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NORDEN – Chapitre 87

Chapitre 87 – La reine de cœur et le roi de trèfle

Le bruit des vagues s’échouant contre les galets était reposant. Quelques mouettes et goélands volaient encore paisiblement dans le ciel sans nuage, emportés par la légère brise. Le soleil était à présent à son zénith et baignait Norden de ses intenses rayons jaune doré.

Alexander et Ambre étaient allongés l’un contre l’autre, la jeune femme à moitié dévêtue. Elle était profondément endormie, la tête appuyée contre l’épaule du Baron, resté habillé, et qui l’encerclait de ses bras, une main posée sur son ventre dénudé, sentant sa chaleur et sa respiration régulière sous sa paume.

La tête posée derrière sa nuque, il sentait son odeur, se laissant griser par le doux parfum du jasmin.

Cela faisait bien deux heures qu’ils étaient allongés sur le sable, épuisés d’une nuit courte et agitée ainsi que d’une étreinte langoureuse qui dura un moment où il découvrit pleinement le corps de sa petite proie, sous la lumière du jour. La demoiselle, avide elle aussi de retrouver l’étreinte d’un corps viril contre le sien, s’était laissée explorer.

Tel un serpent, elle l’avait retenu de ses cuisses, s’enroulant autour de lui, afin de le maintenir à elle plus longuement. Elle était entièrement offerte à sa personne, ressentait le besoin de se donner à lui, un désir ardent d’être étreinte, possédée, d’être guidée par des gestes habiles et maîtrisés ; de se sentir vibrer, défaillir de plaisir jusqu’à l’évanouissement. Cela, pour le plus grand plaisir de cet homme si inespérément chanceux d’avoir pu jouir à nouveau du corps de sa demoiselle si gourmande de sa personne.

Il regarda le ciel puis déposa un baiser sur le cou de sa protégée et la réveilla calmement.

— Il est l’heure de rentrer, lui murmura-t-il à l’oreille.

Elle ouvrit lentement les yeux, encore dans les vapes, puis s’étira de tous ses membres, le corps submergé par un frisson. Elle se releva, se passa une main sur le visage et contempla, les yeux mi-clos, l’homme qui se tenait auprès d’elle.

— Mademoiselle semble avoir bien dormi.

— Quelle heure est-il ? Demanda-t-elle, groggy.

— Pas loin de treize heures, je suppose, dit-il tout en replaçant sa mèche de cheveux.

Elle reboutonna sa chemise et remit son pantalon. Puis elle se leva et se dirigea vers la mer afin de se passer un peu d’eau fraîche sur le visage. Celle-ci était glacée et lui donna un coup de fouet qui la réveilla instantanément. Puis elle fit demi-tour et alla rejoindre Alexander qui tenait les deux chevaux. Elle mit ses bottes puis il l’aida à se hisser sur le destrier.

Tous deux repartirent au pas en direction du manoir. Ambre regardait avec intérêt le paysage qui défilait devant elle, se laissant bercer par la beauté de cette nature sauvage et le silence ambiant où seuls les bruits réguliers des sabots ferrés claquant contre le sol rocailleux se faisaient entendre.

Alexander qui jusque-là se tenait devant, ralentit le pas et alla se poster auprès d’elle. Dès qu’il fut tout près, il lui passa une main dans le dos et la caressa, tout en regardant droit devant lui.

— Que dirais-tu de dîner en extérieur ce soir ? S’enquit-il, la mine réjouie. Uniquement toi et moi. Je connais un excellent endroit, le meilleur de tout Norden, où nous pourrons certainement nous amuser et la nourriture y est excellente.

Ambre le dévisagea, sceptique :

— Laissez-moi deviner : je présume qu’il s’agit d’un endroit isolé, dans un somptueux domaine, hautement réputé, où tout est absolument magnifique, des plats jusqu’au moindre détail d’argenterie, en passant par le décor richement orné et foisonnant de luxe et d’opulence ? Au point que moi, pauvre petite noréenne de basse classe que je suis, m’y sentirais comme un poisson dans l’eau ?

— C’est effectivement comme ça que nous pourrions qualifier la Belle Époque, déclara-t-il en se frottant les mains, bien que tu ais oublié de mentionner l’incroyable amabilité de la charmante clientèle qui se trouvera là-bas.

Il lâcha les rênes, laissant son cheval marcher d’un pas traînant. Montaigne secoua son encolure et baissa la tête, les oreilles orientées vers l’avant. Ambre, comprenant qu’il voulait gagner du temps avant de rentrer au manoir, fit de même avec Balthazar, attachant solidement les brides à la selle.

— Vous pensez vraiment que ce soit raisonnable ? La provocation risque d’être virulente.

— Oh ! je ne m’en fais pas trop pour cela ! Il est vrai que les vipères seront de sortie et j’espère qu’elles seront là ! L’idée d’aller les aguicher en ta compagnie est assez alléchante. Mais je n’y vais pas pour cela principalement.

— Et vous venez de décider cela à l’instant, sur un coup de tête ? Demanda-t-elle d’un ton réprobateur en croisant les bras. Ou le fait de vous sentir soudainement plus léger vient de vous faire pousser des ailes ?

Alexander eut un petit rire :

— La deuxième est fort probable, quant à la première, sache que je chéris depuis longtemps l’idée de me rendre là-bas avec toi à mes côtés. C’était d’ailleurs mon intention principale hier. Je voulais te tester afin de savoir si tu étais capable de passer un long moment aussi près de ma personne et je souhaitais t’annoncer mon verdict après notre session qui, comme tu le sais, a subi malencontreusement quelques petits imprévus.

Alexander se rapprocha un peu plus de la jeune femme et fit glisser sa main sur sa nuque qu’il pressa légèrement.

— Je pense, sans trop vouloir m’avancer, que je n’ai plus vraiment à m’inquiéter là-dessus désormais, ironisa-t-il.

— Je suis désolée d’avoir contrecarré votre merveilleux programme, répliqua Ambre cyniquement, en lui écartant la main. Mais vous auriez tout aussi bien pu résister et me repousser comme vous savez si bien le faire.

— L’occasion était trop belle, je m’en serais voulu de ne pas l’avoir saisie, avoua-t-il, amusé.

Ils continuaient de sillonner la côte déserte, longeant les falaises qui surplombaient l’océan, les vagues claquant avec force contre la roche. Au loin, en contrebas, la ville de Varden et son port se dessinaient. Trois voiliers étaient nettement identifiables ; l’un avait les voiles repliées et les deux autres pleinement déployées.

D’ici, l’Albatros, dont le harpon brillait au soleil, semblait trôner avec majesté, plus imposant encore que l’Alouette qui faisait pâle figure à ses côtés.

On dirait que la Goélette est prête à partir pour son voyage annuel. Pensa-t-elle en voyant le voilier toute voiles dehors.

En face d’eux, les premiers grands domaines faisaient leur apparition.

Il s’agissait des manoirs, parmi les plus luxueux, appartenant aux familles les plus aisées de l’île. Ceux-ci étaient disséminés de part et d’autre de la route, intercalés entre de vastes hectares forestiers privés. De longues et hautes grilles noires en fer forgé, à la pointe dorée, délimitaient les terrains, arborant fièrement les armoiries des propriétaires. Le premier, à leur gauche, appartenait à la famille des von Dorff.

— Pourquoi ne m’y emmenez-vous que maintenant ? Demanda-t-elle, en scrutant d’un œil mauvais les armoiries de leur ennemi, où le symbole de l’Hydre à trois têtes était très clairement mis en valeur dans un cartouche en marbre noir rehaussé d’argent.

— Je ne pouvais me permettre de t’inviter plus tôt, au vu de ta fragilité émotionnelle de ces derniers mois. Je ne voulais pas faire courir le risque de te confronter directement avec quelques membres de l’Élite, alliés comme rivaux. Car tu le verras ce soir, ils sont impitoyables et ne manqueront pas la moindre occasion de te ridiculiser et de titiller tes nerfs.

— Dans ce cas, pourquoi tenez-vous tant à ce que je vous accompagne là-bas ?

Ambre grogna en contemplant le manoir qui s’esquissait au loin, accessible par une large allée de graviers, bordée par des arbres et arbustes taillés. Le bâtiment s’érigeait sur deux étages au toit droit et s’étirait tout en longueur avec les deux ailes avancées ; un style architectural imposant et sévère, à l’égard de son propriétaire.

— Vous savez bien que je ne suis pas la plus douée en matière de diplomatie, poursuivit-elle, et que je pourrais, même malgré l’amélioration de mon état, tout à fait succomber à la tentation d’en étriper quelques-uns ! Je ne pardonnerai jamais ce qu’ils ont fait ! L’Élite doit crever jusqu’au dernier !

Soudain, elle remarqua un jeune homme, le sourire aux lèvres, s’amusant auprès d’un groupe d’enfants qui jouaient joyeusement au ballon dans le parc du domaine. À la vue de ces jeunes s’amusant en toute innocence, riant à gorge déployée, en dehors de toute pensée de conflit et bercés par leur insouciance, son cœur se serra. Elle venait d’être gagnée par l’amertume.

Qui sait combien de victimes collatérales fera cette guerre ? Ces enfants ne sont pas si différents d’Adèle. Pourtant, il y aura forcément des morts dans cette bataille si le conflit se poursuit, dans leur camp comme dans le nôtre.

— Non, tu ne feras rien, de la même que tu ne crains absolument rien là-bas, annonça sèchement Alexander. Le domaine appartient aux de Rochester, c’est un lieu neutre et bien gardé, ayant pour but le dialogue et l’échange.

Ambre détourna le regard du manoir et soupira :

— Et moi qui pensais que pour une fois j’existais à vos yeux autrement que comme un pion ou un atout !

— Il ne s’agira pas d’un dîner galant, malheureusement, fit-il d’une voix doucereuse, en reprenant ses rênes. Du moins pas cette fois-ci.

— Que serais-je pour vous là-bas ?

Alexander lui adressa un sourire charmeur.

— À toi de voir : acolyte, amie, concubine si tu les souhaites… choisis la carte que tu décideras de jouer dans la partie de ce soir. Même si je trouve que le rôle de la dame de cœur t’irait bien.

— À vous entendre, je pencherais plutôt le valet de pique ! Railla-t-elle après une grimace.

Elle engouffra une main dans sa poche et sortit son paquet de cigarettes. Elle s’en alluma une et la porta à sa bouche.

— D’ailleurs, quel intérêt avez-vous de vous rendre là-bas ?

— J’ai encore quelques partisans sein de l’Élite, peu, mais je tiens à garder la main mise sur eux avant qu’ils ne décident de rallier le camp adverse. Ce qui est fort probable si je n’interviens pas au plus vite.

La jeune femme expira, expulsant dans l’air une grande quantité de fumée grisâtre, la main tressaillant légèrement.

— Vous jouez à un jeu dangereux… à quoi cela vous servirait pour une poignée d’hommes seulement ? Vous risquez surtout d’engager une attaque à votre encontre, non ?

— Non, du moins je ne l’espère pas ! Et une grande partie de mes partisans ont déserté Iriden. Je sais qu’ils se retrouvent à la Belle Époquede temps en temps pour parlementer. Je veux donc les rassurer et rallier de nouveaux partisans à ma cause, si cela m’est possible. En m’affichant publiquement avec toi cela me donnera du poids ; je veux leur prouver que je suis tout à fait capable de pouvoir leur tenir tête et que toi, jeune noréenne, tu as tout un peuple derrière toi prêt à se joindre à moi dans cette lutte. Rien n’est fait, bien sûr, mais ils n’en savent rien.

Ambre hocha la tête et se mordilla nerveusement les lèvres.

— L’Élite gagne chaque jour des partisans, poursuivit-il calmement, et il m’est difficile de contenir les foudres de la population face à leur colère montante due aux effets de l’embargo et à l’annexion du territoire Est par les Hani. Colère qui risquerait de s’aggraver au fil des ans au vu du régime économique que je m’apprête à appliquer pour la suite afin de maintenir notre survie à tous et d’engager un nouvel équilibre avenir et qui, je le sais très bien, fera grincer des dents énormément de nos concitoyens.

— Vous ne voulez pas attendre la signature éventuelle d’un traité ? Qui sait si les noréens s’engageront auprès de nous finalement.

— Non, car j’ai bien peur que si je n’interviens pas de suite pour leur semer le doute, la signature d’un éventuel traité risque d’être compromise à jamais. Un autre coup d’État pourra survenir bien avant et je n’ai pas assez de milices pour leur faire face cette fois-ci ; même en comptant les forces supplémentaires envoyées gracieusement par les Hani ou la sécurité menée par la pacifique Garde d’Honneur.

Alexander se redressa et porta son regard au loin, droit devant lui, l’air digne et fier.

— C’est un coup risqué, je l’avoue, mais il mérite d’être tenté. Je n’ai rien à perdre dans cette tentative. Il faut nous montrer forts, inébranlables. Leur prouver que nous ne ploierons pas devant l’adversité. Nous les condamnerons un à un, même si cela pourrait me prendre des années. Ils paieront tous pour leur crime et la justice fera loi.

Ambre l’observa, pensive : Par Alfadir, la volonté de cet homme me surprendra toujours. C’est à croire que rien ne l’effraie. Je me demande pourquoi il s’implique autant de la sorte et surtout pourquoi déteste-t-il autant les siens ? Pourquoi en veut-il autant à l’Élite ? Il n’y a clairement pas que de la défiance là-dedans, mais aussi énormément de rancune et de rancœur.

— Nous sommes à un moment crucial, déclara-t-il d’une voix forte et distincte, c’est maintenant que tout se joue. À voir si le peuple daignera se battre. L’ennui est que les noréens de notre territoire ne bougeront pas avant d’être absolument sûrs que leurs paires s’engagent en ma faveur et se battent à nos côtés.

Il se tourna vers elle, plongea ses yeux sombres dans ses yeux ambrés desquels aucune clarté malsaine n’émanait, et prit sa main qu’il pressa dans la sienne.

— Nous allons jouer une nouvelle partie en duo ce soir. En espérant que cette troisième collaboration soit autant de bonne fortune que les deux autres.

Elle lui sourit timidement, faisant pianoter ses doigts contre sa selle, avec une pointe d’appréhension.

— Je te sens troublée, dit-il en remarquant son embarras.

— Un peu, je l’avoue, je ne m’attendais pas à ce que la situation soit aussi tendue ni même que mon engagement à vos côtés puisse avoir finalement autant d’impact. Je n’aurais jamais cru avoir autant d’importance sur la politique de l’île, d’être l’une des figures de proue d’un mouvement qui me dépasse totalement et dont je ne connais pas grand-chose.

— La tension est latente, une simple étincelle et les deux villes s’embrasent. Quant à ton rôle, tu comprends pourquoi je m’entêtais autant à te faire donner des cours auprès de madame Gènevoise !

Elle hocha la tête avec lenteur, sans réelle conviction.

— Sache que je ne m’attendais pas à ce que tout s’emballe aussi rapidement. Les évènements se sont déroulés trop brutalement, j’ai dû faire face à des réactions en cascade allant de mal en pis et comprenant de nombreux imprévus ; la faute surtout à ce foutu Friedrich d’avoir osé enlever la jeune Imperà Hani.

Il fronça les sourcils, contrarié, et pesta :

— Quelle n’a pas été ma surprise lorsque, tout juste élu, je reçus une lettre de la part de Hangàr afin de le rejoindre au plus vite et de céder à ses multiples conditions pour éviter un potentiel conflit avec lui ; notamment lui céder la côte Est, qui n’a fait qu’aggraver les tensions au sein de la communauté aranoréenne. Maintenant, une bonne partie de Wolden et Exaden est à Varden… plus de trente mille nouveaux arrivants furieux contre moi, dont plus de cinq mille soldats et marins !

Il eut un rictus et serra les poings. Ambre nota qu’il fulminait, voyant sa cage thoracique se gonfler avec vigueur, bouillonnant d’une rage interne.

— Et maintenant je suis pris à la gorge par de Laflégère et ses hommes qui ont, fâcheusement, rallié la cause de l’Hydre, grossissant leurs rangs de plusieurs milliers de têtes !

Ils continuèrent leur route, passant tour à tour devant les propriétés, toutes aussi majestueuses les unes que les autres. Avec le beau temps, les domaines étaient baignés de soleil et bon nombre de gens se baladaient ou se reposaient dans les jardins. Les personnes, de tous les âges, affichaient des visages souriants et vêtaient des habits décontractés, profitant des plaisirs simples de la vie.

Ambre baissa les yeux, pensive, regardant son cheval avancer, mettant machinalement une patte devant l’autre afin de regagner son logis.

— Je ne comprends pas pourquoi Alfadir n’intervient pas pour nous aider, se demanda-t-elle, cela devrait pourtant servir son intérêt et celui de son peuple. Pourquoi ne nous épaule-t-il pas ?

— J’ai deux théories diamétralement opposées à ce sujet, annonça-t-il, la première est qu’il désire tester notre volonté ; que l’on prouve que nous, peuple aranoréen, nous sommes dignes de lui et méritons son soutien.

— Et la deuxième ? S’enquit-elle après un temps de silence.

— L’exact inverse ; qu’il nous en veut d’avoir enlevé ses enfants et qu’il nous laisse, par conséquent, nous entre-déchirer. Cela expliquerait pourquoi il a interdit à sa guerrière Sonjà de mener un assaut contre nous, désirant possiblement, nous voir diminuer dans l’espoir de nous attaquer plus tard sans que nous puissions lui résister.

Ambre termina sa cigarette, frotta le mégot contre sa selle afin de l’éteindre et le jeta d’une pichenette, sous l’œil réprobateur de l’homme qui se tenait à côté d’elle.

— Cela se pourrait, répondit-elle, songeuse, mais dans ce cas, comment se fait-il qu’il n’ait pas empêché le rapt de ces noréens ? C’est étrange pour un être censé être clairvoyant et proche de son peuple !

— Si l’on part du principe que le cerf est au mieux de sa forme. Or, comme l’a annoncé clairement Friedrich, le Aràn est fortement diminué de par ses combats contre Jörmungand. Comme je te l’ai déjà dit, il ne serait pas impossible qu’il ait perdu de sa lucidité et dispose pleinement de ses capacités.

Un somptueux domaine, à peine plus petit que les autres, s’ouvrait à leur droite, en bord de mer. Le manoir, en pierre blanche, aux grandes baies vitrées et au toit mansardé, s’érigeait sur deux étages et avait le jardin foisonnant de sculptures à l’effigie de la marine.

Ambre observait les statues avec un vague intérêt et s’aperçut qu’il s’agissait du domaine du marquis Léopold de Lussac.

Blanche, Meredith et son fils doivent très certainement y être.

— D’ailleurs, à ce propos, dit-elle, pensive. Avez-vous plus de pistes concernant l’identité de l’homme pour qui le Duc travaillait ou des potentielles origines d’Irène et de ma mère ?

— Pas la moindre information supplémentaire, je le crains, révéla-t-il. J’ai déjà eu tellement à faire que je ne me suis pas penché sur la question depuis des mois.

— C’est fort dommage, fit-elle en faisant la moue, déçue.

— Mais j’ai bon espoir de pouvoir m’entretenir avec cette charmante Irène lors de son mariage prochain afin de lui soutirer quelques informations.

— J’ai l’impression que Blanche a des informations sur le sujet, avoua-t-elle. En parlant avec elle l’autre jour, je l’ai trouvée bien différente de ce qu’elle laissait paraître. Et surtout, elle semblait avoir quelques révélations sur ma mère, mais je pense qu’elle ne me les dévoilera jamais.

— Ah les secrets… souffla-t-il après un petit rire, ils font vivre et tourner le monde depuis l’éveil de l’homme. Qui sait où nous en serions actuellement si le mensonge et la tromperie n’existaient pas ?

Ambre eut un pincement au cœur en entendant ces mots. Elle se disait honnête et pourtant, elle pratiquait régulièrement le mensonge afin de préserver sa petite sœur.

Il va bien falloir que je lui avoue un jour pour notre mère et son père. Ce serait cruel d’en exiger autrement. Je ne peux pas me permettre de la laisser s’en rendre compte par elle-même, elle m’en voudrait encore plus ! Je lui dirais à son retour. Je ne veux pas risquer de la briser avant son séjour.

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