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Tour des Mondes – Chapitre 161

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Dans la douleur naît la rage

… Le problème, c’est que la fumée est à double tranchant maintenant, et que le tranchant le plus aiguisé semble être de son côté.

J’esquive quelques coups avec difficulté. J’ai l’impression que plus le temps passe et plus il devient sérieux… Ironiquement, c’est comme si jusque-là ça n’avait été qu’un échauffement.
Les mouvements deviennent plus fluides et plus nombreux, comme s’il s’adaptait de plus en plus à ma façon de me battre. J’ai beau être un amateur, le boost rend beaucoup plus complexe la gestion de mes mouvements pour mes adversaires. C’est un peu comme vouloir faire de la boxe anglaise contre quelqu’un qui ne connaît pas les règles et qui met des coups de coudes ou de pieds. C’est maladroit, mais ça devient dangereux si l’on ne fait pas attention. Ici, je suis clairement la personne qui se bat sans suivre de règles, mais ça ne l’empêche pas de s’adapter de plus en plus vite à mon style.
Nerys me traiterait probablement de clown en voyant cela. On est tellement loin des arts martiaux que j’ai pu voir dans les films que ça me gênerait presque de me voir faire… Ce qui est un peu le cas grâce au partage de vision avec Micha… Mais entre la fumée et le fait que je peux mourir à la moindre erreur, j’aurai probablement le temps d’être gêné quand j’y repenserai plus tard.

En attendant, je tiens le coup, esquive frappe, frappe frappe esquive, on enchaîne et il s’adapte graduellement. À travers les yeux de Micha, je peux voir que Maliel gagne encore en vitesse en sautant de pilier en pilier dans la salle. Le fait qu’elle aille vite au point de ne plus avoir besoin de toucher le sol m’impressionne beaucoup, mais, d’un autre côté, cela doit demander une force que je serais incapable d’égaler à moins de m’entraîner pendant plusieurs mois.

Elle passe et repasse au-dessus de ma tête en continuant à se propulser et cherchant sans doute une ouverture. Les mouvements du mange-mots supérieur commencent à me frôler à présent, je dois reprendre l’initiative sans trop me reposer sur l’intervention de Maliel. Sur un direct au visage de sa part, je me laisse tomber en arrière pour esquiver en projetant mon pied droit vers l’avant. Il bloque simplement avec son genou, mais, avant de me reculer, Juliette mord tant bien que mal le mange-mots supérieur dans un très court laps de temps. Ensuite, je roule vers l’arrière pour me relever et me remettre en garde.

Résultat ? Juliette n’est pas totalement satisfaite à cause de l’épaisseur des vêtements, mais elle a bien atteint la chair. Une éraflure qui m’aidera probablement. Le mange-mots supérieur reste immobile quelques instants en comprenant ce qui vient de se produire. Le serpent le plus venimeux d’une terre différente vient de l’érafler et, à présent, un autre compte à rebours est lancé. Somnifère ou poison ? Lequel sera le plus efficace en premier ? Pour l’instant, aucun des deux n’a l’air de faire effet. J’aurais cru qu’une blessure sur le côté du visage serait plus efficace, mais il n’a l’air de ne rien sentir pour l’instant.

Alors qu’il s’apprête à se lancer dans ma direction, Maliel apparaît derrière lui en sortant de la fumée, la lame de son arme dirigée vers la nuque du mange-mots supérieur. Pendant un instant elle semble sur le point de réussir, mais le mange-mots supérieur se baisse et esquive l’attaque bien trop naturellement. Pendant que Maliel passe au-dessus de lui à pleine vitesse, il contre-attaque et la frappe au ventre du poing, ce qui la déstabilise complètement alors qu’elle fonce dans ma direction comme un boulet de canon. Sans le boost d’agilité, cela aurait été bien pire, mais j’arrive à plus ou moins bien à la réceptionner avec mon corps. Bon, je prends quand même un coup de boule dans le menton et son épaule en plein milieu de mon torse me coupe le souffle. Je tombe en arrière et roule sur plusieurs mètres avec elle pendant que Juliette commence à hurler à travers le lien qu’elle « n’apprécie pas » la situation.
« Bordel.. Gghh. »

Je me redresse au dessus de Maliel qui semble avoir pris un sale coup. Vu la violence des attaques du mange-mots supérieur je peux comprendre. Je me relève complètement en chancelant pendant que Juliette continue de m’incendier que ça lui a fait mal. Je n’ai pratiquement rien, mais la douleur ressenti à travers le lien me fait serrer les dents pour l’endurer correctement.
Je peux le sentir à travers le lien, malgré son irritation Juliette a pris un mauvais coup alors qu’elle était encore au niveau de mes jambes. La douleur irradie complètement dans ma tête et ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Elle n’a rien de grave, mais les roulades n’était pas du tout agréable pour elle.

Par sécurité je lui dis d’arrêter là et de se cacher dans mon écharpe. Elle proteste en disant que ce n’est rien, mais même si c’est mineur, la douleur est bien trop forte à chaque fois qu’elle se déplace pour que je puisse me battre contre le mange-mots supérieur. Je lui fais comprendre qu’en dernier recours je me servirai d’elle, mais que jusque-là elle devra se contenter d’observer. Elle ne dit rien, mais je peux sentir que la colère monte. Elle m’étouffe et m’empêche de réfléchir et finit par m’envahir comme si elle m’appartenait.

La seule idée que j’ai clairement dans la tête c’est de le tuer. De tous les tuer.

Je sais ce qu’il se passe et j’essaye de l’empêcher en me concentrant sur Maliel qui est par terre en train se tordre de douleur en se tenant le ventre. Elle n’est plus en état de se battre et elle a perdu toute la vitesse de son boost.
Ce n’est pas suffisant pour empêcher Juliette de prendre le contrôle maintenant…
Le désir de tuer continue d’augmenter et je n’arrive plus à lutter en voyant Maliel dans cet état.
La colère que je ressens est décuplée par celle de Juliette qui m’envahit complètement comme un barrage qui vient de lâcher et qui emporte tout sur son passage. Ma raison s’enfonce dans cette colère qui finit par l’engloutir complètement en balayant toute autre réflexion.

Le mange-mots supérieur me fixe derrière son masque en me faisant signe d’approcher. Il semble prendre en considération Maliel, mais vu la rage qui me prend, ce n’est pas comme si j’en avais véritablement conscience. Je me jette en avant en laissant mes émotions me dominer, les miennes et surtout celles de Juliette qui continue d’envoyer toute sa rage à travers le lien.
Petit à petit ma colère rejoint la sienne. C’est de sa faute. Tout est de sa faute.

Si jusque-là j’avais encore ma raison pour m’empêcher de faire des choses stupides je ne l’ai plus maintenant.

Je me jette en avant en brandissant mes deux stylets, déterminé à en finir sans véritable plan.
Le mange-mots supérieur se contente de me regarder, impassible.
Le boost est lancé, j’enchaîne une puis deux attaques simples qu’il repousse sans problème comme de vulgaires enfantillages du dos de la main.

Bien sûr que c’était un combat à mort jusque-là et que j’en avais conscience, mais maintenant je n’ai qu’une envie, c’est de massacrer cet homme peu importe ce qui peut m’arriver. La rage animale de Juliette m’envahit comme si elle ne faisait plus qu’un avec moi. Non, elle me domine complètement. Étouffant toutes mes autres pensées comme une sorte de bruit de fond.
Que dire de Juliette dans ce genre de situation ? De ce que je comprends à la douleur qu’elle ressent c’est comme si quelqu’un lui avait mis un coup de poing et qu’elle ne faisait que réagir à cela. Je peux entendre Micha qui s’inquiète et cherche à me faire reprendre le contrôle mais ce n’est qu’une petite voix comparée à tout ce que Juliette m’envoie à travers le lien.

J’attaque encore et encore mais chaque attaque semble plus facile à comprendre que la suivante dans mon état et le mange-mots supérieur se contente de me stopper comme un enfant qui essaye de se battre. Il faut que je réagisse avant qu’il ne se mette à attaquer, mais malheureusement cette pensée arrive trop tard.

Avec la paume de sa main il fait un pas en avant et me frappe au niveau du visage en écrasant mon nez que je peux sentir se briser. Le coup est net et me projette en arrière en me faisant perdre connaissance. La pièce tourne alors que lamentablement j’atterris au sol en frappant l’arrière de mon crâne contre le sol marbré froid de la salle du trône.
Je crache le sang que je peux sentir couler dans ma gorge alors que la terre tourne dans un flash lumineux froid et blanc me rendant aveugle.

Je n’ai même plus conscience de mon corps maintenant. Tout est juste blanc alors que par réflexe je crache encore du sang. Le blanc s’accentue encore et encore alors que ma tête tourne et s’apprête à m’envoyer dans l’abysse de l’inconscience.

[Oh, non. Tu ne vas pas me faire ce coup-là.]


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