) Nouveaux protecteurs de notre sublime et magnifique Noréeden, et fondateurs des deux dernières tribus, créés par la volonté du grand, majestueux et prodigieux Aràn Alfadir, dieu parmi les dieux, vénérable cerf à la vie éternelle et à la grandeur noble, cœur vaillant et pur dont la volonté fait foi tant il est bon et généreux… »

C’étaient là les seules informations intéressantes, relatives à ce sujet ; le reste n’étant que fioritures afin de donner plus de corps et de mysticisme au récit, le rendant illisible tant le style était ampoulé et pompeux.

Ambre, de rage, commençait à se morfondre. Elle était désespérée et rongée par l’impatience, lasse de tourner en rond sur un sujet auquel rien ne semblait lui donner le moindre indice : qui était leur mystérieux protecteur ? Mais, surtout, qui étaient-elles ?

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