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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 52 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 52

Encore piégé ?
Traducteur : Team Yarashii

— Oh, le voilà !

Nous quittâmes l’armurerie pour découvrir Itsuki, Ren, et leur groupe respectif, qui couraient dans notre direction pour une raison que j’ignorais.
Ren était comme moi. Non, en fait, il provenait d’une version technologiquement plus avancée du Japon où il était possible de s’immerger intégralement dans des univers virtuels.
Et il avait été invoqué ici en tant que Héros Épéiste. Comme Motoyasu, il était beau gosse, avec des traits un peu efféminés. Ses cheveux noirs avaient des reflets brillants, et il demeurait silencieux, quelle classe.

À quoi cela rimait-il ? Ils se trouvaient en ville au même endroit et au même instant ?
Itsuki, contrairement à la dernière fois où je l’avais vu, portait ce coup-ci un équipement de bien meilleure facture.
Ils avaient dû remarquer la sale tête que je faisais. Itsuki fit un pas en avant et proclama avec force :

— C’était TOI ! Je me suis occupé d’une requête officielle, et tu m’as volé la récompense !
— Quoi ?
Pourquoi aurais-je fait cela ?
— Moi aussi. Tu m’as également dérobé mon dû.

Ren avait un regard meurtrier posé sur moi.
J’avais ma petite idée sur la raison de sa colère. Qui avait causé tous ces ennuis dans la ville près des montagnes ? Qui avait laissé la population être infectée d’une terrible maladie ?

— Ren, d’accord, tu as raison pour ça. Mais j’ignore totalement de quoi parle Itsuki.
— Tu oses jouer l’idiot devant nous ?
— Je ne peux pas savoir ce que j’ignore.
— Bon, calmons-nous un peu. On doit d’abord en discuter, sinon comment Naofumi pourra avouer ses crimes ?
— Je suis donc présumé coupable d’entrée de jeu ?
— Est-ce que le maître a fait quelque chose ?
— Pas que je sache.

Je tentai de réconforter Filo et Raphtalia tout en fixant des yeux les deux autres.

— Enfin, qu’importe. Pourquoi ne pas au moins m’en dire un peu plus ?

Itsuki se mit à m’expliquer ce qu’il avait contre moi.

— Ça s’est déroulé dans un territoire au nord d’ici. On m’a chargé d’enquêter sur les actions d’un despote local et, lorsqu’on m’a ordonné de le destituer, ce que j’ai fait…

Après cela, il s’était visiblement comporté comme d’habitude, en envoyant l’un des membres de son groupe (celui toujours habillé d’une armure très voyante) percevoir la récompense des mains de la guilde gérant ce type de requêtes. Toutefois, à son arrivée, on lui annonça que le paiement avait déjà été versé, et le seul coupable potentiel qui vint à l’esprit d’Itsuki… ce fut moi.

— Hmm, désolé de prendre la parole alors que c’est pas mon tour, ô grand seigneur Itsuki, mais tu ne t’es jamais dit que si un héros fait tout pour cacher sa vraie identité, personne ne saura jamais ce qu’il a accompli ?
— Tu m’as appelé comment là ? Qu’est-ce que je dois comprendre ?
— Tu parades avec une épée à la ceinture en prétendant jouer les redresseurs de torts ordinaires. Pas vrai, mon cher petit seigneur ?

Itsuki, sans doute pris au dépourvu, commença à me crier dessus. Sa volonté de cacher tout ce qu’il entreprenait devenait manifestement un problème.
Personne ne pouvait deviner à quoi ressemblait le Héros Archer, ni ce qu’il faisait.
Alors, les citoyens de Melromarc devaient forcément penser que tout ce qui se produisait de bien dans ce monde était l’œuvre des Héros Lancier et Épéiste.
Il pouvait très bien clamer à cor et à cri qu’il faisait un tas d’actions incroyables, cela n’affecterait en rien sa réputation.

Bien sûr, sauver autrui en demeurant dans l’ombre était une perspective séduisante, et il devait se trouver classieux comme héros caché, mais il n’était pas près d’être reconnu pour ses actes.
J’étais encore un étudiant à l’université, mais j’étais déjà conscient du fait qu’une fois lâché dans le vaste monde, c’était à moi d’assumer ma propre réputation.

Quant à Itsuki, même vêtu de sorte à révéler sa véritable identité, si quelqu’un revendiquait la responsabilité de ses propres actions, tout le monde serait enclin à croire cette personne, notamment en connaissant le caractère habituellement taciturne du porteur de l’Arc Légendaire.
D’un autre côté, un héros de ce genre n’en aurait pas nécessairement après l’argent ou la gloire, en agissant mal en secret.
Cependant, je me sentais vaguement mal à l’aise en l’écoutant, puisque les gens m’appelaient bien le saint escorté de l’oiseau divin.

— Quand tu finis une quête, est-ce que c’est mis sur le compte du Héros Archer ? De ce que je sais, la seule qu’on peut confirmer à ton actif, c’est celle liée à la ville avec ses problèmes de taxes. Et encore, c’est seulement parce que je t’ai vu là-bas.
— Mais c’est justement parce que j’agis en secret.
— Alors, laisse-moi confirmer une chose. J’ai entendu parler d’un aventurier portant un arc qui a soutenu un mouvement de résistance dans un pays au nord. C’était toi ?
— Ou… oui ! J’ai combattu aux côtés de la résistance pour chasser un mauvais roi qui se comportait en despote. Nous l’avons destitué.
— Et est-ce que tu sais ce qui est arrivé à ce pays après ton départ ?
— Eh bien, le tyran n’est plus là, donc je suppose qu’ils prospèrent, désormais.
— Ce n’est PAS DU TOUT le cas. Ils crèvent la dalle, et la situation est si terrible qu’ils sont obligés de traverser la frontière en douce pour troquer chez nous leurs biens contre de la nourriture.
— Non ! C’est impossible ! Mais pourquoi ?
— Bah, réfléchis un peu. Le roi était peut-être un sale type, mais tout le pays souffrait déjà de la famine. Remplacer la personne régnant au sommet ne va pas changer la donne d’un claquement de doigts.
— Ça n’a rien à voir avec moi. Arrête de vouloir dévier la conversation.

Ugh… Sale gosse irresponsable… Il ne pouvait pas faire mine de se sentir un minimum concerné ?

— D’accord, si tu veux, revenons à nos moutons. Tu as envoyé quelqu’un de ton équipe pour aller récupérer la récompense ? Est-ce que cette personne peut expliquer tout ça ?
— Ou… oui ! Bien sûr que oui !
— Auprès de la guilde, hein ? Et ton pote a de quoi prouver qu’il est bien affilié à ton groupe ?
— Oui, oui. J’ai un certificat ! Porteur du sceau royal, qui plus est !

Le visage d’Itsuki irradiait de confiance. Mais qu’est-ce qu’il racontait ?

— C’est un certificat spécial, conçu avec une technologie particulière ! Il est très difficile à contrefaire !
— D’accord, c’est bien joli tout ça, mais vu que j’ai pas un tel papier, comment est-ce que j’aurais pu prendre la récompense en ton nom ?
— Fait chier…

Itsuki jura, contrarié. Il savait que j’avais raison.

— Dans ce cas… et ton arme, alors ?

À présent, il se cherchait des excuses. Il fallait croire qu’il était prêt à tout pour que cela me retombe dessus.

— Tu peux changer la forme de ton Bouclier, alors tu aurais très bien pu lui faire adopter l’apparence de mon Arc Légendaire et prendre le paiement sans certificat !
— Tu crois ça ? Regarde bien autour de toi, un paquet de gens pourraient imaginer un truc pareil.
— Tu peux le prouver ?
— Filo ?
— Quoi ?
— Reprends ta forme d’origine.
— D’accord.

Filo retourna à son apparence aviaire. Ce faisant, ses habits disparurent et se reformèrent comme un ruban entourant son cou. Je le désignai du doigt.

— Quoi ?
— Pigé ? Certains équipements peuvent changer de forme dans ce monde. Il doit exister des tonnes d’objets capables d’adopter l’apparence d’un arc. Et puis, en parlant de héros, je ne suis pas le seul équipé d’une arme transformable. Je suis sûr que tu vois où je veux en venir…
— Mais…
— Itsuki, laisse tomber. Tu manques de preuves pour accuser Naofumi.

Itsuki était déterminé à me coller cela sur le dos, mais Ren s’avança et lui conseilla de ne pas insister.

— De plus, as-tu au moins pris la peine de demander à quoi ressemblait la personne ayant récupéré la récompense ? Celle qui s’est fait passer pour toi ?
— Euh… non, mais…

Les questions de Ren étaient suffisamment précises pour faire perdre confiance à Itsuki.

— Tu dois lâcher l’affaire. Si tu souhaites être reconnu pour tes actes, il va falloir te montrer plus direct et honnête dans ton approche. Bien, à mon tour…
— Je suppose que tu veux parler de l’épidémie dans le territoire situé à l’est ?
— Au moins, nous sommes sur la même longueur d’onde. Tu t’es emparé de ma récompense.
— Seulement parce que je me trouvais là à ce moment. Tu n’es pas au courant ? Tu as tué un dragon, mais son corps s’est mis à pourrir et il a répandu une maladie dans toute la région.
— Quoi ?

Ren demeura sans voix. Il resta debout et garda le silence.
À quoi pensait-il ? Je ne le voyais pas du genre à être désarçonné par cela.

— Un tas de gens sont morts. Il leur a fallu construire un nouveau cimetière derrière leur bâtiment principal. Si je n’étais pas passé dans le coin, ils seraient tous morts à l’heure qu’il est.
— Ce n’est pas possible…

Il parut vaciller et tituba faiblement vers l’est.

— Hé, attends ! Tu n’auras pas le temps d’y aller. Et la vague, alors ?
— Mais… si c’est ma faute…
— Je me suis occupé du corps du dragon. Les malades reçoivent tous des soins de la part d’un médecin local. Si c’est ça pour toi « voler une récompense », ça me pose aucun problème.

Toute couleur déserta le visage de Ren.

— Tu vas vraiment gober ça ?

Itsuki se tourna vers Ren et s’écria.

— Il n’a aucune raison de mentir. La quête est achevée, alors la récompense a été annulée. Rien ne sonne faux là-dedans.
— Quand le corps du dragon a été réanimé pour devenir le Dragon Zombie, je dois dire que ça m’a pas mal surpris. Raphtalia a même fini maudite après le combat. On a pu la guérir, mais elle en a bavé.

Je disais la vérité. Je ne préciserais simplement pas que j’en étais responsable.

— Voilà donc ce qui est arrivé. J’en suis désolé.

Ren pivota vers Raphtalia et inclina la tête devant elle.
Je n’en crus pas mes yeux. J’avais toujours pensé que Ren était un type froid et sans cœur. Apparemment, il se retrouvait en position de faiblesse lorsque les problèmes qu’il causait étaient révélés. Honnêtement, je m’attendais à ce qu’il rétorque quelque chose comme : « C’est leur faute s’ils sont faibles. »

— Pourquoi as-tu laissé la carcasse du dragon pourrir ?
— L’un des membres de mon équipe a suggéré de l’abandonner là afin que d’autres aventuriers s’en servent pour en tirer des matériaux. Je voyais ça comme une bonne idée.

Cela me fit penser qu’il me semblait avoir entendu que le village avait prospéré pendant une courte période.

— Nous avons décidé de laisser les villageois et les aventuriers de passage gérer ça, mais…
— Bon, la prochaine fois, fais le ménage derrière toi. Un corps, ça se décompose. Puis, ça devient un vecteur de maladies. Fais au moins quelque chose au sujet des organes et de la viande.
— Oui…

Sa réponse était décevante. Même s’il était en colère, il n’avait toujours pas dit un mot sur le village ou sur ce qui était arrivé là-bas. Ils ne voulaient sans doute pas reconnaître que leurs actions avaient engendré de néfastes conséquences. Eh bien, comme disait le dicton, on récoltait ce qu’on semait.

— Mais j’ai toujours pas confiance en toi.

Itsuki se montrait encore plus entêté que Ren.

— Je vais trouver un moyen de prouver ce que tu as fait.
— Vas-y, fais-toi plaisir, je t’attends volontiers. Mais t’as pas intérêt à truquer quoi que ce soit. Si tu découvres le coupable, ne lui demande pas si le Héros Porte-Bouclier lui a forcé la main. Avec ma réputation, n’importe qui en profiterait pour me foutre ça sur le dos.
— Qu’est-ce que je dois comprendre ?
— On a été attaqués par un groupe de bandits, mais on leur a mis une raclée. Ils comptaient apparemment aller en ville et raconter à qui voulait l’entendre qu’ils avaient été agressés par le Héros Porte-Bouclier.
— Mais c’est…
— Précisément ce que tu fais, ô grand seigneur. Tu devrais en prendre de la graine et apprendre à repérer quand quelqu’un ment.

J’ignorais si Itsuki s’était soudainement découvert un élan de sympathie envers moi et ma misérable réputation, mais il me regardait à présent avec des yeux étrangement bienveillants. Cela me rendait dingue.
Pourquoi devais-je être la victime de sa commisération ?

— Je vais mettre ce sujet de côté pour le moment…
— Je n’ai rien fait.

Franchement, combien de crimes allais-je encore devoir endosser ? Étais-je supposé me rendre coupable de tous les méfaits commis dans ce monde ?

— Mais je t’aurai un jour, et je trouverai des preuves.

Le port hautain et bouffi d’arrogance, Itsuki se tourna et partit. Ren, un peu à cran, le suivit.

— Allons-y.

J’aurais dû me douter que rien de bon ne pouvait m’attendre dans cette ville, puisqu’elle se trouvait à la botte du Sac à merde. Nous décidâmes de rentrer à l’auberge pour la nuit.

— Bonsoir, Héros Porte-Bouclier.

Je me détendais dans ma chambre quand cinq des soldats que j’avais déjà croisés s’arrêtèrent pour me saluer. Les deux à qui j’avais parlé la dernière fois s’exprimèrent au nom de leur groupe.

— Que se passe-t-il ?
— Nous nous sommes dit qu’il serait de bon aloi d’organiser une rencontre avec vous pour nous préparer en prévision de l’arrivée imminente de la prochaine vague.

Ils paraissaient prendre cela à cœur, c’était certain. C’était sans doute une bonne chose pour moi.

— Raphtalia a déjà de l’expérience sur ce sujet. Filo, tu peux aussi te joindre à nous.
— Hmm ?
— Que chacun garde à l’esprit que je ne suis pas vraiment un expert dans ce domaine. Mais j’ai pas franchement le choix, alors quand la vague déferlera, vous serez transportés sur les lieux avec moi. Je vais donc essayer de vous expliquer comment je compte me battre et ce que vous pouvez faire pour m’aider, ça vous va ?
— Oui ! Afin de protéger les innocents citoyens de ce monde, nous désirons collaborer avec vous.

Je nourrissais encore des doutes sur leur sincérité, mais je choisis de continuer sur cette voie pour l’instant.

— Passons en revue ce qui s’est passé lors de la bataille précédente. La dernière fois, les monstres qui ont surgi de la faille ont tous chargé un village situé tout près. Alors, j’ai dû me tenir en première ligne pour défendre les habitants.

Oui, ce fut un rude combat. Une faille géante béait dans le ciel, et des hordes de monstres s’en déversaient. Tout un bestiaire dont le nom finissait toujours par « interdimensionnel ».
Il y avait également des spécimens bien plus imposants, et ils s’étaient tous mis en tête d’attaquer Riyute. La panique et la confusion régnaient en maître. Plusieurs groupes de gens s’étaient retrouvés sous la menace directe de ces monstres, mais j’avais réussi à les sauver grâce à mes compétences Bouclier d’Air et Prison du Bouclier.
Raphtalia m’avait aidé à évacuer le village, puis nous nous étions concentrés sur la bête géante la plus proche. Elle fut vaincue.
Pour être franc, c’était similaire à une grosse guerre PvE.

— La priorité numéro un est la mise à l’abri des civils. Faites tout ce que vous pouvez pour que l’évacuation se déroule sans accroc.
— Bien, monsieur.
— Bon, vu comment les autres héros doivent se sentir péteux en ce moment, je parie qu’ils enrôleront quelques chevaliers pour prêter main-forte.

Il devait bien y avoir d’autres soldats en dehors de ceux présents à mes côtés qui accordaient de la valeur à la vie de civils innocents.

— À ce propos…
— Oui ?
— Nous pensions que d’autres militaires franchiraient le pas et demanderaient à se joindre à nous, mais ce n’est pas encore arrivé.

Que devais-je comprendre ?
La seule chose qui me vint à l’esprit, c’était que ces soldats-là étaient au bas de l’échelle et qu’il y avait une sorte de seuil limite dans la participation aux combats contre les vagues. Ou alors, les postes à responsabilité attiraient les types égoïstes et avides de pouvoir, ne laissant que des miettes aux gens bien. C’était sûrement cela. Les officiers haut gradés ne savaient peut-être pas du tout gérer leurs troupes. Je me demandais si les autres héros y attachaient la moindre importance.

— Qu’est-ce qu’on faaaaiiiit ?
— On va faire évacuer les habitants, donc si un monstre se pointe un peu trop près, tu dois t’en charger. Raphtalia, tu vas aider comme la dernière fois, suis donc ces soldats.
— D’accooooord !
— Compris.
— Honnêtement, contrairement aux autres héros, je ne sais pas grand-chose sur les vagues. Alors, je suis un peu inquiet. Je vais avoir besoin de vous.
— Oui, monsieur !

Tout le monde acquiesça. Je pouvais sans doute compter sur eux.

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