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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 57 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 57

De retour sur les routes
Traducteur : Team Yarashii

— J’aurai ta tête !

Le Sac à merde n’était guère enchanté par mon attitude.

— Ho ho ! Et comment vous allez me traîner à la guillotine ?

Les chevaliers postés autour du trône s’avancèrent vers moi dans un cliquetis métallique.

— Vous avez la mémoire courte ? C’est moi qui ai vaincu l’ennemi, qui était assez balèze pour neutraliser les autres héros.

Je brandis mon bouclier et leur fis face. Ils s’arrêtèrent de bouger.
J’étais un héros, après tout. Ils savaient également que j’avais survécu à la vague où les autres étaient tombés, alors pourquoi prendre le risque de s’avancer davantage ?
Même si c’était à moitié de l’esbroufe…

— Que faites-vous donc ? Éliminez-moi ce chien insolent !
— Hé, vous.

Je me retournai vers lui et parlai d’un ton menaçant.

— Vous pigez toujours pas ? Je suis assez fort pour entrer dans ce château, vous buter et sortir d’ici indemne. Vous devriez le comprendre, non ?
— Uh…

Ce déchet de roi paraissait très remonté.

— Si vous me croyez pas, je peux vous montrer.

J’avais appris qu’il était parfois nécessaire de faire preuve de ruse pour remporter des négociations.
Je devais utiliser les moyens à ma disposition pour parvenir à museler le Sac à merde.

— Ces héros sur lesquels vous vous appuyez tant ont été vaincus par l’ennemi, celui-là même dont j’ai réglé le compte après ! Et maintenant, vous voulez faire de moi votre ennemi ?
— Uuuuugh…

Il enrageait tellement qu’il en grinçait des dents.

— La seule raison qui t’autorise à me parler de cette manière…
— Je vous tuerai si vous touchez à mes coéquipiers.

Je me disais qu’il valait mieux être clair sur ce point.
La Vierge de Fer était une compétence très puissance. Elle avait tué le Dévoreur d’Âmes, je savais donc qu’elle était capable d’éliminer quelqu’un. Au moins, je pouvais toujours me servir de la Brûlure du Porteur de la Malédiction pour leur infliger de sérieuses blessures.
Le visage du Sac à merde était pâle. Apparemment, il avait enfin compris dans quelle position il se trouvait.

— Ne me convoque ni ne m’adresse plus jamais la parole, Sac à merde. Quand les vagues seront terminées, je me tirerai d’ici. D’ici là, je ferai ce que j’ai à faire. Mais t’avise pas de me foutre des bâtons dans les roues.

Je ne pouvais me résoudre à user de violence physique contre lui, et je ne pouvais pas non plus sortir ma carte maîtresse. Je devais attendre d’être dos au mur pour cela. Si je le tuais maintenant, rien ne changerait. La personne qui tirait les ficelles en coulisses se contenterait d’apparaître et de prendre sa place.
Tout de même, si je devais affronter directement les autres héros, j’ignorais si je serais en mesure de l’emporter.
Et s’il fallait les combattre tous en même temps, j’étais sûr de perdre.

— À plus.

Je pivotai et laissai le trône derrière moi.

— Je ne te le pardonnerai pas ! Jamais, au grand jamais, Bouclier !

L’écho de ses vociférations se propagea dans tout le bâtiment.

— Ça tombe bien, c’est réciproque !

Telle fut ma réponse en sortant de la pièce.
Je quittai le château et descendis les escaliers, lorsque je croisai une femme qui semblait appartenir à la noblesse.
Elle couvrait sa bouche avec un éventail et portait visiblement une robe coûteuse. Je ne pouvais apercevoir l’intégralité de son visage, mais il était clair qu’elle était jolie. Quel âge avait-elle donc ? Sans doute dans la vingtaine. Ses cheveux étaient violets. Voilà qui s’avérait rare.

— Monsieur, merci pour tous vos efforts, si j’ose dire.

« Si j’ose dire » ? Merde, je faillis me tourner pour la regarder.
Hein ? La femme était suivie par la plus jeune des princesses.

— Ah.

Je choisis de l’ignorer et continuai mon chemin. Je n’avais rien à dire à la petite sœur de la Salope.

— Mademoiselle Melty…
— Je comprends, merci !

Oui, sur le moment, je n’y fis pas attention et ne m’arrêtai pas.
À cet instant-là, je n’aurais jamais cru, même dans mes conjectures les plus folles, que la cadette des princesses serait le déclencheur d’une série de changements dramatiques.

À propos, Raphtalia et Filo m’attendaient au fond de la pièce. Elles avaient apparemment pensé que j’étais prêt à faire un esclandre et s’étaient décidées à me rejoindre. Je ne savais pas s’il fallait me réjouir ou me désoler de les voir me comprendre aussi bien.
Je quittai le château, et la première chose que je fis fut de faire un détour par l’armurerie pour voir si l’attelage que j’avais commandé était prêt.

— Salut, mon garçon. Ta calèche est parée au départ.
— Bah dis donc, vous n’avez pas traîné. Mon vieux, vous savez bosser le métal rapidement. Tout ce que je vous donne à faire, vous le terminez si vite…
— Simple question d’organisation. J’ai des amis qui m’aident là-dessus. En réalité, je ne l’ai même pas fabriquée !

Oui, c’était logique de se dire qu’il s’appuyait sur un forgeron du coin pour ce genre de choses.

— J’étais en train de penser que vous étiez le genre de type qui peut tout faire si on y met le bon prix.
— Mon garçon, je t’assure que ça me déprime de t’entendre dire ça. Je ne suis plus aussi jeune et pas aussi doué que toi.
— Je n’ai aucun talent.

Pour qui est-ce qu’il me prenait ?

— Ce truc est garé à l’arrière. Venez voir.
— D’accord, j’ai hâte de le découvrir ! Au fait, je me disais que pour Raphtalia…

Avant que je ne puisse achever ma phrase, l’intéressée s’avança et me prit le bras.

— Quoi ?
— Inutile de mentionner l’épée. J’en ai une de rechange, de toute manière. Économisons donc notre argent pour autre chose.
— Hmm… bon, si c’est ce que tu veux, faisons comme ça.

Les attaques de Filo étaient devenues si puissantes qu’elle infligeait la majeure partie des dégâts du groupe. Si Raphtalia pouvait se repositionner en soutien, cela me convenait tout aussi bien. Et elle pensait probablement que nous pourrions mettre la main sur une meilleure lame que celles conçues par l’armurier.

Nous sortîmes à l’arrière de l’échoppe et, effectivement, un grand chariot nous attendait.
Il était intégralement métallique, toit inclus. Cela me rappela le petit wagon en fer-blanc que mes parents m’avaient offert longtemps auparavant, mais celui-là était bien plus grand.

— Ouah !

Les yeux de Filo s’agrandirent et s’illuminèrent. Je ne l’avais jamais vue aussi excitée.
Elle trottina jusqu’à lui et s’approcha lentement des rênes.

— J’ai le droit de le tirer, hein ?
— Bien sûr.
— Ouais !

Ses yeux scintillaient, et elle s’agrippa à la calèche. Elle paraissait si enthousiaste, on aurait dit qu’elle allait exploser.

— Remplissons-le d’abord.
— Compris.
— D’accoooord !

Nous retournâmes à notre ancien attelage, prîmes tout ce qu’il y avait à l’intérieur, et amenâmes le tout dans le nouveau.
Je ne pus m’empêcher de remarquer que nous passions de plus en plus de temps à porter et déplacer des choses un peu partout.

— Alors, t’en penses quoi, mon garçon ?

Le vieil homme sortit la tête de son échoppe pour voir ce que nous faisions. Je lui fis un signe de la main, pouce dressé, pour lui signifier qu’il avait bien travaillé.

— C’est exactement ce que je voulais.
— Super. Je dois quand même dire qu’il a l’air assez lourd. Tu crois que la donzelle-oiseau va réussir à s’en sortir ?
— Ouais !
— Aucun problème. Elle tirait notre attelage précédent avec trois chariots accrochés à l’arrière.
— Impressionnant.
— Elle pourrait même se plaindre que ce n’est pas assez chargé.
— Tu sais ce que j’aime ? Ce qui a l’air le plus dur à tracter !

Peut-être était-ce une manie des Filoliaux ? Organisaient-ils des compétitions pour savoir qui pouvait tirer les objets les plus lourds et massifs ?

— Ha ha ha, tu peux le faire ! Dis, ça me fait penser à un truc. Où est-ce que vous allez, maintenant ?
— Pourquoi cette question ?
— Je suis au courant. Tu as foutu le bordel au château ?

Le vieil homme semblait inquiet.

— Eh ben, les rumeurs vont vite.
— C’est ce qui fait le sel de la vie.
— Mouais, bref. Le Sac à merde a encore fait n’importe quoi, alors j’ai dû le remettre à sa place.
— Je savais que tu finirais par agir, mon garçon.
— Ravi d’avoir été à la hauteur de vos attentes.
— Ma foi, j’aurais pas dit non à une petite déception sur ce point.
— Si vous le dites. Bon, pour répondre à votre question, je pense me diriger vers Silt Welt ou Shild Frieden pour passer la promotion de classe.

Certes, j’aurais pu menacer le Sac à merde pour avoir la permission d’utiliser le Sablier du Dragon dans la capitale, mais il fallait que Raphtalia et Filo passent cette cérémonie, et je ne voulais pas risquer de les mettre inutilement en danger.
Je ne comprenais pas encore très bien les tenants et aboutissants de ce rituel, mais les gens qui s’occupaient du Sablier du Dragon semblaient y accorder tellement d’importance qu’ils avaient inventé toutes sortes de règles et de lois pour le contrôler. S’il fallait affronter de telles difficultés, autant nous rendre dans un autre pays qui se montrerait plus enclin à nous donner ce que nous voulions.

— Tu sais, mon garçon. Je me doutais que tu irais là-bas un jour ou l’autre.
— Vraiment ?

Il hocha la tête en signe d’acquiescement. Que devais-je en déduire ?

— Je te conseille Shild Frieden. Silt Welt peut devenir plus… instable, disons.
— Qu’est-ce que je dois comprendre par là ?
— Eh bien, ce sont des suprématistes demi-humains, et ils font des humains leurs esclaves. C’est un peu l’opposé de Melromarc.

Je saisissais mieux. Vu qui j’étais, ce n’était sûrement pas la meilleure option.

— Et pourtant…
— Merci du conseil. On va se rendre à Shild Frieden.

Nous finîmes de charger notre cargaison à bord du nouvel attelage et grimpâmes à bord.

— Très bien. Bon, n’hésitez pas à venir me voir quand vous repasserez dans le coin.
— Ça marche. La prochaine fois, j’aurai probablement besoin d’équipement contre les monstres de type fantôme ou esprit.
— Je vois. Tu as l’air d’avoir suffisamment baroudé pour croiser la route de ce genre de créatures. Je ferai en sorte d’avoir ce qu’il te faut.
— J’aimerais bien fournir les matériaux pour réduire les coûts.
— Comme tu veux, mon garçon. Fais-moi juste plaisir et évite de te pointer en demandant un tas de trucs du jour au lendemain. Je te dirai où trouver les matériaux, si tu veux.
— Pigé. Je m’assurerai de vous laisser assez de temps. Bien, on y va. À plus, mon vieux.
— Salut.

Filo se mit à tirer d’un coup sec sur les rênes.
Notre objectif immédiat était la promotion de classe. Avec Filo pour nous faire avancer, nous pourrions arriver au bout de deux semaines. Le voyage serait long, mais c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.

— Les voilà !

Une voix puissante se fit entendre à l’extérieur des portes. Alors que nous quittions la capitale, notre calèche fut tout à coup assaillie par les poings d’une personne martelant au-dehors.

— Je vous ai trouvés !
— Hein ? Mel !
— Quoi ?

J’arrêtai Filo et me tournai pour regarder hors de l’attelage. La cadette des princesses se tenait là. Les sourcils arqués, le doigt pointé vers moi. Derrière elle était rassemblée une troupe de chevaliers. C’était leur voix que j’avais perçue.

— Veuillez retourner au château !
— Pardon ? Ça sort d’où, ça ?
— Je vous demande de faire demi-tour et d’engager une véritable conversation avec mon père !

Cette sale gamine devenait agaçante. Je n’avais rien à dire au Sac à merde.

— Ton père se goure sur tout. Je n’ai rien fait de mal. Au moins, on est au clair là-dessus.
— Qu’est-ce donc que cette réponse ?

Il lui avait fallu aussi longtemps pour comprendre la situation ? Elle était la petite sœur de la Salope. Pourquoi accepter de discuter avec elle ?

— Dis ceci à ton père : je peux le tuer quand je veux. Qu’il vive dans la peur, désormais.
— Pourquoi ? Pourquoi êtes-vous contraint de proférer des paroles aussi affreuses ? Je vous en prie, dites-le-moi !
— Parce que ton père n’est qu’un vulgaire déchet ! Je ne perdrai pas mon temps à lui parler. Tes parents sont vraiment de la PIRE espèce !
— Vous… Je ne vous le pardonnerai jamais ! Ma mère se trompait ! Le Héros Porte-Bouclier est un malotru !

L’un des chevaliers derrière elle fit un pas en avant.

— Hé, vous voulez vous battre ? Filo…
— Quoi ?
— Partons.
— Mais… je veux jouer avec Mel !
— Tu ne peux pas.
— Mais…
— PARTONS !
— D’accord… À plus tard, Mel !

Filo hocha la tête, se remit sur la route et partit en courant.

— Non, aaaatteeeendeeez !

Les cris de la plus jeune des princesses s’évanouirent. Ce château était vraiment rempli de déchets. À part les boutiques, cette ville n’avait aucun intérêt.

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