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Isaac – Chapitre 8

Le Campus était une île géante en forme de demi-cercle que l’on pouvait atteindre en naviguant pendant une heure depuis la capitale de l’Empire, Gavelin. Au centre de l’île se trouvait l’Université, l’école la plus prestigieuse du campus, tandis que d’autres écoles étaient réparties sur toute l’île.


Le Campus abritait de nombreuses écoles telles que celles de la magie, de l’armée de terre, de la marine, de la finance, d’art, de technologie et beaucoup d’autres. Le système d’enrôlement de du Collège était fait de sorte que les individus talentueux soient inscrits dans l’école spécifique à leur domaine d’expertise dans le but de former les meilleurs professionnels de l’Empire. En outre, seuls ceux dont les talents avaient été approuvés par l’Empire pouvaient s’inscrire au Campus.


Le Campus était parfois appelé le Duché de Campus en raison de son indépendance et de son isolement du monde extérieur, ce qui devait garantir que ses élèves se concentreraient sur l’éducation, et l’éducation seule. En effet, le Campus était dirigé par un Comité composé des membres du Conseil étudiant, des professeurs et des chargés de cours du Campus.


« Alors, c’est donc ça le Campus. »

Après la courte croisière à travers l’océan, Isaac débarqua au port. C’était différent de ce à quoi il s’attendait. Le port était fade, ne proposant que les installations de base telles que les quais, quelques entrepôts et des pavillons. Il y avait un mur séparant le port intérieur et extérieur, et le seul moyen d’entrer dans le campus était par une porte au sommet d’une légère pente. Les marins, qui étaient alors occupés à décharger les marchandises, observaient Isaac qui se tenait seul.


« Vous, là ! Arrêtez de perdre du temps et retournez au travail ! »


Une voix forte et robuste incita les matelots à retourner au travail, et les marins commencèrent à exécuter leurs tâches un peu plus rapidement qu’auparavant.


« Hm ? Qu’est-ce que c’est qu’ça ? Personne n’est venu vous voir ? Eh bien, ne vous inquiétez pas. Je suis sûr que quelqu’un viendra vérifier le déchargement des fournitures. »


« Merci pour ces précisions, M. Gonzales. »


Isaac exprima sa gratitude au marin d’âge moyen qui tentait de le réconforter. M. Gonzales se gratta la barbe, peu habitué aux mots de gratitude d’un noble.


« Êtes-vous vraiment un noble ? Enfin, je suppose que je suis aussi bizarre à parler de façon si désinvolte à un noble. »


La première attaque de monstre en 10 ans avait attiré beaucoup d’attention à travers tout l’Empire. Étant le seul survivant, Isaac devint célèbre, tout comme sa situation familiale actuelle.


« Eh bien, rien de tout cela n’aura d’importance, puisque vous êtes sûr d’avoir la belle vie après que vous ayez obtenu votre diplôme du Campus, alors amusez-vous. Ah ! Le voilà. »


Gonzales donna ses encouragements en tapotant l’épaule d’Isaac. Isaac se tourna pour regarder où Gonzales regardait, et il vit une voiture s’approcher lentement d’eux.


– J’ai beau en voir constamment, cela me donne à chaque fois une impression étrange. Utiliser du mana… C’est clairement le carburant le plus propre imaginable. –

Un objet familier dans un monde inconnu. Isaac était abasourdi quand il le vit pour la première fois, mais l’accepta rapidement. Si l’infrastructure sociale est à un niveau moderne, il doit en être de même pour leur transport, se disait-il.


« Oh ! Est-ce la nouvelle automobile dont tout le monde parle ? J’ai entendu dire qu’ils prévoyaient de les vendre aux nobles, mais il semble que le Campus en profite déjà. »


Alors que Gonzales luttait pour contenir son excitation, la voiture s’arrêta doucement devant Isaac et Gonzales.


« Bonjour. Vous êtes arrivé tôt, aujourd’hui. »


Un beau jeune homme aux cheveux blonds sorti de la voiture et salua Gonzales.


« Oui. Nous avons été bénis d’un bon vent par Dame Fortune. »

« Ça fait plaisir à entendre. Je suppose que les fournitures sont en bon état ? »

« Vous pouvez compter dessus, monsieur. Nous les avons vérifiés avant de naviguer ici. Nous les déchargeons actuellement dans l’un des entrepôts. Aimeriez-vous les examiner ? »

« Je vais d’abord m’occuper de la paperasse. Mais, qui est ce jeune homme ? Ce n’est pas la saison des inscriptions et je pense que personne n’a quitté le Campus, du moins pas à ma connaissance. »

Gonzales afficha un air perplexe face à la question du jeune homme avant de répondre.

« Il était censé être inscrit au Campus, n’est-ce pas ? »

« Hein ? Je n’ai jamais reçu de rapport sur un étudiant transféré. »

« Bonjour, je m’appelle Isaac Rondart. Ravi de vous rencontrer. »

« Rondart ? De la famille du Baron Rondart ? »

« Oui. »

« Ah, vous devez donc être le petit frère de Kainen. »

« … je suis son frère aîné. »

Selon les souvenirs d’Isaac, ses deux jeunes frères étaient Kainen et Kaizen. Des deux, Kainen était déjà entré dans le Campus via les procédures normales et était maintenant inscrit au Collège. Si cet homme devant Isaac connaissait Kainen, il devait aussi être du Collège.

Confus, le jeune homme pencha la tête et répondit.

« Grand frère ? Je n’ai jamais entendu dire qu’il avait un frère aîné ? »

« Euh, Maître Mazelan, juste un instant. »

Gonzales ne supportait pas la direction de la conversation et prit Mazelan dans un coin. Il commença à chuchoter à son oreille, laissant Mazelan savoir dans quelle situation Isaac se trouvait.

Après l’explication, Mazelan soupira profondément et s’approcha d’Isaac.

« Vous avez bien fait de faire le chemin jusqu’ici. »

« Ce n’était rien. »

« Attendez juste un moment. J’ai besoin de vérifier quelque chose. »

Mazelan s’excusa et entra dans l’un des bâtiments du port. Il sortit rapidement avec une expression sérieuse, avant de s’adresser à Isaac et Gonzales.

« Viens avec moi pour l’instant. Ce n’est pas quelque chose que je peux gérer seul. Ah ! Monsieur Gonzales, dites au capitaine que je suis désolé. Je vous laisserai également les documents. »

« Ne vous inquiétez pas monsieur. Je m’en occupe. Petit… je veux dire, adieu, Maître Isaac. »


Malgré la désinvolture avec laquelle Gonzales traitait Isaac, ce dernier restait toujours un noble. Gonzales ne pouvait pas le traiter comme il le faisait habituellement quand Mazelan regardait. Il s’inclina vers eux, puis se dirigea vers l’entrepôt.


« Nous devrions y aller aussi. Entre. »

Mazelan monta sur le siège conducteur et ouvrit le siège passager pour Isaac. Alors qu’Isaac hésitait à entrer, Mazelan sourit.

« Vous n’avez pas besoin d’avoir si peur. Il s’agit de la plus récente invention de l’Institut de Technologie de l’Empire. Il est encore en phase de test, mais il n’y a pas encore eu d’accident. »

« … »

Isaac entra à contrecœur dans la voiture. Alors qu’il regardait les arbres passer près de lui par la fenêtre, Mazelan se mit à parler.

« Je pense que tu devrais être au courant. D’après ce que je sais, nous n’avons jamais eu un cas comme celui-ci auparavant. »

« Que… »

« Je sais que cela peut sembler cruel, mais le Campus enseigne à ses étudiants que vous ne pouvez prendre les meilleures décisions que lorsque vous avez une bonne compréhension de la situation dans laquelle vous vous trouvez. Je vais donc être franc à ce sujet. »

« … Oui. »

« En vérité, vous n’êtes pas la seule personne à être dans une telle situation. Sachant que Kainen n’a jamais rien dit sur un frère aîné, je peux soupçonner ce qui se passe. Les complots et conspirations pour l’héritage sont une chose courante dans la noblesse. D’autant plus que le nombre de nobles qui ont un domaine a considérablement diminué ces dernières années. Le profit qui en découle est incroyable. »

« Je ne suis donc qu’une victime inévitable. »

« Non. Lorsque vous n’avez ni soutien ni protection pour votre revendication en tant qu’héritier, cela veut juste dire que vous êtes malchanceux. »

-Quelle façon simple et cruelle d’enseigner la réalité. -Pensa Isaac avec un sourire amer.

Si sa conscience n’était pas celle d’Isaac-Joon-Young, il aurait surement déjà versé une larme à ce stade.

Mazelan scruta Isaac. Il était surpris de voir à quel point Isaac acceptait tout cela calmement.

« Le vrai problème en ce moment est que la famille Rondart a amené sa querelle familiale au Campus. Je suppose qu’ils ont essayé de garder secret votre existence aussi longtemps qu’ils le pouvaient, et vous n’êtes ici que maintenant parce qu’ils ne pouvaient plus gérer les interrogatoires. »

« Une analyse remarquable. »


Isaac marmonna pour lui-même en regardant les rues à l’extérieur. Ils avaient dépassé de nombreux bâtiments, écoles, places et champs. Ils étaient maintenant sur une route menant à une montagne.

« Où allons-nous ? »

« Euh…. Bien. C’est étrange de dire ça, mais vous pouvez le prendre comme un honneur. Il n’est pas courant qu’une personne qui n’est pas associée au Collège y entre. »


Le Collège… Les yeux d’Isaac se sont éclairés de curiosité lorsqu’il vit bâtiment apparaître. Le Collège se tenait comme un château au sommet de la montagne. Sa silhouette imposante correspondait à sa réputation de summum de l’éducation dans l’Empire.

Mais aux yeux d’Isaac, le Collège semblait être un gaspillage complet. Vous pouvez apprendre n’importe quel type d’art ou de compétences au Collège. Il en va de même pour le Campus. Séparer les plus grands génies des autres et les placer dans un institut géré séparément ne ferait qu’augmenter la maintenance requise pour faire fonctionner le Campus dans son ensemble.

« Nous voilà. »

En passant par la magnifique porte, Mazelan conduisit Isaac au bâtiment du centre. Isaac en était presque à siffler d’admiration lorsqu’il entra dans le bâtiment. Le rez-de-chaussée était décoré de merveilles artistiques à n’en plus finir. Il se demanda si cet endroit était une école ou une galerie d’art.

« Magnifique, pas vrai ? Ce sont tous les projets de fin d’études réalisés par les étudiants du Collège à l’école d’art. Certains disent que si nous vendions toutes les œuvres ici, nous réaliserions facilement un bénéfice égal à 5 ​​ans des revenus totaux de l’Empire. »

Même Isaac, qui ne savait rien de l’art, pouvait dire que chaque pièce était un trésor en soi. Il y avait des peintures brillantes, des statues élégantes et des ensembles d’épées et d’armures magnifiquement ciselées.

« Je serais ravi de vous faire visiter, mais malheureusement, nous n’avons pas beaucoup de temps. Il y a quelqu’un qui vous attend. « 

« Qui est-ce ? »

« Le directeur lui-même. »

 
Tout comme le campus est appelé le duché de campus, le directeur du collège qui siège au sommet du campus reçoit le titre de duc lorsqu’il est nommé. Le titre est temporaire et ne dure que le temps de sa nomination, mais l’honneur de le recevoir reste pour toute sa lignée.

L’actuel directeur, Corduroy, était une figure légendaire qui avait reçu le titre de directeur en tant que roturier. Il était à la fois un symbole et un objectif pour de nombreux roturiers.


Après une longue attente dans la salle d’attente, une voix appela Isaac et Mazelan dans le bureau du directeur.

La pièce était élégamment décorée avec des étagères remplies d’ouvrages, disposées des deux côtés du mur. Au fond de la pièce, il y avait une fenêtre et un bureau somptueux, derrière lequel un homme âgé était assis, parcourant quelques documents.

– Il ressemble à un vieil homme grincheux. –


Un seul regard était suffisant pour donner à Isaac l’impression qu’il était difficile de travailler avec lui, il semblait avoir un tempérament explosif, colérique et rancunier.

« Directeur, j’ai amené Isaac. »

Corduroy regarda brièvement les deux, debout à l’entrée, puis se retourna vers le document à portée de main. Les deux ne pouvaient que rester immobiles et attendre.

Combien de temps s’était écoulé ? Corduroy était absorbé par le travail sur les documents et ignorait complètement Isaac et Mazelan. Isaac pensa « mais qu’est-ce que c’est que ça » et s’approcha du bureau du directeur.

« Mon nom est Isaac Rondart. »

« … »

Isaac se présenta en s’inclinant et ce n’est qu’à ce moment-là que Corduroy leva les yeux des documents et regarda Isaac.

« … »

Un silence bref mais gênant emplit la pièce. Soudain, le duc Corduroy posa une question.

« Que voulez-vous faire après avoir obtenu votre diplôme du campus ? »

« Je voudrais devenir administrateur ou avocat dans un petit village. »

Un soupçon de curiosité pouvait être vu dans les yeux du duc Corduroy. Il semblait que la réponse était inattendue.

« Pourquoi ? »

« Je voudrais vivre mes journées aussi paisiblement et tranquillement que possible. »

« Un maire ou un chef de village ne serait-il pas plus approprié ? »

« Il vaut beaucoup mieux être un puissant commandant en second qu’un leader qui doit assumer la responsabilité de ses actions. »

« Pour un gosse, vous semblez savoir comment le monde fonctionne. »

Corduroy sourit à Isaac, puis fit signe à Mazelan de se rapprocher. Après lui avoir remis un document, il agita la main de nouveau, leur signifiant cette fois de partir. Mazelan parcourut rapidement le document et son visage se tordit d’incrédulité. Malheureusement, il n’était pas en mesure de remettre en question les actions de Corduroy et conduisit doucement Isaac hors de la pièce.

Quand Corduroy vit Isaac disparaître derrière les portes closes, il marmonna pour lui-même.

« Quel drôle de gars. »

« Avez-vous remarqué quelque chose ? »

L’une des étagères de la pièce s’ouvrit en deux et un homme entra dans la pièce.

« Ses yeux, ils sont comme morts. D’après mon expérience, ce sont des yeux devenus insensibles à la mort, parce qu’ils l’ont trop vue. Ils n’accordent pas non plus beaucoup d’importance à la vie, que ce soit celle des autres ou la leur. »

« Il a dû traverser cet incident. Ça a surement été une terrible épreuve. »

« Je serais soulagé si tel était le cas. »

« Si vous le soupçonnez autant, vous pouvez augmenter le niveau… »

« Nous avons perdu trop d’agents à cause de l’ampleur inédite de cet incident. Il n’y en a plus assez pour regarder un simple niveau 5. Attendons de voir pour le moment. »

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