KissWood

NORDEN – Chapitre 72

Chapitre 72 – Coup d’État

“… Ainsi, après plusieurs heures de délibération, monsieur le Duc Friedrich von Hauzen, aranéen, est déclaré coupable et condamné par les hautes autorités à la prison à vie. Son acolyte, monsieur Charles d’Antins, charitéien, est lui aussi coupable de trahison, d’enlèvement et séquestration d’enfants noréens et condamné de ce fait à la même sentence. (…) Monsieur le marquis Laurent de Malherbes, aranéen, dont aucune preuve n’a été révélée à ce jour, est relevé de toute charge contre son état…”

Tels étaient les mots écrits sur la première page du journal se trouvant sur le bureau du maire en ce jeudi matin, plus de deux mois après le procès. La coupure avait été laissée là, bien mise en évidence et arrachait un sourire au maire chaque fois qu’il jetait un œil en sa direction.

L’affaire avait fait un grand bruit et tout le monde en ville ne semblait parler que de cet évènement. Le procès, qui s’était déroulé au palais de justice, avait déchaîné les passions. Les deux camps, l’Élite et l’Alliance, étaient plus que jamais opposés et des affrontements avaient eu lieu sur le parvis de l’édifice, faisant trois morts et plusieurs dizaines de blessés.

Alexander était présent lors de l’instance et avait été auditionné, tout comme Ambre, sa carte maîtresse qui, finalement, avait décidé de faire partie du jeu afin de faire condamner le Duc plus facilement. C’était une tactique audacieuse et risquée, mais qui permettait d’aboutir au bon déroulement du procès et surtout à la conclusion espérée ; celle de faire plier leur adversaire et de montrer, aux yeux des spectateurs, que leur alliance payait.

En bonne comédienne qui s’était exercée des jours durant auprès de son hôte, elle s’était montrée plus que collaborative en feignant d’avoir été choquée par son enlèvement. Elle n’avait pas hésité à pleurer, mentir, et à faire des gestes théâtraux pour appuyer ces propos déchirants. Ces paroles avaient eu le don d’émouvoir l’auditoire ; chamboulé devant cette petite femme si fragile, si innocente et si traumatisée, dont le seul désir était de protéger son adorable petite sœur chérie. Elle avait insisté sur le choc provoqué sur la petite Adèle et de la difficulté qu’elles avaient toutes deux à se remettre de cet évènement tragique et douloureux.

Par un heureux hasard, elle s’était bien gardée, elle aussi, de mentionner la dernière discussion entretenue avec Alexander et le Duc ; c’était là leur petit secret.

À la fin du procès, Alexander et son acolyte avaient été escortés par William de Rochester et ses hommes afin d’assurer leur protection sur le trajet du retour. Les deux partenaires avaient échangé un sourire satisfait et trinquèrent le soir venu pour célébrer dignement cette victoire, heureux et fous de joie que leur stratégie ait marché.

Puis le lendemain, après une soirée bien arrosée où tous deux avaient bien discuté de sujets plus légers et avec moins de convenances qu’habituellement, ils étaient retournés à leurs occupations. Ambre était repartie à l’observatoire afin d’entamer sa semaine de travail en compagnie de ses nouveaux collègues.

L’horloge de la mairie indiquait dix heures. En cette matinée du mois d’octobre, la grande pièce était baignée par le soleil. Le mobilier était sobre, seuls des chaises en velours bleu, un bureau et des étagères sur lesquelles les nouveaux registres de naissances noréennes ainsi que des documents administratifs étaient soigneusement rangés, composaient l’ensemble.

Le parquet de bois était lustré et dégageait une forte odeur de cire d’abeille. Les murs blancs étaient seulement égayés d’une simple horloge et par le portrait officiel, peint à l’huile, à l’effigie du nouveau maire.

C’était un portrait de taille moyenne au cadrage classique et au cadre sans ornement, hormis un fin liseré de feuilles d’acanthe, sur lequel était écrit en bas : Mr le Maire Alexander von Tassle.

Alexander y était représenté en buste, de trois quarts, portant un costume bleu outremer à boutons dorés et arborant fièrement sa broche. L’homme avait la tête haute, le port noble et regardait au loin. Il était assis derrière son bureau, les mains posées sur deux livres superposés : le Noréeden gentem unitum et le Lex Legatorum. Une plume de faisan était délicatement posée sur une feuille, où les mots : Justice, Protection et Union étaient écrit en calligraphié. Ses deux médaillons, le loup et le chien-renard, ornaient le coin opposé, soigneusement mis en valeur dans leur écrin. Derrière lui, la grande tapisserie de son salon, Alfadir et le serpent marin, faisait ressortir sa personne. Tout dans ce portrait était fait pour symboliser la volonté d’union entre les peuples et les ambitions politiques de cet homme.

Alexander était assis derrière son bureau, les mains jointes, en compagnie de James. Les deux hommes s’entretenaient autour d’un café, une légère appréhension en ce jour si particulier. Puisque, comme l’avait supposé Stephan, les deux autres enfants enlevés, les jumeaux Heilùn et Eivor, étaient bel et bien des noréens issus de la tribu des Svingars, la plus proche de la frontière territoriale.

Juste après cette désastreuse découverte, Alexander avait missionné Rufùs Hani et James de Rochester de se rendre en territoire noréen afin de les avertir de ce rapt. Les deux émissaires furent alors accueillis en territoire Svingars afin de leur annoncer la nouvelle de manière la plus diplomatique qui soit.

Leur cheffe Sonjà, furieuse, les avait sommés d’avertir leurs dirigeants que cet acte ne resterait pas impuni et qu’elle s’engageait à leur rendre de très sévères représailles. Suite à cela, un émissaire avait été envoyé dans les bureaux du maire.

C’était un homme, dont le passage en ville n’était pas passé inaperçu au vu de son physique des plus atypique et effrayant.

En effet, le noréen avait la peau cuivrée et de grands yeux jaune doré cernés de far noir, les mettant encore plus en valeur. Ses cheveux longs, noirs et drus lui encerclaient le visage à la manière d’une crinière rendant à ce personnage une intrigante majesté accentuée par son port droit et son attitude étonnamment sereine pour un étranger peu habitué à se rendre en territoire inconnu.

Malgré cette élégance, l’étranger possédait de nombreuses imperfections que les journaux n’avaient cessé de mettre en évidence, le raillant sans vergogne. Car l’émissaire était maigre, vêtu d’un simple habit de lin clair sur lequel une broche en forme de canidé à très longues pattes était épinglée, dévoilant un corps parsemé d’entailles et de balafres, dont trois lui parcourant du front jusqu’à la base du cou. L’empreinte, certainement due à un coup de griffe incisif, décrocha au maire un profond sentiment de gêne et d’empathie.

L’homme s’appelait Servàn et était venu avertir le maire d’une rencontre prochaine. D’une voix grave et posée, il lui avait indiqué la venue d’Ambassadeurs noréens directement missionnés par Alfadir afin d’entretenir un dialogue.

Le rendez-vous étant curieusement fixé au jeudi dix-neuf octobre et personne d’autre hormis Rufùs Hani, resté auprès de Sonjà, ou encore le maire et ses suppléants n’étaient au courant de cette entrevue.

Un bruit de sabots, accompagné de hurlements et de coups de feu se fit entendre. Les deux hommes alertés par le bruit se levèrent. Mais avant qu’ils n’eussent le temps de s’emparer de leur arme, le jeune Théodore von Eyre fit irruption dans la pièce, essoufflé et tremblant.

— On nous attaque monsieur ! Cria-t-il, haletant en refermant la porte en hâte.

— Qui ? Les noréens ? S’informa Alexander.

— Non monsieur, le marquis de Malherbes et ses hommes. Ils sont une cinquantaine et lourdement armés ! Fit-il, paniqué.

Alexander jura et sortit son arme du bureau tandis que James se munit de son sabre.

— Vous ne quittez pas les lieux, monsieur ? Remarqua Théodore, alarmé et confus. Vous ne ferez pas le poids face à eux !

— Cher Théodore, sache que jamais je ne quitterais cette pièce de mon vivant. S’ils veulent le pouvoir alors qu’ils viennent me le prendre. Jamais je ne leur céderais sans me battre. Plutôt mourir que de voir un tel homme à la tête du territoire !

Il chargea son arme et se tint prêt. Théodore, à la fois effrayé et encouragé par les propos du maire, décida de rester auprès d’eux et de se battre à leurs côtés. Il s’arma de son revolver, arme que tout le monde possédait sur lui à présent tant Iriden n’était plus un lieu sûr, et regarda en direction de la porte avec une grande appréhension.

Dehors, les coups de feu résonnaient. Des gens, majoritairement des femmes, hurlaient. Les bruits de pas se rapprochaient, martelant le sol avec fracas tels des taureaux en pleine charge ; le bois craquait, les verres se brisaient, les armes cliquetaient et des hommes criaient les ordres.

— Ne t’en fais pas mon brave ! S’écria de Rochester à un Théodore nerveux et tremblant afin de le rassurer. On va d’abord parlementer avant d’en arriver au sang.

— Je vous trouve bien optimiste James, maugréa Alexander en maintenant la porte en joue.

— Je connais les valeurs de la diplomatie. Ils ne feront rien et préféreront vous voir vous résigner et plier devant eux plutôt que de vous occire.

— De grâce, ôtez-vous cette vision de la tête ! Pesta le maire.

La porte d’entrée s’ouvrit avec fracas et six hommes pénétrèrent dans la pièce, un revolver pointé en leur direction, et se déployèrent autour d’eux. Puis, un autre entra à son tour.

C’était un homme élégant d’une soixantaine d’années, les cheveux argentés, au regard froid et dur accentué par de grands yeux gris cendré, presque translucides. Il était extrêmement mince et grand, vêtu d’un costume saillant et se déplaçant majestueusement, les mains tenues devant lui, appuyées sur une canne à pommeau de serpent argenté. Il ressemblait en tout point à un paon dont le plumage délavé semblait avoir été ôté de toute couleur.

— Bien le bonjour monsieur le maire, fit l’homme d’une voix doucereuse, un léger sourire en coin. Pardonnez mon intrusion, mais je n’avais pas d’autre choix si je voulais avoir l’immense honneur de m’entretenir avec vous en privé. Surtout en ce jour-ci particulier qu’est notre grande et glorieuse fête de l’Alliance que je souhaite passer en votre compagnie afin de la célébrer dignement.

— Monsieur le marquis de Malherbes, s’écria Alexander, les dents serrées, tout en soutenant son regard. Je suis ravi de vous recevoir céans, en mon bureau, même si je suis quelque peu contrarié que vous n’ayez pas eu l’amabilité de prendre rendez-vous au préalable. Vous savez, il y a une secrétaire en bas… à l’entrée… juste à gauche… vous ne pouvez pas la rater normalement, et je l’ai engagé exprès pour cela.

Le marquis afficha un sourire carnassier, identique à celui de son défunt fils Isaac.

— Mon cher Baron, je vois que même aux portes de la mort vous conservez toujours votre sens de l’humour. C’est fascinant de voir ô combien Friedrich se méfiait de vous et je suppose qu’il avait raison. Après tout, vous êtes notre fidèle chien enragé et vous savez mordre.

Il s’avança vers lui, s’assit sur le coin du bureau et caressa le pommeau de sa canne.

— Et je sais de par ce très cher défunt Ulrich, votre adorable père, que vous savez très bien encaisser les coups, ajouta-t-il, cynique, c’était grisant de vous entendre japper et couiner à l’époque.

Alexander eut un rictus et grogna.

Pendant un temps, personne ne parla, attendant que le marquis s’explique sur sa tentative de coup d’État. Le silence régnait en ses lieux où seul le tic tac incessant de l’horloge tintait de son rythme lent et éternellement régulier. Dehors, les rues étaient agitées, les cris continuaient et les coups de feu retentissaient accompagnés par des claquements de sabots et de verre brisé. Des bruits de jappements commençaient à se faire entendre au loin, presque indiscernables.

Le marquis et le maire s’engagèrent dans un duel de regard, tentant de voir qui flancherait le premier.

— Mon cher Baron, commença-t-il d’une voix claire et distincte, veuillez, je vous prie, sortir de mon bureau. Je vous promets que si vous coopérez, je saurais être parfaitement indulgent envers vous ainsi qu’envers ceux qui vous soutiennent. Je vous en donne ma parole.

— Je crains, mon cher marquis, que je ne puisse être en mesure de satisfaire votre demande, tout aussi alléchante soit-elle, répondit Alexander d’une voix calme tout en continuant de le dévisager. Voyez-vous, je ne sais pas pourquoi, mais je trouverais cela fortement fâcheux de voir un homme, tout aussi éminent que vous êtes, prendre le contrôle de ce territoire et des habitants qui s’y trouvent. J’en serais fortement désappointé à vrai dire et je pense que ma très charmante collaboratrice, qui n’est malheureusement pas présente avec nous en ce moment même, mais qui, je suppose, se serait fait une immense joie de vous rencontrer en personne, sera autant de mon avis.

Le marquis eut un rire devant cet affront.

— Quelle insolence ! Un simple petit baron ne courbant pas l’échine devant un noble marquis, remarquez, vous avez tenu tête à Friedrich, vous ainsi que votre chère acolyte enragée. Dommage qu’elle ne soit pas là, ni mon défunt fils d’ailleurs, je sais qu’il la convoitait et aurait voulu inscrire son nom dans son tableau de chasse en compagnie de toutes les autres.

Il détourna son regard et dévisagea Théodore. Le jeune homme, tremblant et paniqué, baissa aussitôt la tête. Il avait le teint blême et parvenait difficilement à respirer tant il ne connaissait que trop bien le pouvoir et la dangerosité de cet être pernicieux aussi effroyable et malsain que son propre père.

— Mon cher neveu, annonça-t-il d’une voix doucereuse, quelle tristesse de vous avoir perdu en tant qu’alliés, vous et mon cher beau-frère. La peur de représailles et d’entacher une nouvelle fois votre nom ? Wolfgang m’a terriblement déçu sur la décision qu’il avait d’abandonner définitivement nos accords communs. Qu’elle n’a pas été ma colère lorsque j’ai appris qu’il avait choisi la veuve Irène comme seconde épouse. Une sacrée belle provocation je n’en doute pas. Et dire que je vous considérais avec distinction et mon défunt fils vous appréciait énormément. Je trouve cela terriblement injuste que vous nous ayez tourné le dos juste après que mon cher Isaac se soit fait dépecer par cet abominable loup…

Il planta à nouveau son regard aussi froid et gris que la glace dans celui du Baron.

— Votre femme Baron, si je ne m’abuse ?

— C’est exact, dit-il en lui adressant un sourire, et au vu de l’état de sa carcasse, je suppose que votre fils a dû être à son goût. Auprès de moi, Judith s’est prise d’une passion dévorante pour les hommes nettement plus jeunes qu’elle. Elle a dû ressentir toute la fougue de votre garçon et n’a pu résister à se jeter dans ses bras et à le croquer à sa manière. Au moins, il sera mort en ayant vu le loup une dernière fois !

Comme pour appuyer ses dires, des cris, semblables à des hurlements de loups résonnaient de plus en plus fort, complétés par le tumulte de la foule et le vacarme du chaos extérieur.

Le marquis continuait de lustrer le pommeau de sa canne, le caressant délicatement de la paume de ses mains noueuses.

— Le monde est tellement cruel, souffla-t-il.

D’un geste vif et maîtrisé, il donna un violent coup de canne sur l’épaule de son adversaire. Alexander, surpris par cet impact si soudain et brutal, laissa échapper un cri de douleur. Il lâcha son arme et s’écroula au sol. Le marquis vint vers lui, mit son pied sur le revolver et le contempla de haut, brandissant sa canne juste à côté de son visage, en guise de menace.

Avant qu’il ne fasse un pas de plus, James brandit son sabre, plaçant la lame fine et tranchante juste sous le cou du marquis. Mais pour dissuader toute tentative de la part du Capitaine, Théodore, sous ordre de son éminence, fut mis en joue par les six tireurs ennemis ; le jeune homme était vulnérable, impuissant et totalement à leur merci.

Ayant un élan de tendresse et d’empathie pour le garçon, James hésita à poursuivre son geste, désemparé par la situation.

— Ne faites pas un geste que vous risqueriez de regretter monsieur de Rochester, annonça le marquis d’une voix mielleuse, vous êtes le plus respectable d’entre tous et il serait fort dommage de vous attirer les foudres de vos opposants actuels. De plus, je pense que votre père, si fragile, supporterait très mal l’idée de perdre un énième fils. Cela l’achèverait, n’est-il pas ?

James prit un instant pour réfléchir et, sachant que leurs vies étaient menacées, baissa lentement son arme.

— Messieurs, veuillez récupérer les armes de nos charmants adversaires et sortez-les avec vous afin de les escorter jusqu’à la maison d’arrêt ! Ordonna le marquis sans détourner le regard de son rival. La cellule de monsieur Charles d’Antins et celle de notre cher Friedrich doivent être libres et leurs cadavres jetés dans les rues à cette heure !

Alexander grogna et regarda tour à tour ses deux alliés qui, ne pouvant rien faire pour lutter contre eux, cédèrent leurs armes à contrecœur, et se rendirent.

Dehors les cris et les coups continuaient. Des bruits de sabots commençaient à dominer cette cohue, faisant trembler légèrement le sol, accompagnés d’aboiements incessants. L’odeur de poudre imprégnait l’air et de la fumée commençait à s’élever, envahissant la place.

— Je prends votre poste monsieur, fit le marquis en s’asseyant sur le fauteuil du bureau et en sortant son revolver qu’il pointa sur la tête du maire, n’y voyez surtout rien de personnel, mais Norden appartient à l’Élite. Alors, je vous l’ordonne, agenouillez-vous devant moi et implorez que je vous épargne à nouveau !

De Rochester et von Eyre sortirent de la pièce, escortés par quatre hommes. Seuls restaient dans la pièce le Baron, le marquis ainsi que deux de ses hommes.

— Allez cordialement vous faire voir marquis, pesta Alexander, furieux, les dents serrées. Je préférerais crever à terre comme un chien plutôt que de devoir m’abaisser à cela !

Le marquis eut un petit rire, dévia son arme sur l’épaule de son opposant et tira. La balle sortit instantanément, sifflante, et s’engouffra dans la chair de son épaule.

Le Baron hurla et plaqua sa main contre sa blessure. Il tressaillait, la douleur était vive, lancinante, le brûlant de l’intérieur. Pourtant, il avait l’habitude de souffrir et de courber l’échine étant plus jeune. Mais l’homme qu’il était à présent s’y refusait ; trop fier, trop arrogant pour subir à nouveau une telle humiliation. Il déglutit péniblement, prit une profonde inspiration et releva dignement la tête.

— Votre insolence vous perdra mon cher, se contenta de dire le marquis à voix basse, déçu que son adversaire ne pli pas devant sa personne et ne le supplie de l’épargner.

Il s’apprêtait à tirer lorsqu’un immense loup gris pénétra en trombe dans la salle et se jeta, tout croc dehors, à la gorge du marquis, le faisant basculer avec lui en avant.

Le canidé, d’une taille largement plus impressionnante que ne l’était Judith en fin de vie, secoua énergiquement sa proie en tous les sens, aspergeant la salle de multiples taches d’un rouge écarlate. Enfin, il lui arracha la tête d’un coup sec, sans aucune pitié, déversant une immense quantité de sang au sol.

Alexander et les deux autres hommes qui se tenaient dans la pièce assistèrent au spectacle avec effroi, paralysés et terrorisés.

Chapitre Précédent |

Sommaire | Chapitre Suivant

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :