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Isaac – Chapitre 4

« Etes-vous devenus fous ? Vous voulez que moi, un déserteur, fasse le plan de bataille pour l’armée ? »


Joon-young regarda ses supérieurs d’un œil perplexe. Devant lui se trouvaient de nombreux officiers du quartier général, leur rang allant des sergents au colonel.


Joon-young était à la cafétéria pour ses rations. Il pouvait dire qu’il n’était pas apprécié par le personnel de la cuisine, car il recevait le repas le plus froid de la cuisine accompagnée d’un regard à la hauteur. C’est alors que les officiers entrèrent. Lorsqu’il les vit entrer pour la première fois, Joon-young se préparait à un lynchage. Au lieu de cela, il reçut une demande déroutante de leur part. Un sergent établissant le plan de bataille que toute l’armée doit suivre est au mieux insensé.

Après tout, il n’avait ni les connaissances ni l’expérience pour faire une telle chose. C’est alors que le colonel, l’officier le plus haut gradé du groupe, s’avança et commença à lire le document dans sa main.


« Nous avons beaucoup entendu parler de vous. Nom complet, Kim Joon-young, 18e régiment, 3e Division ; a combattu pour la défense de Cheorwon lors de l’attaque initiale de la Corée du Nord. Alors que votre régiment a été mis en déroute suite à l’utilisation d’armes biologiques par l’ennemi, vous avez rallié les troupes voisines et prolongé la bataille, parvenant à maintenir la 743e armée nord-coréenne en place pendant 3 jours. Vous avez ensuite procédé à la retraite lorsque les Nord-Coréens ont interrompu leur progression, en attendant le retrait complet des forces Américaines stationnées en Corée du Sud. Pour ces réalisations, vous avez été promu premier sergent. Par la suite, vous avez été transféré à la force de défense de la capitale. Vous avez été chargé de protéger le retrait des États-Unis en dirigeant l’un des pelotons chargés des défenses anti-aériennes. Deux jours plus tard, vous avez pris le contrôle total de toute la division par la force. Vous avez ensuite abattu un avion de transport américain qui extradait des membres des familles de politiciens et d’actionnaires de grandes sociétés. Vous avez été arrêté immédiatement et envoyé en cour martiale. Vous avez avoué devant le tribunal que “je ne pouvais pas supporter le fait que pendant que nous étions complètement foutus ici, ces foutus riches pouvaient continuer à vivre comme si le monde leur appartenait.” Vous avez été rétrogradé au grade de soldat et condamné à mort par peloton d’exécution… »


Ah, c’était une période embarrassante.


Joon-young se détourna lentement pour éviter tout contact visuel avec le colonel. Ce dernier, continuant de lire son document.


« … 1 heure avant l’exécution, vous avez été gracié par les militaires qui ont refusé de suivre la déclaration de reddition du président. Vous avez été promu au grade de sergent et vous avez rejoint la 1ère division de la Marine à Pohang pour empêcher la 7e division de la Force d’autodéfense japonaise d’atterrir. Vous avez refusé l’ordre de retraite lorsque les Forces d’autodéfense ont réussi à prendre le contrôle de la moitié de la ville. Vous avez continué à combattre avec des méthodes de guérillas urbaines et avez fait exploser les stations-service, les réservoirs de GPL et les réservoirs d’oxygène de la ville, détruisant ainsi la ville de Pohang et la 7e division japonaise. »

L’homme fit une pause puis reprit.

« Vous avez ensuite poursuivi la 7e division qui battait en retraite et vous avez utilisé des bombes chimiques contre eux, réduisant leur retraite à une débâcle. Vous avez été promu au grade de premier sergent pour avoir exécuté le plan « Diarrhée », qui a mis en déroute les forces ennemies. Cependant, en utilisant les armes chimiques, vous avez justifié aux yeux du monde notre étiquette de « forces rebelles ». Vous avez été envoyé en renfort pour reprendre Incheon aux Chinois. Vous avez demandé à utiliser des armes chimiques pour le plan, mais cela a été refusé car les supérieurs ont remarqué la détérioration de l’opinion publique suite à l’événement de Pohang. Vous avez ensuite emmené vos troupes et officiers qui étaient d’accord avec vous et avez commencé le plan. Le succès du plan « Lightning » vous a promu au grade de sergent-major. Après avoir repris Incheon, on vous a donné le surnom de « Crazy Terrorist ». »

« Ahaha … Ils ne l’ont pas appelée la bombe nucléaire du pauvre pour rien. C’était sacrément impressionnant. Kukuku. »


« 7 cas de désobéissance aux ordres. »


« Aux dernières nouvelles, ordonner d’engager une division blindée avec juste des fusils n’est pas un ordre correct. »


« 10 cas de désertion du champ de bataille. »


« Comment peut-on attendre de vos hommes qu’ils se battent quand leur commandant est le premier à s’enfuir ? »


« Plusieurs cas de comportements violents dirigés contre des officiers supérieurs, qui ont conduit à des mesures disciplinaires. »


« Je traversais une puberté tardive à l’époque… »


« Bien que vous soyez soupçonné d’avoir tué un grand nombre de vos officiers, les preuves fournies par les soldats étaient insuffisantes. Vous étiez dans un cycle de promotions et de rétrogradations. Bien que vous soyez actuellement capitaine, vous continuez à vous appeler sergent. »


« Cela ne me semblait pas correct, car je ne l’ai obtenu que temporairement dans le but de mener à bien une mission. »


Joon-Young se gratta la tête. Pendant sa période de promotion, il détint même le grade de major à un moment donné.


« Vous avez tendu une embuscade à un convoi japonais transportant nos trésors nationaux comme butin de guerre. Vous l’avez ensuite brûlé devant un journaliste de guerre anglais, en déclarant : « Si je ne peux pas l’avoir, personne ne l’aura. ». C’est ce qui a le plus participé à répandre votre surnom, Crazy Terrorist, et ce, de très loin. »


« Aahaha, je le regrette un peu… »


« C’est pour ça que vous avez brûlé le Bulguksa ? »

« Il ne m’a pas cru. »


Alors que de nombreux officiers du groupe étaient consternés par ses réponses, le colonel sorti un enregistreur vocal.


«…. Vous ne devez pas regretter. Pour les soldats qui sont morts et vont mourir là-bas en croyant à de faux espoirs. »


C’était la conversation qu’il avait eue avec Yoo-ra.


« Je savais que vous les surveilliez, mais vous enregistriez aussi ? »


« Depuis que le directeur de recherche a fui, nous avons augmenté le niveau de surveillance de tous les chercheurs. Han Yoo-ra, la chef de la recherche est notre élément le plus indispensable au projet. »


« Eh bien, puisque vous avez fait vos recherches, vous devez savoir que je suis un tantinet fou. Pourquoi voulez-vous que je fasse le plan de bataille ? »

« Les généraux du siège ont décidé de se rendre. Ce sont des gens qui se contenteraient de voir leurs noms écrits dans les livres d’histoire comme les derniers commandants de la résistance. La plupart d’entre eux ont déjà conclu un accord avec les Japonais. Ils conserveront leurs rangs de généraux au Japon et ne subiront pas de procès pour leurs crimes de guerre. Les Chinois et les États-Unis l’ont également remarqué et ont commencé à négocier selon leurs propres conditions. Actuellement, la 237ième Division blindée de la Chine progresse dans cette région. Les États-Unis et le Japon sont devenus désespérés et ont commencé à négocier plus généreusement en réponse, et le quartier général a saisis sa chance. Certains ont décidé de rejoindre la Chine à la place. »


« Et je pensais qu’ils faisaient partie des meilleurs généraux de notre armée. Tsk … Tsk. »

« Ceux qui ont continué de refuser l’accord ont été relevés de leurs fonctions. »


« La pierre qui roule prend la place de l’ancienne pas vrai… »


Joon-young soupira aux mots du colonel. Il savait que quelque chose n’allait pas lorsque les généraux ont commencé à reprendre le commandement en plein milieu de la guerre, mais il ne savait pas qu’ils avaient complètement pris le contrôle de l’armée comme ça. Dès que leur propre sécurité était garantie, ils n’avaient aucun scrupule à se rendre. Pour les officiers et les soldats, ceux qui ont tout abandonné pour se battre, ceux qui étaient étiquetés comme « rebelles », tout ce qui les attendait était la mort et la destruction. Ces hommes avaient toutes les raisons de se révolter contre la décision de se rendre.


« Mais pourquoi moi ? Comme vous le savez, je suis juste un simple sergent. Je suis sûr qu’il y en a beaucoup qui ont reçu une éducation militaire appropriée de l’Académie militaire, ici. »


« C’est le problème. Je suis désolé de le dire comme ça, mais nous ne sommes pas aussi fous que vous. Lorsque nous faisons un plan, nous avons tendance à laisser une ou deux alternatives et voies d’évacuation, intentionnelles ou non. Nous n’en voulons pas. Comme vous l’avez dit, je veux qu’en pensant à nous, les premiers mots qui leur viennent se soit « Ah, ces salauds ». Nous avons terminé notre conversation avec les soldats. Nous ne voulons plus vivre. »


Les yeux du colonel se tournèrent vers Joon-Young. C’était un regard tordu et sanguinaire. Le même regard que Joon-young voit quand il se regarde dans le miroir.


« Kuku, donc le colonel écoutera les ordres d’un sergent ? Mec, je suppose que les choses deviennent folles quand une nation tombe. »


« C’est vrai. Ce serait un excellent exemple. »

Un rire excentrique, quelque peu sinistre, résonna dans la cafétéria.

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