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NORDEN – Chapitre 50

Chapitre 50 – Le Duel

— Je vous avais averti, Alexander !

Les mots prononcés par l’homme se tenant face au Baron étaient profondément cinglants.

Le Baron décrocha son regard de la dépouille de sa femme et leva la tête, regardant son interlocuteur avec mépris. Le Duc von Hauzen se tenait juste devant lui. Une grande tension envahit l’atmosphère. Les deux rivaux devaient parler ; ils attendaient cette conversation depuis bien longtemps.

— Je présume que vous étiez au courant de l’affaire ? Demanda le maire d’un ton solennel.

— C’est exact.

— Je me suis toujours demandé si Judith vous avait mis au courant de la petite conversation qu’elle avait surprise lorsque je me suis entretenu avec le jeune Enguerrand. Je suppose qu’elle avait dû nous apercevoir au manoir pour oser faire un tour à l’observatoire afin de porter secours à ce garçon noréen. J’ai vite compris qu’elle n’était pas morte ce soir-là ; qu’elle avait pris sa forme animalière et avait fui.

— Vous avez bien supposé, en effet. Votre conversation l’avait fortement troublée et elle ne pouvait pas se résigner à laisser ce pauvre malheureux livré à ce triste sort.

— Quelle femme charmante ! S’exclama le Duc. Quoi qu’il en soit, mes hommes avaient repéré ses habits sur la berge quelques mètres avant la falaise. De toute évidence, elle s’était changée juste avant la chute. Bien sûr, pour ne pas ébruiter ce scandale j’ai gardé cela secret. Je vous avoue que j’ai eu peur que vous n’interveniez dans mes affaires. Je vous ai déjà comme rival et concurrent politique. Je ne voulais pas vous avoir en plus sur le dos pour un malencontreux évènement !

— Malencontreux évènement ! Répéta avec rage le Baron, les dents serrées. Je vois que vous ne manquez pas de compassion lorsque vous évoquez la mort de ma femme. Vous allez donc me dire enfin ce que vous tramez ? Pourquoi est-ce que vous enlevez de pauvres enfants noréens pour les envoyer sur la Grande-terre ?

— Je peux vous le dire, en effet, puisque je compte vous évincer suite à cela, vous allez plonger avec moi et nous laisserons notre territoire aux mains de l’Hydre qui seront les plus aptes à diriger. Au vu de ce qu’il vient de se passer ce soir, je suis perdu de toute façon. Il serait cruel pour moi que je vous tue, vous m’avez accordé tellement de tracas vous avec votre arrogance et votre hargne de chien de chasse que je ne compte pas abréger vos souffrances aussi facilement. Sachez que j’ai le cœur lourd et que je ne suis absolument pas fier de mes actes et vous m’y avez poussé d’une certaine façon. Je commence à être lasse de cette situation et de cette pression que je subis depuis tant d’années maintenant. Je deviens fou. Seuls quelques-uns de mes plus fidèles partisans sont au courant de cette histoire, si triste et obscure, je l’avoue, mais néanmoins nécessaire car il en va de la survie de Norden tout entière.

Le Baron haussa un sourcil et eut un rictus.

— Je ne vois pas où vous voulez en venir Friedrich, soyez plus clair ! Pesta-t-il.

L’homme eut un rire, l’insolence du Baron l’amusa. Il fit les cent pas, tout en pointant son arme sur lui, qu’il lustrait du bout des doigts, et lui ordonna de jeter la sienne au loin. Alexander jura et s’exécuta.

— Alexander, commença-t-il d’une voix mesurée et distincte, vous savez que je suis maire depuis maintenant un certain nombre d’années, vingt-deux ans pour être précis. Je sais que vous convoitez ce poste depuis longtemps et vous en avez la trempe. Cependant, le statut de maire incombe énormément de tâches et de décisions douloureuses. Parfois, certains sacrifices sont nécessaires pour maintenir l’ordre et permettre à la majorité de survivre.

Le Baron fronça les sourcils et toisa le Duc, l’œil mauvais :

— Et donc ? Cracha-t-il, quel avantage y a-t-il à enlever des enfants ? Vous voulez les vendre ? Pourquoi donc, pour de l’argent ? Par souci d’eugénisme peut-être ?

— Je vous pensais beaucoup plus réfléchis Alexander, ces années auprès de la noréenne et de son fils ont fait chuter vos capacités cognitives. C’en est navrant !

Alexander grogna et pesta, piqué dans son égo. Il sentait la colère lui monter.

— Cela fait maintenant plus de trois siècles, cher Baron, que notre peuple s’est installé sur cette île dans l’espoir d’y fonder une société harmonieuse et paisible. Par chance, dirons-nous, il se trouve que les noréens ont eu les mêmes espoirs d’avenir que nous et nous ont accueillis en leur sein. C’est d’ailleurs pour cela que notre société, loin d’être parfaite, fait tout son possible pour pouvoir maintenir cet havre de paix entre les peuples. Même si depuis nos échanges commerciaux avec la Grande-terre certains d’entre nous, aranéens, ont fait fortune et se sont crus supérieurs à nos compatriotes noréens, au point de les rabaisser. Je tente malgré tout de rétablir un soupçon d’équité entre nos deux peuples, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi une noréenne en secondes noces, ma très chère Irène, aussi douce qu’une vipère et aussi protectrice qu’une hyène. Mais ces familles, dont nous descendons vous et moi, sont pour la plupart difficiles à convaincre et veulent continuer d’imposer leur suprématie sur l’île. L’Élite est impitoyable…

— Quelle société parfaite, en effet ! Et c’est vrai qu’il n’y a jamais eu la moindre insurrection ni le moindre scandale durant votre mandat ! Ironisa le Baron.

— Ne soyez pas aussi impertinent. Sachez qu’un évènement fâcheux est en train de se passer. Une menace provenant de la Grande-terre elle-même, de l’empire de Providence pour être plus précis. Notre vie en totale autarcie nous a coupés du monde, et ce depuis de nombreuses années. Notre société, bien que très avancée technologiquement par le passé se retrouve à présent complètement obsolète. Les empires de la Grande-terre, continuent leur grande ascension et expansion. De nouvelles armes beaucoup plus dangereuses et de nouveaux modèles sociétaux font qu’ils ne tarderont pas à nous envahir Norden à nouveau. Et Alfadir n’est plus en mesure de pouvoir les repousser.

— Alfadir ? S’étonna le Baron. C’est bien la première fois que je vous entends mentionner le nom de cette entité Friedrich.

— Effectivement, voyez-vous, Alfadir est la seule entité capable de mettre à mal la menace de la Grande-terre. Comme vous avez dû l’apprendre dans votre jeunesse, c’est une entité mystique vivant au plus profond des terres noréennes. Les noréens disent de lui qu’il est l’âme de Norden, son protecteur, leur Aràn. Il a déjà repoussé plusieurs de ses assaillants par le passé. Jadis, sa puissance était redoutée de tous ; au point que les peuples de la Grande-terre étaient terrifiés et n’osaient mener un nouveau débarquement sur l’île ou même s’en approcher. C’est pour cela que nous avions conservé notre suprématie sur ces mers, eu égard de nos échanges commerciaux. Il se trouve que pour assurer la protection de notre havre de paix, nos espions, missionnés depuis de très nombreuses années là-bas, nous ont rapportés de terribles nouvelles à propos de la volonté de nos ennemis. J’ai appris il y a quelques années qu’une attaque sur Norden était imminente ; la peur d’Alfadir s’est estompée depuis que nos ennemis ont créé une arme redoutable qui puisse contrer sa toute-puissance.

— Votre théorie est de plus farfelues Friedrich. À vous entendre, j’ai l’impression que vous travaillez pour Alfadir lui-même. C’est à croire que vous délirez.

— Pourtant ce que je vous dis est vrai, que vous le croyiez ou non. Je n’ai jamais croisé Alfadir en personne, mais j’ai des informations confidentielles à son propos et je travaille à la solde de quelqu’un qui pourrait tout à fait l’évincer à présent. Sachez juste que les puissants de la Grande-terre observent et étudient Norden depuis longtemps. Et ces gens semblent de plus en plus s’intéresser au « don » si particulier de nos colocataires qu’ils ont, d’une certaine manière, réussi à apprivoiser et à percer le mystère.

— Ne me dites pas que vous avez alors volontairement échangé ces enfants contre des faveurs ! S’indigna le Baron. Parce que si tel est le cas vous êtes l’être le plus abominable que je connaisse.

— Je vous retrouve bien là ! Ricana le Duc, et vous n’avez pas tout à fait tort. J’ai effectivement échangé ces enfants, mais pas pour une quelconque valeur marchande, non. Il y a que ces enfants, tous noréens, sont extrêmement convoités et que par conséquent, ils représentaient notre seul et unique but de sauver cette île. Leur transformation est quelque chose d’unique et bon nombre de nos ennemis paieraient cher pour posséder quelques spécimens afin de les étudier et de pouvoir subtiliser leur don.

— Vous êtes ignoble, monsieur. Je vous savais impitoyable, mais là vous provoquez en moi un profond dégoût. Aucune vie ne mérite d’être jetée en pâture ainsi.

— Ne faites pas l’oie blanche, Alexander ! Vous et moi, nous sommes pareils. Nous voulons tous les deux maintenir cette île dans l’harmonie, et ce, quoiqu’il en coûte. C’est d’ailleurs pour cela que je vous ai toujours profondément détesté autant que respecté. Vous et moi sommes indispensables à la survie de cette île.

— Quelle délicate intention ! Railla le Baron, néanmoins, cela ne vous empêchera pas de me tuer, j’imagine. Pensez-vous seulement que je pourrais garder ce que vous venez de me dire uniquement pour moi ?

Le Duc rit devant la sollicitude de son rival.

— En effet, car je ne compte vous dévoiler qu’une infime partie des éléments, assez pour vous piquer au vif, mais pas assez pour vous permettre d’émettre des hypothèses tangibles. Je veux vous laisser ruminer, vous voir ronger de l’intérieur par ces évènements qui sonnent pour vous comme une incompréhension totale, un acte insensé, alors qu’il n’en est rien ! Vous aurez tout le temps d’y réfléchir en prison, avec moi, s’ils me laissent vivre, qui porterait sur vous un visage empli de satisfaction. Nous sommes enchaînés mon cher Alexander, et ce depuis de ce foutu incident qui a ruiné ma vie autant que la vôtre.

— Quel beau projet et je me réjouis bien de savoir que vous souffrez également ! Déclara le Baron, d’un ton cinglant. Mais plutôt que de ruminer le passé, puis-je donc savoir, comment avez-vous réussi à renouer contact avec nos futurs envahisseurs ?

— Le salut me fut venu il y a presque quatre ans de cela avec l’arrivée sur Norden de deux fils de bonne famille, ces messieurs Enguerrand et Charles. Grâce à leur aide, j’ai pu entrer directement en relation avec un des hommes à la tête d’un des empires parmi les plus puissants de la Grande-terre, l’empire de Charité ; le concurrent direct de l’empire de Providence avec lequel nous commerçons et qui possède l’arme tant redoutée. J’ai pu ainsi nouer un accord diplomatique avec l’empereur de Charité lui-même. Ces deux braves garçons cherchaient désespérément à laver leur honneur déchu et à sauver leur peau ainsi que celle de leur ami captif. Je les ai donc engagés à ma solde et leur ai promis un avenir radieux s’ils m’obéissaient.

— Vous êtes bien magnanime. Je me disais bien qu’il était fort étrange que vous laissiez votre fille Meredith épouser un homme d’aussi basse lignée.

— Oh ! ma pauvre fille, si seulement elle savait !

Il y eut un moment de silence. Le Duc, las d’être debout, s’installa sur un gradin et pointa son arme en direction de la tête de son rival.

— Comme je viens de vous le dire, cela fait plusieurs années que nos ennemis lorgnent Norden et prévoient une attaque sur l’île afin de capturer les noréens qui s’y trouvent. D’autant que la défense maritime de Norden n’est plus ce qu’elle était. Jörmungand entêté dans son orgueil et dans sa colère ne se laisse plus convaincre d’effectuer son travail de protection sur ces mers depuis plus de trois siècles. Alfadir a tenté il y a une quarantaine d’années, encore, de le raisonner, mais cela n’a fait qu’accentuer son courroux. Un combat acharné eut lieu entre ces deux entités et Alfadir s’en retrouva grièvement affaibli. Son seul nom suffit encore à effrayer nos ennemis, mais si par malheur, ils se rendent compte que notre système de défense est brisé. Ils ne tarderont pas à déferler sur notre île et à provoquer un véritable carnage.

— Je suis désolé Friedrich, mais vos références à ses pseudodivinités me laissent perplexe. Je me rends compte qu’effectivement vous êtes rongé par la folie vous aussi. Sinon, comment oseriez-vous me sortir de telles élucubrations ! Jörmungand et Alfadir ne sont que des légendes, des pseudodivinité créées par le folklore noréen pour tenter d’expliquer leur don mystique. Ils ne sont pas réels !

— Croyez ce que vous voulez Alexander. Vous me décevez terriblement. Je vous pensais érudit. C’est à croire également que vous n’avez jamais étudié en détail l’histoire de Norden et de son « folklore » comme vous dites. Car si vous vous étiez penché un minimum là-dessus, ne serait-ce que sur les écrits du comte de Serignac, que vous avez certainement dû étudier à l’école, vous auriez compris pourquoi nos navires effectuent plusieurs fois la traversée de ces mers et surtout pourquoi nous sommes les seuls à n’avoir jamais accosté sur cette île si particulière et surtout à être autorisés à y rester !

Alexander, fulminant, jura, se sentant injustement humilié. Les paroles de son interlocuteur l’exaspéraient.

Le Duc poursuivit :

— Notre seul salut était de gagner un peu de temps avant que notre protecteur ne soit rétabli. En apprenant de ma plus fidèle émissaire l’arrivée d’une invasion imminente, mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai donc dû élaborer au plus vite, sur ordre de mes supérieurs, une stratégie afin de pouvoir gagner quelques années supplémentaires. En espérant qu’Alfadir soit assez fort pour préserver l’île le moment venu. Une idée affreuse leur traversa alors l’esprit. Je m’en voulais de devoir la mettre à exécution et de me plier à leur volonté. Mais je tenais avant tout à faire mon devoir ; en tant que maire, je me dois de protéger mes concitoyens, noréens comme aranéens. J’ai donc pris contact avec cet Enguerrand afin de lui proposer un marché. Le jeune homme devait convaincre son père de ne pas attaquer l’île tout de suite. C’est ainsi que je suis entré en contact avec le puissant empire de Charité et il se trouve que celui-ci est en conflit permanent avec Providence. Ce en quoi, en échange de sa protection nous lui fournirons, à lui seul, certains spécimens noréens afin qu’il ait l’ascendant sur son ennemi et se livre dans une guerre sanglante avec celui-ci. L’empereur savait bien que Norden était convoité par Providence et qu’avant de parvenir jusqu’à nous, ils allaient devoir se livrer bataille. Il ne voulait pas se mettre des concurrents à dos une fois arrivé sur l’île. Il a donc accepté ma proposition de lui envoyer quelques noréens en échange de sa discrétion. En contrepartie, il épargnera Norden et nous défendra en cas d’attaque ennemie. Je nous ai donc créé un allié puissant, mais également extrêmement redoutable. Un enfant cédé, une année de paix. Tel est l’accord que nous avons passé et je leur en ai laissé treize pour l’instant. Je me doute bien qu’il les utilisera à des fins plus que malsaines. Mais au moins, j’ai bon espoir qu’il utilisera le don de ces noréens afin de se livrer bataille sur la Grande-terre et non de s’acharner sur notre île. J’ai sacrifié ces enfants, j’en ai conscience. Je m’en veux sincèrement, mais que vaut le sacrifice de quelques individus au profit de la préservation de nos enfants et de notre nation tout entière ?

— Vous êtes profondément ignoble ! vitupéra le Baron. Qui sont donc ces supérieurs que vous semblez tant craindre ? Des providenciens ? Des charitéiens ? Des Nordiens même ?

— Ceci mon cher sera la graine néfaste que je laisserais germer dans votre esprit afin qu’elle se déploie, s’étende, en vous et vous ronge.

— Dites-le-moi ! Sinon j’ai bien peur de ne vous laisser aucune chance de survie en prison. Je n’ai rien fait qui puisse m’être reprochable, von Dorff ne peut me condamner ! Ragea le Baron. Vous êtes le seul fautif, un enleveur d’enfants et un traître, un assassin de notre patrie ! Vous feriez mieux de m’éliminer, car je ne tiendrais pas ma langue ! Sachez-le.

— Par Alfadir, Alexander ! Cessez vos remarques méprisantes ! Vous n’êtes clairement pas mieux que moi ! Dois-je vous rappeler que vous avez voulu faire assassiner cette pauvre noréenne alors qu’elle attendait un enfant ! Et que c’est moi qui ai été obligé d’intervenir afin de lui permettre de mettre au monde l’enfant avant de mourir. Vous alliez, vous aussi, assassiner un être innocent.

— C’était sous le coup de la colère, Friedrich, objecta le Baron. Cette femme venait de gâcher ma vie et vous avez tout fait pour me rabaisser suite à cela. Tout cela pour sauver vos hommes ou plutôt, devrais-je dire, les hommes de l’Hydre et garder votre influence !

Sur ce, le Duc, nerveux et légèrement tremblant, sortit de sa poche un sachet et prit l’unique pastille vert sombre qui s’y trouvait et la porta à sa bouche afin de la croquer. Le voyant faire et reconnaissant de quoi il s’agissait, Alexander, muet, afficha une expression de stupeur, mêlée d’effroi.

Son adversaire ferma les yeux, prit une longue et profonde inspiration et se laissa envahir par la douce sensation que venait de lui provoquer instantanément la dose.

— Il n’y a pas que la vôtre qu’elle a gâchée soyez en certain ! Ricana nerveusement le Duc, et il fallait bien cela, vous aviez les dents trop longues et je ne supportais plus votre défiance perpétuelle, vous êtes aussi enragé qu’un chien ! Et puis, vous n’aviez pas l’air malheureux lorsque vous dansiez lors de l’Alliance dans les bras de sa charmante fille aînée.

Friedrich fut pris d’un rire effroyable, il rouvrit ses yeux, dont les pupilles venaient de se dilater fortement, ce qui révolta davantage le Baron.

— Comment osez-vous…

— Oh comme je n’aurais jamais dû vous reparler de cet évènement, de cette effroyable femme ! Je ne sais pas ce qui m’a pris de vous dévoiler cette lettre, alors que j’avais tout fait pour dissimuler son existence, jusqu’à même dérober ces foutus registres. Un coup de sang certainement ! Oui, très certainement au vu de tout ce que je viens de perdre à jamais ! Et une envie supplémentaire de vous voir plonger avec moi, vous et ma tendre femme adorée ; de ne pas être seul à souffrir de cette monstrueuse affaire !

— Que voulez-vous dire par…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’une deuxième arme était pointée sur lui. Le Duc se retourna en voyant son rival perturbé.

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