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Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 265.5.3

Le Roi-Démon et le Pape


Je vous souhaite un bon chapitre (qui, pour une fois, est à l’heure). J’ai aussi changé le terme ‘Poupée Taratecte’ pour ‘Marionette Taratecte’, comme non seulement c’est plus proche du terme anglais mais cela fait également plus sens lorsqu’on sait ce qu’elles sont.


Note de l’Auteur : Le chapitre est narré du point de vue du Pape


« Es-tu surpris que j’ai choisi de devenir le nouveau Roi-Démon ? »

Dès son entrée dans mon salon privé, Ariel-sama arrache une bouteille de vin de son présentoir comme si elle connaissait parfaitement les lieux, avant d’immédiatement commencer à boire au goulot. Je ne l’ai jusqu’aujoud’hui jamais invité dans cette salle mais, étant donné la vie qu’elle a menée, ce n’est pas si étonnant qu’elle soit habituée aux dispositions de cette nature. Quant au fait qu’elle ait, sans hésitation, avalé le contenu d’une bouteille ne lui appartenant pas n’est sans doute pas étranger à son statut d’être absolu régnant au sommet de notre monde et la fierté qui en découle. Bien que ce vin soit une boisson si précieuse que je ne pourrai probablement jamais plus m’en procurer, si l’Araignée Sainte la désire, que puis-je y faire ?

« Je ne peux pas dire le contraire. Je suis certaine que Shiro-sama a gardé le silence à ce sujet afin de me faire la surprise. Que c’est vilain de sa part. »

Je suis sérieux, je n’aurai jamais imaginé, même dans mes rêves les plus fous, qu’Ariel-sama accepterait un poste tel que celui de Roi-Démon. Pour vous donner un ordre d’idée, l’incident du Cauchemar du Labyrinthe, aussi important soit-il, ne m’est arrivé aux oreilles qu’après que nous ayons découvert les actions de la personne ici présente à son encontre. Cela seul indique à quel point ses actions ont de l’importance, d’autant plus lorsque celles-ci ont un tel impact.

« Oh. Pour te dire la vérité, Shiro-chan ne pense pas ainsi, elle ne l’a pas mentionné, soit parce qu’elle trouvait cela trop fatiguant, soit simplement parce qu’elle a oubliée. Je serai prête à parier là-dessus. Même moi, je ne comprends pas parfaitement son raisonnement mais je la connais suffisamment pour garantir qu’il n’y a probablement aucun sens profond derrière cet oubli. »

Si c’est ce que pense la Taratecte Originelle, je ferai mieux d’en rester là. J’aurai déjà dû découvrir depuis longtemps que Ariel-sama et le nouveau Roi-Démon ne sont qu’une seule et même personne, en m’appuyant sur les informations fragmentaires à ma disposition. Mon manque d’imagination est la seule chose à blâmer pour mon échec. Je suis un vrai idiot pour n’avoir pas pu déterminer la situation à partir des connaissances à ma disposition, et cela alors que je connais pertinemment l’importance de l’information.

Mon commentaire n’était pas une critique envers Shiro-sama. Après tout, elle est avant toute chose une personne haut placée du côté des démons. Elle n’a pas la moindre obligation  de nous offrir la moindre information, à nous, les représentants de l’humanité, surtout en ce qui concerne les démons.

« Eh bien, je suis certain que tu ne t’es pas invitée ici pour discuter de la pluie et du beau temps. Je t’en prie, ne tourne pas autour du pot.

– Hmm. Bien que tu dises cela, j’aurai apprécié que nous parlions tout les deux du bon vieux temps, tu sais, en temps que deux des rares à avoir survécu depuis la création du Système. »

Ignorant ma tentative d’accélérer la conversation, l’araignée à forme humaine renverse la bouteille de vin. Le précieux liquide disparaît alors à grande vitesse dans sa gorge élancée, au rythme de ses déglutitions.

« Pwah ! Simplement délicieux !

– Après tout, c’est un objet d’une rare qualité, même au sein de ma collection.

– Je suis la Reine de la Gourmandise, comme tu le sais déjà. J’ai du flair, pour tout ce qui est bonne nourriture. »

De bonne humeur, elle continue d’agiter le contenu de la bouteille dans sa main.

« Dustin. Tu ne comptes vraiment pas changer d’avis ? »

Doucement, d’une petite voix presque inaudible, elle se renseigne sur ma décision. Ma réponse, cependant, est déjà gravée dans le marbre.

« Il est déjà bien trop tard pour cela. Depuis le début, je n’ai jamais eu la moindre possibilité de choisir une autre réponse. L’imbécile a avoir abandonné la Déesse, tout cela afin d’assurer la survie de l’humanité, ne peux plus changer de voie, après tout ce temps. Je n’en ai simplement pas le droit.

– Je vois. »

Dans la pièce maintenant silencieuse, seul le son solitaire d’une ‘jeune’ fille se désaltérant à grande rasades de vin se fait encore entendre.

« Aujourd’hui, ce qui connaisse le passé de ce monde ne sont plus que quatre : toi, moi, Gyuri et Potimas. Ceux que je connaissais se sont sacrifiés, tous jusqu’au dernier.

– C’est un comportement des plus admirables.

– Aussi admirable que soit leur mort, une fois disparu pour de bon, cela ne fait plus aucune différence. Sariel-sama n’aurait jamais voulu une telle chose.

– Même ainsi. Ces grands personnages, n’obéissant qu’à leurs propres convictions, ont continués de résister au monde jusqu’à la toute fin. Je les envie. Bien que, pour quelqu’un comme moi, penser ce genre de chose est un crime, un péché. »

Les anciens camarades de l’Araignée Sainte, étaient forts. Je ne parle pas simplement de leur puissance mais aussi de leur esprit, de leur cœur. Certains pourrait même considérer cette force de caractère comme étant justement la clé de leur force. Leur désir de sauver la Déesse, cette croyance était le moteur de leur croissance.

Néanmoins, ils ne sont plus avec nous, désormais. Ils ne peuvent même pas espérer se réincarner, ayant tout sacrifié dans leurs derniers moments, y compris leurs âmes.

« Enfin, comme je suis moi-aussi sur le point d’agir à l’encontre de la volonté de Sariel-sama, je suppose que je suis mal placée pour les juger. »

Ces paroles semblent contenir une grande solitude. Depuis la création du Système jusqu’à aujourd’hui, une seule personne a toujours respecté les désirs de la Déesse, se contentant d’observer le monde qui l’entoure, et c’est justement la plus ancienne Bête Divine qui me fait face. Quelle a bien pu être la violence du conflit dans son cœur lorsqu’elle a finalement décidé de s’opposer à la volonté de Sariel-sama ? C’est une chose que je ne peux pas commencer à imaginer.

« Je tuerai Potimas. »

Ce ton monocorde… Au cours de ma longue vie, j’ai eu l’occasion de découvrir qu’une fois que le désir de tuer quelqu’un dépasse un certain point, à contrario, toutes les émotions que l’on ressent à son encontre disparaissent, ne laissant derrière elle qu’un vide, une indifférence absolue. Potimas est allé trop loin. Alors même qu’il savait parfaitement qu’il s’était déjà attiré les foudres d’Ariel-sama, il a osé la provoquer encore davantage.

« Aucun de nous deux ne peux accepter un compromis de l’autre, hein.

– Évidement. »

Après tout ce temps, il est devenu impossible pour nous de simplement ignorer tout ce qui s’est produit jusqu’à aujourd’hui pour joindre nos forces. Nous avons tout deux dépassé le point de non retour sur nos chemins respectifs. Et autant il est possible pour nous d’accepter et de respecter la décision de l’autre, autant ces deux chemins ne peuvent partager une même conclusion. Malgré tout, nous avons désormais l’opportunité de coopérer une toute dernière fois, tout cela grâce à notre objectif commun. Devant cette situation, un certain dicton du monde de Sajin me revient à l’esprit :

‘L’ennemi de mon ennemi est mon ami’.

« Une fois notre objectif atteint, que va-t-on donc faire, s’entretuer ? Ce serait certainement grandiose, ça, je peux te l’assurer.

– Je souhaiterai humblement décliner cette offre. »

Ces mots n’étaient peut-être qu’une blague pour l’instant, néanmoins, c’est un futur tout à fait envisageable, une fois que les elfes ne seront plus de la partie. Cette occasion de coopérer ne change pas le fait que nous sommes des ennemis naturels. Quels que soit nos efforts, nous ne pourrons jamais nous allier. Dans ce cas, il nous faudra bien un jour ou l’autre régler nos différents.

Si Ariel-sama, après cette longue période d’inaction, a décidé de devenir Roi-Démon, cela ne peut vouloir dire qu’une chose. Elle compte en finir avec un problème bien précis. Une fois cela fait, je ne serai plus qu’un obstacle pour elle et, à ce stade le conflit deviendra inévitable. Maintenant que l’Araignée Sainte a décidé d’agir à l’encontre de la volonté de la Déesse, le concept même de prudence ne doit plus exister pour elle. Je suis sûr qu’elle serait prête à vendre son âme au Diable si cela lui permettrait d’atteindre son but.

C’est terrifiant. Nos chances de victoires sont, pour ainsi dire, … inexistantes. Mais, même dans une situation aussi désespérée, je me dois de m’opposer à elle. J’ai juré de protéger les humains quoi qu’il en coûte, même si je devais commettre un blasphème à l’encontre de la Déesse, dans l’objectif de continuer ce que j’ai commencé il y a déjà bien longtemps.

« Merci pour le verre, enfin, la bouteille. »

Ariel-sama repose alors la bouteille de vin, vide. Une bouteille dotée d’une magnifique étiquette mais dépourvue du moindre contenu. Devant ce reflet de moi-même, je ne peux empêcher un rire amer d’envahir ma gorge.

Note du Traducteur Français :

‘Ceux que je connaissais se sont sacrifiés’ – Ariel mentionne probablement par là les Dragons de Terre qui se sont sacrifiés pour la ralentir plus tôt dans l’œuvre, vu qu’ils semblaient connaître la vérité au sujet du Système ou au moins certains de ses secrets et que leur chef se considérait comme un ancien au même titre qu’Ariel.

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2 thoughts on “Kumo Desu Ga, Nani Ka ? – Chapitre 265.5.3

  1. Gakia parlait d’Ariel comme l’Ainée des Bêtes Divines (traduction de la VF de l’animé), ce qui fait référence à son titre “Ancienne Bête Divine”. Gakia ne parlait de lui que d’un ancien. La raison à cela est expliquée dans un des chapitres qui suit leur confrontation (oui je suis allé chercher xD ), Gakia a été créé par le Système pour être un subordonné de Güliedistodiez.

    (En plus vu comment ils se parlaient les deux je ne pense pas qu’elle faisait référence à lui dans ce chapitre).

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