NORDEN – Chapitre 30

Chapitre 9 – Le retour de l’officier

Deux jours venaient de s’écouler depuis que les jeunes gens avaient renoué le dialogue. Avant de rentrer au logis, Ambre et Adèle passèrent leur fin d’après-midi à la plage aux naufragés. Un linceul ferreux englobait l’entièreté du panorama au point qu’il était impossible de distinguer la frontière entre le ciel et la mer dont les vagues impétueuses se fracassaient contre les falaises en un grondement assourdissant. Pieds nus sur le sable froid mouillé d’écume, constellé de dentelles d’algues et de galets, Adèle valsait en compagnie des mouettes. Pour accompagner sa danse, elle jouait de son ocarina. Encore inexpérimentée dans son maniement, l’instrument crachait des séries de notes discordantes à faire grincer des dents. Moins pétulante que sa puînée, l’aînée fumait une cigarette, assise sur un roc moussu.

La pénombre vespérale cajolait la lande lorsqu’elles arrivèrent aux abords de leur cottage dont les fenêtres de la cuisine étaient grandes ouvertes et l’enceinte illuminée. Les yeux de la fillette s’écarquillèrent. Elle poussa un cri à fendre les tympans et accéléra l’allure. Elle savait ce que cela signifiait ; leur père venait de rentrer. À l’intérieur, elles trouvèrent l’homme attablé, le regard perdu dans le vide et une bière à la main. Une enivrante odeur de nourriture envahissait la pièce.

En les voyant, Georges se leva. Un sourire radieux auréolait son visage hâlé aux traits tirés par la fatigue accumulée. Rentré plusieurs heures auparavant, il avait eu le loisir d’effectuer un brin de toilette et avait troqué son uniforme d’officier contre une tenue plus décontractée.

— Papa ! cria Adèle en sautant dans ses bras. Tu m’as tellement manqué, mon p’tit papa chéri ! Ça fait si longtemps, j’ai cru que tu ne reviendrais jamais !

Elle l’embrassa ardemment puis engouffra sa tête au creux de son cou pour s’enivrer de son parfum ainsi que de sa chaleur.

— Hum… tu sens bon le sel et le savon !

L’homme rit et caressa les cheveux blancs de sa cadette. Une fois libéré de son étreinte, il s’approcha de l’aînée et l’enlaça avec une véhémence décuplée. Les yeux clos et la joue pressée contre son pull de laine, Ambre soupira d’aise, heureuse de se pelotonner dans des bras familiers. Elle se sentait fébrile et manquait de fondre en larmes, autant éperdue que soulagée de le voir à la maison, sain et sauf, bien loin de cet océan hostile. À l’abri des multiples dangers que l’homme et son équipage affrontaient quotidiennement.

— Tu m’as tellement manqué, murmura-t-elle en un filet de voix, combien de temps restes-tu ici cette fois-ci ?

— Hélas, ma fille, je ne peux te répondre. Le capitaine ne nous a pas encore confié la date de notre prochain départ. Probablement quatre ou cinq semaines. Peut être un peu plus si les Hani tardent à nous achalander en minerais.

Soit quatre mois d’absence pour un unique mois de présence !

Ambre déglutit péniblement face à ce constat amer. Plus le temps passait et plus l’Hirondelle quittait son nid pour s’envoler vers Pandreden, ses entrailles engraissées de trésors et denrées. À ce rythme, les filles ne verraient leur géniteur que deux mois dans l’année. La chatte aurait pu se résoudre à cette fatalité si la mouette n’était pas si jeune et dépendante d’un adulte. Hormis son père, elle n’avait plus aucun parent ou proche vivant à proximité pour la soulager de ce fardeau, aussi sage et mignon soit-il, et lui permettre de profiter de sa propre liberté sans entraves.

Le dîner étant prêt, Georges les invita à s’asseoir à table où le couvert se trouvait mis. Au menu : filet de cabillaud agrémenté d’une fondue de poireau et d’un écrasé de pommes de terre au beurre. Ne souhaitant pas gâcher ce repas de retrouvailles, Ambre s’efforça de tenir sa langue et de laisser sa cadette babiller comme à l’accoutumée. La volubile fillette confiait à son père les innombrables aventures qu’elle avait vécues ces derniers mois.

L’aînée focalisait son attention sur son assiette mais peinait à avaler son dîner, pourtant fort appétissant, tant son estomac était noué. Elle mastiquait longuement et à petites bouchées, évitant de s’attarder sur l’officier dont le physique trahissait une santé défaillante ; qu’importe sa jovialité apparente et le sourire de surface qu’il s’obstinait à afficher pour faire bonne figure dans le vain espoir de ne pas alarmer ses enfants.

Mais la chatte n’était pas dupe. Elle avait vu les cicatrices qui recouvraient ses mains calleuses, entraperçu sa dentition chaotique aux gencives sanglantes. Durant l’étreinte, sa paume avait senti les saillies de sa moelle épinière, le souffle rauque et laborieux de sa respiration. Son visage avait vieilli. Ses cheveux et sa barbe avaient perdu leur flamboiement pour vriller au cendré. Des rides profondes ciselaient sa peau cuite par le soleil et l’eau de mer. Il n’avait pas cinquante ans, mais en paraissait dix de plus. Et la toux qui le secouait par intermittence était inquiétante.

Combien de temps tiendras-tu encore la cadence avant que tu ne flanches, papa ? Par Halfadir ne fais pas de nous des orphelines ! Nous n’avons plus que toi !

Dès que le repas fut terminé et le couvert débarrassé, Georges partit dans sa chambre et revint avec deux paquets enrubannés qu’il disposa sur la table. Il y en avait un pour chacune d’elles. Adèle prit le sien et le déballa aussitôt. Elle en sortit un carnet de croquis et du matériel de dessin. La noirceur du fusain affrontait un panel coloré de crayons et pastels gras. Le papier épais et de teinte ivoirine, au toucher granité, était d’excellente facture. Un ballotin garni de fruits confits patientait au fond de la boîte.

L’enfant jubila et arracha le couvercle, révélant un florilège de douceurs bariolées qu’elle n’aurait su nommer. Elle en piocha une à la nuance verdoyante presque translucide et la croqua avec un plaisir délectable. Une fois dégustée, elle claqua un baiser empoissé de sucre sur la joue de son père.

— Ne dévore pas tout d’un coup, petite gourmande ! l’avertit ce dernier, comblé par sa réaction. L’ananas, le kiwi et la mangue sont pratiquement introuvables sur l’île. Surtout en confiseries.

Elle opina vivement du chef et somma Ambre d’ouvrir son présent. L’aînée sourit et s’exécuta. Dans un écrin de flanelle, un somptueux vêtement en laine, d’un intense bleu marine, reposait. Elle sortit l’habit de la boîte et dévoila un long manteau en corolle pourvu d’un ample chaperon. Deux rangées de boutons dorés décoraient le plastron. Ravie de tenir en main un si bel objet qui, au vu de sa qualité, devait être hors de prix, elle l’essaya. Le vêtement la seyait à merveille, épousant ses formes et corsetant sa taille. Sous les encouragements et compliments de sa cadette, elle tourna sur elle-même. La cape ondoya telle la queue d’un paon en parade. L’espace d’une seconde, toute son agitation s’était envolée et son visage s’illumina à l’idée de posséder pareil ornement qu’elle userait jusqu’à la trame.

— Alors ? Est-ce qu’il te plaît, ma fille ? s’enquit le père.

— Il est absolument magnifique ! Où l’as-tu acheté ? demanda-t-elle en le repliant dans la boîte pour ne pas l’abîmer.

— Je l’ai trouvé dans une boutique d’Espérance mais il a été confectionné à Charité comme l’indique sa qualité. L’empire de la lionne est indétrônable dans l’industrie textile et…

Georges raconta l’anecdote qui dura un moment. Épuisée, Adèle s’endormit sur la table, la joue pressée sur sa manche. Un filet de bave suintait de sa bouche. L’homme la souleva avec délicatesse et alla la coucher. Une fois dans sa chambre, il l’aida à troquer sa robe contre une chemise de nuit. Enveloppée sous les draps et la tête enfoncée au creux de son oreiller, la fillette ensommeillée quémanda une histoire. Son père se posta sur le rebord du lit et narra sa légende favorite, celle de la création de Norden et de la genèse d’Halfadir. Ambre utilisa ce répit pour laver la vaisselle et réfléchir à la conversation à venir, ne sachant comment entamer la discussion qu’elle ne souhaitait pas reporter au lendemain de peur de ne pas trouver le repos durant la nuit.

L’officier revint quelques minutes plus tard, marchant discrètement pour ne pas réveiller sa fille, malgré la lourdeur de ses pas sur le parquet grinçant. Il se resservit une pinte de cervoise et s’assit péniblement, l’échine ployée vers l’avant et les épaules voûtées.

— Papa ! s’exclama Ambre, les mains crispées sur le rebord de l’évier. Comment te sens-tu ? Je vois bien que tu n’es pas en forme donc inutile de me mentir ou d’éluder la question !

Il eut un rire étouffé et massa ses yeux rougis.

— Arf ! Je ne peux décidément plus rien te cacher, ma fille !

Il poussa un soupir et but une gorgée.

— La vie est de plus en plus éreintante. Plus je vieillis et plus je peine à suivre la cadence face au rythme soutenu imposé par nos dirigeants.

— Pourquoi ne changes-tu pas de travail ? Tu pourrais aisément trouver un métier acceptable sur Varden ! Quitte à exercer dans le commerce local et t’absenter seulement quelques semaines. Ce n’est pas les navettes qui manquent pour desservir le territoire Hani et les villes de la côte orientale. Entre le Fou, le Goéland ou le Héron, il doit bien exister au moins un navire de fret qui souhaite renouveler prochainement ses officiers ! Tu conserverais ton grade et serais moins exposé aux risques.

— On en a déjà parlé la dernière fois mais je ne peux pas ma grande, et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, je ne trouverai rien qui ne paie aussi bien que celui que je fais actuellement et ce n’est pas avec deux salaires modestes que nous pourrions continuer à vivre dignement. Deuxièmement, mon statut de lieutenant à bord d’un long courrier m’apporte de nombreux privilèges. En plus de mes émoluments, je suis nourri, logé et blanchi aux frais de l’armateur lors de mes escales à Pandreden. Je dispose également d’une sécurité de santé et d’indemnités multiples y compris en cas de décès ou d’invalidité. Une pension mensuelle vous sera reversée s’il m’arrivait malheur. Aucun autre emploi ne jouit de telles garanties. Je peux te l’assurer.

Il toussa et poursuivit d’une voix éraillée :

— Troisièmement, qu’importe le danger et les difficultés, j’aime profondément mon travail. La mer est ma première épouse, je m’y dévoue corps et âme depuis toujours. C’est une amante fidèle et immortelle, bien que rebelle et impitoyable.

Ambre étrangla un juron et baissa la tête. Un voile de larme embua ses rétines et une boule d’aigreur germa en ses entrailles.

— Et qu’en est-il de nous, papa ? Tu préfères nous abandonner Adèle et moi plutôt que ton amante ? Elle te rend malade ! Regarde-toi un peu ! Tu n’es plus que l’ombre de l’homme que tu as été. Chaque voyage prélève son tribut sur ta vie. Combien de temps penses-tu pouvoir tenir avant de t’effondrer ?

— Je sais ma fille, j’ai conscience que mon état se dégrade mais, même si je le pouvais, je ne pourrais pas quitter mon poste de si tôt. Mon expérience est précieuse. Je sais naviguer, mon équipage me connaît et me respecte. Je parle couramment le charitéen et le providencien et dispose d’un réseau de contacts solide sur place. Avant de partir, il faudrait que je forme un apprenti. Cela peut prendre des années pour lui enseigner toutes les ficelles du métier et obtenir la confiance de ses subordonnés.

— Mais papa ! Si tu continues ainsi tu vas mourir !

Ébranlé par l’estocade de sa fille, Georges se rembrunit.

— Rassure-toi, je ne suis pas aussi esquinté que tu sembles le croire ou comme ma méchante toux en témoigne. Je suis simplement épuisé par mon voyage de retour et la météo catastrophique que nous avons essuyés. Mais rien de grave, ma fille. Ton père a encore de la vigueur. Ces semaines de repos vont me permettre de récupérer ma santé et de profiter de mes petites protégées. Je suis heureux d’être enfin rentré à la maison après une si longue absence. Malheureusement, une avarie matérielle nous a forcés à rester sur le continent.

Il but une gorgée et passa la langue sur ses lèvres gercées.

— Je m’en veux de vous avoir inquiétées, de n’avoir pu vous prévenir d’un tel retard et de vous avoir laissées seules pendant une si longue durée, poursuivit-il, taraudé par la culpabilité.

Il toussa et plongea ses yeux bleus fanés dans ceux de sa fille qui le soutint sans ciller quoique cruellement impactée.

— J’ai conscience des sacrifices que je te demande. Aucun parent ne devrait confier à son enfant l’éducation de ses frères et sœurs, encore moins lorsqu’elle est en âge de voler de ses propres ailes. Tu as abandonné ta liberté pour t’occuper d’une enfant et tu passes tes journées à travailler pour combler les finances alors que tu aurais pu étudier et endosser le métier qui te sied. Si je n’étais pas enchaîné au mien, j’aurais volontiers remisé ma veste au placard lorsque Hélène nous a quittés. Or, je n’aurais jamais pu m’en sortir avec un emploi moins rémunéré et deux enfants à charge. Je suis terriblement désolé pour tous les désagréments que mon choix de carrière a occasionnés.

À cet aveu, Ambre ne put retenir ses larmes et fondit dans les bras de son père qui se recula et la fit s’asseoir sur ses genoux, l’étreignant avec force. Le corps parcouru de soubresauts, la féline hoquetait et reniflait, enfouissant sa tête dans son pull outremer dont les effluves familiers étiolaient son chagrin. Sa joue effleurait la broche de l’officier, où un épaulard cabré, aux contours émoussés, était ciselé au centre d’un anneau doré, terni par le sel et les embruns marins.

— Papa… marmonna-t-elle après un temps en triturant amoureusement le bijou de ses doigts malmenés.

— Oui ma chérie ?

— Si jamais tu ne te sens vraiment pas bien pendant un de tes voyages. Qu’une tempête fait rage et que tu passes par-dessus bord ou que ton navire dérive et sombre dans l’océan… Est-ce que tu pourrais songer à te transformer pour éviter la mort ?

Georges fut étonné par sa requête. Pour un marin, en particulier un officier, périr en mer était un véritable honneur. Selon une légende bien ancrée depuis près d’un millénaire, le Aràn des flots accourait à chaque naufrage pour emporter les victimes dans son domaine et veiller au salut de leur âme.

— Tu voudrais que je fasse comme ta mère ? répondit-il finalement. Que je recoure à la métamorphose plutôt que d’affronter mon destin ? Tu as pourtant davantage souffert en voyant Hélène épouser sa forme d’hermine plutôt que de la savoir morte.

Elle haussa ses épaules, ne sachant que répliquer. Il était vrai qu’elle avait tant pleuré quand elle avait appris que sa mère allait devoir les abandonner. L’infection hématique qui l’avait foudroyée l’obligeait à revêtir son apparence animalière dans l’espoir de raviver son organisme et de prolonger son essence vitale. Or, elle eut beau tromper la mort, celle-ci la rattrapa moins d’une année plus tard. Quand le mustélidé devenu sauvage avait été coursé puis croqué par un tiers prédateur. La morsure ne l’avait pas immédiatement occise et se fut sur les marches du perron que Georges l’avait retrouvée en fin d’après-midi. Son corps fluet grouillait de larves et sa fourrure châtaigne moirée de poils neigeux à l’approche de l’hiver s’éclaboussait de perles sanguines.

— Je pense que ça rassurerait Adèle… Même si ça sera compliqué de prendre régulièrement le large dans l’espoir d’apercevoir une orque. Sans parler des baleiniers qui naviguent dans les environs et pourraient te chasser d’un coup de harpon.

Elle renifla puis réprima un rire :

— Au fait, tu savais que chaque vendredi matin, la mouette se rend à la plage pour voir le petit phoque blanc ? Elle l’appelle toujours maman. Je n’ose pas lui dire la vérité même si j’ai le cœur lourd chaque fois qu’elle m’en parle. J’ai peur de la briser. Elle est encore si jeune et a besoin de rêver.

— Lui arrive-t-il d’évoquer l’hermine ?

— Non, tu m’as défendu de mentionner l’animal. Elle ne semble pas avoir de souvenir de maman sous cette forme.

— Et toi… te souviens-tu d’elle ? hésita-t-il à demander, toujours réticent à l’idée d’aborder ce sujet douloureux.

— Vaguement, plus le temps passe et plus mes souvenirs à son sujet s’estompent… Parfois, j’ai quelques réminiscences qui me reviennent au compte-goutte, mais elles sont floues et éphémères. Je me rappelle tout de même des berceuses qu’elle me chantait, des robes et chemises qu’elle me confectionnait, des histoires qu’elle me racontait au coin du feu où même quand elle s’échinait à me couper les ongles à ras car, selon elle, ils devenaient des griffes acérées et elle ne voulait pas que je blesse les autres enfants lorsque je jouais avec eux. Je me souviens aussi de son parfum de violette et de la douceur de sa voix. Ses longs cheveux qu’elle teintait au brou de noix chaque début de mois. J’adorais quand on allait se balader sur la plage ou quand elle m’amenait à son atelier de couture, de Fil en Aiguilles, où je passais ma journée à embêter le cousin Honoré et à essayer ses créations… Je trouve ça triste qu’il ait déménagé sur la côte orientale après le décès de maman. Je l’aimais bien même si je ne me souviens plus de grand-chose le concernant malheureusement.

Georges acquiesça, l’air grave et le cœur serré, conscient du traumatisme que sa fille avait vécu lors de l’assassinat d’Ambroise par ces trois soldats armés suivi, quelques semaines après, par la transformation aussi tragique qu’inéluctable d’Hélène. Ces chocs successifs l’avait anéantie. Le père avait mis tant de mois à apaiser ses tourments et à la remettre sur pied, à panser ses blessures tant physiques que psychologiques. Or, malgré ce souverain dévouement, Ambre conservait encore une souvenance lacunaire qu’elle s’évertuait à combler à mesure que des images ou des senteurs rattachées à son passé s’offraient à elle et débloquaient quelques écheveaux mémoriels.

N’osant rien rétorquer, l’officier enlaça plus intensément son enfant. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, liés l’un à l’autre par un profond besoin d’affection, parfaitement silencieux, le temps rythmé par leur respiration. Puis Ambre regarda l’horloge et décida d’aller se laver avant de se coucher à son tour afin d’être en forme pour sa dernière journée de travail.

Quand elle sortit de la salle d’eau, vêtue de sa chemise de nuit et les cheveux nattés, elle se rendit à nouveau à la cuisine. Aussi discrète qu’un chat, elle passa derrière son père et encercla ses bras autour de son cou, la tête appuyée contre son crâne.

— Bonne nuit, mon papa ! murmura-t-elle avec tendresse. La vie est rude mais on ne s’en sort quand même pas trop mal, hein ?

Pour toute réponse, Georges caressa son avant-bras. Elle déposa un baiser sur sa tempe et rejoignit sa chambre.

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