Notice: Undefined offset: 0 in /home/kisswoodwa/www/wp-content/themes/modern/includes/frontend/class-assets.php on line 132
Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 56 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 56

Le point de rupture
Traducteur : Team Yarashii

Nous retournâmes au bateau fantôme, où nous avions affronté le Dévoreur d’Âmes interdimensionnel. Peut-être en raison de la défaite de notre ennemi, le navire s’était échoué sur le sol. Les héros et leur groupe se trouvaient toujours là, inconscients.
Les soldats volontaires et les villageois étaient à leur chevet, ils les avaient apparemment protégés. Ils n’auraient pas dû avoir à faire cela.

Finalement, il était l’heure du meilleur moment de ce désastre : l’ajout de matériaux au répertoire de mon bouclier. Malheureusement, les Ombres de Gobelins d’Assaut et celles d’Hommes-Lézards n’étaient rien de plus que des ombres, comme leur nom l’indiquait. De ce fait, il ne restait rien à absorber. Bon, il y avait bien quelques fragments d’éléments de ce type, mais je ne parvins qu’à débloquer un seul nouveau bouclier :

Bouclier d’Ombre : talent bloqué
Bonus d’équipement — résistance à l’ombre (faible)

Il y avait aussi d’autres choses, mais elles ne déverrouillèrent que des bonus de statut, alors je les ignorai pour le moment.
Il ne restait plus à inspecter que le Dévoreur d’Âmes interdimensionnel.

— Oooh… il a l’air trop bon !
— Ne le mange pas.

Filo l’avait agrippé et était sur le point d’en fourrer un bout dans sa bouche lorsque je l’arrêtai. Ce qui l’avait rendue folle et poussée à de tels extrêmes de violence était évident. Quel que soit l’angle sous lequel on étudiait la question, c’était évidemment parce qu’elle avait ingéré le coeur du dragon.

— Lâche ça !

Je tendis le bras et pris le matériau des mains de Filo, mais, pour une raison inconnue, celui-ci me glissa immédiatement entre les doigts et tomba par terre.

— Comment tu as fait pour le tenir ?
— J’ai invoqué de la magie d’air sur mes mains.
— Sans déc’ ?

Alors, on ne pouvait pas tenir ce poisson sans soutien magique ? Que c’était étrange.

— Tout va bien ?

Les soldats volontaires remarquèrent mon air troublé et accoururent pour aider.

— Oh, ouais. Je demandais juste à Filo comment elle faisait pour garder en main ce monstre.
— Il n’a pas de corps physique. Pour le saisir, il faut se servir de quelque chose ayant des propriétés magiques.
— Quoi ?
— C’est assez connu. Vous l’ignoriez, Héros Porte-Bouclier ?
— Oui.
— Oh, eh bien, les monstres sans carnation sont plutôt rares, alors vous n’avez jamais dû en croiser.
— L’un de vous a-t-il une arme avec des propriétés magiques que je pourrais utiliser ? J’aimerais dépecer ce machin.

Le soldat interrogea son groupe, et il finit par trouver quelqu’un possédant une arme composée de matériaux magiques bon marché. Il me laissa l’emprunter, et je pus faire ce que je voulais.
Filo m’indiqua ensuite comment elle avait imprégné ses mains de magie, et je fis de même. J’empoignai la queue et la présentai à mon bouclier, qui l’absorba.

Bouclier Dévoreur d’Âmes : talent bloqué
Bonus d’équipement — compétence « Second Bouclier », résistance aux âmes (moyenne), résistance aux attaques spirituelles (moyenne), augmentation des PC
Effet Spécial : Dévore-âmes, récupération de PC (faible)

Ce bouclier fut dévoilé avec la queue uniquement, mais il n’y avait aucune référence à cette partie du corps dans le nom, ce qui voulait probablement dire que présenter à mon arme une autre portion du cadavre ne débloquerait rien de plus. J’essayai de laisser mon bouclier absorber d’autres morceaux, mais, effectivement, il ne se passa rien.

Mais qu’était donc cette compétence « Second Bouclier » ? La résistance spirituelle impliquait certainement que je pourrais mieux encaisser les attaques de ce type à l’avenir.
L’effet spécial Dévore-âmes paraissait intéressant. J’espérais que cela n’était pas à interpréter au sens littéral. Voilà une perspective peu engageante.

Je changeai lentement la forme de mon bouclier. J’avais l’impression que mon arme tout entière était faite de la même matière que le monstre, et de sa tête plus précisément. Cette apparence était bizarre.
Et le Bouclier de Vipère de Chimère possédait une meilleure défense.
Si l’effet spécial Dévore-âmes impliquait vraiment que je pouvais manger des âmes, alors je devrais pouvoir saisir le monstre. Je tendis donc la main. Mais mes doigts s’avérèrent incapables de le toucher.

J’avais dû me tromper. Parfait. Ce genre d’activité ne m’intéressait pas.
C’était probablement une espèce de contre-attaque. Peut-être qu’elle « dévorait l’âme des ennemis » dans le sens où j’absorbais leurs PC.
Bien, et maintenant, que pouvait être cette nouvelle compétence ? Je l’essayai.

— Second Bouclier.

Bouclier d’Air comme Second Bouclier.
Voilà ce que dit alors l’icône qui brillait dans mon champ de vision.

— Bouclier d’Air !

J’attendis d’être sûr qu’il était bien apparu dans les airs avant de poursuivre.

— Second Bouclier !

Un autre se matérialisa.
Voilà donc à quoi cela servait. Jusqu’à présent, je ne pouvais utiliser qu’un seul Bouclier d’Air à la fois. Apparemment, ce total venait d’augmenter de un. Il y avait probablement d’autres moyens de l’exploiter, mais rien ne m’emballait davantage.
Je posai mon regard sur les restes des Dévoreurs d’Âmes.

— J’ai bien envie de tous les absorber et de ne rien laisser aux autres.

Cependant, ils ne laisseraient jamais passer une chose pareille.
De plus, s’ils ne devenaient pas plus forts, cela nuirait à tout le monde, moi y compris. Si je devais lutter à leurs côtés un jour, ils allaient devoir aussi se montrer à la hauteur. Certes, dans le combat qui venait de s’achever, j’avais été le meilleur élément. Mais je choisis de leur laisser tout de même des matériaux.

— Maître, laisse-moi manger les restes !

Filo s’écria, la bave au bec.

— Difficile d’aller contre ta nature.

Je tranchai l’épine dorsale de la bête et lui envoyai la queue. Elle la goba d’un coup.

— Les os sont tout visqueux !
— Une minute. On a croisé des gluants ?
— Hmm…

Le reste de la conversation ne présentant pas d’intérêt, inutile de le décrire. J’ajouterais simplement que je finis par me mettre en rogne parce que je ne parvenais pas à les exploiter pour débloquer de nouveaux boucliers.

— Très bien ! Rendons-nous au prochain village et voyons si on peut les aider à reconstruire.

Nous avions terminé ce que nous étions venus faire. De ce fait, les soldats volontaires et moi nous mîmes à prêter main-forte pour la récupération des dépouilles et les réparations du bourg que nous atteignîmes peu après.
Nous ne parviendrions évidemment pas à aider partout, avec tout ce qu’il y avait à faire, alors nous nous concentrâmes sur le fait d’apporter de la nourriture aux survivants et de guérir leurs blessures.

— Merci infiniment ! Nous allons faire tout notre possible !

Les soldats volontaires écoutèrent mes instructions et obéirent sans faire d’histoire. Je pouvais sans doute ne plus mettre en doute leur sincérité, à présent.
Un jour s’écoula, et les chevaliers arrivèrent enfin.
Leur chef était très en colère face au fait que j’avais enrôlé des militaires à mes côtés pour lutter contre la vague.

— Vil bâtard ! Te crois-tu donc capable de me voler mes subordonnés et de t’en servir comme armée privée ?
— Ce n’est pas la faute du Héros ! Nous sommes venus à lui et lui avons proposé nos services ! Il s’est contenté d’accepter notre offre.
— Comment cela ? Et vous vous prétendez soldats du grand royaume de Melromarc ? Vous vous êtes vendus au Bouclier ?
— Espèce d’abruti. Vous allez vraiment rester focaliser là-dessus avec la tragédie qui a frappé les environs ? Est-ce que vous avez conscience des dégâts qui auraient été infligés à cette région sans leur présence ?

Les villageois s’étaient rassemblés pour entendre ce qu’il se disait. Ils acquiescèrent tous devant mes propos.

— Oh, et pour info, les fameux autres héros sur lesquels vous vous reposez tant se sont fait éclater avec leur groupe pendant la vague, et maintenant, ils se reposent dans ce bâtiment, là-bas.

Personne ne leur avait demandé cela, mais les habitants avaient réuni et ramené les héros évanouis en ville pour les soigner et s’occuper d’eux. Ils avaient tous les remèdes nécessaires, mais il faudrait encore plusieurs jours pour qu’ils soient définitivement remis sur pied. Ils récupéraient tout de même à un bon rythme et reprendraient sans doute connaissance d’ici la fin de la journée.

— Dépêchez-vous et amenez-moi les Héros ! Je vais les envoyer dans un excellent hôpital !
— Leurs blessures ne sont pas plus graves que celles des civils. Certains villageois sont en bien pire état. Vous devriez les aider en priorité !
— Nous devons placer les Héros avant toute autre chose pour le bien de notre glorieuse nation. Non, pour celui du monde entier !

Ce type savait se donner des grands airs.
De toute manière, je m’étais attendu à une telle attitude, alors nous avions déjà orienté nos efforts sur ceux en ayant le plus besoin.

— Ouais, ouais, c’est ça. Bon, qu’importe, grouillez-vous et embarquez-les ! On a d’autres choses à faire, nous.
— Un instant, Bouclier.

Je les congédiai d’un geste de la main, mais les chevaliers avaient eu le temps de discuter avec les soldats volontaires, et ils m’interpellèrent.

— Quoi encore ?
— Votre présence est requise au château.
— Non merci. Vous m’emmerdez.
— Vous ALLEZ nous suivre.

Qu’ils essaient donc.
Nous avions plus urgent à accomplir. Pourquoi se mettaient-ils toujours en travers de ma route ?
Je les ignorai et fis volte-face, mais les militaires m’ayant accompagné s’avancèrent, insistants. Ils s’inclinèrent devant moi.

— Je vous en prie, Héros Porte-Bouclier. Veuillez nous accompagner.

Ils avaient obéi au moindre de mes ordres. Il ne me paraissait pas correct de les envoyer balader. De plus, j’avais une calèche flambant neuve qui m’attendait à l’armurerie.

— Franchement…

Je me grattai la tête et pivotai sans me presser.

— D’accord. J’ai juste à vous suivre, c’est ça ? J’en dois une à ces soldats, je le fais juste pour ça.
— Merci beaucoup !

Ils semblaient tous très reconnaissants que j’accepte de les accompagner. J’acquiesçai lentement.
Et nous nous rendîmes donc au château.
Nous arrivâmes le lendemain et pénétrâmes à l’intérieur.

— Nous souhaiterions que vos compagnons patientent dans une autre pièce.
— Vous les avez fait venir, et maintenant, vous les virez ?

Ces gens allaient me rendre dingue.

— Ça vous dérange si je me casse d’ici ?

Ce n’était pas comme s’ils s’apprêtaient à faire un truc sympa pour moi. Tout cela n’était qu’une perte de temps.

— Vous n’êtes pas autorisé à partir. Nous avons besoin d’entendre beaucoup de choses de votre part.
— Je vous ai déjà tout dit sur le chemin.

Je leur avais déjà raconté comment les héros s’étaient fait vaincre et que nous avions dû affronter l’ennemi seuls. Les soldats volontaires y avaient assisté, même si c’était de loin, ce qui ne laissait aucune place au doute face à mes propos.
Le Sac à merde pouvait toujours tenter de magouiller, s’il faisait cela, je me contenterais de partir, tout simplement.
J’étais suffisamment fort pour me frayer un chemin et, si Raphtalia et Filo étaient avec moi, je devrais pouvoir distancer n’importe quelle personne me poursuivant.

— Silence ! Vous êtes en présence du roi !

Les gonds de la porte grincèrent tandis que celle-ci s’ouvrait, et l’on nous conduisit au trône, où le Sac à merde était assis et nous regardait d’un air sévère.
J’étais certain qu’il était déjà au courant de tout. Il était évidemment irrité du succès que j’avais rencontré au sein de cette vague.

— Bien que cette idée paraisse inconcevable, j’ai ouï dire que tu avais été capable de te battre durant la vague, Bouclier. Pour ma part, je n’en crois pas un mot.
— C’est comme ça que vous exprimez votre gratitude ?
— Insolent ! J’ai une question pour toi, même si je ne peux accorder beaucoup de crédit à tes paroles.
— Quoi ?

Jusqu’à quel point ce type pouvait se montrer désagréable ? Est-ce qu’il avait besoin d’exprimer sa méfiance et son rejet à mon égard à chacune de ses phrases ?

— Bouclier, il paraît que tu as découvert en toi une force qui te rend plus puissant que les autres Héros. Je refuse d’y croire, mais tu es dans l’obligation de me confirmer si c’est exact. Parle, à présent. Bien que je ne puisse me fier à tes propres mots.

Il était si facile à comprendre, ce Sac à merde. Il se demandait si j’étais supérieur aux trois autres, et il n’avait pas l’honnêteté de me le demander directement. Il me rendait malade.
Pour être franc, j’ignorais totalement pourquoi Glass s’était retirée après avoir vaincu les autres héros.
Elle avait pensé, à tort, que j’étais le plus fort d’entre eux, et nous avions commencé à nous battre. Cependant, un compte à rebours était apparu et elle s’était repliée.

Il y avait un rapport certain entre ce compteur en forme de sablier et ce qu’il s’était produit, mais le reste demeurait un mystère. Que se serait-il passé s’il avait atteint zéro ?
Il restait trop de questions sans réponse. Nous finirions par les trouver un jour. Mais je n’avais pas le temps pour cela maintenant.
Tout de même, je pouvais deviner ce qui était en jeu ici. Je me tournai vers le Sac à merde et souris, pointant mon doigt vers le sol devant moi.

— Si vous désirez vraiment le savoir, descendez de votre perchoir et inclinez-vous.

Le Sac à merde en fut si estomaqué qu’il se figea un instant. Son expression était à mourir de rire. J’aurais bien aimé prendre une photo.

— J’ai pas été clair ? Ou vos augustes oreilles sont-elles bouchées ? Si vous voulez vraiment le savoir, alors ramenez-vous là et foutez votre nez par terre !

— Uh… uh… uh…
— Pourquoi vous grognez comme un singe ? Peut-être que vous souhaitez être aussi sage qu’un macaque ? Le roi est un vrai déchet ! De toute manière, je ne croirai pas le moindre mot d’un vulgaire primate.

Tandis que je le parodiais et me moquais ouvertement de lui, son visage se fit de plus en plus rouge et congestionné.

— Sale petit enfoiré ! vociféra le Sac à merde.

Son cri se répercuta dans tout le château.
Le premier ennemi était la vague, le deuxième le Sac à merde. Mais je n’allais pas me laisser vaincre par ce dernier.

— Ne t’avise plus jamais de remettre les pieds ici !
— C’est vous qui m’avez fait venir ! Pas besoin de me prier de garder mes distances !

Ainsi proférai-je mon ultime adieu au Sac à merde.

Chapitre Précédent | Sommaire | Chapitre Suivant

Laisser un commentaire