KissWood

NORDEN – Chapitre 140

Chapitre 140 – La duchesse tourmentée

Loin du tumulte de la ville, un nouveau-né bienheureux tétait goulûment le sein gonflé de sa mère. Les yeux clos et le visage détendu, il pressait avec vigueur sa bouche contre la tétine, cherchant une giclée de lait pour rassasier son insatiable appétit. Une petite chandelle éclairait sa face rosée, dévoilant un visage joufflu et des bras potelés, qui gigotaient avec lenteur par-dessus son linge blanc aussi doux que de l’angora.

Sa mère, attendrie devant sa face minuscule, caressait du bout des doigts son crâne aux cheveux épars, aussi bruns que les siens. Puis elle les descendit le long de ses bras couleur caramel et les glissa jusqu’à ses mains couvertes de taches blanches. L’enfant, par réflexe, déplia ses petits doigts boudinés et agrippa son index tout en continuant son action, parfaitement imperturbable.

Meredith patienta sagement que Modeste eut fini sa tétée pour se lever. Méticuleusement, elle le déposa dans son berceau, l’enveloppa de sa couverture puis chanta une berceuse ; un chant ancien, héritage des von Hauzen depuis des générations.

Il est dans le Grand Nord

Un aigle si grand et si fort

Dirigeant son Empire

Avec Justice et Sagesse

Héritage de sa noblesse

Dans l’espoir d’un glorieux avenir

Un bel oiseau au plumage soyeux

Qui d’un battement d’ailes dominait les cieux

Ô divin de Providence

Seigneur des cieux de Pandreden

Puisses-tu retrouver la paix de ton passé

Qui jadis fut parfait, maintenant demeure blessé

Le plus puissant des cinq frères

Possédant tout pour être fier

Mais après cet acte malheureux

La lionne, qui de tristesse t’en veut

Dans une guerre sans fin s’engage

Car le corbeau tu écoutas de rage

Ta sœur dans ton orgueil tu blessas

Réparer tes torts, la protéger tu devras

Ô bel oiseau valeureux

Qui dans une quête éternelle

Désire rétablir l’amour fraternel

En attente de jours radieux

Alors qu’elle chantait, des souvenirs de son enfance lui revinrent en mémoire, des images douloureuses en cet instant présent. Car la duchesse, perdue dans sa solitude, ressassait amèrement son passé.

Elle se revoyait avec sa sœur Blanche du haut de leurs six ans, si joviales et inséparables ; de vraies jumelles complices, partageant les mêmes jeux, la même chambre et les mêmes envies. Leur père se tenait à leur chevet, leur racontant, chaque soir où il était disponible, une histoire avant de les endormir. Ses deux jumelles l’écoutaient avec passion, leurs yeux brillants d’admiration pour ce père si volontaire qu’elles ne voyaient guère souvent au vu de son statut et de ses fonctions. Après son histoire et un dernier baiser, il éteignait les bougies, les obligeant à dormir. Mais les deux sœurs, moqueuses et joueuses, continuaient à bavarder de tout et de rien, riant de rires étouffés afin de ne pas être remarquées et chahutant sous les draps.

Meredith essuya une larme, la première d’une longue série à venir pour cette soirée interminable qu’elle s’apprêtait à vivre. Il s’agissait là d’un des derniers moments de complicité avec sa sœur qu’elle conservait en mémoire. Après, leur relation, sans qu’elle ne comprenne pourquoi, avait basculé et sa fidèle sœurette, sa complice de toujours, n’était plus ; dévoilant une fille réservée et renfermée qui, même encore aujourd’hui, ne cessait de se montrer distante à son égard. Elle était devenue, presque du jour au lendemain, le portrait miniature de leur mère, désireuse de l’imiter, tant dans l’apparat que dans la gestuelle.

La jeune duchesse aimait sa mère ; cette femme, certes froide et peu en proie à lui montrer de l’affection, mais qui ne s’était jamais vraiment opposée à tout ce qu’elle avait entrepris ou désirée.

Modeste, profondément endormi, lâcha un soupir.

— Bonne nuit mon Chaton, susurra tendrement la mère à son oreille après lui avoir accordé un baiser sur le front.

Elle se redressa et se dirigea vers la haute fenêtre, examinant le paysage d’un œil vague, le cœur serré et les larmes au bord des yeux ; Blanche n’était toujours pas rentrée, cela faisait des heures qu’elle n’avait pas donné signe de vie.

Dehors, les gardes patrouillaient le long des grilles du domaine, guettant le moindre passant qui aurait l’audace de passer non loin de là ; pourtant tout était atrocement calme. Le manoir de Lussac, situé assez loin de la ville, demeurait imperturbable face aux terribles événements qui se déroulaient actuellement à Iriden et à Varden.

Quelle douleur pour la duchesse qui, il y a une semaine seulement avait perdu mère et voilà qu’à présent sa sœur, sa chère jumelle, n’était pas non plus présente auprès d’elle. Quelle terrible souffrance de la sentir si loin ; cette absence était insupportable.

Gagnée par la peur, le cœur foudroyé par cette solitude, Meredith quitta la chambre et traversa le couloir, secouée par des sanglots inarrêtables. Elle s’isola dans une chambre d’amis et déversa sa peine à grands coups de larmes et de plaintes déchirantes.

Elle hoquetait depuis un long moment, assise sur le rebord du lit, quand la porte de la pièce noyée dans la pénombre s’ouvrit. Antonin, alerté par le non-retour de sa femme, était allé la chercher et entra sans un bruit.

Arrivé à son chevet, le jeune blond s’installa à côté de sa compagne et la prit dans ses bras. Enclin à la rassurer et à apaiser ses tourments, il la balançait lentement, tout en caressant le haut de son dos.

— Les recherches n’ont rien donné, les deux hommes que père a envoyé tout à l’heure ne sont pas encore revenus. Seul l’un des soldats de William est venu nous avertir de l’agitation qui a lieu en ce moment même. Les villes sont assiégées de toute part, tant par le peuple que par nos ennemis.

— Où est ma sœur ? Sanglota la duchesse, existe-t-il des indices pour savoir où elle se trouve ?

— Malheureusement non ma biche et nous n’avons pas assez d’hommes pour nous permettre de la rechercher.

— Tu veux dire que vous l’abandonnez là-bas ? S’étonna-t-elle en plantant ses iris noirs dans les yeux bleus de son fiancé. Mais… mais si ça se trouve elle est à Iriden ! Seule et vulnérable !

— Nous n’en savons rien. Comme je t’ai dit les deux hommes ne sont pas revenus et il commence à faire nuit. Ce serait dangereux d’envoyer davantage de sentinelles à sa recherche alors qu’il reste juste assez de soldats pour protéger le manoir décemment en cas d’attaque ennemie.

Elle se leva en hâte et commença à faire les cent pas, se grattant rageusement les bras, totalement paniquée.

— Oh ! Mais où est-elle ! Mais où est-elle !

— Ola, calme-toi ! S’exclama Antonin en se redressant à son tour. Je suis sûr que ta sœur va bien et qu’elle s’est trouvé un lieu paisible où patienter en attendant que l’Insurrection s’estompe. Si ça se trouve, elle est en compagnie de Diane, de Louise ou de Victorien. Théodore non plus ne m’a pas donné signe de vie. Ils sont peut-être tous à Iriden chez Hippolyte ou Aurel, voire même chez Mantis !

— Mais comment peux-tu être aussi sûr de toi ? Fit-elle en haussant la voix. Toi t’as toute ta famille ici présente ! Tes deux sœurs, leurs maris, tes neveux et nièces, tes parents ! Alors que moi, ni ma mère, ni ma sœur ne sont présentes !

— Je comprends que tu sois angoissée, mais par pitié maîtrise-toi, ce n’est pas bon pour une mère d’être autant surmenée par ses ardeurs et ses peurs !

— Mais comment veux-tu que je me calme ! S’emporta-t-elle, comment oses-tu me demander de me calmer alors que la vie de ma sœur ou de ma mère est peut-être en jeu !

— Meredith, s’il te plaît baisse d’un ton, tu vas réveiller Modeste et en plus tu risques d’inquiéter tout le manoir à t’emporter de la sorte ! Je sais que tu ne vas pas bien, mais, clairement ma famille n’a pas besoin de stresser davantage, la situation est déjà assez tendue comme ça ! Alors n’en rajoute pas je te prie !

— Mais j’en ai rien à faire de stresser ta famille ! Cria-t-elle. Ta famille ! Ta famille ! T’as que ce mot-là à la bouche ! Comme si tu te fichais éperdument de la mienne !

— Mais… mais parce que t’as qu’une mère et qu’une sœur et que tu passes ton temps à les injurier dans leur dos. Fit-il, choqué par son élan de colère.

— Mais quel sombre crétin tu fais ! Je m’apprête à épouser le pire crétin égoïste de Norden ! Monsieur le marquis Antonin pour vous servir ! Non, mais t’as jamais pensé deux secondes que je pouvais moi aussi éprouver de l’amour pour ma famille ? Qu’importe le fait qu’elle soit imparfaite et que je passe en effet mon temps à me chicaner tant avec mère qu’avec Blanche ! Qu’elles sont les deux seules personnes en plus d’Ambre et de nos amis auxquelles je tiens le plus ! Et qu’aucun d’eux, je dis bien, aucun, n’est présent actuellement avec nous !

— Tu as Modeste et moi je te signale ! grommela-t-il. les deux seules personnes qui devraient le plus compter dans ta vie, à tes yeux !

— Oh oui, vas-y apitoies-moi et prouve-moi encore plus que tu es un sale égoïste ! Comme si j’étais la personne la plus importante à tes yeux ! J’ai l’impression qu’à part mon statut de duchesse et ma beauté il n’y a pas grand-chose qui t’intéresse chez moi !

Le souffle court tant il était estomaqué, Antonin écarquilla les yeux, blessé profondément par ces propos.

— Tu… tu… bégaya-t-il, tu ne penses pas ce que tu viens de dire, j’espère ?

Tremblante de tous ses membres, Meredith planta son regard noir dans le sien.

— Oh que si je le pense ! T’as beau avoir le père et la mère les plus gentils qui soient j’ai plutôt l’impression que tu as hérité de ton oncle !

— Co… comment oses-tu dire de telles atrocités ! Parvint-il à articuler, une horrible grimace dessinée sur son visage blême.

Sur ce, la duchesse, folle de rage, tourna les talons et quitta la pièce précipitamment.

Arrivée dans les jardins, chaudement vêtue et chaussée, elle parcourut le domaine de long en large. Terriblement ulcérée par le comportement indigne de son fiancé, elle marchait d’un pas décidé et tentait désespérément de trouver un volontaire pour porter secours à sa sœur. Malheureusement, aucun des hommes qu’elle interrogea n’accorda grâce à ses faveurs, demeurant fidèles aux ordres de leur employeur, imperturbables face aux yeux de biche larmoyants de la jeune duchesse.

C’est encore plus révoltée contre le monde qu’elle rejoignit la plage privative, située en contrebas, afin de ruminer sa peine, profondément blessée et abattue. Elle arpenta la plage de galets, d’un gris fade uni maculé par endroit de pierres plus foncées, puis arriva jusqu’au ponton de bois soigneusement entretenu où une embarcation de plaisance était amarrée.

Elle monta à bord et s’installa sur la proue, se laissant bercer par le mouvement des vagues et regardant au loin l’horizon noyé sous ces écœurantes nuances grisâtres et bleuâtres. Les goélands piaillaient sans aucune ferveur, regagnant leur nid avant la tombée du jour. Même la brise, d’ordinaire vigoureuse, paraissait étouffée, tout comme les légères ondulations des vagues, normalement déchaînées à cette heure du soir ; la nature était blessée, morte.

Seul le tintement relaxant des accroches métalliques de la voile repliée contre le mât égayait l’instant, accompagné par ses sanglots.

— Pourquoi pleures-tu ainsi mon enfant ? Résonna une voix grave juste derrière elle.

La duchesse se retourna en hâte, gênée d’avoir été surprise dans un moment pareil et surtout apeurée de ne pas avoir entendu l’impertinent arriver. Lorsqu’elle aperçut l’homme, assis sur le rebord et les pieds dans l’eau, tout juste derrière elle, elle eut un mouvement de recul, manquant de tomber à la renverse.

Par réflexe, il la rattrapa d’un geste vif de la main, agrippant son avant-bras d’une poigne solide, et l’aida à regagner son équilibre.

— Qui… qui êtes-vous ? Demanda Meredith, paniquée par cet homme au physique des plus particuliers.

L’homme fut amusé par son inquiétude, passa une main dans ses interminables cheveux noir de jais, accordés à ses sourcils et lui adressa un sourire chaleureux, dévoilant deux rangées de dents blanches immaculées dont les deux canines étaient légèrement pointues.

C’était un grand homme à la silhouette longiligne dont le torse dénudé était finement musclé. Il était voilé d’une peau blanche presque translucide, sans la moindre aspérité. Ses mains palmées étaient couvertes de taches brunes et ses doigts se finissaient en interminables griffes pointues. Il possédait des pommettes saillantes, un nez aquilin et des lèvres d’une finesse accentuée par les traits de son long visage émacié. Mais le plus impressionnant demeurait ses deux grands yeux en amande, l’un aussi bleu que le givre et l’autre aussi doré que le soleil qui, en à peine un regard, semblaient aspirer l’âme et la sonder jusqu’au plus profond de son être. Enfin, il portait pour tout vêtement un drapé écru semblable aux couvertures se trouvant sur le voilier.

Subjuguée par l’étranger, Meredith resta coite, incapable de prononcer le moindre son ni même de bouger. La bouche entrouverte et les yeux écarquillés, elle semblait pétrifiée, oubliant presque de prendre sa respiration.

— Ne soit pas effrayée mon enfant, assura l’inconnu d’une voix douce, si j’avais voulu te faire le moindre mal, je ne me serais pas donné la peine de t’aborder auparavant.

— Qui… qui êtes-vous ? Demanda-t-elle à nouveau.

Il fit une moue et haussa les épaules, paraissant réfléchir à sa réponse.

— La personne qui, en plus de ta mère et de ta sœur, tient le plus à toi. Ton protecteur dirons-nous.

Elle baissa légèrement les yeux et les releva aussitôt, confuse en voyant dépasser ce qui semblait être un morceau de son intimité situé à découvert.

— Vous… vous êtes nu ? Fit-elle en détournant le regard, rouge de honte.

D’un geste nonchalant, il replaça correctement le drapé, couvrant totalement ses jambes liliales et diaphanes d’une extrême finesse ainsi que le bas de son ventre.

— Pardonne-moi, chère enfant, je n’ai plus l’habitude de ce genre de choses, les réflexes se perdent.

— Comment êtes-vous parvenu jusqu’ici sans qu’aucuns des gardes ne vous remarque ? Cette plage est privée, vous ne pouvez y accéder que par navire et je ne vois nulle embarcation. En plus, l’eau est trop froide pour que vous ayez pu parvenir jusqu’ici sans être gelé !

— Que de questions dans un petit être si jeune ! Fit-il en regardant devant lui, la tête dressée.

— Veuillez au moins me dire qui vous êtes je vous prie !

Il eut un petit rire et fit claquer sa langue.

— Tu n’as pas besoin de le savoir.

— Pourquoi donc ? L’interrogea-t-elle, courroucée par ses manières.

L’homme tourna la tête et planta son regard dans le sien.

— Parce que.

Sans qu’elle ne comprenne pourquoi, Meredith ne s’entêta pas davantage et hocha la tête.

Ils restèrent un long moment silencieux, profitant de la sérénité ambiante. L’homme clapotait ses pieds dans l’eau, produisant un son relaxant. Des bulles d’écumes glissaient le long de ses membres inférieurs, lisses et sans le moindre poil, se déversant dans la mer. Puis il tourna la tête et contempla la duchesse de ses yeux brillants chargés d’une bienveillance rare.

Meredith gardait les mains jointes nichées aux creux de ses cuisses ainsi que la tête basse ; elle ne semblait plus se soucier de cette présence étrangère, l’esprit trop préoccupé par ses êtres chers possiblement en danger.

— C’est fou de voir à quel point tu lui ressembles ! Laissa échapper l’homme à mi-voix.

— Que voulez-vous dire par là ? S’enquit-elle, surprise.

Il fit une moue et observa ses mains tremblantes.

— Puis-je te toucher, mon enfant ?

Intriguée, elle entrouvrit la bouche sans qu’aucun mot ne puisse sortir et fit les yeux ronds avant d’acquiescer d’un subtil hochement de tête. Il avança timidement une main en direction de son visage et la posa sur sa joue qu’il caressa avec la plus grande tendresse, comme s’il eût peur de la briser. Le contact chaleureux de cette paume contre sa peau fit dangereusement accélérer le cœur de la duchesse ; elle se sentait cotonneuse, ivre de plénitude. L’inconnu s’approcha de son front et y déposa un baiser langoureux avant de se reculer et de l’observer à nouveau.

Le vent se levait et l’atmosphère se refroidissait au point que la jeune femme commençait à grelotter.

— Tu devrais remonter au manoir, chère enfant, ton futur époux ainsi que ton précieux fils t’attendent. Il serait fâcheux que tu les inquiètes.

— Je le sais, murmura-t-elle, la tête basse.

Il se leva et cueillit l’une de ses mains qu’il pressa délicatement afin de l’aider à se relever.

— Ne t’en fais donc pas pour ta sœur et ta mère, susurra-t-il à son oreille. Elles vont bien, il ne leur arrivera rien. Va donc rejoindre ton amant et reste auprès de lui, à l’abri. Ne redescend sous aucun prétexte, une tempête va faire rage cette nuit.

Sans un mot, elle acquiesça, plongeant une dernière fois ses yeux dans les siens avant de s’en aller. Un étrange sentiment s’empara d’elle ; une sensation agréable, réconfortante.

Lorsqu’elle rejoignit sa chambre, amorphe, mais le cœur plus apaisé, elle vit la silhouette de son fiancé allongé dans le lit, le corps entièrement dissimulé sous les draps et lui tournant sciemment le dos.

Gênée et s’en voulant fortement pour ses dires, elle se glissa sous les couvertures, se plaqua contre lui et l’enlaça de ses bras. Avec une légère appréhension, elle déposa un timide baiser sur le bas de sa nuque et resserra son emprise.

— Je suis désolée, murmura-t-elle, la voix enrouée. Je n’aurais pas dû, pardonne-moi.

Elle hoqueta et essuya une larme sur le haut de son dos.

— J’ai été méchante, ma colère et ma peur m’ont fait dire des choses mauvaises. Je m’excuse de t’avoir comparé à Léandre et… je sais que tu m’aimes et que même si oui t’es égoïste, t’as pleins de bons côtés et je t’aime et j’ai peur de te perdre toi aussi et…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’Antonin se retourna. Avec douceur, il encercla sa femme de ses deux bras et la serra contre lui.

— Ce n’est rien ma biche, murmura-t-il, la tête collée contre la sienne. Je me doute que tu ne pensais pas tout ce que tu disais, mais s’il te plaît, ne juge pas mon amour pour toi comme étant simplement égoïste ou intéressé. Je ne suis pas comme Charles, je ne t’ai pas choisi pour ta simple beauté ou ton statut. Je t’ai choisi, car je savais que tu serais la femme parfaite et avec qui je voulais fonder ma famille et passer le reste de ma vie. Je me fiche de ton titre, je ne t’ai jamais repoussée, et ce, malgré ta déchéance à ce que je sache ! Avec toi j’ai fondé ce que j’ai de plus beau et de plus précieux ! Jamais je n’échangerais cela et jamais je n’aurais souhaité partager cette aventure avec une autre !

Meredith hoqueta et, de nouveau gagnée par les larmes, nicha sa tête au creux du cou de son bien-aimé et le couvrit de baisers.

— Je suis désolée… tellement désolée…

— Essaie de te reposer ma biche, chuchota-t-il, promis si demain nous n’avons pas de nouvelles je missionnerai quelqu’un pour aller s’enquérir de la situation.

— Tu me le promets ?

— Je t’en donne ma parole d’honneur, assura-t-il.

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