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Tour des Mondes – Chapitre 154

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Malaise dans le palais.

Après une petite conversation houleuse avec Maliel sur ce que nous devrions faire en premier la réponse finale fut « tu feras ça après ». Je ne suis pas très rassuré de laisser le père d’Adelina avec le Roi et un mange-mot qui se promène librement dans les parages, mais tant que Yuu garde un œil dans la pièce il n’y a pas de problème. Nous nous dirigeons donc en direction de la salle du trésor.

Comment est le roi ?
[Bizarre. Il ne parle pas, ne réagit pas, comme s’il n’était pas concerné par ce qu’il se passe. Peut-être qu’il se drogue.]
Eh… ?
[Quoi ? Tu crois que je me moque de toi ? Juste à l’instant tu as une espèce de général qui dit qu’il faut fuir la ville et lui il répète que les dieux sont avec lui et qu’il faut fêter cette occasion et que tout…. tout est…. prévu ? Ah ? Ah… Il a perdu la tête à mon avis. Attends, regarde par toi-même.]

Dans ma tête je peux sentir que le lien est modifié et j’arrive à voir la situation à travers les yeux de Yuu. Il semble être dans un coin de la pièce où une trentaine de personnes sont réunis sans compter les gardes. Un homme est assis sur le siège le plus luxueux et le plus haut de l’assemblée. Il semble détendu alors que les gens autour de lui se regardent apeurés. Il a presque même l’air amusé alors qu’il fixe le vide un sourire aux lèvres.
De ce que je vois, soit il a un plan, soit il est fou.

« Personne ne partira d’ici avant que la nuit ne soit terminée, est ce que c’est clair ?! »

Il n’a pas l’air content vu ce qu’il dit, mais sa voix a étrangement suffisamment d’autorité pour que personne ne rétorque pour le moment. Au moins vu la réaction de l’audience j’arrive à comprendre que la situation n’est vraiment pas bonne pour leur camp. Je demande à Yuu de me prévenir si jamais il se passe quelque chose de particulier où s’il trouve le père d’Adelina.
Il n’y a pas de menace dans la pièce pour le moment. Avec un peu de chance il y a aussi des grimpeurs qui sont là pour défendre le Roi et qui seront capable de s’occuper du mange-mot en liberté.

Nous approchons de notre destination et nous nous cachons à l’angle d’un mur. Je demande à Micha de descendre pour qu’elle regarde à ma place à l’angle du mur et j’active le partage de vision. Je peux voir plusieurs gardes avec des sortes d’arbalètes géantes montés sur pied qui sont tournées dans notre direction ainsi que d’autres soldats qui montent juste la garde. Ils sont sept devant la grande porte. C’est probablement le seul accès pour la salle du trésor donc ce n’est pas le moment d’avoir peur et de repartir dans l’autre sens. Maliel semble d’accord avec moi et je lui dis que je vais en attirer quelques-uns d’abord dont je m’occuperai pendant qu’elle chargera. Elle a l’air sceptique pendant quelques instants mais décide de me laisse faire.
Je comprends sa réaction vu la qualité de mes plans mais à mon avis il faut juste avoir le sens de la mise en scène et tout ira bien.

D’abord je crie plusieurs fois en frappant les murs et puis je me mets à courir en criant « MANGE-MOT » comme si j’étais paniqué. Je passe devant le couloir où ils se trouvent en courant et continue mon chemin. Juliette sous mon écharpe reste le regard figé sur eux pour voir leur réaction et ils semblent surtout perturbés par mon apparition soudaine et ne tirent pas sur moi ce qui me soulage énormément vu le risque stupide que je prends à attirer leur attention.
Une fois de l’autre côté du couloir je continue un peu à crier en réduisant petit à petit le bruit de mes pas sur le sol de pierre. Le secret est dans les petits détails dans ce genre de situation et je commence à me dire qu’à ce rythme je vais finir par devenir un très bon comédien.
Maliel me regarde et semble me demander à quel point je suis stupide pour faire des gamineries pareilles. Elle a clairement l’air de vouloir me tuer, mais vu qu’elle me regarde assez souvent comme ça sans rien faire je hausse les épaules et décide de me coller contre le mur. J’attends de voir s’ils réagissent à travers les yeux de Micha, mais étrangement aucun d’eux n’a décidé de réagir et malgré quelques regards entre eux, personne ne décide d’aller voir ce qu’il se passe.
Est-ce que je dois recommencer ? Si je le fais je passe pour un fou ou quelque chose du genre mais peut être que là quelques-uns d’entre eux s’approcheront pour voir ce qu’il se passe et qui est le guignol qui court dans tous les sens. Je prends un peu d’élan, mais Maliel semble me déconseiller de recommencer ce que je trouve très contre-productif, mais si je repasse de l’autre côté elle risque de m’attraper et de me faire regretter mon manque de sérieux.

Comment est-ce qu’elle veut faire elle ? On jette un fumigène et on charge ? Et après c’est moi qui suis stupide quand je passe la ligne de mange-mot ? C’est tellement simple que ça me fait mal de voir un tel manque d’imagination. Au moins là-dessus je suis sûr qu’elle ne me battra pas.

Je décide de casser plusieurs vases présents dans le couloir en étouffant des cris. Je crois qu’à partir d’un certain moment, Maliel a eu envie de s’arracher les cheveux en me regardant comme si j’étais fou. D’un autre côté Micha semble comprendre ce que j’essaye de faire, mais semble un peu inquiète par la stupidité qu’elle peut sentir à travers le lien. Juliette m’encourage au moins, elle a l’air de trouver amusant que j’agisse d’une telle façon ce qui me donne envie de continuer. Enfin elle semble quand même sûre que ça ne fonctionnera pas. Je me jette contre un des murs en imitant un gémissement de douleur. J’aimerais vraiment être un peu plus soutenu. Venant de la fille qui s’est battue contre un mange-mot avec une fourchette je m’attendais à mieux.

Les soldats dans le couloir ont l’air tellement perplexe d’après ce que je vois à travers les yeux de Micha que deux d’entre eux décident de s’approcher pour voir ce qu’il se passe, je continue encore un peu et me rapproche de l’angle du mur. Je décide de planter mon stylet dans la cuisse du premier que je jette derrière moi. Je pousse le deuxième d’un coup de pied vers Maliel qui le réceptionne et l’assomme assez rapidement pendant que je termine avec le mien.

Je prends rapidement mon arbalète et tire sur un des gardes à l’intérieur du couloir avant de me jeter en avant suivi de Maliel. Malgré un tir de baliste que j’arrive à esquiver et qui se plante dans le mur au bout du couloir la situation tourne très vite à notre avantage.
Une fois le dernier garde au sol je récupère Micha et me tourne vers Maliel, mais avant que je puisse dire quoi que ce soit elle prend la parole.

– C’était gênant tu sais, tu as de la chance que ça ait marché parce que sinon j’aurais probablement décidé de te frapper jusqu’à ce que toutes ses bêtises que tu as dans la tête disparaissent pour de bon.
– Je peux comprendre. Vu la façon dont tu me regardais j’ai presque failli être gêné de faire ça devant toi.
– Stop. On ne parle plus de ça et ne recommence plus en ma présence.

Je regarde les soldats dans le couloir par terre, pas de blessure de notre côté et la plupart d’entre eux sont par terre inconscients, même Maliel a fait un effort pour ne pas en tuer. Je décide de piquer les gardes avec un de mes stylets couvert de somnifère pour m’assurer qu’ils restent inconscients pendant que Maliel se dirige vers la porte directement.

– Est ce que ça sera difficile de l’ouvrir ?
– Comme celle de tout à l’heure ça prendra un peu de temps, tu n’as qu’à cacher les soldats pendant ce temps.

Je lui laisse du temps et fais ce qu’elle me demande, pour l’instant rien ne presse et j’espère juste que l’on ne va pas voir des renforts arriver. Après avoir rapidement caché les gardes je décide de faire une pause et m’assois contre un mur. Je donne à manger à Micha et Juliette et bois un peu d’eau. Dans les chambres, Maliel a eu le temps de se reposer en m’attendant, mais dès que j’avais fini avec les vêtements nous devions changer de pièce donc je n’ai pas eu d’occasion de faire une pause.

Micha après avoir mangé un peu décide de faire une sieste pendant que Juliette normalement cachée dans mon écharpe pour ne pas être visible se remet sur mon avant-bras à sa place habituelle.
C’est sans doute un des points faible de ma tenue qu’elle ne puisse pas rester cachée sur mon avant-bras. Les déplacements sur le haut du corps sont plus complexes et moins discret qu’avec mes chemises. Je pensais avoir une tenue d’assassin convenable et c’est visuellement le cas, mais j’ai oublié que j’étais aussi dresseur quand j’ai acheté cette tenue. Peut-être qu’un harnais plus adapté serait intéressant…
En ce qui concerne les plaques de cuir que j’ai ajoutées, elles sont pratiques mais peu efficaces en combat direct. Je ne sais pas si prendre exemple sur Maliel qui n’a pas du tout de protection me conviendrait. Au final si nous comparons, nos tenues sont à peu près similaires : Sombre, légère et pratique pour se déplacer.

De son côté, les seuls différences avec ma tenue sont la capuche qu’elle a conservée et qui semble cousue à son débardeur. Pour le reste elle porte un treillis et un holster simple au niveau du torse contenant une dague légèrement courbée et une ceinture avec une sacoche à l’arrière au niveau de la taille. Elle doit vraiment apprécier de porter une tenue légère pour sacrifier toute forme de protection. Bien entendu je suis plus lourd qu’elle niveau équipement et donc plus lent. Cependant vu que sa compétence de combat principal a l’air d’être liée à son boost de vitesse, c’est normal qu’elle sacrifie toute forme de protection malgré le risque. Au final, malgré les quelques traces de sang qu’elle a encore sur elle datant de son « nettoyage » de la barricade, elle ne semble pas avoir était blessée une seule fois alors que dans la cuisine j’ai fini par me faire toucher par un des manges-mots.

Je décide de me lever d’un bon en étant un peu gêné d’avoir fixé Maliel aussi longtemps et décide de m’approcher d’elle pour savoir où elle en est. Cela doit faire une dizaine de minutes qu’elle est occupée à ouvrir la grande porte. Les différentes grilles ne lui ont pas posé de problème, mais la serrure du coffre a l’air bien plus compliquée. Je m’assois contre le mur à côté d’elle en observant le couloir.

– C’est une serrure magique de bonne qualité, c’est le même modèle que celle de tout à l’heure, mais trouver la bonne séquence magique prend beaucoup de temps et je n’ai jamais était très forte avec ce genre de chose. Tu t’y connais un peu en magie toi ?
– Pas du tout. Je n’ai pas beaucoup de mana à l’origine et ma classe de dresseur n’en demande pas. Le dernier mage que j’ai croisé était capable de voler et de contrôler la foudre ce qui était plutôt dangereux…
– Hm. Affronter un mage n’est jamais facile. Faut courir, soit vers lui soit pour fuir. Il y en a tellement au pied de la tour, mais j’imagine que c’est parce que c’est plus facile de faire de la magie que de faire de l’exercice. Et…. Voilà ! Enfin !

Le mécanisme à l’intérieur de la porte s’active et celle-ci commence à s’ouvrir d’elle-même.

(Correction : Hastin)



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