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Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 63.5.4 - KissWood

Tate no Yuusha no Nariagari – Chapitre 63.5.4

Volume 4
Prologue : En fuite
Traducteur : Team Yarashii

— Bordel ! Cet obsédé décérébré veut pas lâcher l’affaire !

J’étais si contrarié que je me mettais à cracher des insultes involontairement.
C’était toutefois naturel. Nous étions accusés d’avoir enlevé et manipulé Melty, et nous étions en fuite depuis quelque temps déjà.
Nous avions orienté notre trajet vers des routes traversant de grandes chaînes de montagnes, afin d’essayer de semer les soldats à notre poursuite.
Cependant, ils nous talonnaient toujours.

— Bon sang ! J’ai que des emmerdes depuis que j’ai atterri dans ce monde !

Me plaindre ainsi me ramena à l’esprit tout ce qu’il s’était passé ces derniers mois.

Je m’appelle Naofumi Iwatani.
Dans le monde moderne, je le reconnais, je suis un otaku. Mais aussi un étudiant de vingt ans à l’université.
Néanmoins, c’était avant que tout change. Je tuais le temps à la bibliothèque du campus quand je mis la main sur un vieil ouvrage intitulé Les Archives des Quatre Saintes Armes. J’étais en train de feuilleter le livre lorsque, tout à coup, je perdis connaissance et me réveillai dans un monde complètement différent.
En plus de cela, j’avais été invoqué ici comme l’un des quatre héros évoqués par l’ouvrage. J’étais le Héros Porte-Bouclier, le seul qui ne pouvait pas attaquer.

Au début, j’étais tout excité. Cet endroit était comme un rêve… et j’étais un héros ! J’avais tellement hâte de sortir explorer et de me lancer à l’aventure. Mais des gens aussi lâches que tordus m’avaient piégé et accusé d’un crime que je n’avais pas commis. Ma réputation en fut totalement ruinée, et je fus sévèrement opprimé. Ils m’accusèrent de viol et m’abandonnèrent à mon sort, alors même que j’étais incapable d’attaquer et que je ne connaissais personne. J’allais devoir trouver un moyen de survivre seul.

Toutefois, il existait un étrange phénomène, appelé « une vague », qui menaçait de détruire le monde.
Quand une vague se matérialisait, j’étais automatiquement (que je le veuille ou non) téléporté sur les lieux. Je devais alors combattre des monstres pour protéger un monde qui faisait tout pour me dénigrer.
Pire encore, le Bouclier Légendaire qui était attaché à mon bras ne pouvait pas être retiré. Cela ressemble à une sorte de malédiction.

Non seulement je devais mettre ma vie en jeu en première ligne pour sauver des gens qui me faisaient du mal, mais j’étais également incapable de fuir si je le désirais.
À cause du bouclier, je ne pouvais pas me servir d’autres armes et, même si je frappais l’ennemi avec mes poings, je ne parvenais pas à infliger de dégâts notables.
D’un autre côté, ce bouclier avait la capacité d’absorber les adversaires vaincus et les matériaux, ce qui débloquait de nouveaux talents et de nouveaux boucliers. Le Bouclier Légendaire était capable de changer de forme, chacune avec ses propres attributs.

Le nouveau monde dans lequel je me trouvais fonctionnait, d’une certaine manière, comme un jeu vidéo. Il y avait un type de magie appelé « magie de statut », et il me permettait tout simplement de monter en niveau en tuant des ennemis. En progressant de la sorte, je devenais plus fort.
Le concept abstrait des niveaux ne prenait peut-être pas tout son sens immédiatement, mais, pour faire simple, plus quelqu’un s’investissait dans ce qu’il faisait, plus il devenait puissant… très souvent de manière proportionnelle à la difficulté de la tâche accomplie. J’étais assez habitué à cette façon d’opérer grâce aux jeux, aux animés et aux mangas que je connaissais, ce qui m’avait permis de comprendre plutôt rapidement les tenants et aboutissants du système.
J’étais niveau 39. J’avais atteint ce palier après toutes les épreuves que j’avais traversées.

— Est-ce qu’on les a semés ?
— Non, ils sont toujours à nos trousses.
— Et merde !

J’étais poursuivi par un homme appelé Motoyasu Kitamura. Il avait vingt et un ans.
Tout comme moi, il avait aussi été invoqué dans ce monde. Il provenait également d’une version moderne du Japon, mais qui différait de la mienne. Il incarnait le Héros Lancier.
Parmi les quatre héros, c’était le beau gosse de service. Nous étions tous des hommes, mais je pouvais bien lui concéder cela.
Toutefois, c’était un vrai coureur de jupons. Il était obsédé par le sexe opposé.

Motoyasu et les deux autres héros semblaient tout savoir sur ce monde, car ils avaient déjà joué à des jeux similaires auparavant. Ils étaient au courant des bons coins où aller et des bonnes choses à faire pour engranger le plus vite possible des niveaux.
Malgré ces précieuses connaissances, Motoyasu avait refusé de m’enseigner quoi que ce soit, et il avait joué un grand rôle dans le piège que l’on m’avait tendu.
S’il avait le temps de me mettre des bâtons dans les roues, ne ferait-il pas mieux de se battre pour sauver le monde à la place ?

Il y avait également deux héros supplémentaires. Le Héros Épéiste était Ren Amaki, et le Héros Archer Itsuki Kawasumi. Tous deux avaient aussi été invoqués depuis d’autres versions modernes alternatives du Japon.
Ren avait seize ans. Ses cheveux étaient noirs et il dégageait l’aura du type « stylé et détaché ». C’était un épéiste du genre taiseux.
Itsuki, lui, avait dix-sept ans, il me semblait. Au premier abord, il donnait l’impression d’être plutôt tranquille et ennuyeux, mais il paraissait très doué de ses mains.
Aucun des deux n’avait l’air de me poursuivre. Ils devaient nourrir des soupçons sur ce qu’il s’était produit.

— Devrions-nous nous cacher à l’aide de la magie ?
— Bonne idée.

La fille qui venait d’émettre cette suggestion répondait au nom de Raphtalia.
Elle possédait les oreilles et la queue d’un tanuki parce qu’elle était une demi-humaine de type raton laveur.
Elle donnait l’impression d’avoir environ dix-huit ans. Un peu moins grande que moi, elle semblait en bonne santé, attirante et sérieuse. Pas besoin de sympathiser avec elle pour remarquer ses charmes.
Ses cheveux étaient longs et bruns, gentiment bouclés et dotés d’une brillance particulière. Ses bras et ses jambes étaient également longs et minces. Elle avait vraiment tout d’un mannequin.

Après avoir été invoqué dans ce monde, piégé puis livré à moi-même sans amis ni argent ou équipement, j’avais rencontré Raphtalia. En fait, je l’avais achetée avec les maigres économies que j’étais parvenu à mettre de côté.
Elle était soumise à une malédiction d’esclave qui me donnait le contrôle total sur elle, y compris le droit de vie ou de mort. Je pouvais paramétrer des règles, et cela la ferait souffrir de les enfreindre. Une fois trahi et piégé, j’avais totalement perdu ma capacité à faire confiance envers autrui, et cela expliquait pourquoi je m’étais orienté vers les esclaves. Ils n’avaient pas d’autre choix que de m’obéir. Avec le sceau de la malédiction sur elle, Raphtalia était incapable de mentir.

Je ne pouvais pas infliger le moindre dégât aux ennemis, elle me servait donc de lame et combattait à mes côtés.
Lorsque je l’avais achetée, c’était encore une enfant d’environ dix ans.
Cependant, les demi-humains grandissaient différemment des autres gens. Quand ils étaient jeunes, leur corps évoluait directement en fonction de leur niveau.
Elle en avait engrangé pas mal en peu de temps, ce qui expliquait son apparence aujourd’hui.
Ce processus de croissance était sans doute la raison principale du traitement si opposé entre humains et demi-humains.

Avant l’arrivée de la première vague, Raphtalia et moi avions pu prendre assez de niveaux et acquérir un équipement suffisant pour survivre à la catastrophe. Néanmoins, Motoyasu avait fini par apprendre que j’utilisais une esclave, et il me défia en duel… alors même que j’étais incapable d’attaquer.
Le roi du pays qui nous avait invoqués, Melromarc, demanda que le duel ait lieu, assistant alors à ma défaite, à la suite de la lâche intervention d’une tierce partie. Raphtalia fut donc libérée de sa malédiction, mais elle décida de rester avec moi malgré tout. Aujourd’hui encore, elle demeurait à mes côtés en tant qu’esclave.

Toutefois, elle ne faisait jamais rien qui activerait la malédiction, et j’avais assoupli tous les réglages qui auraient pu avoir un impact sur notre relation. Elle n’était donc mon esclave que sur le papier.
Raphtalia désirait combattre auprès d’un héros pour sauver le monde… Elle voulait affronter les vagues.
Autrefois, avant que ce cataclysme se déchaîne pour la première fois, elle vivait dans un village avec sa famille. Elle perdit tout lorsque survint la vague, y compris ses deux parents et le bourg lui-même.
Voilà pourquoi elle aspirait à agir.

Les héros étaient chargés de lutter contre les vagues, et ces dernières lui avaient tout pris… nos objectifs coïncidaient parfaitement.
À l’origine, j’avais considéré Raphtalia comme une esclave facilement utilisable, mais elle était à présent une partenaire fiable, mon bras droit, et j’éprouvais des sentiments paternels à son égard. Je souhaitais sincèrement la protéger et l’empêcher d’être blessée de quelque manière que ce soit, mais Raphtalia se retrouvait immanquablement à devoir se battre et je ne pouvais rien y changer.
Elle était niveau 40.

— Je m’en charge.
— Merci… et désolé.
— Allons, pourquoi dites-vous cela ? Nous sommes dans le même camp. Inutile de se sentir si mal.
— Tu as raison. C’est juste que… Bordel, ce type est si persistant !
— Je le sais bien.

Et me voilà reparti à me plaindre sans réfléchir un instant.

— Mel et moi, on fait quoi ? demanda Filo.
— Bonne question. Filo, garde ta forme humaine. Si ça se corse, reprends ton apparence de Filoliale. Melty, contente-toi de rester tranquille.
— D’accooord !
— Vu la manière dont vous le formulez, vous donnez l’impression que je fais un vacarme pas possible !
— Oui, oui… d’accord, Melty, tu surveilles nos arrières.

Les deux personnes qui me criaient dessus étaient deux jeunes filles.
La première s’appelait Filo. C’était une fillette de dix ans avec de petites ailes, des cheveux blonds et des yeux bleus.
Son regard était sauvage et innocent, ses joues toutes douces, et elle se comportait de manière naïve.
Elle portait une robe avec un grand nœud au niveau de la poitrine. Sa coupe était très simple, mais elle mettait en valeur l’aspect mignon de son petit visage et de ses ailes.

Cependant, elle était vraiment la Reine des Filoliaux, ces monstres aviaires géants qui tractaient des attelages. Enfin, un titre du genre, disons.
Sous sa véritable apparence, c’était une immense chouette… ou un manchot… bref, une sorte d’oiseau plus grand qu’une personne. Elle pouvait courir très vite.
Ses plumes étaient principalement blanches, avec quelques touches de rose ici et là.

Du point de vue de son caractère, elle était très enfantine et innocente. Mais elle mangeait pour quatre et se montrait bien plus folle que ce que suggérait son apparence posée.
Elle était si gloutonne qu’elle était prête à manger n’importe quoi. Une fois, elle avait même essayé d’avaler de la chair putréfiée d’un dragon mort.
Nous nous étions rencontrés lorsque Raphtalia et moi avions rendu visite au marchand d’esclaves pour qu’il lui réapplique le sceau. Cet homme possédait un étal à l’arrière de son chapiteau où l’on pouvait sélectionner un œuf de monstre parmi un vaste choix dans une grande boîte. J’en avais pris un, et de lui avait éclos Filo.

Elle était née il y a seulement deux mois.
Pour une raison que je ne comprenais pas vraiment, elle possédait la capacité de se transformer en jeune fille humaine avec des petites ailes dans le dos. À présent, elle passait la plupart de son temps sous cette apparence quand elle ne tirait pas notre attelage.
Et elle adorait cette activité plus que tout. Elle me regardait souvent lorsqu’elle tractait, comme si elle cherchait mon approbation.

Néanmoins, elle s’était récemment liée d’amitié avec quelqu’un et avait découvert qu’il y avait plus important dans la vie que manger, dormir et jouer.
Tout de même, c’était grâce à elle que nous avions pu voyager comme marchands itinérants, nous permettant ainsi de sécuriser la majeure partie de nos fonds.
Filo me considérait comme son propriétaire et voyait Raphtalia comme sa grande sœur. Mais, pour être franc, j’avais commencé à penser à elle comme étant un peu ma fille.
Elle était niveau 40, comme Raphtalia.

— M. Naofumi. Votre main, je vous prie…
— Pas de problème.

La queue de Raphtalia se gonfla tandis qu’elle préparait un sort.
Je lui pris la main et la serrai.

— Hé ! Ma grande sœur et le maître se font des câlins ! Moi aussi, j’en veux un !
— Non, on ne fait PAS DU TOUT cela ! Essaie de réfléchir un peu à notre situation actuelle, s’il te plaît.
— Mais… mais, grande sœur ! Tu gardes le maître pour toi toute seule !
— C’est pas grave, mais si tu ne restes pas tranquille, on ne parviendra pas à échapper aux sales types qui nous poursuivent. Melty, aide-moi à la faire taire.
— Fort bien. Filo, tu dois te calmer un peu.
— Bouuuuh ! Grande sœur ! Tu sais très bien que je suis la préférée du maître !
— Mais de quoi est-ce que tu parles ?
— Si vous ne vous hâtez pas, ils vont nous rattraper !

C’était Melty qui venait de s’exprimer.
Son nom complet était Melty Melromarc.
Elle avait à peu près le même âge et la même taille que Filo, mais ses cheveux étaient d’un bleu éclatant, la rendant très facile à repérer.
Elle les attachait pour former des couettes. Son visage arborait en permanence un air de grande détermination. Elle portait normalement une robe à volants de style gothique, mais, pour le moment, elle avait revêtu des frusques tachées et usées de fermier.

Elle était aussi attirante que Filo ou Raphtalia. Il était certain qu’elle deviendrait une vraie beauté une fois adulte. Quant à sa personnalité, j’éprouvais des difficultés à la cerner. Elle avait du mal à trouver ses mots et finissait parfois par se montrer sarcastique.
Il y a quelques instants, j’avais ordonné à tout le monde de ne pas faire de bruit et elle m’avait répondu d’arrêter de paniquer.

Lors de notre première rencontre, elle s’était adressée à moi de façon très polie en faisant attention à son langage, mais, plus nous passions de temps ensemble, plus sa patience s’érodait et plus elle devenait stricte.
En y réfléchissant bien, c’était logique.
Melty était la princesse cadette du royaume qui était actuellement à nos trousses. Sa vie était menacée, donc elle n’avait pas d’autre choix que de fuir en notre compagnie. Cependant, en restant avec nous, elle nous plaçait aussi en danger. Voilà pourquoi nous étions poursuivis.

Melromarc n’avait pas une très bonne opinion du Héros Porte-Bouclier. Quand j’avais commencé à voyager dans le pays tout en aidant les gens, ceux-ci s’étaient mis à s’interroger sur le bien-fondé de mon horrible réputation. Ils nourrirent des doutes que la Couronne désira alors supprimer. Pour ce faire, ils m’avaient piégé à nouveau, et j’étais désormais un homme recherché.
L’histoire pouvait s’exposer de la sorte : Melty, la plus jeune des princesses, s’avérait également première dans la succession au trône. Elle était ainsi l’héritière du royaume, et ils m’avaient accusé de l’avoir enlevée.

Vous devez sûrement penser qu’il nous suffirait de la rendre aux autorités, mais, malheureusement, ce n’était pas aussi simple. Il y avait quelqu’un d’autre en lice pour le trône après Melty, et nous avions des raisons de penser que cet individu complotait pour l’assassiner. Si nous nous contentions de la livrer à une telle personne, celle-ci s’assurerait de l’éliminer, j’en étais convaincu.

Par conséquent, nous étions finalement contraints de coopérer.
Si nous voulions prouver notre innocence, nous devions conduire Melty auprès de sa mère, la reine de Melromarc. Et, pour aggraver les choses, celle-ci se trouvait actuellement hors du royaume, en mission diplomatique dans un autre pays. Nous ne risquions donc pas de la croiser dans la rue.
De plus, Melty et Filo étaient devenues très amies.
Melty faisait une fixation quasi obsessionnelle sur les Filoliaux, et se retrouvait ainsi sur la même longueur d’onde que Filo. Leur amitié s’était développée très vite.

Sa mère, la reine, l’avait apparemment renvoyée en Melromarc pour améliorer mes relations avec le roi (son père).
Cependant, un tas de choses s’étaient produites depuis, et nous n’étions pas exactement en très bons termes.
Je l’avais appelée « princesse » pendant un bout de temps, mais elle avait fini par piquer une crise et avait insisté pour que j’emploie son nom. À présent, chacun de nous utilisait le prénom de l’autre.
Comme Filo, Melty semblait voir en Raphtalia la figure d’une grande sœur sur qui l’on pouvait compter.
Elle était niveau 19. Depuis qu’elle avait entamé son voyage à nos côtés, elle avait pris un niveau.

— Alors, Mlle Raphtalia, quel sort allez-vous utiliser ?

Tiens, la voilà encore très polie à son égard. Pourquoi ne faisait-elle pas de même avec moi ?
Je ruminais dans mon coin là-dessus lorsque Raphtalia acheva son incantation.

— Je suis la source de tout pouvoir. Entends mes paroles et obéis-leur. Cache-nous ! Premier Camouflage Multiple !

Un arbre apparut par magie et il nous recouvrit de feuilles. Nous étions à présent complètement hors de vue.
Je m’enfouis dans le feuillage et retins ma respiration.
Un instant plus tard, Motoyasu et sa clique accoururent au détour d’un virage.

— Où est-il passé ?

Celui qui venait de parler était Motoyasu, le Héros Lancier.

— M. Motoyasu, ne pensez-vous pas qu’ils se soient déplacés ?

Il avait trois compagnons avec lui. Toutes des femmes.
Celle qui s’était avancée et avait formulé cette idée était quelqu’un que je ne connaissais pas.

— Reprenons la route.
— C’est vrai, mais n’oubliez pas que Naofumi a Raphtalia avec lui. Ils pourraient se cacher n’importe où dans le coin.

Salement intuitif, celui-là, il avait vu juste.
Tout de même, s’il voulait nous débusquer, il allait devoir employer la magie, ou du moins une compétence de son arme légendaire.
Dans ce cas, nous serions dans de beaux draps. Cependant, sans une cible clairement définie, il ne parviendrait jamais à nous toucher avec une compétence.

— Hein ? Des empreintes ! J’ai trouvé quelque chose !

Motoyasu s’exclama pour alerter les trois femmes.
Ces empreintes n’étaient pas les nôtres, et cela les mena dans la direction opposée à l’endroit où nous nous trouvions.
Nous avions envoyé Filo répandre de fausses traces pour les mener en bateau. Ce n’était pas un mauvais plan, et Motoyasu avait l’air de tomber dans le panneau.

— Poursuivons-les. Ah… ma précieuse Melty. Je ne peux croire que tu aies été enlevée et manipulée par le Démon Porte-Bouclier ! Je te jure de venir à ton secours !

La personne qui venait juste de s’exprimer, en appelant Melty par son prénom et en m’affublant de ce charmant sobriquet, était précisément celle qui m’avait piégé à l’origine et chassé du royaume : la princesse aînée, alias la Salope, en personne. Elle utilisait « Myne Sufia » comme nom d’aventurière, mais son véritable patronyme était Malty S. Melromarc.
C’était la sœur de Melty.
Mais aussi un vrai monstre, la définition même d’une salope. Elle adorait voir souffrir les autres, tout en vivant dans le luxe.

J’avais suffisamment de raisons de croire qu’elle était derrière tout ce qui se tramait vis-à-vis de Melty et nous, qu’elle tirait les ficelles dans l’ombre.
À cause de son comportement et de sa personnalité lamentables, ses parents avaient décidé de faire de Melty leur héritière première, malgré le fait que la Salope était plus âgée.
En réalité, lors de notre dernier affrontement, elle avait tout simplement dévoilé ses intentions en se mettant à déchaîner des attaques en direction de Melty.
Je la détestais, et j’avais pris l’habitude de l’appeler « la Salope ».
Un jour, je m’assurerais qu’elle obtienne ce qu’elle méritait.

— Nous ferions mieux d’y aller, M. Motoyasu. Je désire les rattraper le plus vite possible.

La Salope le poussa à s’éloigner et, une fois parti, elle commença à fureter dans les environs.

— Pourquoi devons-nous nous donner autant de peine ? Il suffirait de faire brûler tout cet endroit, dit-elle en sortant une fiole de sa poche.

Elle retira le bouchon et répandit son contenu autour d’elle.
J’eus un très mauvais pressentiment concernant ce liquide.
Si je jaillissais hors de notre cachette pour l’arrêter, Motoyasu nous mettrait assurément la main dessus… il me fallait donc attendre en restant tranquille.

— Naofumi…
— Chut !

Melty me secoua par l’épaule. Elle paraissait inquiète. Toutefois, j’avais une idée assez précise de ce que la Salope manigançait.

— Premier Feu.

Elle agita la main et des flammes bondirent de sa paume vers le contenu répandu de la bouteille.
Toute la zone concernée s’enflamma violemment.
Je le savais. Quelle garce ! Elle était prête à faire flamber tout cet endroit juste pour nous trouver ? Mais qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ?
Était-là un comportement digne d’une princesse ? Le moindre de ses actes était criminel.

Elle n’avait aucun sens moral !
Elle abandonna le brasier derrière elle et accourut vers Motoyasu.
Les flammes se propagèrent et vinrent sous peu lécher les arbres. Je pivotai dans la direction dont était arrivé le groupe de Motoyasu et j’aperçus une colonne de fumée qui s’élevait au loin.

— M. Naofumi !
— Melty, est-ce que tu peux utiliser la magie pour neutraliser cet incendie ?
— Ici, oui, mais je ne peux rien faire pour celui qu’elle a déclenché là-bas. Il sera bien trop étendu le temps que je m’y rende.

Bon sang… la Salope s’accrochait à Motoyasu et allumait des incendies à sa guise.
Jusqu’où devait-elle nous enfoncer avant d’être satisfaite ?
J’étais convaincu qu’elle me ferait porter le chapeau par la suite.
Que devions-nous faire ? Avions-nous assez de temps pour rester ici et jouer les pompiers ?

— Maître ! Y a trop de fumée !
— Je sais. Filo, reprends ta forme de Filoliale. On doit se tirer d’ici en vitesse.
— D’accord !
— Qu’allez-vous faire au sujet du feu ?
— Je ne sais pas si ça peut aider, mais peux-tu te servir de ta magie pour déclencher une averse ?

Melty était douée avec la magie d’eau. Voilà pourquoi je voulais savoir si elle pouvait agir pour limiter la propagation des flammes.

— Je peux essayer, mais je ne garantis rien.

Melty se concentra sur une incantation.

— Je suis la source de tout pouvoir. Entends mes paroles et obéis-leur. Que pleuvent des gouttes de miséricorde ! Première Tempête !

Lorsqu’elle finit de parler, des nuages s’amoncelèrent dans le ciel, et une forte pluie se mit à tomber.
Néanmoins, elle ne couvrait pas une très grande zone.
Mais bon, c’était sans doute mieux que rien.

— L’incendie va ravager tout cet endroit ! Raphtalia, Melty, vous n’avez rien contre une petite session de course, j’espère ?
— Ma sœur a perdu l’esprit ! À quoi est-ce qu’elle pensait en agissant de la sorte ?
— Elle tente de nous coller ça sur le dos !

Les environs étaient progressivement saturés par la fumée. Si la pluie voulait bien se montrer un peu plus insistante…
Filo reprit son apparence de Filoliale en produisant un petit « pouf », et nous grimpâmes sur son dos. Je l’éperonnai et nous partîmes en détalant dans la direction opposée à celle prise par Motoyasu.
Dans le chaos engendré par l’incendie, nous avions une chance de le semer.

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