Tour des Mondes – Chapitre 265

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Chapitre 265 : Repartir à zéro

— Vous êtes ?
— Un membre du peuple de la tour. J’étais prof ici avant que… la patronne ne décide de me virer. Je travaillais dans une des écuries réservées à la classe des Cavaliers depuis, mais avec ce que vient de faire la patronne, j’ai décidé de revenir en sachant qu’il y aura bientôt du travail.
— Hm. Nomad. Enchanté.
— Oh ne t’en fais pas, je sais qui tu es. La patronne voudra probablement s’occuper de ton entraînement personnellement, donc tu ne feras que me croiser.
— Vous êtes nombreux à être revenus ?
— Alors, je te présente déjà mon cheval, Polen. J’ai croisé Balin et… Delta qui sont dans leur salle à faire des préparations. Tu ne les croiseras probablement pas, mais puisque tu me poses la question…

C’est à croire que la classe reprend vie. C’est assez étrange de croiser quelqu’un qui n’est pas Fae ici, mais je la vois mal gérer autant d’élèves seule. La connaissant, elle serait capable de leur faire à tous le même coup qu’à moi en décidant de les enfermer dans des salles avec des cages à souris…
Cela dit, d’après ce Bruce, Fae restera ma professeur.
J’imagine que je ne la verrai plus de la même façon maintenant.

En attendant, je décide de laisser Bruce dans le couloir pour entrer dans la salle habituelle de cours qui n’a pas changé depuis la dernière fois que je suis venu. Un sofa, un lit défait, une table en bois et une moitié de salle de classe avec un tableau. Micha descend de sa poche en cuir et se dirige vers une petite gamelle contenant des croquettes. Juliette, de son côté, reste accrochée à mon bras et semble plus ou moins s’être endormie depuis que nous avons passé la porte et que nous ne sommes plus en danger.

Sans trop y réfléchir, je décide de retirer une bonne partie de mon armure et de mon harnais pour me libérer un peu après la journée que je viens de passer. Ce n’est que le début de la soirée, mais j’ai besoin de repos et ce n’est pas comme si les entraînements de Nerys m’en donnaient plus que nécessaire jusqu’à présent. Je m’installe alors dans le sofa et je ferme les yeux.

*

Le bruit de la porte me réveille. Je peux voir Fae qui entre dans la salle alors que je me redresse. Elle a sa forme habituelle et ça me rassure quelques instants de la retrouver ainsi.
D’après mon horloge interne que Nerys a dûment entraînée, je viens de dormir un peu moins de deux heures. C’est loin d’être suffisant pour me reposer, mais Fae ne s’intéresse même pas à moi et fonce vers son lit dans lequel elle saute pour enfoncer son visage dans le matelas.

Hm. Je ne m’attendais pas exactement à ça. Au final, elle prend la parole alors que je caresse la tête de Micha.

— J’ai pas de longs discours à te faire sur ta journée. Tu es là pour quoi ?
— M’entraîner. Je me rends compte que j’ai fait fausse route avec la classe de Dresseurs et –
— Étonnant. Cela t’aura « juste » demandé de voir une gardienne corriger un autre gardien… enfin bref. Tu sais que c’est frustrant pour moi de voir que tu préfères les Assassins à la classe de Dresseur ?
— Euh…
— Tout le monde parle du « dernier Dresseur » et moi, tout ce que je vois, c’est un apprenti Assassin avec des animaux de compagnie. De toute façon, tu ne seras plus le dernier très longtemps. Il y a déjà deux abrutis qui ont perdu la tête en me voyant et qui essayent de dresser des souris à côté par la force de leurs pensées… Merci Bruce d’avoir ouvert les portes !
— C’est une mauvaise chose… ?
— Oui ! Maintenant, je ne peux plus sortir de cette pièce et mon hall est une écurie… Bref. Tant que tu es ici, tu es un Dresseur. Si tu veux t’entraîner, la porte est là. Par contre, tu laisses tout ce que tu as sur toi.

Alors qu’elle me dit cela, une porte apparaît dans un mur. Je me lève pour en approcher, mais il n’y a aucun signe indiquant quoi que ce soit dessus.

« C’est un entraînement qui va prendre au moins un mois. Tu peux garder des vêtements et des armes basiques, mais c’est tout. Et ne me dis pas qu’un mois c’est trop ou je m’énerve et je te promets que la classe sera ouverte à tous sauf à toi. »

Gh. J’ai l’impression qu’elle m’en veut.
J’imagine que j’attendrai d’être à l’intérieur pour me reposer, maintenant. En soupirant, je commence à vider mon inventaire et retirer mon armure. Si je ne me trompe pas, je serai dans une sorte de « zone » qui doit être du même genre que la savane qu’elle m’a montré la dernière fois.
Alors que j’approche de la porte, Fae se lève et s’approche de moi.

« J’ai dit tout ce que tu as sur toi. Tes animaux aussi. »

Je me fige quelques instants en fronçant les sourcils. Ça, par contre, je ne m’y attendais pas. Je regarde Micha et Juliette sans trop savoir comment le prendre, mais Fae frappe rapidement dans ses mains pour attirer mon attention.

« Je sais précisément ce que tu as en tête après m’avoir vue dans l’arène, mais tu dois apprendre à marcher avant d’apprendre à courir. Tu as bien sûr le choix. Tu peux passer cette porte en continuant à progresser en tant que Dresseur comme tu l’as fait jusqu’à présent et améliorer tes liens et même la fusion que tu sembles apprécier particulièrement. Ou alors, tu peux commencer à descendre sous la surface et développer quelque chose de nouveau. »

Puisque Fae comprend que je suis perplexe, elle soupire quelques instants. L’instant d’après, je peux sentir dans son regard qu’elle semble légèrement irritée. Elle se met à marmonner et j’entends vaguement le mot champion avant qu’elle me regarde droit dans les yeux.

« Il semble que je t’ai trop ménagé. Laisse-moi te montrer quelque chose. »

Sans ajouter quoi que ce soit, je peux sentir à travers mes liens que quelque chose est en train de se produire. Ils sont en train de disparaître… ? Je peux sentir quelque chose qui parasite mes sensations, jusqu’à ce que finalement les liens avec Micha et Juliette se brisent et disparaissent de la même façon que s’ils venaient d’être coupés par un ciseau.
L’instant suivant, Micha saute dans la main de Fae et Juliette s’enroule violemment autour de mon cou pour commencer à m’étouffer. En quelques instants, je viens de perdre quelque chose qui ne m’a jamais quitté et je me retrouve seul. Il ne reste que le lien avec Yuu qui me donne l’impression d’être encore un Dresseur.
Fae tend ensuite le bras et, finalement, Juliette me relâche et rejoint Fae.

« Ce que je viens de faire n’est pas une compétence. À vrai dire, c’est même l’inverse. Je suis obligée d’en activer une pour que cela n’arrive pas. Avant que tu ne te fasses des idées, dis-toi qu’elles sont toutes les “trois” en train de résister du mieux qu’elles peuvent. La troisième est bien sûr ta déesse de la corruption qui résiste à travers tes animaux, mais cela ne la concerne pas puisque je ne corromps personne, même si elle en a l’impression… Hm.
… Revenons aux bases. Établir un lien te demande de créer de l’affinité ou un rapport de force. C’est ce que je t’ai expliqué, mais ce n’est qu’un début de réponse. Je n’ai pas besoin de ça de mon côté. Instinctivement, les animaux sont à ma disposition, mais pas par peur ou par affection. J’ai une sorte d’aura… pour le formuler avec des mots que tu peux comprendre. Cette aura ne les séduit pas, ou ne les force pas à me rejoindre pour m’obéir. L’aura propose un marché que même un fou ne pourrait pas refuser. Tu devrais le comprendre si tu penses à tes animaux. »

Fae caresse la tête de Micha quelques instants pour me laisser le temps d’y réfléchir. Je ne vois pas de quoi elle parle, malheureusement. Du moins rien qui puisse faire que Juliette me trahisse au point de m’étrangler…

« La première est qu’en échange d’un lien, le dresseur offre son esprit, ses pensées et son intelligence. Pour un animal, cela vaut absolument tout. Ta souris est capable de parler et de commander des animaux grâce à cela. À tes côtés, elle gagne suffisamment d’intelligence pour formuler des concepts toujours plus complexes. Juliette, de son côté, a même évolué, ce qui la rend plus forte et bien plus capable de survivre par elle-même. Tout cela ne disparaît pas si tu romps le lien. »

Fae va ensuite à la table et dépose Juliette et Micha dessus. Je suis incapable de bouger puisque j’attends encore le fin mot des explications de la gardienne. La disparition des liens est un choc qui rend difficile le fait de me concentrer, une sorte de vide mental, comme si j’avais maintenant trop de place pour moi-même. Je serre les dents et je me concentre sur ce que dit Fae.

« Les animaux sont dotés d’un instinct de survie qui fait qu’ils ne peuvent pas refuser mon offre. Même en étant risqué, il y a bien trop d’avantages. Cela dit, si mon aura en est capable, la tienne ne leur permet pas de percevoir ce marché. Même maintenant, tes animaux comprennent que m’obéir est dans leur propre bien. Juliette a essayé de t’étrangler parce qu’elle a fini par comprendre ce qu’un lien permet vraiment d’obtenir et qu’elle a l’impression que tu t’es moqué d’elle. »

Fae revient vers moi en croisant les bras et en soupirant. Même si je comprends mieux, on parle de quelque chose qui dépasse le cadre des compétences et je ne sais pas par quoi commencer.

— Et comment est-ce que je dois m’y prendre pour développer cette aura ?
— En expérimentant, en évitant de mettre la classe de Dresseur de côté et surtout en venant t’entraîner au lieu de jouer dans l’arène.

Elle se place à côté de la porte en m’expliquant qu’elle ne me donnera pas toutes les réponses, car c’est aussi à moi de formuler les miennes. Apparemment, elle ne m’a donné qu’une partie de la réponse avec le concept d’aura.

« Tes animaux seront un obstacle. Tu as déjà pris trop d’habitudes avec eux. Un conseil en tout cas avant que tu n’entres. Les humains ont tendance à trop réfléchir. Dans ce genre de situation, ce sera du poison. Fais au plus simple. Ton but est de comprendre les animaux et la classe de Dresseur, oublie le reste. »

Sans ajouter quoi que ce soit, Fae s’approche de la boîte où j’ai rangé le contenu de mon inventaire et mon équipement. Elle attrape une potion de sang de Dragon et un poignard qu’elle me tend en me disant de les garder au cas où.
Ensuite, elle ouvre la porte et je peux voir la même savane que j’avais vue la première fois.

« Je garde un œil sur toi, mais je n’interviendrai pas forcément. »


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Correction : Hastin



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