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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 36 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 36

Tout dérober sauf la vie
Traducteur : Team Yarashii

— Oh là là… Dire que je suis sur un attelage tiré par un oiseau divin ! Quelle chance !

— Un oiseau divin ?

Un marchand de passage avait demandé à être transporté jusqu’à notre prochaine destination, nous lui avions donc permis de monter à bord.

— Vous l’ignoriez ? Hmm, eh bien… Hé, c’est vous, le propriétaire de cette calèche ? Inutile de vous cacher, je sais que vous êtes là.

Il discutait avec Raphtalia quand, soudain, il pointa son doigt vers moi.
Nous avions fait croire que c’était elle qui dirigeait ce commerce, et j’étais resté à l’arrière pour fabriquer des remèdes.

— En effet…
— Vous êtes connus par ici. On dit qu’un attelage tracté par un oiseau divin fait pleuvoir des miracles partout où il passe.

Notre véhicule cahota sur la route. Mon regard se posa sur Filo.
Alors, les gens pensaient qu’elle était une déesse ! En vérité, ce n’était qu’une petite goinfre, pourrie gâtée à chaque endroit où nous nous arrêtions.Cependant, quel était ce miracle dont il parlait ?
Hmm ?

— Gweeeeh !

Filo sembla tout à coup sursauter et se mit à détaler.

— Ouah !

Le marchand, Raphtalia, et moi-même fûmes désarçonnés et nous dûmes nous agripper avec nos bras pour rester en place.

— Aaaah !
— Yasuuuuu !

*CAHOT* *CAHOT*

L’attelage dévalait la route avec un tel vacarme que nous n’entendions pas ce qu’il se passait dehors. Parfois, Filo se mettait à foncer comme cela, sans raison. C’était probablement la quatrième fois depuis que nous avions entamé cette nouvelle vie. Elle n’en faisait qu’à sa tête.

— Je ne suis pas le seul passager à bord. Doucement, Filo !
— D’accord ! Mais, c’est pas… Gweh !

Nous échangeâmes à voix basse pour ne pas être entendus par le marchand. Nous ne voulions pas attirer l’attention plus que nécessaire, cela ne nous apporterait que des ennuis. Toutefois, j’avais le sentiment que les gens s’intéressaient quand même à nous.
Le marchand me fixait déjà des yeux, l’air estomaqué.

— J’avais entendu dire qu’elle pouvait comprendre notre langue ! C’est incroyable !
— Je suis du même avis.

En y réfléchissant, si tant de personnes s’en étonnaient, que diraient-elles si elles apprenaient qu’elle pouvait aussi parler ? Ses caractéristiques étaient clairement au-dessus de la moyenne.
Je ferais mieux de le voir comme un potentiel en tant que monstre… En le concevant de cette manière, elle devait être effectivement fort rare.

— Quand bien même, on est juste des commerçants itinérants classiques, nous transportons des gens ici et là, rien d’extraordinaire.
— Les rumeurs disent qu’un saint homme arrive à bord d’un attelage et bénit les malades avec un remède particulier. On dit que vous avez le pouvoir de guérison.
— Vraiment ?

Bien sûr, mes décoctions étaient de qualité, mais, en économisant un peu, n’importe qui pouvait s’en procurer. Cependant, j’avais découvert qu’il était possible d’altérer la recette pour l’ajuster à un patient spécifique. La formule de base fonctionnait sur tout le monde, mais ne se montrait pas d’une efficacité redoutable. J’avais ajouté différentes herbes pour être en mesure de guérir un plus grand nombre d’afflictions.
Cela faisait effet sur les fièvres, ainsi que les infections pulmonaires et cutanées. Ce n’était toutefois qu’un unique remède.
La méthode de confection était écrite noir sur blanc dans le livre de recettes intermédiaires. Les formules que j’avais reçues de mon bouclier m’avaient aussi suggéré quelques modifications.

— C’est juste un remède basique.

J’ouvris une boîte et pris l’un d’eux pour le lui présenter.

— C’est donc cela le médicament miracle ?

Il retira le bouchon de la fiole et huma l’odeur qui s’en dégagea.

— Ma foi, je ne sens rien d’exceptionnel, de cela, j’en suis sûr.
— Vous pouvez l’affirmer comme ça ?

Était-il apothicaire ? J’étais curieux, alors je lui demandai. Néanmoins, il secoua la tête.

— Non, je peux simplement deviner.

Oui, j’avais remarqué.

— Vous êtes quel type de marchand, alors ?
— Je suis joaillier.

D’accord, un joaillier… Il y en avait donc aussi dans ce monde.
Je supposais qu’en temps normal, il vendait des colliers ou des objets de ce genre à de riches individus.

— Vous faites dans les bijoux, hein ? Vous devez avoir tendance à bosser avec des gens aisés.

S’il se baladait avec de la marchandise de valeur à la recherche de clients, il avait probablement besoin d’une protection à la hauteur. Il était donc étrange de le voir arpenter seul la route.

— Vous appuyez là où cela fait mal.

Il laissa échapper un petit rire et continua :

— Oh, je vends de tout, pour toutes les tailles. Vous pouvez me considérer comme un négociant en accessoires.
— Quelle est la différence ?
— Cela vous dérangerait-il de jeter un œil à mes produits ?

Il s’empara d’un grand sac pour me présenter son contenu.
Je regardai à l’intérieur. Il était rempli de broches et de colliers. Ainsi que de bracelets.
Cependant, la plupart d’entre eux paraissaient être faits en fer ou en bronze. Et ils étaient sertis de joyaux… techniquement parlant. Leur aspect n’était guère engageant. Le mot « bijou » avait l’air trop grandiose pour qualifier ces assemblages.

— Je vends essentiellement des produits peu onéreux.
— Oh… vous avez rencontré des soucis ?
— Pas exactement… ma gamme de produits actuelle est issue d’un aventurier un peu fauché.
— Hmm.

Selon ses dires, différents types d’accessoires pouvaient être imprégnés de magie pour conférer des effets variés à leur porteur.

— Et combien vaut l’un de ces trucs ?
— Alors, oui… voyons… Eh bien, le bracelet en fer augmente l’attaque, je le cède pour environ 30 pièces d’argent.

Ce n’était pas donné. J’étais incapable de vendre un de mes remèdes à ce prix-là.

— Si de la magie lui était apposée, il pourrait atteindre les 100 pièces d’argent.
— Sans déconner ?
— Tout à fait.

Oh oh… voilà qui donnait matière à réfléchir.
J’avais à peu près atteint le maximum de mon potentiel commercial avec ma gamme de produits. Nous étions proches de tout liquider, ce qui nous assurerait une certaine somme, mais pas de quoi sauter de joie. J’avais également en tête d’en vendre à des apothicaires, mais je n’en tirerais pas grand-chose. Si je me mettais en quête de davantage de matériaux, le temps finirait par manquer.
J’aurais très bien pu commencer la collecte avant de jouer les marchands itinérants, mais créer et vendre en même temps améliorait mon efficacité.

— Vous êtes un artisan ?
— On peut dire ça… Assembler les pièces est assez simple… mais une fois que je suis lancé et que je leur adjoins de la magie… Alors, oui, disons que je suis une sorte d’artisan.

C’était cohérent. Il confectionnait des accessoires et, dès qu’ils étaient dotés de magie, ils offraient certains pouvoirs à leur porteur.
Toutefois, comment imprégnait-il ses objets ? Telle était la grande question…
Je n’aimais pas trop le terme « imprégner ». Je le voyais partout dans mes recettes médicinales, ainsi que dans celle de l’eau magique.
Cela signifiait que si l’on ne savait pas utiliser la magie, on ne pouvait fabriquer aucune de ces choses.

— Mon Maître ! Quelque chose approche !

Filo paraissait tendue et, après m’avoir averti, elle s’arrêta net.
Raphtalia et moi descendîmes rapidement de l’attelage pour voir ce qu’il se passait.
Nous vîmes quelqu’un émerger de la dense forêt environnante.
Toute une foule était rassemblée là, et ils étaient tous armés. Leur attitude n’avait rien d’amicale et ils se dirigeaient droit sur nous.
Chacun arborait une tenue différente, mais tous portaient une armure. C’était des voleurs, qui venaient probablement des montagnes.

— Des bandits !

Le négociant en accessoires poussa un cri strident.

— Hé hé hé… abandonnez tous vos objets de valeur et déguerpissez.

Ha ha… quel cliché.
J’avais déjà entendu des bruits qui couraient sur ce genre de choses… mais pourquoi n’avaient-ils pas tenté une approche furtive ?
Filo les avait vus en premier, ils avaient donc dû décider d’abandonner cette tactique au profit d’un assaut frontal. Ils devaient se dire qu’ils pouvaient l’emporter. Ils semblaient bien arrogants. À moins qu’ils aient autre chose en tête.
Cela me rappela que dans le dernier village que nous avions visité, j’avais entendu des rumeurs au sujet d’un groupe de bandits cruels qui battaient la campagne.

— On sait tout sur vous ! Et on sait aussi qu’il y a un joaillier parmi vous.

Les voleurs étaient tous regroupés et nous haranguaient. Je portai mon attention sur le négociant en accessoires à l’arrière de la calèche.

— Est-ce que vous ne m’avez pas dit tout à l’heure que vous ne transportiez rien de valeur ?
— Oui… en tout cas, pour le moment.

Il fit lentement glisser sa main dans sa poche et parut la fouiller à la recherche de quelque chose.

— En revanche, j’ai bien en ma possession un objet de valeur que je transporte pour quelqu’un d’autre.
— Je vois. Ils en ont donc après ça.

J’avais pris en charge un client problématique.

— Je pensais qu’en prétendant n’avoir aucun produit raffiné, cela m’éviterait de devoir investir dans l’acquisition d’une escorte.
— Espèce d’idiot ! Je vous le ferai payer plus tard.
— Très bien.

Il parut troublé l’espace d’un instant, puis il hocha la tête.

— Raphtalia, Filo. On a des ennuis.
— D’accord.
— Compris.

À mon signal, Raphtalia sauta en dehors de l’attelage et se prépara au combat.
Je pris le négociant en accessoires par le bras et le conduisit à l’extérieur.

— Vous restez près de moi. Pigé ?
— Oui, oui !

Je changeai le bouclier que j’équipais avant pour débloquer son talent et choisis un autre plus adapté à ce qui allait suivre.

— Que… que se passe-t-il avec votre bouclier ?
— Oh…

Quand le marchand prit conscience que le propriétaire de l’oiseau divin et de cette calèche miraculeuse n’était autre que le vil Héros Porte-Bouclier, il sembla visiblement secoué.

— Eh bien quoi, vous allez nous attaquer ?
— Bien sûr que non. Je ne pense pas qu’agir ainsi dans votre dos serait la bonne chose à faire.

Je lançai des regards furieux en direction des bandits tout en les menaçant.
Lors d’un combat, l’élément le plus important était d’empêcher l’adversaire d’obtenir ce qu’il désirait. En gros, je ne pouvais pas les laisser partir avec ce que transportait le négociant en accessoires, quel que soit cet objet.

— Raphtalia, Filo, vous êtes prêtes ?
— Oui. C’est quand vous voulez.
— Oui, je commençais tout juste à m’ennuyer.
— Parfait. Allons-y !

En m’entendant, les voleurs adoptèrent également une posture de combat et chargèrent, la lame brandie.
Je les passai en revue rapidement et en comptai quinze. Cela faisait beaucoup.

— Bouclier d’Air !

Je visai l’un d’entre eux, et le bouclier apparut dans les airs pour interrompre sa progression. Je préparai ma prochaine compétence.

— Bouclier de Bascule !

Bouclier de Bascule était une compétence qui me permettait de choisir immédiatement un bouclier parmi tous ceux que j’avais. Je pris le Bouclier du Dard d’Abeille. Il possédait deux effets spéciaux, le Bouclier Dard (faible) et le Poison d’Abeille (paralysie).

— C’est le Porte-Bouclier ! Faites gaffe ! Ugh !

L’un des bandits qui accouraient me percuta et tomba au sol, hébété et apparemment incapable de bouger. Ma technique avait bien fonctionné.

— Prison du Bouclier !
— Quoi ?

La cage se déploya pour emprisonner un des voleurs.
Il y avait toutefois une limite de temps.
Le Bouclier de Bascule mettait trente secondes à revenir, je ne pouvais donc pas l’utiliser à la chaîne. Cela dit, bien qu’il faille attendre, il se révélait efficace. Tout n’allait donc pas si mal.

Tout à coup, trois autres ruffians surgirent devant moi. Ils devaient se dire que j’avais l’air d’un idiot, à rester planté là avec seulement mon bouclier.
Je m’interposai devant le marchand et parai une attaque lui étant destinée.
Une cascade d’étincelles jaillit lorsque le coup fut repoussé dans un fracas métallique. Apparemment, leurs assauts n’étaient pas assez puissants pour outrepasser mes défenses.

À présent, j’étais équipé du Bouclier de Vipère de Chimère.
Ses effets spéciaux étaient le Croc Venimeux de Serpent et le Crochet.
Le serpent gravé sur le devant de mon bouclier prit vie et mordit l’un des assaillants. La contre-attaque marcha sur tous ceux qui me chargeaient, les empoisonnant au passage.

— Gaaah !
— Bordel… ça fait ça ? Ugh !
— Je me sens pas bien…

Le Bouclier de Vipère de Chimère avait bien empoisonné quelqu’un. S’il était doté de résistance pour ce type d’affliction, cela ne durerait pas longtemps.
Cependant, je n’avais jamais essayé sur personne, auparavant… bien que cela ait l’air assez efficace, même si c’était insuffisant pour neutraliser définitivement qui que ce soit.

Ensuite, je me servis du Crochet. Le serpent s’envola de mon bouclier et s’enroula autour d’un bandit.
Sa portée était de deux mètres et c’était pratique pour enserrer quelqu’un (sans toutefois lui infliger de dégât), rapprocher quelque chose, ou escalader une falaise, par exemple. J’observai les voleurs et plusieurs d’entre eux semblaient si mal en point et chancelants qu’ils s’effondraient au sol.

— Ce type… c’est le Héros Porte-Bouclier !

Le groupe ennemi parut soudain intimidé.
Ils devaient avoir enfin compris qui ils avaient attaqué et commençaient maintenant à se remémorer tous les bruits qui couraient à mon sujet. Un frisson de peur parcourut la troupe et leur prise de conscience fut clairement visible sur leur visage.

— Aaargh !
— Hiyaaa !

Raphtalia avait dégainé son épée et, dès qu’un bandit exposait un point faible, elle plongeait vers lui. J’avais réussi à parer leurs attaques jusqu’à présent, mais ils furent stupéfaits par la force de Raphtalia. L’un d’eux fut éjecté en arrière et se cogna la tête en tombant.
Filo se déplaçait rapidement au milieu des ennemis et en frappait un dès qu’elle en avait l’occasion. Tout comme Motoyasu, chaque coup les envoyait voler cinq… non, vingt mètres plus loin !
Ils étaient sûrement morts, non ?

Leur nombre se réduisit et il n’y en eut plus que six ou sept encore capables de tenir debout.
Néanmoins, ils se montraient très confiants et prétentieux. C’était comme s’ils ne comprenaient pas la situation. Le fait qu’ils ne battaient pas en retraite était un signe… j’en étais certain.

— Allez, ramenez-vous !
— Aaah !

Des renforts débarquèrent. Encore quinze autres.
Que c’était emmerdant. Ils étaient tous faibles, mais nombreux.
Et tandis que le premier groupe avait abandonné tout effet de surprise, ce ne fut pas le cas du deuxième.

— Eeeeeh !

Le négociant en accessoires poussa de nouveau un cri aigu, et je jetai ma cape grande ouverte pour le protéger et bloquer les flèches qui pleuvaient maintenant sur nous.
Heureusement, aucune d’elles n’était assez forte pour passer au travers de ma défense élevée.

— Il y en a d’autres !

Je balayai la scène des yeux et aperçus un nouvel attroupement de bandits se déverser des bois en direction de Raphtalia.
Bordel ! Mais d’où est-ce qu’ils sortaient ?
Je n’étais plus aussi certain de pouvoir tous les neutraliser. Dans le pire des cas, nous pourrions toujours revenir à la calèche et profiter de Filo pour nous enfuir… C’était possible, n’est-ce pas ?

— Ugh !

Un grand bruit retentit et l’un des voleurs encaissa l’essentiel d’un assaut de Raphtalia… tout cela pour en rire.
Qu’est-ce que cela voulait dire ? C’était un bandit, mais il paraissait plus calme que les autres. Il brandissait la même lame que le reste de ses compères, mais la sienne avait l’air faite d’un matériau différent.
Il semblait également plus âgé, dans la trentaine. Il aurait été japonais, je l’aurais bien vu comme une sorte de samouraï errant. De toute façon, il portait une armure complète d’inspiration occidentale, donc ce n’était pas possible, mais cela n’enlevait rien à l’aura de force qu’il dégageait.

— C’est lui.
— Ha, alors on prend le Héros Porte-Bouclier comme garde du corps ? Ça ne m’empêchera pas de l’atteindre.
— Ouais.

Je me tournai vers le négociant, mais il détourna rapidement les yeux.

— Je pense que cet homme a peut-être été engagé pour me tuer.
— Hé hé hé… ce p’tit gars veut atteindre une promotion de classe ! Qu’importe si le Héros Porte-Bouclier le protège, je peux quand même gagner.

Une promotion de classe ? Encore une autre expression que je ne comprenais pas.
Ce devait être une espèce de montée en puissance majeure, à laquelle les gens ordinaires n’avaient pas accès.

— On ne perdra pas !
— Raphtalia, attends !
— C’est tout ce que t’as ?

La lame du bandit ricocha sur celle de Raphtalia.
Bon sang… il était vraiment doué.
Récemment, elle s’était montrée plus téméraire. Je devais trouver un moyen de la contrôler.

— Ah…

L’homme agrippa Raphtalia par la poitrine et la menaça avec son arme.

— Allez, Héros Porte-Bouclier, fini de jouer. Tu me files ce marchand ou je bute la fille.

Il allait s’en débarrasser, quoi qu’il arrive. Je ne voyais pas pourquoi il me proposait ce marché.
Mais que devais-je faire ? Dans ces conditions, je ne pouvais pas bouger, et encore moins me battre.

— Libère-la !

Cela se déroula en un clin d’œil. Filo surgit en courant par-derrière à pleine vitesse et lui rentra dedans.

— Qu’est-ce que…

Il n’était pas parvenu à s’écarter à temps, mais il réussit tout de même à se préparer à l’impact.
Alors qu’il portait son attention sur Filo, il n’avait d’autre choix que de relâcher Raphtalia.
Toutefois, la force du coup de la Filoliale avait éjecté l’épée de cette dernière, et elle tomba au sol plus loin. Elle courut la récupérer et passa hors de vue des voleurs, ce qui les poussa à tourner leur regard vers moi.

— Crève !
— Prends ça !

*Clang*

Le bouclier repoussa leurs assauts dans un choc métallique.
Toutes les attaques furent déviées, excepté celle du chef. Son coup me fit mal.

—Hiii !
— Ne bougez pas !

Je maintenais le négociant en accessoires près de moi tout en bloquant avec mon bouclier. Je ne savais pas vraiment combien de temps j’allais pouvoir tenir.
Ce type avait repoussé les attaques de Raphtalia, puis avait réussi à garder l’équilibre après l’assaut de Filo. Comment allions-nous gagner ?
Je pourrais me servir de la Prison du Bouclier pour le retenir, mais le problème résidait dans la durée de la compétence.

Le reste de la troupe n’était que du menu fretin, nous serions donc capables de les maîtriser un par un, mais que faire au sujet de ce chef ?
Est-ce que cela semblait judicieux de l’emprisonner avec cette compétence pour nous débarrasser des autres ? Si nous agissions ainsi, il y avait un risque qu’il parvienne à s’échapper.
J’étais plongé dans mes pensées quand Raphtalia récupéra son épée. Quelque chose paraissait l’inquiéter.
Qu’était-ce ? Sa queue était tout hérissée.

— Je suis la source de tout pouvoir. Entends mes paroles et interprète-les correctement ! Crée un mirage et cache-nous ! Mirage Dissimulateur !

Raphtalia miroita, tremblota puis disparut.

— Elle… elle n’est plus là !

Les bandits qui accouraient dans sa direction s’arrêtèrent net, visiblement décontenancés.

— Ne vous laissez pas avoir ! Elle utilise juste la magie pour masquer sa présence.

Ses aptitudes en la matière s’étaient améliorées à tel point qu’elle pouvait à présent l’utiliser en plein combat !
Bordel… j’en étais toujours incapable. Je me sentais distancé !

— Qu’est-ce que… Filo aussi ?

Hein ? Filo avait croisé ses ailes et paraissait très concentrée.

— Je suis la source de tout pouvoir. Entends mes paroles et interprète-les correctement. Balaie-les ! Tornade Rapide !

Un grand vortex d’air se matérialisa devant elle et les bandits les plus proches s’envolèrent.

— Quoi ?

Même leur chef sembla surpris par cette magie et il recula à bonne distance.
Cependant, le vent avait tourné pour lui.
Raphtalia brandit son épée et l’approcha par-derrière.

— Ugh…
— Vous êtes un adversaire talentueux, mais c’est bien pour cela que je dois agir ainsi afin de l’emporter.

Elle acheva sa phrase et sa lame balaya l’arrière de sa nuque. Il s’effondra.
Nous avions donc réussi à les repousser. Je n’en revenais pas que toutes les deux avaient été capables d’utiliser la magie. Après tout, j’ignorais même que Filo POUVAIT le faire. Elle aurait dû m’en faire part. Mais bon, c’était un monstre. Peut-être agissait-elle par instinct.

— Eh merde ! On se retire !

Après avoir vu leur chef tomber, l’un des bandits restants prit les commandes et ordonna la retraite.

— Ouais, t’as raison !

J’isolai ce type au sein d’une Prison du Bouclier, et Raphtalia grimpa sur le dos de Filo à la poursuite des fuyards.

— Bon, très bien…

Nous les attachâmes et les fixâmes du regard.

— Si on les dépose quelque part près d’un poste de police, vous pensez qu’on sera récompensés ?
— Au vu de la situation actuelle, je ne sais même pas s’il y a déjà la moindre pièce à donner…

Raphtalia semblait préoccupée.

— Et vous, vous en pensez quoi ?

Je demandai l’avis du négociant, mais il secoua la tête.

— Toutefois, vous feriez quand même bien de les livrer aux forces de l’ordre.
— Ouais… je suppose…

Le nouveau chef me regarda et s’esclaffa.
Je pouvais deviner à quoi il pensait.

— « On était juste de gentils aventuriers en vadrouille quand le Héros Porte-Bouclier nous a attaqués. » C’est à ça que tu penses ?

Son rire s’arrêta immédiatement.

— Exactement. La police préférera croire ma version plutôt que la tienne. Pense un peu à ta réputation !
— Bon, tu marques un point.

Pourquoi ma réputation devait-elle constamment m’entraver de la sorte ? Plus j’y réfléchissais, plus cela m’énervait.
Ce Sac à merde et sa Salope de princesse m’avaient vraiment taillé un sacré portrait, et tout le monde les croyait.

*Soupir*

— Bon, d’accord. On va se contenter de vous tuer.

Je n’avais pas encore sérieusement examiné cette possibilité, pour information. Néanmoins, cela provoqua une réaction viscérale chez les bandits. La couleur déserta leur visage, et plusieurs d’entre eux tentèrent désespérément de se libérer de leurs liens. Filo s’approcha en courant et les frappa, entraînant leur évanouissement.

— Ouais, j’ai ce joli monstre bien dangereux sous la main. Je ferais bien de lui apprendre le goût de la chair humaine.

Je serrai les dents et grognai assez fort pour qu’ils m’entendent tous.

— À manger ?

Filo se mit à baver en posant son regard sur chacun des voleurs.

— Hiiiiiii !
— Hmm… que faire ?
— Mais vous êtes le marchand miracle avec l’oiseau divin et son attelage ! Vous n’allez quand même pas nous tuer !
— Je ne pense pas avoir déjà entendu ce surnom auparavant. Chacun est responsable de son propre destin. Jusqu’à maintenant, vous n’avez vécu qu’en dépouillant les autres. C’est à votre tour de payer le prix de vos actes. Faites-moi plaisir et contentez-vous de l’accepter.
— Épargnez-nous, par pitié !
— Bien. Donnez-nous tout votre équipement et vos objets de valeur, ainsi que la localisation de votre repaire. Allez-y, essayez de m’embobiner si vous voulez. Mais, figurez-vous que j’ai des pulsions de meurtre quand on me ment. Et mon oiseau divin ici présent vous réduira en pièces. Elle vous déchiquettera en petits morceaux. Elle n’attend que mon signal.

La troupe de bandits tremblait, et ils s’exprimaient lentement, leur voix emplie de peur. Pour une fois que je pouvais profiter de ma réputation…

— D’accord ! D’accord ! Notre base est…

Je déroulai une carte et notai l’emplacement.
Ce n’était pas loin.

— Parfait. Négocions, maintenant.

J’abaissai la main et Filo prépara un coup assez puissant pour les assommer. Puis, elle frappa.

— Prenez tout ce qui a de la valeur. Et regardez-moi cet équipement ! Raphtalia, c’est à toi.

Nous avions déjà dépouillé leur chef évanoui. Il portait de la bonne qualité. C’était à titre de dédommagement pour le traitement qu’il nous avait infligé.

— Si nous nous comportons de la sorte, alors nous ne valons pas mieux qu’eux.

Raphtalia protesta, mais obéit tout de même et confisqua rapidement leur équipement.

— Très bien. Maintenant, donnez l’antidote à tous ceux qui ont été empoisonnés et embarquez-les dans la calèche. Vous feriez bien de vous dépêcher, on doit encore visiter leur repaire.
— D’accord !

Nous nous y rendîmes pour confirmer que c’était bien là qu’ils résidaient. Il y avait quelqu’un qui montait la garde. Nous le ligotâmes et il subit le même traitement que les autres. Ensuite, nous entrâmes et nous emparâmes de tous les trésors et bijoux qu’ils conservaient pour les déposer après à bord de l’attelage. Enfin, nous fîmes descendre les bandits et les abandonnâmes à leur sort.
Nous avions mis la main sur une vaste gamme de produits précieux.

Il y avait de l’argent, de la nourriture, de l’alcool, des armes, des armures, de l’or, de l’argent, des remèdes médicinaux, et d’autres choses moins coûteuses.
Ils avaient eu en leur possession bien plus que ce que j’imaginais, nous reçûmes donc une compensation supérieure à mes estimations.

— C’était… très malin de votre part.

Le négociant en accessoires était en train de passer en revue les événements de la journée et m’observait.

— Ouais… Enfin bref, vous pensez que les ennuis que vous nous avez causés valent combien ?

Le marchand revint abruptement à la réalité, se rappelant où il était.

— Ces types-là avaient un chef puissant et nous les avons vaincus pour vous protéger. Ça vaut plus que quelques pièces d’argent, vous savez.

Je mis une légère inflexion menaçante dans mes propos.
Tout ceci était sa faute. Je n’allais pas le laisser s’en tirer si facilement.
Nous étions convenus que je recevrais l’un de ses accessoires. Il avait dit que cela valait au moins 20 pièces d’argent.

— Affronter un tel adversaire et parvenir à conserver une attitude aussi directe ! Oui, vous m’avez impressionné, Héros.

Il semblait sincèrement touché. Il me contempla à nouveau, plus attentivement qu’avant.
Je ne pensais pas qu’il mentait.

— Bien. Je vais vous donner cet artefact et l’imprégner de magie. Je vais aussi partager mes routes commerciales avec vous.
— Ça fait un peu beaucoup, non ?

C’était bien plus que ce dont nous avions besoin, ce qui éveilla ma suspicion.
Il essayait peut-être de nous punir pour lui avoir pris l’un de ses accessoires.

— Non, il ne reste guère de marchands tels que vous, prêts à chercher le profit, même aux prises avec une horde de bandits.
— Il doit bien y avoir tout un tas de types cupides un peu partout.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire. La plupart des gens déposséderaient quelqu’un de son argent avant de s’en débarrasser, mais pas vous. Vous savez les maintenir en vie pour continuer à tirer profit d’eux.
— Les maintenir en vue pour tirer profit d’eux…

Mon regard se porta sur les voleurs toujours ligotés.
Ils avaient peut-être été renommés auparavant, mais, dans cette position, ils ne représentaient plus une menace. Leurs vêtements et leur équipement étaient de bonne facture, et ils s’en étaient certainement emparés en les dérobant à autrui. Si nous les dépouillions à notre tour, quel mal y avait-il à cela ? Ne disait-on pas que l’on récoltait ce que l’on semait ?

— Vous voulez parler de ce qu’il vient de se passer ?
— Ces hommes en avaient après notre argent et notre vie. Toutefois, vous vous êtes mis en danger et avez réussi à leur prendre leurs objets de valeur, mais sans les éliminer. En temps normal, c’est ce qui aurait logiquement fini par se produire. Si vous y réfléchissez bien, ils ne pouvaient pas espérer mieux.

J’avais réellement une terrible réputation, il y aurait donc de fortes chances que la police ait accordé plus de crédit à leurs propos qu’aux miens. Mais, là encore, ils auraient aussi très bien pu me faire confiance.

— Tout ce matériel réquisitionné, voilà ce qui leur offre la vie sauve.
— Vous pouvez le voir de cette façon…
— Et une fois qu’ils reconstitueront leur butin et chercheront à se venger, vous les vaincrez à nouveau pour tout leur reprendre encore une fois !

Le négociant en accessoires arbora un sourire malfaisant.
Qu’est-ce qui clochait avec ce type ? Il commençait à me faire flipper !

— Quoi qu’il en soit, on vous déposera à la prochaine ville.
— Sans façon. J’ai tellement de choses à vous dire. Je ne vous quitterai pas tant que je n’aurai pas partagé toutes ces informations.

Il me prenait pour son apprenti ou quoi ?
Quelque chose me déplaisait dans cette perspective. Que manigançait-il ?
Enfin bref, nous avions rempli nos poches et notre bourse sur le dos de ces bandits et il était temps de se remettre en route.
Cela n’avait peut-être pas de rapport direct, mais, apparemment, il existait une guilde de marchands, et l’un de ses membres, corrompu, avait vendu aux voleurs l’information selon laquelle notre négociant se trouvait à bord de notre calèche. Cet individu fut plus tard renvoyé de la guilde.

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