NORDEN – Chapitre 96

Chapitre 96 – Judith et la Liqueur

À la vue de l’édifice, Anselme croassa et jouait de son bec, trépignant sur place.

— Tu reconnais l’herboristerie de ta mère ? dit-elle en caressant le cou de son éternel fiancé. Avec un peu de chance, on va pouvoir grappiller quelques informations sur Judith, on ne sait jamais.

Les deux sœurs entrèrent. La porte d’entrée s’ouvrit et fit tinter la cloche afin de réveiller le jeune homme qui dormait paisiblement sur le comptoir, la tête enfoncée entre ses bras, dont seule dépassait une mèche de cheveux.

L’intérieur était spacieux, sentait les plantes et le parfum des huiles. De grandes rangées d’étagères en bois parcouraient les murs de haut en bas sur lesquelles de nombreux flacons, produits, sachets et bacs contenant des plantes séchées vendues en vrac, étaient exposés et triés, le prix affiché sous chacun des articles. Il y en avait pour toutes les utilités : huiles, onguents, tisanes, parfums, produits d’entretien… ainsi que des appareils de confection, tels que des balances, des verres doseurs, des pipettes, mais aussi des livres sur la pharmacopée…

Au bruit de pas s’avançant vers lui, le garçon se réveilla en sursaut et regarda les clients de ses petits yeux larmoyants, l’empreinte de sa manche présente sur sa joue.

— C’est pour quoi ? marmonna-t-il après un bâillement.

Anselme croassa et voleta dans la boutique, frôlant les flacons de ses ailes et allant se poster juste devant lui. Le jeune homme sursauta et essuya ses yeux.

— Anselme ? fit-il, intrigué, en donnant une petite tape sur la tête du corbeau. C’est toi mon vieux ?

Pour toute réponse, le corbeau lui pinça gentiment le doigt et frotta sa tête plumée contre la main de son ami.

— Tu connais Anselme ? demanda Adèle heureuse de pouvoir discuter avec une nouvelle personne.

Le garçon la regarda, ébahi devant la blancheur si puissante de la petite albinos.

— Tu dois être Adèle, je présume, dit-il en se redressant et en descendant de sa chaise afin d’aller la saluer.

La petite acquiesça et lui tendit la main, amusée par ce garçon chétif ayant tout d’un étourdi avec ses cheveux en bataille, sa chemise de travers, à moitié ouverte et ses grands yeux marron encore voilés de fatigue.

— Enchanté, moi c’est Simon !

Puis il porta son regard sur le joli brin de fille à l’aspect sauvage, à peine plus jeune que lui et à la silhouette si joyeusement harmonieuse.

Il devint soudainement embarrassé, le visage empourpré d’un garçon timide peu habitué à côtoyer la gent féminine.

— Je suis un camarade d’école de ce bon vieux Anselme, continua-t-il, un ami même… hum… oui, je crois qu’on peut dire ça.

— Bonjour Simon, le salua chaleureusement Ambre, en lui tendant sa main.

Le garçon examina la main tendue vers lui et approcha lentement la sienne afin de la serrer mollement comme s’il eût redouté qu’un geste brusque de sa part la fasse se jeter sur lui et le dévorer avidement. Puis il risqua un œil en sa direction et détourna aussitôt le regard, de peur qu’elle ne le consume.

Ce sacré Anselme avait eu de la chance d’avoir une telle fille entre les doigts. Elle avait bien grandi, changée depuis qu’il avait aperçu, de loin, lors de l’Alliance ; cette petite femme tendue et perdue dans un milieu qui n’était pas le sien. Il l’avait trouvé mignonne ce soir-là, amusé de voir son cher ami Anselme se laisser séduire par cette créature. Or, en la revoyant actuellement, la demoiselle paraissait fort changée ; plus mature, fougueuse, poussant davantage au vice plutôt qu’à l’ascétisme.

La jeune femme eut un petit rire devant son attitude singulière.

— Vous désirez quelque chose ? demanda-t-il en se focalisant sur Adèle.

— Pas spécialement, répondit calmement la jeune femme. J’ai cru comprendre que Judith travaillait ici autrefois, je voulais savoir si tu avais des informations sur elle, à tout hasard.

— Euh… non… pas spécialement… enfin, je ne sais pas… peut-être… quels genres d’informations ? demanda-t-il en regardant ses pieds.

— Je ne sais pas. Des choses sur elle, sur sa personnalité, ses habitudes… ce genre de choses quoi ! fit Ambre, amusée par son trouble.

— Euh… va falloir demander à Louise dans ce cas… hésita-t-il en passant une main dans ses cheveux, le visage grimaçant. Elle est en bas, à l’atelier… je peux l’appeler si vous voulez ?

— Avec plaisir, gloussa la jeune femme en passant une main dans sa toison rousse et penchant nonchalamment la tête sur le côté.

Sur ce, le garçon appuya sur une sonnette située proche du comptoir. Il toussota et patienta sagement la venue de sa collègue.

— Elle ne devrait pas tarder à monter… murmura-t-il en s’efforçant de regarder Adèle, qui s’amusait à observer et à toucher le moindre objet curieux présent dans la pièce, faisant part de ses impressions à haute voix.

D’humeur taquine, Ambre se rendit au comptoir et se tint face à lui, dans son champ de vision. Un sourire en coin, elle tentait de titiller les ardeurs de ce jeune mâle en mal d’attention. Le garçon rougit et joignit des mains devant lui, tapotant des pouces contre ses paumes.

— Puis-je savoir ce que tu veux encore ? demanda-t-il d’une petite voix aiguë.

— Rien, rétorqua-t-elle d’une voix mielleuse, tu m’as l’air troublé, je te fais tant d’effet que ça ? Ah moins que ce soit mon horrible cicatrice qui t’effraie… Oh non, je sais ! C’est Anselme qui t’a dit des choses ignobles à mon sujet et je te fais peur ! C’est ça ?

— Euh… non, non ! répondit-il avec vigueur, tentant de soutenir son regard.

Un bruit de pas résonna dans l’escalier et Louise, un immense carton entre les mains, remonta de l’atelier et déposa le paquet au sol. Elle s’épousseta les mains sur son tablier et alla voir son collègue.

— Qu’est-ce que tu veux, mon Simon ? demanda-t-elle, d’une voix bourrue en resserrant le foulard à carreaux qui ornait le haut de son crâne.

— Ces deux filles veulent avoir des infos sur Judith, annonça-t-il, comme t’as bossé avec elle, tu pourrais les aider.

— Comme si t’avais pas bossé avec elle toi aussi ! répondit-elle d’un ton réprobateur.

Elle contempla les clientes et pouffa.

— Bon allez, rends-toi utile, file à la remise et range-moi ce qu’il y a dans le carton.

Le garçon, muet, hocha la tête et s’exécuta.

Ambre fut amusée par la scène, ils ressemblaient à un vieux couple mal assorti. Louise était une grande femme d’une petite trentaine d’années, aranéenne comme Simon et toute en courbes. Sa poitrine bien garnie était bien mise en valeur par son tablier blanc cintré sous les seins et son visage joufflu se révélait empli de bonhommie, cerné par ses cheveux châtain foncé coiffés en deux tresses réparties de chaque côté de son cou. Une fois que son collègue fut parti, elle s’accouda au comptoir et étudia ses deux clientes.

— Ne prêtez pas attention à l’attitude de Simon, il est toujours bizarre quand il voit une fille de son âge, les hormones sans doute… railla-t-elle.

Anselme caqueta et sautilla vers elle.

— Oh ! Bonjour toi ! fit-elle en prenant le corbeau dans les bras. Je ne vais pas te dire que tu ressembles à ta mère ce coup-ci, ce serait te mentir ! Mais t’es bien mignon et bien plus gras ! Tu t’es remplumé mon grand, t’en serais presque appétissant !

Elle reposa l’oiseau et accueillit les clientes. Ambre lui demanda s’il était possible de rester auprès d’eux quelque temps, en voyant des soldats patrouiller le quartier. La gérante acquiesça, les invitant à aller discuter dans l’arrière-boutique pour plus de discrétion, et leur proposa d’attendre le retour de leur coursier afin qu’il les raccompagne chez elles sans encombre.

Ambre lui emprunta un morceau de papier ainsi qu’un crayon et écrivit une lettre à la va-vite qu’elle accrocha à la patte du corbeau dans le but d’avertir Alexander de leur changement de programme. Louise ouvrit la porte, laissa s’échapper l’oiseau avant de fermer la boutique à clé. Puis elle leur proposa de la suivre de l’autre côté.

Elles s’installèrent dans une petite pièce cosy, leur servant de réfectoire, dans laquelle de grandes tables avec divers matériaux de mesures et décoctions étaient rangés. L’hôte les fit s’asseoir à table, mit de l’eau à bouillir et leur servit une tisane, élaborée par leurs soins et composée de plantes relaxantes. Simon, ayant récupéré de sa maîtrise, s’apprêtait à se joindre à elles lorsque la sonnette d’entrée retentit. Interloquée, Louise se leva et alla scruter l’entrée.

Ambre tendit l’oreille et reconnut la voix de cet homme qui demandait à Louise si elle avait aperçu deux noréennes dont la description correspondait en tous points aux deux sœurs, définies à l’heure actuelle comme « ennemies de la nation ». Affolée, elle tenta timidement un regard devant l’entrée et vit qu’il s’agissait du Capitaine Herbert Friedz. Adèle comprenant que sa sœur n’allait pas bien posa sa main sur la sienne afin de la rassurer. L’aînée, après un violent effort, parvint à rester calme et à se dominer ; heureusement pour elles, Louise savait se montrer diplomate et compréhensive. Dès qu’il eut terminé son verbiage, elle annonça au militaire que si elle les apercevait, elle s’empresserait, bien entendu, de le contacter.

Le capitaine, déçu, fit demi-tour et quitta la boutique. La biologiste, quant à elle, retourna dans la salle, se frottant les mains avec nervosité.

— Je vois que vous êtes convoitées, c’est à croire qu’ils s’abaisseraient à s’en prendre à de jeunes femmes… je trouve cela odieux et malsain.

— Merci à toi de ne pas nous avoir dénoncées.

Louise fut prise d’un rire nerveux :

— Oh ! Il ne manquerait plus que ça ! Je hais ces gens… ils disent représenter l’Élite et la noblesse, mais ils nous font honte !

— Vous êtes des nantis ? s’enquit Ambre, ébahie.

— Louise seulement, répondit Simon, moi je suis d’une famille plutôt modeste. Mais Louise est une von Dorff !

À cette annonce, Ambre manqua de s’étouffer.

— Famille éloignée bien sûr ! insista-t-elle. Je ne connais que très peu le marquis. C’est un homme respectable et intimidant, mais mes parents ne l’apprécient pas beaucoup. En revanche, j’apprécie énormément son petit-fils, Edmund. C’est un gentil garçon, il est médecin et plutôt altruiste. Et lui au moins ne fait pas de fixette sur la pureté de la peau et sur la soi-disant suprématie aranéenne.

Ambre fit la moue, peu convaincue par cette réponse. Louise ouvrit la porte d’un placard et en sortit une boîte de biscuits qu’elle disposa sur un plateau, pour les convives.

— Donc vous avez connu Judith ? demanda Adèle, en dévorant un à un les petits gâteaux mis à disposition sur la table. Je l’ai jamais vu moi, juste en photo et peinture. C’est une Féros comme Ambre.

— Une Féros ? s’écria Simon. C’est quoi ça ?

Adèle leur expliqua en détail, avec ses mots à elle, la bouche pleine de gâteaux, la définition de ce mot, qui les laissa perplexes et intrigués.

— Je comprends mieux l’éclat de ses yeux, lança Louise après avoir bu une gorgée, remarque, au vu de ce que tu me dis, je sais maintenant pourquoi elle tenait tant à prendre son traitement en temps et en heure !

— Comment ça ? demanda Ambre. Tu veux dire qu’elle prenait des médicaments ?

— On peut dire ça oui, des gouttes plus précisément. Elle n’était pas si facile à vivre que ça, la Judith. La pauvre était obligée de prendre quotidiennement une dose de « liqueur » comme elle l’appelait, afin de faire baisser sa nervosité permanente.

— Nervosité ? s’indigna Simon. T’es gentille toi ! Elle était tyrannique et agressive lorsqu’elle ne les prenait pas. Elle a littéralement explosé tout le matériel et défoncé la table lorsqu’elle avait voulu essayer de s’en passer plus d’une semaine. J’ai cru qu’elle allait nous buter et… Aoutch !

— Tais-toi andouille ! s’écria Louise après lui avoir mis un vif coup sur l’épaule afin de le faire taire.

— S’il vous plaît, dites m’en plus là-dessus ! s’enquit Ambre, gagnée par la curiosité et l’appréhension.

— T’as des problèmes avec ton mal, toi aussi ? s’inquiéta Simon. Parce que si c’est le cas, je te préviens tu sors direct… avec ou sans milice dehors !

Louise lui donna une violente tape sur le crâne et le rabroua sèchement.

— Ferme-la toi ! Dis pas de sottises, tu vois bien qu’elle est tranquille et que ses yeux ne brillent pas !

Elle prit sa tasse entre les mains et avala le contenu.

— En plus, t’as jamais connu lorsqu’elle avait fait sa vraie crise. Remarque, c’était pas sa faute ce soir-là, elle avait senti l’odeur, ça l’avait rendue folle.

— Quel genre d’odeur ? s’emballa Ambre.

— Un mélange de datura et de jusquiame noire, mêlée à celle de la mescaline et du sang. Elle disait que c’était l’odeur de son enfance… une odeur à la fois pestilentielle et enivrante, irrésistible et grisante. Apparemment, elle la sentait depuis sa plus tendre enfance et c’est à cause de ça qu’elle serait devenue folle et que son père a été obligé de l’interner en pensionnat situé en pleine campagne afin qu’il trouve un remède au mal de sa fille. C’était un médecin et il désespérait de la voir dans cet état sans qu’aucun traitement ne lui fasse le moindre effet.

— Wow ! fit Adèle subjuguée, tout en tapotant le bras de sa grande sœur pour la réconforter, car, à l’inverse de sa cadette, Ambre ressentait une grande gêne à cette révélation.

— Et donc… parvint-elle à articuler. Vous avez un remède contre ça ? Quelque chose qui marche ?

— Ouais… répondit Louise, après avoir croqué un cookie. L’ennui est que ça rend accro son machin. Les doses ont sans cesse été réévaluées afin de procurer l’effet désiré. C’est désastreux, car c’est un remède brutal et elle en a tellement pris depuis l’enfance qu’elle en est devenue complètement dépendante. C’est un tranquillisant très violent et ça détruit le cerveau et l’estomac. Ah ! Ça, on peut dire que ça fonctionnait et qu’elle n’avait plus de crise, mais ça la rendait léthargique et somnolente. J’ai même cru à un moment qu’elle ne se réveillerait pas la pauvre.

— C’est sûr, mais au moins ça lui évitait de se tailler les veines et de s’attaquer aux gens ! pesta Simon.

— Et encore tu l’as pas connu quand elle a eu son énorme crise je t’ai dit ! J’ai cru qu’elle allait se donner la mort ce soir-là tellement elle s’était tranché les veines à vif avec ses ongles. J’ai dû la piquer au sédatif et me résoudre à l’enfermer dans la cage de l’atelier avant de la soigner.

— Que s’était-il passé ? demanda Ambre, tremblante.

— Elle avait ressenti cette affreuse odeur, l’odeur de son mal-être. Ça l’a aveuglée et elle est entrée dans un état de fureur intense. Fort heureusement, elle ne s’est pas transformée ce soir-là et j’ai pu la prendre en charge à temps.

— Elle aurait dû la pauvre… car au vu du réveil qu’elle a dû avoir et de la terrible nouvelle, franchement si ça avait été moi j’aurais préféré crever.

— Qu’est-ce qui s’est passé ? s’enquit Adèle, happée par le récit, pourtant si brutal et choquant pour une personne aussi jeune.

— C’était le soir du 24 septembre 300, poursuivit Louise, le jour de l’assassinat de son mari Ambroise et du lynchage d’Anselme. C’est à croire qu’elle a dû ressentir le drame et en est devenue folle. Quand j’ai dû lui annoncer la nouvelle au petit matin alors qu’elle s’était calmée…

Elle n’osa pas poursuivre son discours, elle avait la gorge nouée et les yeux remplis de larmes en se remémorant cette scène tragique. Ambre également sentit les larmes lui monter à cette révélation. Elle se sentait plus que peinée pour cette femme qui n’était finalement pas si différente d’elle.

— Pouvez-vous m’en donner une dose, s’il vous plaît ? L’odeur court encore en ville par moments et j’ai déjà eu plusieurs crises suite à cela. Il m’a même fallu une semaine pour que je parvienne à me calmer.

Elle observa tristement sa petite sœur, peinée et apeurée à l’idée de lui faire à nouveau du mal. Pour la réconforter, Adèle enroula ses deux bras autour de son aînée et l’enlaça de toutes ses forces.

— Je ne veux pas subir ça à nouveau, poursuivit-elle, faiblement. Je ne voudrais pas blesser quelqu’un.

Louise et Simon se regardèrent, songeurs, le visage grave.

— Qu’y a-t-il ? s’enquit Ambre, le cœur lourd.

— On veut bien t’en donner… L’ennui c’est que franchement je ne sais pas si c’est mieux pour toi d’en consommer, précisa Simon, certes, ça marche très bien pour les crises, mais c’est une drogue, une drogue aussi dangereuse que la D.H.P.A.

— Qu’y-t-il de si dangereux là-dedans ? Je ne pourrais en prendre que quelques gouttes et si jamais vous le voulez bien, je serais prête à venir vous voir régulièrement pour que vous me la confectionniez. Comme ça, je pourrais consommer ma dose quotidienne sans risquer de trop en prendre.

Simon grimaça et réfléchit :

— C’est que c’est un puissant sédatif et neuroleptique ! Les effets peuvent varier en fonction de ton état lors de la prise. Ça peut te rendre somnolente, tu pourrais avoir des hallucinations, devenir dépressive et surtout ça fera baisser tes capacités cognitives, en plus de te rendre dépendante. C’est clairement pas plus enviable, tu sais. Sans parler des spasmes violents que cela provoque lors de certaines ingestions. Ton organisme n’étant pas habitué, tu risques d’avoir des rejets. La Liqueur est un poison et va te broyer les entrailles et te donner de vives brûlures internes.

— Laissez-moi tenter le coup, s’il vous plaît ! supplia-t-elle. Je préfère prendre le risque pour moi, quitte à m’abîmer plutôt que de blesser quelqu’un ! Même Judith a préféré s’infliger ça à elle-même plutôt que de se plier au Féros.

Les deux collègues se regardèrent, s’échangèrent quelques mots puis cédèrent, sous le regard lamentable de la petite Adèle, gagnée par les larmes.

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