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Tour des Mondes – Chapitre 162

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Dans la rage naît l’échange et la fusion

Yuu….

Sa voix semble sortir de nulle part et brise le silence et la nuit dans lesquels je m’enfonce.

[Comme si j’allais te laisser échouer maintenant. J’aime bien Cro’, mais son odeur m’écœure trop pour que j’ai envie de rester avec lui plus de temps que nécessaire. Cependant, c’est pas le sujet. Reviens.]

En ayant la sensation que ma conscience ne m’appartient plus je la sens remonter à la surface avec une violence inimaginable. Cette force m’englobe comme une bulle gigantesque et tout puissante en me projetant vers la surface, vers mon propre corps.

[A force de rester dans ton corps pendant aussi longtemps j’ai appris quelques trucs, mais ne t’attend pas à ce que je fasse ça tout le temps… C’est éprouvant… Heureusement que le lien m’aide un peu, mais si je force trop je risque de le briser à un tel niveau. Ggh..]

Petit à petit je récupère mes sensations ainsi que mon esprit et rouvre les yeux en aspirant tout l’air que je peux. Je vois le plafond, je peux sentir mon corps comme si je ne l’avais jamais quitté. Je peux sentir la douleur, mais une sensation de fraîcheur comme si je me réveillais pour la première fois me pousse à me lever aussitôt. Comment… ?!

[Calme toi. On parlera une autre fois de ce que je viens de faire d’accord ? Remets-toi en garde, il arrive.]

Comme si à peine quelques secondes venaient de se passer, je peux voir le mange-mots supérieur qui se tient devant moi dans ce qu’il reste de fumée. Pas d’expression, comme si rien n’avait changé. Et c’est bien le cas. Un arc de cercle de manges-mots bloque toujours la pièce. Les grimpeurs sont… Toujours là ? Vraiment ils auraient pu en profiter pour partir, qu’est-ce qu’ils font ? Adelina me regarde paniquée, une main devant le visage. Le ranger est assis par terre en train de se bander le bras qui lui manque, la chevalière a encore un genou au sol, mais elle tient son bouclier dressé ce qui reste bon signe. La magicienne de son côté semble guérir l’épéiste avec un sort mais je ne peux pas le confirmer. Maliel est presque debout de son côté, mais semble avoir du mal à respirer.

[Hey, regarde devant toi. Il est toujours debout et je n’ai pas l’impression que le poison et le somnifère lui fassent quelque chose, tu vas devoir trouver autre chose. La meilleure solution est de te servir de Juliette… Je ne vois rien qui puisse fonctionner contre lui à part ça.]
Elle est mal en point, même si elle ne l’admet pas…
[Pas comme ça. Tout ce que tu fais c’est t’agiter comme un idiot. Essaye de fusionner avec son esprit, ça te donnera un sacré avantage. Cependant, ça va augmenter la taille du lien et votre synchronisation ce qui va avoir un contre-coup, mais c’est faisable avec mon aide pour contrôler]
Je m’y prends comment ?
[Diminue la distance entre son esprit et le tien mentalement, en faisant cela la taille du lien va augmenter. Je vais t’aider mais prépare toi mentalement quand même. Maliel va l’occuper pendant ce temps, t’inquiète pas.]

Soudainement à l’intérieur de mon esprit je peux sentir le lien avec Juliette devenir de plus en plus grand à mesure que son esprit se rapproche du mien. Petit à petit le lien devient une sorte de paroi qui continue de grandir encore et encore.
La surface que je vois continue de grandir à mesure que mon esprit s’en approche et à travers je peux voir l’esprit de Juliette qui approche du mien.

La force qui me rapproche de l’esprit de Juliette continue de me pousser en avant vers la paroi alors que je peux sentir de plus en plus de résistance et la paroi se met à vibrer à chaque fois que la distance diminue. La résistance devient de plus en plus forte, mais la force qui me pousse en avant ne diminue pas non plus.
Finalement je finis par toucher la paroi. Aussitôt mon corps est traversé par des sensations étranges. Je peux sentir la sensation des écailles sur ma propre peau, la douleur à certains endroits, ma vision qui change et se stabilise. Je peux sentir que je perds mes membres que ma langue grandit que –

[Calme toi. Je ne t’ai pas demandé de changer de corps avec elle. Retrouve-la au centre, dès que vos deux esprits se toucheront tu comprendras, n’oublie juste pas que tu es humain ça aidera]

Alors que je me répète encore et encore que je suis un humain pour suivre les consignes de Yuu, je peux sentir mon corps entier frissonner et trembler à cause des nouvelles sensations. J’entends des craquements et je peux sentir mes muscles se contracter chacun leur tour… J’entends aussi mon cœur qui bat dans ma poitrine de plus en plus lentement. Mais ce que je sens le plus c’est Juliette qui devient lentement « moi »…

Jusqu’à ce que nos esprits se touchent.

Jusqu’à ce que je devienne elle et qu’elle devienne moi.

Sa colère a disparu à cause de cette nouvelle expérience. Je partage son inquiétude, mais me force à nous calmer. À me calmer. À nous concentrer. À rouvrir les yeux et à voir le monde différemment, comme un animal, non, comme un reptile. Un reptile qui aurait fusionné avec un humain.

Son esprit fusionne avec le mien et la première idée qui me vient, qui nous vient, est de jouer au serpent et à la souris avec le mange-mots supérieur. Pour cela je dois d’abord récupérer mes crocs.

Mes griffes ou mes mains ne suffiront pas pour cette tâche.

Je peux voir que Maliel fait de son mieux pour le retenir, mais son boost n’est pas suffisamment chargé pour faire quoi que ce soit. J’attrape mes stylets au sol légèrement déconcerté par ma façon de me mouvoir. Deux volontés pour un seul corps. Deux façons d’aborder les distances et les déplacements, Deux concepts –

[Laisse là s’enfoncer en toi, ne la combat pas. C’est plus facile pour toi que pour elle. Juliette doit absorber tout ce que tu sais de ton corps pour qu’elle soit capable de t’aider.]

Je respire et l’air brûle mes poumons, ce corps a des possibilités… Plein de possibilités, De nouvelles possibilités, il faut juste…

Un par un je tords mes muscles et je teste mes jointures et leurs limites tout en jouant avec mes stylets, mes crocs. Mes gestes sont étranges et finissent dans un grand étirement de plaisir alors qu’un frisson d’excitation parcourt mon corps. Il faut que Maliel se pousse, je dois tester tout ça, je veux tester ce corps et je veux me venger de lui.

Je fais un pas en avant en restant sur la pointe des pieds. Je tombe lamentablement en perdant mon équilibre, mais tombe au sol en roulant et glissant sur le sol gracieusement et me relève aussitôt en sautant en avant en direction du mange-mots supérieur, coudes serrés et stylets en avant prêt à frapper horizontalement son visage. Maliel fait un bon sur le côté en m’apercevant du coin de l’œil et semble un peu surprise.

Le mange-mots supérieur s’apprête à bloquer mon attaque avec son avant-bras alors que je vise son visage. Mon corps se contorsionne aussitôt dans les airs dans un angle improbable pour éviter sa parade et en un instant je change totalement mon angle d’attaque pour éviter son bras.

Mes crocs lui frôlent le visage en l’entaillant au menton et en lui faisant perdre son masque dans le processus. Je rattrape ensuite ma chute de la pointe du pied tout en frappant avec mon crâne son torse. Le choc n’est pas pour lui faire mal, mais pour me donner un appui sur lequel rebondir et attaquer à nouveau. Je peux voir le poing du mange-mots supérieur qui se dirige vers mon visage alors que je recule. Un crochet court que j’esquive en courbant et en contorsionnant encore plus mon dos jusqu’aux limites de ma colonne vertébrale. C’est probable qu’avec un tel angle elle devrait se casser, mais même si elle proteste un peu elle a l’air de tenir le coup.

Je prépare une nouvelle attaque en m’apprêtant à planter mes stylets dans son ventre.

Il fait un bond en arrière, pas drôle, vraiment pas drôle.

Bon le mange-mots est en fait un vieil homme et malgré le regard impassible qu’il me jette, j’ai bien l’impression qu’il est complètement perdu quand il voit mon corps et l’angle impossible dans lequel je me tiens. Une sorte de lueur dans les yeux me l’indique. Pourtant ce n’est pas anormal pour moi, loin de là. Ce genre de mouvement me semble tellement normal avec ce corps… Comme si les limites que je connaissais auparavant n’avaient jamais existé.

Il se remet en garde et semble prêt à continuer le combat.

… Amusant. Montre-moi d’autres choses, divertis-moi, donne-m’en plus que je vois ce que ce corps peut faire. Mettez-vous-y tous plutôt que de regarder ce que je fais, ce sera tellement plus amusaaaant !

Je veux sentir de quoi est capable mon corps, je veux jouer. Ne me faites pas attendre.
Tch. Très bien, dès que j’en aurai fini avec lui je m’occuperai des autres.

Je contorsionne mon corps une fois de plus pour sauter trois mètres au-dessus du sol vers le mange-mots supérieur qui continue de me fixer froidement.

Son instinct reprend sans doute le dessus sur l’étrangeté de ce qu’il doit vivre en m’affrontant. J’activerais bien le boost d’agilité, mais ce serait sans doute de l’antijeu à ce niveau et puis je ne suis pas sûr que mon corps le supporterait bien. Il a l’air de déjà atteindre certaines limites à cause de certains mouvements. Si seulement il était plus fort et surtout plus souple… J’y travaillerais une fois sorti de ce palais ennuyeux…

Le mange-mots supérieur est prêt à me réceptionner, mais je ne crois pas qu’il veuille le faire gentiment à la façon dont il se positionne. Il anticipe la trajectoire de ma chute et recule de deux pas en préparant un coup de pied.

…Hmm. Et si je fais ça ?

J’attends le dernier moment pour changer ma façon de tomber. Son pied a déjà quitté le sol, mais ce n’est pas comme si j’étais inquiet de le voir s’approcher de mon visage. Je décide de le « mordre » à nouveau avec un seul croc que je plante directement dans son pied alors qu’il passe à côté de mon visage.
Woaw, ça fait beaucoup de force dans un seul coup de pied. Je serais sans doute mort s’il m’avait touché au visage. A peu de chose près, j’aurais aussi pu me briser le poignet juste en l’attaquant. Mais non. Il est juste trop lent pour moi, c’est raté. Sa façon de se battre ne gagnera jamais contre la mienne. Il faudrait qu’il s’adapte bien plus vite que ça, mais j’ai l’impression que ce sera impossible pour lui. Ce n’est pas comme si j’avais vraiment montré de quoi je suis capable.

Mon poignet se tord beaucoup et tout mon corps est tiré dans l’autre sens, j’utilise sa force pour me projeter plus loin et retombe à quelques mètres, tout en laissant mon corps atterrir en glissant sur le sol comme sur de la glace. J’ai laissé mon croc dans son pied… mais ce n’est pas important.

Le mange-mots supérieur se jette dans ma direction maintenant. Vu la force de son coup de pied j’ai l’impression qu’il est sérieux maintenant. Il n’y a pas de flamme dans ses yeux et son visage reste figé dans un manque d’expression triste à regarder. Il est vraiment trop sérieux pour jouer avec moi.
Ce n’est pas grave. Je peux jouer tout seul.



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