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NORDEN – Chapitre 110

Chapitre 110 – La perte de l’insouciance

L’horloge de la classe indiquait midi, sonnant la dernière demi-journée de travail avant la fin de semaine ; les cours de la matinée, d’une effroyable lenteur, venaient enfin de se terminer.

Alexander, la mine renfrognée, patienta que ses camarades de classe daignent quitter la pièce avant de se lever discrètement à son tour. Il prit son sac et passa la porte. D’un pas lent et traînant, il longea les couloirs, tentant de se faire remarquer le moins possible. Son corps endolori lui provoquait, par moment, des douleurs aiguës dans le dos.

Il prit la direction du réfectoire et empoigna un plateau sur lequel il disposa son déjeuner. Celui-ci se composait d’un morceau de pain de froment blanc et d’un simple potage de légumes de saison. N’ayant que peu d’appétit, il ne s’attarda pas sur les nombreux mets fastueux mis à disposition devant lui ; un étalage de nourriture raffinée, aux aliments nobles et rares. Cet excès de vivres lui décrocha un haut-le-cœur tant il savait que la plupart finiraient aux ordures.

Il trouva une place de libre, située dans un coin et s’y installa. Il prit sa cuillère du bout des doigts et commença à manger sous l’œil inquisiteur des nombreux élèves qui le dévisageaient d’un air moqueur. Il soupira et regarda devant lui, ne voulant pas croiser leurs regards dédaigneux. En tendant l’oreille, il pouvait aisément entendre leurs messes basses et leurs propos méprisants portés à son encontre.

Énervé, il sentit ses mains se crisper, las d’être continuellement tourmenté et dévisagé comme un monstre. De rage, il se leva et partit s’aérer l’esprit dans la cour.

Dehors, les jeunes garçons de bonne famille, tous aranéens âgés de douze à dix-sept ans, paraissaient profiter de cette journée d’ensoleillement. Tous portaient leur costume bleu outremer d’écolier, arborant le sigle de la licorne épinglé sur leur poitrine, lustré avec soin et luisant au soleil.

Alexander s’assit sur un banc et soupira. Il sortit de son sac un petit livre de sciences, plutôt technique et abscon pour un adolescent de treize ans, qu’il lisait sans entrain. Les doigts crispés sur la couverture, il patientait nerveusement le retour en classe.

Un groupe de quatre jeunes notables vint à sa rencontre, un sourire carnassier affiché sur leur visage si joliment soigné.

— Alors le laideron, railla l’un d’entre eux, un fils issu de marquis. On attend la fin de journée sagement dans son petit coin avant d’aller retrouver sa petite levrette ? La seule amie qui veut bien de toi ?

Il s’installa à côté de lui et passa son bras par-dessus son épaule, arrachant au jeune baron un frissonnement maîtrisé. Pourtant, Alexander resta calme ; dans le milieu, les fils de marquis étaient les pires, se croyant au-dessus de tout et de tout le monde, y compris des lois qu’ils enfreignaient sans crainte tant leurs pères étaient riches et puissants.

— Allons mon petit Alexander, fit-il en lui tapotant l’épaule, ne fait pas cette tête de chien battu, tu sais, on te taquine juste. C’est normal de s’amuser avec une petite domestique, tu as tous les droits sur elle après tout et elles sont tellement dociles quand on sait s’y prendre avec elles. Je ne te juge absolument pas je fais pareil. La seule différence est qu’elles sont nettement moins consentantes que la tienne.

— Laisse Désirée tranquille ! lâcha-t-il, avec vigueur en se levant en hâte, faisant fit de la douleur qui lui traversa l’échine. Je ne lui ai jamais rien fait, d’où te permets-tu d’insinuer de telles choses ?

— Oh, monsieur le baron s’énerve, s’amusa-t-il, et tu l’appelles par son petit prénom en plus. Désirée… c’est vraiment un nom de chienne ça.

— La ferme, Léandre ! cracha-t-il, en perdant patience.

Le groupe ricana, il était rare de voir le garçon sortir de ses gonds. Car de carrure chétive, Alexander n’était pas bien grand ni bien épais et était dominé par la plupart de ses camarades. De plus, son visage creusé et ingrat, couvert de bouton et aux yeux cernés de noir lui donnait un air pitoyable que tous, hommes comme femmes, ne pouvaient s’empêcher de critiquer allègrement.

Comment ses parents, si beaux et si nobles avaient-ils fait pour enfanter d’une créature aussi disgracieuse ? Aurait-il été un bâtard adopté car la baronne, trop fragile, n’aurait pu enfanter ?

— Prends garde à toi mon petit baron, affirma le marquis, tu sais, il est très mal vu de s’entendre avec ses serviteurs par ici. Les noréens ne sont là que pour exécuter nos ordres. Il serait fâcheux d’en voir certains prendre du galon et de souiller notre noble lignée aranéenne. Ces êtres ne valent pas grand-chose, regarde les récits que l’on étudie, ils sont décrits comme étant limités et ne se comportent guère mieux que des animaux. Il paraît que certains ne parlent même pas et se contentent de grogner et baiser comme des bêtes sauvages sans la moindre once d’intelligence dans leur petit crâne.

Alexander plissa les yeux et ne dit rien, se contentant seulement de le regarder, les poings serrés.

— Tu sais très bien que j’ai raison ! renchérit Léandre, toi qui es si proche d’eux tu dois bien t’en rendre compte ! Maintenant s’il te plaît prend un peu de distance avec ces gens-là, tu deviens la risée de notre institution. Tu n’es déjà pas bien beau, tu n’as pour toi que ton titre alors aies au moins la décence de rester au milieu de tes pairs. Je veux bien t’inclure dans mon groupe quelque temps si tu veux. Si ça peut te permettre de trouver des amis de ton rang.

— Fiche-moi la paix, je ne veux pas avoir affaire à toi ! pesta-t-il en prenant ses affaires et en s’éloignant.

— Réfléchis bien à ma généreuse proposition, Alexander, articula-t-il.

***

Il faisait encore jour lorsque le jeune baron rentra chez lui. En haut des escaliers, surplombant l’entrée du domaine, Ulrich fumait et, tel un prédateur, scrutait son fils qui gravissait les marches.

Alexander, la tête basse, prit soin de ne pas croiser le regard haineux de son père et passa devant lui, ne prenant pas le risque d’ouvrir la bouche afin de lui parler.

Mais à peine allait-il rentrer qu’il l’entendit mentionner son nom.

— C’est ainsi que tu accueilles ton père ? dit-il d’une voix étrangement calme.

Alexander soupira et se retourna. Ulrich, dans son emportement habituel, le gifla, manquant de le faire chuter.

— Je t’apprendrai la courtoisie la prochaine fois ! cracha-t-il, les yeux dilatés et les dents visibles, prêt à mordre.

Le fils ne dit rien et poursuivit son chemin ; il savait qu’il était impossible de raisonner son père lorsqu’il était dans cet état-là. Car, depuis la mort de sa femme, l’homme avait été fort mal influencé et avait commencé à suivre des personnes puissantes aux valeurs morales plus que douteuses.

En effet, depuis qu’Ophélia était décédée, il y a quatre ans de cela, le baron, fou de chagrin, s’était révélé incapable de faire son deuil. Il pleurait continuellement la disparition de son épouse ainsi que la perte de toute inspiration musicale.

Lui qui jadis était respecté et reconnu de tous dans le milieu, se révélait dorénavant incapable d’écrire ne serait-ce qu’une simple mélodie. Tout son talent, toute sa passion, sa fougue s’étaient évanouis, laissant l’homme dans un désarroi des plus total.

Ne pouvant supporter cette tragédie, se sentant vide et mort intérieurement, le baron avait commencé à boire, tentant de retrouver un semblant d’inspiration l’esprit embué. Il en devint alors violent et ressentait un besoin malsain de défouler ses nerfs.

Heureusement, son cher fils était là pour ça. Le garçon, si médiocrement fluet était devenu la proie idéale sur laquelle s’acharner.

Au début, il se contentait de simples claques, tentant à chaque fois de trouver un motif valable pour les lui donner et s’excusant en hâte après cela ; trouvant sa conduite paternelle indigne envers le fruit de ses entrailles.

Les mois passants, il se mit à le gifler de plus en plus fort, prétextant des motifs de plus en plus ridicules. Il en inventait même certains dans le but de se dédouaner de son action, tout en se persuadant d’être dans son bon droit. Il en profitait pour lui infliger quelques sévices supplémentaires, tantôt en lui pinçant l’oreille ou le traînant par les cheveux, tantôt en le poussant violemment au sol.

Le garçon, trop frêle, était incapable de lutter contre la force de son père et se contentait d’accuser les coups sans broncher, commençant à se familiariser avec ces gestes et ces affres douloureux qui devenaient quotidiens. Pleurant à chaque fois le soir venu lorsqu’il se trouvait seul, il ne voulait voir personne, pas même son amie. Ainsi, il gardait sa peine pour lui, seul, isolé dans sa grande chambre silencieuse.

Les années passant, il était devenu craintif, scrutant le moindre recoin de la demeure, la peur au ventre, dans l’angoisse d’y apercevoir son père et de subir son courroux.

Pourtant, à cette époque-là, l’homme pouvait se montrer adorable envers son fils, partageant avec lui de grands moments de complicité, l’emmenant même parfois en soirées mondaines. Devant son auditoire, il glorifiait ses résultats scolaires incroyablement bons et sa finesse d’esprit. En ces occasions, si peu nombreuses, il montrait au monde ô combien son fils était exceptionnel et qu’il était fier de lui.

Lors de ces soirées, Alexander pardonnait tout à son père, le pensant malade, incapable de se raisonner ; après tout, il avait perdu sa femme, peut-être que s’il en avait été de même pour lui, il aurait également réagi ainsi avec son fils. Ulrich ne cessait de lui dire à quel point il ressemblait à sa mère ; les mêmes cheveux, les mêmes traits de visage, la même carrure, la même gestuelle maniérée et, fâcheusement, les mêmes visions de la vie.

Le fils se sentait flatté d’être ainsi comparé à elle, cet être si cher à ses yeux et qu’il avait toujours admiré, du moins du peu qu’il se souvienne car au fil des jours, les souvenirs s’effacent, laissant derrière eux une triste sensation de douce amertume.

Le garçon nourrissait l’espoir qu’une fois sa colère apaisée et le deuil passé, son père puisse retrouver la raison. Il était même enclin à tout lui pardonner le jour où l’homme retrouvera un semblant de lucidité et parviendra à redevenir celui qu’il était jadis ; un père aimant et attentionné.

Néanmoins, ce jour tardait à venir et la situation empirait. Son père passait une grande partie de son temps avec ses deux merveilleux amis, débordant de bienveillance ; les très respectables marquis Laurent de Malherbes, membre de l’Hydre, haut magistrat et chargé des relations commerciales entre Norden et la Grande-terre. Ainsi que le tout jeune marquis Wolfgang von Eyre, un dandy dont la fortune était basée sur de nombreux commerces de prestiges, dont un somptueux cabaret baptisé Le Cheval Fougueux.

Auprès d’eux, Ulrich prit connaissance d’une drogue aux effets miraculeux, accordant au consommateur un sentiment de toute-puissance, idéal, selon eux, pour canaliser un esprit aussi tourmenté que le sien. Avec ce cachet lisse, d’un vert sombre et uni, portant le nom peu flatteur de drogue à haut potentiel agressif, plus communément appelé sous le doux pseudonyme de D.H.P.A., le baron retrouverait son inspiration d’antan.

La drogue provenait de la Grande-terre et était amenée sur l’île par les deux voiliers, l’Alouette et la Goélette, appartenant au marquis de Malherbes pour le premier et à l’Honorable marquis Lucius Desrosiers, le cousin d’Ophélia, pour le second. Personne ne savait d’où elle provenait ni ce qu’elle contenait. En revanche, ses effets psychotropes fonctionnaient à merveille et, depuis ses douze ans de circulation sur le territoire, le nombre de consommateurs avait augmenté.

Alexander ne savait pas exactement comment et où son père consommait cette drogue. Mais il le voyait régulièrement s’éloigner le soir venu, depuis plus de deux ans, et revenir le lendemain, débraillé, les habits tachés de sang et les pupilles dilatées à l’extrême.

Il avait, par la même occasion, dilapidé une grande partie de sa fortune et congédié ou chassé presque tous les domestiques, ne gardant auprès de lui que son palefrenier Pieter, qui lui était fort utile pour le ramener du cabaret lorsqu’il n’était pas en état, et la famille de Séverine, qu’il payait une misère pour effectuer toutes les autres tâches annexes.

À partir de cette période, le cas de son père s’aggrava dangereusement et le peu de lucidité qu’il possédait encore jusque là, s’était définitivement évanoui. Il s’acharnait avec nettement moins de retenue contre son fils unique ; le rouant de coups au ventre, au dos et aux jambes, allant jusqu’à le fouetter avec un martinet spécialement acheté au cabaret et dont il se servait d’une tout autre manière que pour assouvir un simple fantasme érotique de domination.

Et le garçon encaissait les assauts provoqués à intervalles irréguliers, ne sachant à l’avance ni quand ni où son père allait frapper, gémissant et couinant sous chacun des coups portés avec une aisance malsaine sur les zones sensibles de son corps. L’homme évitait cependant de s’attaquer au visage, de peur d’éveiller des soupçons sur les mauvais traitements infligés à sa progéniture. Comme le lui avaient conseillé ses amis, il esquivait également la région de son sexe ; il fallait que son fils puisse être fertile afin de bénéficier d’une descendance viable.

La fuite ? Porter plainte ? Le jeune homme y avait déjà songé plusieurs fois et la maigre fortune qu’il avait de côté lui aurait suffi à subvenir à ses propres besoins, et ce, pendant un temps. Cependant, il balaya tout espoir de ce côté-là lorsque son père lui avait clairement annoncé que si son fils le défiait, il serait dans l’obligation de s’attaquer aux domestiques afin de défouler ses nerfs ; notamment sur la petite friponne qui de par sa nature fraîche de jeune fille à peine mûre, une aranoréenne sans grande importance, ferait une adorable victime à torturer.

Dans un souci de les protéger, Alexander se condamnait lui-même, endossant le rôle de bouclier humain. Car, il le savait très bien, les domestiques ne pourraient dénoncer leur maître sous peine de sérieuses représailles.

Ulrich, entouré des puissants, jouissait d’un statut favorable auprès des membres de la cour de justice. Ces gens parviendraient sans aucun mal à les enfermer, voire à leur infliger les pires tortures s’ils déliaient leurs langues ou tentaient de proférer tout ce qui pourrait entacher la notoriété de ces nobles aranéens si redoutablement supérieurs et soudés.

Quelqu’un toqua à la porte puis entra dans la foulée. Alexander, assis sur son lit, put distinguer à travers le miroir de plain-pied qu’il s’agissait de Désirée. La jeune domestique arriva à sa hauteur et déposa sur sa table de chevet un plateau sur lequel une pièce de volaille accompagnée de légumes était disposée. Puis elle soupira, posant sur son maître un regard attristé.

— J’ai vu ce que ton père t’a fait tout à l’heure, murmura-t-elle, la tête basse, je me suis inquiétée de ne pas te voir redescendre pour le dîner.

Elle inspecta son état. Le garçon avait les yeux rougis par les larmes, tremblait et frottait frénétiquement ses doigts contre ses paumes ; un tic nerveux qu’il répétait régulièrement lorsqu’il était angoissé, submergé par les émotions qu’il tentait de contenir en lui. Elle s’installa à ses côtés et caressa sa joue. Mais Alexander, silencieux, repoussa sa main d’un revers.

— Tu peux me parler si t’as besoin, tu sais ? annonça-t-elle calmement, en frottant ses mains, gênée.

Il laissa échapper un petit rire nerveux et un rictus se dessina sur son visage blême.

— Reste à ta place Désirée, marmonna-t-il.

— Comment ? s’écria-t-elle, surprise.

Il leva les yeux vers elle et la dévisagea sévèrement.

— Reste à ta place ! dit-il avec plus d’assurance.

— Je ne comprends pas ! s’indigna-t-elle.

— Notre amitié est ignoble et déplacée. Tu es ma domestique, je suis ton maître ! J’ai eu tort de vouloir être ami avec quelqu’un comme toi !

Elle écarquilla les yeux, horrifiée par ce qu’elle venait d’entendre.

— Les aranéens et les noréens ne devraient pas être amis, poursuivit-il, nous sommes trop différents. Et j’essuie quotidiennement les remarques de mes camarades à ce sujet. Et qu’importe que tu sois les deux, cela ne change rien à ta nature.

— Tu dis ça uniquement parce qu’ils te méprisent ! s’offusqua-t-elle, les larmes aux yeux. Mais ils sont jaloux !

Il soupira, agacé d’avoir à se justifier.

— Désirée, plus je me renseigne sur votre peuple plus je me dis que mes pairs ont raison, vous êtes des êtres limités, que vous le vouliez ou non. Tous les écrits scientifiques et philosophiques à ce sujet le disent.

— Mais ça, c’est parce que ces hommes que tu étudies sont tous des aranéens ! Et des membres de l’Élite pour la plupart ! Insista-t-elle en hoquetant. Mes camarades à moi trouvent au contraire notre relation adorable !

Un effroyable rictus passa sur le visage du jeune baron qui, courroucé, montra les dents et se redressa.

— D’où te permets-tu d’en parler dehors, Désirée ? Comment oses-tu déballer ma vie sans gêne ? Et à d’autres domestiques en plus ? Tu veux que je sois la risée et me faire perdre le peu de crédibilité que j’ai ?

— Quoi ? cria-t-elle d’une voix étranglée, une main sur le cœur. C’est vraiment ce que tu penses ? Tu trouves que je te fais honte ?

— Parfaitement ! Cracha-t-il. Je n’aurais jamais dû permettre ce type de relation avec toi. Tu n’as pas à être mon amie, juste ma domestique et c’est mieux ainsi.

— Pourquoi es-tu odieux tout à coup ? Fit-elle en se levant à son tour et en le défiant.

— Ne me manque pas de respect ! maugréa-t-il, en pointant sur elle un doigt menaçant.

Désirée éclata en sanglots. Elle passa les mains sur son visage, tentant vainement d’arrêter ses larmes qui ruisselaient en abondance.

Voyant qu’il était allé trop loin et que le fait de la voir ainsi le chamboulait, il se pinça les lèvres et ajouta d’une voix radoucie.

— Je veux bien reconnaître mes torts ! C’est moi qui t’ai poussée à être proche de ma personne. Je n’aurais jamais dû, excuse-moi.

— Je me fiche de tes excuses ! cria-t-elle, fulminante. T’es définitivement aussi pourri qu’eux ! Tu penses que sous prétexte que ton père te fiche des roustes, tu te sens légitime de pouvoir user de ton statut à ton tour envers quiconque essaie de t’aider ? Tu veux te rapprocher de tous ces abominables aranéens que tu appelles à présent tes pairs ? Et ça dans le but de pouvoir t’intégrer ? Mais t’es vraiment pitoyable !

Blessé dans son orgueil, il ne put réfréner son geste et la gifla. Désirée, choquée, resta un moment immobile, pétrifiée par cette action brutale. Elle le regarda de ses yeux grandement écarquillés trahissant une tristesse infinie.

— Pardonne moi, Désirée, je ne voulais pas… parvint à articuler Alexander, le souffle court en réalisant ce qu’il venait de faire.

Il tenta d’approcher une main vers elle afin de la réconforter. Mais la domestique, désemparée et incapable de parler tant son estomac était broyé et sa gorge nouée, tourna les talons et s’enfuit.

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