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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 59 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 59

Un petit arrangement visuel
Traducteur : Team Yarashii

— Hmm…

Je me cachais derrière des arbustes, observant la situation.
Cela faisait plusieurs heures que nous avions récupéré la plus jeune des princesses. Nous avions ensuite rejoint le village le plus proche, et, à présent, nous nous cachions pour voir ce qu’il s’y déroulait. Ce bourg n’était pas très loin de celui où nous avions combattu le Dragon Zombie.
En fait, les chevaliers avaient dit vrai.

— Le Démon Porte-Bouclier, Naofumi Iwatani, a sauvagement assassiné un groupe de gardes royaux, enlevé la princesse et est désormais en fuite. Il est recherché mort ou vif. Sa capture…

Il y avait déjà des affiches placardées dans le village détaillant mes crimes ainsi que la récompense promise. Des soldats arpentaient les lieux et proclamaient haut et fort ce nouvel avis.
Il s’était écoulé peu de temps, alors j’étais impressionné par tous ces efforts déployés contre moi.

Ils avaient dit que tout avait été planifié depuis le départ. Ceux qui nous avaient poursuivis étaient des soldats volontaires, et ils s’étaient préparés à être capturés ou tués. Dans mon monde, j’avais entendu parler de ces gens qui s’enveloppaient d’une bombe et se faisaient sauter avec, en pensant aller au paradis de cette manière. Ce monde-là n’avait pas le monopole des fanatiques fous furieux.

— Ce qu’il est advenu de ces chevaliers est consigné dans une boule de cristal, saisi dans les derniers instants de leur vie. Les soldats qui ont apporté cet enregistrement sont morts de leurs blessures peu après l’accomplissement de cette tâche.

Et ce n’était pas tout. Ce dont ils parlaient prenait la forme d’un hologramme. Ils avaient retouché mon visage pour me donner un air plus agressif, me faisant paraître recouvert de sang, et s’étaient arrêtés à un instant particulier où je donnais l’impression d’avoir le bras passé autour du cou de la princesse.
Ils étaient vraiment doués pour ce genre de falsification.
Ils avaient beau s’être carapatés comme des lapins apeurés avec cette boule de cristal, ils donnaient ici le sentiment d’avoir été massacrés par moi.
Ils m’avaient pourtant semblé bien portants la dernière fois que je les avais vus.
Ils étaient toutefois incapables de fabriquer quelque chose d’entièrement faux. Si l’on regardait de plus près, le visage de la princesse n’avait pas l’air de suffoquer, mais plutôt marqué par la surprise face à quelque chose. Mais, tout de même… s’ils pouvaient manipuler un enregistrement de la sorte, pourquoi se donner la peine d’essayer de la tuer sous mes yeux ? Je ne comprenais pas.

— Il voyage à bord d’un grand attelage, qui est tracté par un étrange oiseau-démon maléfique. Si vous le voyez, contactez immédiatement les autorités.

Filo était aussi dans l’hologramme. Ils avaient retouché aussi son visage pour qu’elle ressemble à un faucon enragé, et elle donnait l’impression de cracher du poison. Eh bien, tant mieux pour elle. Ce que montrait cette contrefaçon, c’était précisément ce qu’elle avait toujours voulu.
Cependant, si les gens se mettaient à chercher Filo, cela allait nous compliquer la tâche. En y réfléchissant bien, peut-être pourrions-nous utiliser cela pour faire diversion.

— Tu comprends ce que je veux dire, Filo ? On va voyager séparément à partir de maintenant.
— Non !

J’avais fini d’inspecter le village, et j’étais revenu auprès des autres. J’avais dit à Filo qu’elle attirait trop l’attention, ce qui nous contraignait à nous séparer. Filo s’occuperait de l’attelage et ferait diversion, tandis que le reste du groupe passerait sans se faire remarquer. Ensuite, Filo pourrait abandonner la calèche et nous rattraper à son allure habituelle. Elle ne tracterait rien et devrait donc nous rejoindre assez rapidement.
Je lui avais expliqué mon plan, mais elle se contentait de se plaindre.

— On n’a pas d’autre choix, tu es trop facile à repérer.

J’entendais simplement par là qu’elle était un type de monstre plutôt rare. Elle était connue dans le pays comme l’oiseau divin, ce qui faisait presque d’elle une cible idéale, désormais.

— J’ai juste à pas me montrer sous cette forme quand y a des gens autour, pas vrai ? Je peux faire ça !
— Comment tu peux…

Mais, avant même que je finisse ma phrase, Filo commença à briller et entama sa transformation.
Pourquoi s’embêtait-elle à faire cela ? Elle venait juste d’avoir une idée stupide, comme tirer cette calèche sous forme humaine. Alors que je pensais à cela, son cou et ses pattes se mirent au contraire à s’allonger.

— Gweh !

Elle ressemblait maintenant à une grosse autruche, ou, plus exactement, à un Filolial ordinaire.
Même si elle demeurait bien plus imposante.

— Alors tu peux aussi prendre cette apparence ?
— Gweh !

Elle hocha vivement la tête.

— Pourquoi tu ne parles pas ?
— Gweh !
— Bon, faut croire que tu peux pas sous cette forme.

Hmm… ce qui voulait sans doute dire qu’elle n’aimait pas trop rester dans un corps classique de Filolial.

— Ouah, Filo ! C’est incroyable !

La princesse était très excitée, et toutes les deux sautillaient quasiment sur place.

— Gweh.

En réalité, si elle crachait vraiment du poison, peut-être que cela me dispenserait d’entendre ses piaillements stridents à longueur de journée.

— Reste comme ça pour le moment. Et nous, dans le même temps, ça nous fera des vacances.
— Gweh !

Bam ! Elle leva une patte et enveloppa mon cou dans ses griffes. Filo et Raphtalia n’avaient jamais enfreint la moindre de mes règles, alors je les avais oubliées, mais m’attaquer en constituait assurément une violation. Avant même que je puisse bouger ou ne serait-ce qu’en prendre conscience, le sceau de contrôle de monstre placé sur elle s’activa.

— Gweh ?
— Filo ?
— Oh, ça va, hein, qu’est-ce qu’il y a, encore ?
— Soyez gentil avec Filo !
— Non. Elle m’a attaqué, alors le sceau de monstre s’est déclenché. C’est tout.

D’une certaine façon, c’était bien plus mignon que de la voir se plaindre sous forme humaine. J’ignorais ce que Filo aimait le plus, mais je devais admettre que je préférais cette nouvelle apparence. Si les animaux de compagnie aidaient les gens à se détendre, c’était bien parce qu’ils ne parlaient pas. S’ils se mettaient à jacasser sans savoir quand la mettre en veilleuse, eh bien… je doutais que beaucoup de monde en garde chez eux.

— Mais elle souffre !
— On récolte ce qu’on sème.
— Uh…

La princesse s’était prise d’un intérêt suspect pour Filo. Était-ce simplement pour qu’elles puissent discuter entre amies ?

— Bref, reste comme ça pendant quelque temps. Au moins jusqu’à ce qu’on soit en lieu sûr.

J’avais réussi à cacher son identité jusqu’ici, en prétendant être un saint et tout ce qui allait avec. J’étais certain que nous allions y arriver.

— Quant à toi, Raphtalia, tu pourrais peut-être froisser un peu tes vêtements, je sais pas… déchirer ton chapeau, un truc comme ça ?

Ce fut ainsi que nous nous cachâmes dans l’attelage, que Filo tracta. Raphtalia changea de tenue, et Mel et moi restâmes tapis à l’intérieur.
Notre calèche, qui était remplie de paille, cahota sur la route et entama son voyage vers le nord-est.

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