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Tour des Mondes – Chapitre 186

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Une rencontre qui s’avère déplaisante.

« Allons, presse toi un peu et ferme la porte. »

Je me contente d’obéir en expliquant rapidement à Pete et Blue de m’attendre.
Je dis aussi à Yuu de rester sur ses gardes, puisque je ne suis pas tout à fait rassuré par l’homme dans la pièce, qui m’attend les mains croisées sur son fauteuil.

Il me fait signe de m’approcher et de m’asseoir sur le fauteuil installé en face du sien, et je m’exécute lentement en cherchant éventuellement des traces de pièges ou quelqu’un d’autre.

« Bien sûr qu’il n’y a personne d’autre dans la pièce. Pas la peine de t’inquiéter. J’imagine que tu es là pour avoir mon aide ? Tu n’es pas le premier assassin qui en aura eu besoin. »

J’aimerais dire quelque chose, ou au moins poser des questions, mais j’ai un peu de mal à formuler quoi que ce soit. Depuis que je suis entré dans la pièce, j’ai une sorte de révulsion pour cet homme qui m’envahit, comme si quelque chose n’allait pas. Je demande à Yuu, mais il me confirme bien que je ne suis pas envoûté et il me dit qu’il ressent quelque chose lui aussi.

— Elle commence déjà, à ce que je vois. J’imagine que je ne lui laisse jamais un bon souvenir. J’aurais besoin de la lettre de Catherine avant de commencer.
— Qui est Catherine ?
— Hmm ? Donne-moi juste la lettre dans ce cas. Celle que l’on t’a donnée avant que tu ne viennes.
— Je n’ai pas de lettre non plus. Je suis venu pour faire forger une arme.
— Oh, dans ce cas ce n’est qu’une simple erreur d’adresse. Je pensais que c’était Catherine qui t’avait envoyé, puisque tu es un assassin. Comment est-ce que tu m’as trouvé ?
— Une fille de la classe des guides m’a amené ici.
— Oh. Alors c’est que le destin est à l’œuvre, j’imagine. Normalement c’est Catherine qui m’envoie les jeunes assassins quand ils n’arrivent pas à… comment dire… entrer en phase, j’imagine ? C’est étonnant que tu finisses ici sans même savoir pourquoi. C’est même amusant.
— Comment est-ce que vous pouvez savoir que je suis un assassin… ?
— Et c’est à moi que revient la tâche de faire ton éducation… C’est bien la première fois que c’est le cas. Dis-moi juste ce que tu sais sur la petite Angela ?
— Je ne sais pas du tout de qui vous parlez…
— Bien, dans ce cas, je vais reprendre depuis le début. Sais-tu ce qui fait de toi un véritable assassin ? Ce n’est pas la première fois que tu l’entends, rassure-moi ?
— Aucune idée…
— Le simple fait que la petite Angela t’apprécie d’une façon ou d’une autre, au point de garder un œil sur toi. Dans ton cas, c’est probablement ta contradiction qui l’amuse.
— Quel contra –
— J’y viens. Tu es à la fois assassin et dresseur, tu crées et détruis des liens. De mon point de vue, c’est ce qui l’intéresse, mais elle n’est pas si facilement prévisible, donc il est possible que je me trompe. Cet intérêt qu’elle te porte a des avantages et des inconvénients, mais tu finiras tôt ou tard par la rencontrer en tant qu’assassin. Mon rôle en tant qu’Hérétique est juste d’établir plus facilement la connexion. Avec ses humeurs, c’est parfois… Difficile.

À mesure qu’il parle, je peux sentir que le malaise qui me prenait jusque-là augmente encore. La sensation est très étrange, un peu comme si mon sang bouillonne lentement. Je ne suis pas malade, de ce que je sais, et de toute façon c’est bien trop rapide pour que ce soit une maladie. Le problème, c’est qu’il n’y a pas que moi dans ce cas. Je peux sentir à travers le lien que c’est la même chose pour mes animaux… J’essaye de me lever pour partir, mais je tombe par terre lamentablement alors que j’essaye de reprendre mon souffle.

— Qui est Angela ? Et pourquoi est-ce que je me sens comme ça ?
— Ton état est normal, c’est juste qu’elle fait des siennes dans l’espoir que tu sortes d’ici. Elle déteste intervenir elle-même, mais elle apprécie encore moins avoir à faire avec moi. Du coup, elle se sert de son influence sur toi et « les autres » pour te mettre dans cet état. Le problème, c’est que ça rend impossible de fuir comme elle le désire.
— C’est possible que ça s’arrête ? Et vous ne répondez toujours pas à ma question. De qui vous parlez ?
— J’ai bien peur que rester en ma présence soit quelque chose de difficile à cause d’elle. Vois-tu, nous, Hérétiques, avons un pouvoir bien particulier sur les mystères de ce monde. Nous pouvons faire plier les Dieux à notre volonté. Bien sûr, je n’ai pas la prétention de pouvoir la faire plier, elle. Mais certaines barrières sont plus faciles à briser pour nous, et certaines classes, comme celle des assassins, ont parfois recours à nos services pour –
— Je veux que ça s’arrête… J’ai l’impression de brûler… Mes animaux…
— Dans ce cas, il est temps que tu la rencontres, elle n’apprécie vraiment pas que je sois là. Ce sera peut-être un peu douloureux, mais fais-moi confiance, c’est nécessaire. Ne parle pas de moi, ça risque de l’énerver encore plus. À vrai dire, tu ferais mieux de ne pas parler du tout.

Alors que je suis à moitié affalé par terre en ayant l’impression de ne plus pouvoir respirer, l’homme devant moi se lève de son fauteuil et s’approche. Il tend la paume de sa main droite dans ma direction.

« On se revoit après ton rendez-vous, dresseur. Fais juste en sorte que ça ne dure pas trop longtemps, tu le ne supporterais pas. »

Alors qu’il finit sa phrase, il approche la paume de sa main où se trouve une sorte de cercle couvert de textes illisibles, et en quelques secondes, je perds connaissance.

*

La première sensation est la chute. Je tombe pendant ce qui me semble être une éternité à travers des ténèbres que je ne reconnais pas. Je n’ai pas mal, je n’ai pas sommeil, mais je ne ressens rien, ce qui prouve bien que tout cela n’est pas réel.

Finalement, ma chute s’arrête, et je tombe dans un espace vide couvert d’un peu d’eau. En me redressant, j’ai l’impression de ressentir mon corps. Je peux voir mes mains, mes bras et le reste, mais je me sens faible, comme si un simple courant d’air pouvait me tuer.

Il fait froid, et ce ne sont pas les 20 cm d’eau dans lesquelles je me trouve qui vont m’apporter de la chaleur. La condensation de mon souffle dans l’air me donne l’impression que, quel que soit l’endroit où je viens de tomber, certaines règles de la réalité s’appliquent. Le problème, c’est de savoir lesquelles et de savoir où je suis exactement.
Je n’ai plus de lien avec mes animaux et je ne peux pas les sentir à travers le lien… Impossible de ne pas le remarquer alors que je l’ai toujours senti depuis la création du lien avec Micha. Ils ne sont pas sur moi non plus, ce qui veut dire que je suis parfaitement seul pour la première fois depuis que je suis devenu dresseur.

Je regarde finalement autour de moi. Il n’y a rien, à part des lumières rouge sombre au loin, mélangées à ce qui a l’air d’être des nuages noirs. L’eau s’étend à l’infini sur cette surface plane où je me trouve, baignant dans cette lueur rouge ambiante.

Ici, tout est rouge, sauf une chose. Une chose installée sur un monticule à une dizaine de mètres. Une chose qui me fixe.


Correction : Hastin



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