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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 24 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 24

Machine à œufs
Traducteur : Team Yarashii

— Tiens, tiens, voilà notre fameux Héros ! Que puis-je faire pour vous, aujourd’hui ?

Nous pénétrâmes sous le chapiteau, et le marchand d’esclaves, toujours aussi poli, se tenait juste devant l’entrée.

— Oh…

Il examina Raphtalia attentivement et poussa un grognement de surprise.

— Voilà assurément une sacrée métamorphose. Qui aurait cru qu’elle était un tel diamant brut ?

Il me jeta un coup d’œil et soupira.
C’était cet esclavagiste qui avait croisé ma route lorsque j’étais au fond du trou. Alors que mes possessions m’étaient dérobées et que ma réputation était ruinée, alors que je prenais enfin conscience qu’il m’allait falloir monter des niveaux sans pouvoir attaquer, il m’était apparu et m’avait demandé si j’étais intéressé par un esclave.

C’était un vieil homme grassouillet, vêtu d’un costume en queue-de-pie. Le moins que l’on puisse dire, c’était qu’il n’inspirait pas confiance.
Toutefois, je lui avais plu, semblait-il, puisqu’il avait souhaité m’apporter son aide. C’était lui qui m’avait vendu Raphtalia.

— Quoi ?
— Je pensais qu’elle serait davantage comme nous. Je n’avais pas saisi l’étendue de son potentiel.

Bon sang, que voulait-il dire par là ? Je faillis sortir de mes gonds, mais je me retins in extremis.
Je refusais de torpiller notre relation. Impossible de savoir si j’allais avoir besoin de lui à l’avenir.

— Qu’il vive ou meure, le meilleur usage que l’on peut faire d’un esclave est celui permettant d’augmenter la valeur de la marchandise.

Je répondis d’un ton menaçant :

— Je suppose que tous les esclaves que vous connaissez sont remplaçables ?
— Mon… monsieur Naofumi ?

Son regard se tourna vers moi, inquiète que je ne montre pas à cet homme le respect auquel il avait droit.
J’étais bien conscient que je dérapais un peu. Mais je me sentais mieux que lors de notre dernière rencontre.

— Hé hé hé… on peut dire cela. Vous m’avez donné la chair de poule.

Je ne saurais dire s’il avait apprécié ma réponse, mais il souriait.

— À présent, concernant l’évaluation. Elle est assurément devenue une beauté, mais, si elle n’est plus vierge, alors je dirais… disons 20 pièces d’or ?
— Pourquoi pensez-vous qu’il est ici pour me vendre ? Et puis, je suis TOUJOURS vierge !

Il recula devant la force de cette exclamation.

— Voilà qui est déjà plus intéressant ! Que dites-vous de 30 pièces d’or ? Bien sûr, je vais devoir vérifier votre affirmation.
— M. Naofumi !

Je pourrais obtenir d’elle 30 pièces d’or ?

— M. Naofumi ! Par pitié, dites quelque chose !

Avec une telle somme, je pourrais facilement me procurer cet homme-loup niveau 75 !
J’étais absorbé dans ces réflexions quand Raphtalia me décocha un regard terrifiant avant de me saisir par les épaules.

— M. Naofumi, si vous ne cessez pas votre petit jeu, je vais me mettre vraiment en colère !
— Eh bien quoi ? Pourquoi tu te mettrais en rogne ?
— Cet individu est en train de me soupeser comme une vulgaire marchandise, et vous ne dites rien.
— On doit avoir l’air détachés, sinon, on perdra la face.

Ce fut la première chose qui me soit venue à l’esprit pour qu’elle me lâche la grappe. Si je ne dissimulais pas mieux mes pensées, Raphtalia finirait par découvrir le pot aux roses. Et puis, je n’allais pas vendre la seule personne qui croyait en moi.
Et pourtant…

— 30 pièces d’or…

Je me surpris à murmurer, et Raphtalia affermit sa prise sur mes épaules.

— Aïe ! Aïe !

Raphtalia semblait posséder une puissance d’attaque supérieure à mes capacités défensives.
Parfait. Je pourrais compter là-dessus en combat.

— Vous voulez me pousser à fuir ? Là, maintenant ?
— Je plaisantais. Je m’étonnais juste que tu vailles autant.
— Mais… mais, M. Naofumi…

Elle relâcha son étreinte et parut embarrassée.

— Quoi qu’il en soit, marchand d’esclaves, elle n’est pas à vendre. Qui se comporterait comme ça avec sa propre fille ?
— Sa propre fille ?
— N’y fais pas attention.
— Hein ?
— Même si je me conduis comme une figure paternelle, elle n’a eu en réalité que deux parents. Si je me mettais à agir comme son père, elle me détesterait sûrement.
— Eh bien, voilà qui est fort dommage. Tout à fait regrettable… Bien, que puis-je faire pour vous, alors ?
— Vous n’êtes pas au courant de toute l’agitation qu’il y a eu au château ?

Il sourit en entendant ma question.

— J’en ai entendu parler. La malédiction de l’esclave a été levée, n’est-ce pas ?
— Si vous le savez déjà, ça rend les choses plus simples. Alors, ne perdons pas plus de temps avec cette évaluation.

J’étais sur le point de perdre toute l’estime qu’elle avait pour moi.

— Les remarques irréfléchies du roi ne sont pas prêtes de débarrasser ce royaume de l’esclavage. Non, monsieur.

La nuit dernière, le roi avait été tellement en colère que je garde Raphtalia en tant qu’esclave qu’il avait failli modifier les lois pour me la confisquer. Apparemment, il s’était abstenu parce que Motoyasu n’aimait pas cette idée.

— Comment ça ? Mais la famille royale n’a pas d’esclave, si ?
— Ha ! Elle en achète plus que quiconque. Elle leur trouve toujours une utilité. Oui, monsieur.
— Quel abruti, ce Motoyasu ! Cet imbécile de Héros Lancier croyait vraiment pouvoir débiter toutes ces conneries et ne pas passer pour un hypocrite à cause de ses liens avec la Couronne ?

En y réfléchissant, cela serait vraiment hilarant et certainement bénéfique pour le pays, en fin de compte.

— Oui, il n’y a pas de dogme unique en ce pays. Il existe de multiples courants de pensée. Si la Couronne s’exprime contre l’esclavagisme, elle sera la première à en pâtir. Oui, monsieur.
— Ce vieux bouffon a tant de pouvoir que ça ?

Oui, la monarchie possédait une autorité absolue, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’elle pouvait agir à sa guise. Si la Couronne allait à l’encontre du peuple, il y aurait des émeutes. En de telles circonstances, la famille royale ne serait peut-être plus capable de rester au pouvoir. Et la précieuse petite princesse ne serait guère ravie de voir disparaître ses droits d’accession au trône.

— Oui, eh bien, certaines personnes ont plus d’influence que le roi…
— Hmm… et concernant la malédiction de l’esclave ? On dérive un peu, non ?
— Oh, oui, suivez-moi.

La conversation avait un peu dévié. Et puis, nous n’étions pas prêts de revoir le Sac à merde, alors quelle importance ?

— Oui, vous êtes venus pour réappliquer le sceau, c’est bien cela ?
— Ouais, c’est possible ?
— Certainement.

Il claqua des doigts et un servant apparut avec la même jarre que pour la précédente cérémonie.
Raphtalia sembla avoir honte de retirer son plastron pour exposer sa poitrine.

— Vous… vous en pensez quoi ?
— De quoi ?
— Ah là là… Hein ? Pourquoi paraissait-elle si remontée ?

Et pourquoi ce soupir ? Avais-je fait une erreur ?

Tout comme la dernière fois, ils mélangèrent mon sang avec une encre et dessinèrent le sceau de la malédiction sur la poitrine de Raphtalia. Le motif commença à briller et à luire.

— Argh…

Elle serra les dents, souffrante.
L’icône d’esclave refit son apparition dans mon champ de vision. Une fenêtre supplémentaire détailla également les règles d’utilisation.
Je supposai qu’il était inutile de les lire aussi attentivement que la première fois. Raphtalia était à nouveau devenue une esclave afin de gagner ma confiance. Je devais aussi croire en elle. Pour être honnête, elle n’avait pas à subir tout ce cérémonial. C’était juste de la poudre aux yeux.

— Et maintenant.

Je commençais à réfléchir à la prochaine étape, lorsque mon regard fut attiré par l’encre.
Je me dirigeai vers elle pour la toucher, et mon bouclier se mit à réagir.

— Dites, je peux vous en acheter un peu ?
— Bien sûr.

J’introduisis le reste de l’encre dans mon bouclier.
Il l’absorba.

Bouclier de Maître d’Esclave : conditions remplies
Bouclier de Maître d’Esclave II : conditions remplies
Bouclier de Maître d’Esclave : talent bloqué
Bonus d’équipement – ajustement de maturation d’esclave (faible)
Bouclier de Maître d’Esclave II : talent bloqué
Bonus d’équipement – ajustement du statut d’esclave (faible)

Un Bouclier de Maître d’Esclave ? Hmm… ma foi, c’était logique.

Je regardai mon arbre de compétences, et il apparut dans sa propre branche, trouvant son origine à mon tout premier bouclier. En raison de cela, il n’était pas très puissant. Néanmoins, les bonus d’équipement étaient prometteurs.
Ajustement de maturation…
Et puis, avec juste un peu d’encre, j’avais découvert deux nouveaux boucliers.

Je n’avais qu’à les équiper un moment pour déverrouiller ces talents définitivement. Ce système était bien fichu. Le Bouclier Légendaire me permettait d’utiliser tous ces boucliers différents, d’apprendre leurs talents, puis de les conserver tout en gagnant des niveaux. Cela expliquait pourquoi nous, les héros, pouvions devenir bien plus forts que les autres, notre arbre de compétences ne cessant de croître.
Je pensais avoir plutôt bien saisi cette histoire de compétence, talent, statut, amélioration, et bonus d’équipement qu’un bouclier pouvait offrir. Toutefois, il y avait encore beaucoup de choses que je ne parvenais pas à comprendre, et je commençais à me persuader que la maîtrise de mon bouclier serait la clé de ma survie.

Sans dire un mot, mes yeux se posèrent sur Raphtalia.

— Qu’y a-t-il ?

Ah, j’y pensais, j’avais laissé le bouclier absorber une mèche de ses cheveux. À l’époque, j’avais vu quelque chose ressemblant à un bouclier raton laveur, mais cela avait dû servir de base pour un autre élément. Voilà sûrement pourquoi j’avais pu déverrouiller le Bouclier de Maître d’Esclave II. Du moins, c’était mon intuition.
Ce qui signifierait…

— Raphtalia, je peux utiliser un peu de ton sang ?
— Dans quel but ?
— J’aimerais essayer un truc.

Elle inclina la tête et parut confuse, mais elle piqua quand même le bout de son doigt avec la pointe d’un canif. Elle versa quelques gouttes dans le bol d’encre, fit le mélange et mit le tout sur mon bouclier.

Bouclier de Maître d’Esclave III : conditions remplies
Bouclier de Maître d’Esclave III : talent bloqué
Bonus d’équipement – ajustement de maturation d’esclave (moyen)

Super ! J’avais vu juste !

— M. Naofumi ? Vous avez l’air de bien vous amuser.
— Ouais, figure-toi que je viens de débloquer un bouclier plutôt intéressant.
— Excellente nouvelle.

Je changeai mon bouclier pour celui-là et décidai d’attendre que le talent devienne accessible.

— À présent… hmm ?

Nous en avions terminé, je me tournai donc vers la sortie quand je remarquai une grande caisse en bois dans un coin du chapiteau. Elle était remplie d’oeufs.
Je ne l’avais jamais vue auparavant. Que cela pouvait-il bien être ?

— C’est quoi, ça ?

Je posai la question à l’esclavagiste.

— Oh, c’est un produit pour notre couverture.
— Et je peux savoir de QUOI il s’agit, exactement ?
— Nous nous occupons de monstres.

Ses yeux brillèrent quand il me répondit.

— De monstres ? Vous voulez dire qu’il y a des éleveurs de monstres ici ?
— Vous comprenez vite. En avez-vous déjà entendu parler ?
— Je ne crois pas en avoir déjà croisé un, mais…
— M. Naofumi.

Raphtalia leva la main.

— Qu’y a-t-il ?
— Les Filoliaux sont élevés par ce genre de personnes.

Filoliaux ? Inconnus au bataillon. Je ne savais pas du tout de quoi elle parlait.

— Des quoi ?
— Vous savez, ces oiseaux géants que l’on voit en ville. Ceux qui tirent les attelages à la place des chevaux.
— Oh, d’accord. Je vois.

J’en avais déjà vu en ville. C’était effectivement des oiseaux géants qui avaient la même utilité que les chevaux. Je pensais qu’ils représentaient une espèce animale quelconque propre à ce monde, mais il fallait croire qu’ils étaient techniquement des monstres.

— Il y avait un éleveur dans mon village. Il possédait un ranch où il s’occupait de plusieurs espèces pour leur viande.
— Vraiment…

Agriculteurs, gardiens de troupeaux, et, par extension, tous ceux travaillant avec des créatures devaient être considérés comme des éleveurs de monstres. Peut-être ignoraient-ils le concept « d’animal », tout ce qui n’était pas humain étant assimilé à un « monstre ».

— Alors, ces œufs, ils servent à quoi ?
— Si un monstre n’est pas élevé dès ce stade, ils n’obéissent pas très bien à leurs maîtres humains. Voilà pourquoi nous les vendons directement en tant qu’œufs. Oui, monsieur.
— D’accord.
— Souhaiteriez-vous voir les cages à monstres ?

Il était vraiment prêt à vendre tout ce qu’on voulait. Ce marchand d’esclaves m’avait tout l’air d’un sacré capitaliste.

— Non, ça ira. Mais, dites, et ce signe sur la boîte, ça représente quoi ?

J’étais incapable de lire ce qui était marqué, mais il y avait une flèche désignant la boîte, et elle semblait gribouillée avec des nombres à côté.

— C’est une loterie ! Un essai pour 100 pièces d’argent et, si vous gagnez, vous choisissez un œuf !
— Pas donné, ce billet de loterie.

Actuellement, nous avions 508 pièces d’argent, ce qui représentait une belle somme.

— Eh bien, ce sont des monstres de valeur.
— Je pose juste la question pour mieux comprendre, vous les avez appelés comment ? Filoliaux ? Ça vaut combien normalement, ces bestioles-là ?
— Pour un adulte ? Environ 200 pièces, mais cela peut varier en fonction de la qualité. Oui, monsieur. — À ce prix-là, je suppose qu’un bébé est moins cher ? Et encore moins pour un œuf… Bon, il faut sûrement inclure le coût d’élevage, mais, quand même, je me demande si ça vaut le coup.
— Eh bien, cela ne fonctionne pas exactement ainsi. Le véritable œuf est mélangé avec d’autres.
— Ah oui, d’où le nom de loterie.

Il était donc possible de ne rien y gagner.
En tirant le mauvais numéro, on repartait les mains vides et, en décrochant le gros lot, on finissait tout de même par payer plus que la mise initiale.

— Et je parie qu’il n’y a même pas de vrai œuf là-dedans ?
— Comment osez-vous ? M’accuseriez-vous de pratiques commerciales douteuses ? Oh, mon cher Héros…
— Je me trompe ?
— Je suis très fier de mon commerce. J’apprécie peut-être de flouer un client de temps en temps, mais je ne tire aucun plaisir d’une exposition mensongère de mes produits.
— Vous aimez rouler les gens, mais pas mentir sur votre marchandise ?

Sa logique m’échappait. Je laissais tomber pour le moment.

— Et qu’est-ce qu’on obtient en décrochant le gros lot ?
— Je vais tâcher de faire simple pour vous, puisque vous n’êtes pas de ce pays. Un Dragon du Chevalier, voilà tout.

Ouah, un Dragon du Chevalier ? Est-ce que c’était une classe de dragons que des chevaliers pouvaient chevaucher pendant la bataille ?

— C’est un dragon que les gens peuvent chevaucher comme un cheval ?
— Pas uniquement, celui-là peut également voler. Ils sont très populaires, ce petit jeu a donc acquis une certaine notoriété auprès de la noblesse.
— Un dragon volant ? J’ai l’impression de rêver !
— M. Naofumi ?
— S’en procurer un sur le marché vous coûterait à peu près 20 pièces d’or. Et c’est une des races de dragons les moins chères. Oui, monsieur.
— Quelles sont mes chances ? Juste pour l’œuf de dragon.
— Il y a 250 œufs dans la boîte, et l’œuf que vous convoitez ne représente qu’un seul d’entre eux.

Cela faisait donc une chance sur 250.

— J’ai équilibré les écarts de poids avec de la magie. Vous devez d’abord accepter de pouvoir tirer un mauvais lot avant d’acheter un billet.
— Vous ne perdez jamais de vue les affaires, pas vrai ?
— Ma foi, oui. Dès qu’un vainqueur est proclamé, j’apprends son nom et il a tendance à faire un peu de publicité pour moi.
— Mouais, les chances sont quand même minces…
— Eh bien, il y a aussi cette boîte, là-bas. Avec dix billets, vous êtes sûr de gagner au moins une fois. Oui, monsieur.
— Hmm, je suppose qu’il n’y a pas d’œuf de dragon dans celle-là ?
— C’est exact, mais la récompense vaut au bas mot 300 pièces d’argent.

Un instant, est-ce que ce ne serait pas comme les machines à sous virtuelles ? Franchement, celui-là…
Ces jeux étaient faits pour rapporter à l’organisateur. Et dire que j’avais failli me faire avoir…

— Hmm…

En y réfléchissant, je m’interrogeai sur ma capacité à progresser avec juste Raphtalia dans mon groupe.
Serait-il plus profitable d’acheter un autre esclave ou un monstre pour voyager à nos côtés ?
Je devrais peut-être essayer mon nouveau bouclier de maître d’esclave. Raphtalia avait déjà un niveau élevé, alors l’ajustement de maturation ne lui apporterait sûrement pas grand-chose.

Toutefois, il me fallait à nouveau considérer le fait de m’occuper d’un monstre. En compagnie de Raphtalia, la plupart des coûts couvraient son équipement. Il y avait néanmoins de bonnes chances qu’un monstre n’ait besoin de rien pour combattre. Je pourrais dès lors me servir de l’argent supplémentaire gagné pour Raphtalia.

— Très bien, je tente ma chance une fois.
— Merci infiniment ! En signe de bonne volonté, je vous offre les frais de la cérémonie d’apposition du sceau d’esclave.
— Quelle générosité. J’aime cette attitude.
— M. Naofumi ?
— Quoi ?
— Achetez-vous un œuf de monstre ?
— Ouais, je me disais qu’il nous fallait du renfort. Je pourrais avoir un esclave, mais il me coûterait pas mal en équipement. Je pense qu’investir dans un monstre peut être un bon moyen de s’en sortir.
— Oui, mais élever un monstre peut s’avérer pénible.
— Je sais bien. Tu ne veux pas un animal de compagnie ?
— Vous êtes certain de ne pas faire cela dans l’unique but de récupérer l’œuf de dragon ?
— Tout me conviendra, même un Lapinervant.

J’aimais bien les bêtes de petit gabarit. Dans les MMORPG, il était souvent possible d’avoir des animaux de compagnie et de s’en servir dans son groupe. En avoir un près de soi pourrait au moins être apaisant. Et si, en plus, je pouvais lui donner des ordres, comme un esclave, il pourrait nous assister en combat.

Nous avions un peu d’argent de côté, ce qui faisait gonfler ma bourse. Néanmoins, cet investissement me paraissait rentable. De plus, s’il existait un Bouclier d’Esclave, il devait y en avoir un aussi pour les monstres.
— Et si on l’élève pour finir par le vendre, on se sentira moins mal que si c’était un esclave.

— Oh, d’accord, je crois que je comprends, maintenant.

Oui, on pourrait s’y attacher, mais l’argent était roi, impossible d’échapper à cette règle.
Je pensais que revendre un esclave pouvait s’avérer compliqué, car on savait que c’était une personne. Tout comme Raphtalia était revenue vers moi de son plein gré, un autre esclave pourrait faire de même, et je ne savais pas si je serais capable de m’en débarrasser comme ça. Au moins, un monstre serait muet. Donc, même si on se prenait d’affection pour lui, on devrait tout de même pouvoir se faire de l’argent avec.

Je pourrais me contenter de m’en séparer, en espérant qu’il atterrisse chez un bon maître. Quelque chose du genre.
— Je suis sûr que vous allez m’aider sur ce point, n’est-ce pas ?

— Tout ce que vous prenez en considération ne cessera jamais de m’impressionner, Héros. Oui, monsieur !

Il adorait cette conversation.
Je jetai un œil aux œufs. Il m’avait déjà prévenu qu’un sort les rendait tous identiques, je n’avais donc qu’à en prendre un au hasard.

— Je choisis celui-là.

Je suivis simplement mon intuition et pris un de ceux placés à droite.

— Observez le symbole sur la coquille et reproduisez-le sur le plat devant vous.

J’obéis à ses instructions et dessinai le symbole sur le plat. Ce faisant, il vira au rouge et une nouvelle icône apparut dans mon champ de vision. Elle mentionnait « l’élevage de monstres ». Tout comme lors de l’apparition de l’icône d’esclave, une autre fenêtre me détailla toutes les règles liées à l’élevage.
Je choisis l’option intimant de suivre mes ordres sous peine de punition. Je décidai d’en infliger une plus sévère que celle établie pour Raphtalia. Ce choix semblait logique, c’était un monstre, après tout. Je n’étais pas certain qu’il comprenne ce que j’allais dire, il me faudrait donc insuffler beaucoup d’émotion dans ma voix lorsque je le réprimanderais. Mais bon, cette bête n’était même pas encore née.

L’esclavagiste se frotta les mains de satisfaction et amena une machine qui ressemblait à un incubateur. J’y plaçai l’œuf.

— Si rien n’en sort, je compte bien récupérer ma mise.
— Je vous tire mon chapeau, Héros ! Vous êtes prompt à reprendre votre argent même avec un œuf perdant.

Le marchand d’esclaves semblait être d’excellente humeur. Il était du genre maso ? Non pas que je souhaite me moquer d’un autre homme, mais… en fait, en y réfléchissant, je ne serais pas contre voir ces autres abrutis de Héros souffrir un peu.

— C’est peut-être juste un accord verbal, mais je compte bien m’y tenir. Si vous faites comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu, j’ai une esclave mentalement instable juste là, prête à faire du grabuge.
— Hé, qu’attendez-vous de moi, au juste ?
— Oh, que j’ai hâte de voir cela, oui, monsieur !

Il était de TRÈS bonne humeur.

— Quand est-ce que c’est censé éclore ?

Je lui transmis 100 pièces d’argent tout en posant la question.

— C’est écrit sur l’incubateur.
— Voyons voir…

Je vis quelque chose ressemblant vaguement à des chiffres, mais sans pouvoir les lire.

— Raphtalia, tu peux lire ça ?
— Voyons cela. Oui, juste un peu. Il semble que le compteur tombera à zéro demain.
— C’est rapide. Parfait.

L’enthousiasme me saisit. J’avais hâte de voir quel type de monstre allait en sortir.

— Je suis toujours ravi de vous voir me rendre visite. Oui, monsieur.

Je pris l’œuf dans mes bras, et nous rebroussâmes chemin, quittant le chapiteau.

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