KissWood

Tour des Mondes – Chapitre 182

Merci aux sponsors du mois !

Quentin S. (1€)

Guillaume V. (25€)

Arthur H. (10€)

_________________


Détresse.

« Dépêche-toi. »
« Tue-la. »
« Fais-le. »

*

— Cours plus vite !
— Je ne comprends pas pourquoi tu es aussi pressée…
— Je le sens, c’est tout. On a la même classe, tu devrais le sentir comme moi.
— Peut-être que ce n’est pas ma mission d’être là.
— Cours et tais-toi !

Quelque chose ne va pas, je peux le sentir et il faut que je me dépêche. Franchement… ça fait moins d’une demi-heure que je viens d’obtenir ma première mission de guide, mais j’ai la prémonition que si je ne me dépêche pas, quelque chose d’horrible va se produire. Il fallait vraiment que ça tombe sur moi ? Le jour où finalement la gardienne des Guides décide de me parler, c’est pour me confier une mission urgente, et j’ai juste peur de ce que je vais trouver. Elle me fait confiance… Elle « nous » fait confiance. Il faut que je garde ça à l’esprit.

« Les fils du destin se déroulent à l’infini, et, aujourd’hui, ils vous appellent. Vous formez un groupe à présent, trois lignes s’unissant et partageant le même objectif. Trois jeunes guides appelés par le destin et par un jeune grimpeur. Sans vous il n’a aucune chance, car seul, il est perdu. Apportez-lui votre aide et guidez-le comme je vous guide à présent. Guidez-le. Guidez le dernier dresseur. »

C’était peut-être ce que j’attendais. Un signe du fameux destin dont j’ai tant entendu parler. Si cela vient de la gardienne, c’est qu’il y a une raison, mais mon pressentiment me dit de me dépêcher maintenant. À mesure que les minutes passent, j’ai l’impression que la seconde d’après, je ne sentirais peut-être rien. C’est la première fois que je sens autant agir ma classe de guide. C’est… excitant, et ça camoufle ma propre peur.

Même si je suis inquiète à l’idée de manquer quelque chose, je sens que je suis à la limite de claquer des dents, comme je le fais si bien quand je suis terrorisée. Si je m’arrête ne serait-ce qu’une seconde, j’ai l’impression que je ne ferai pas un pas de plus et que je retournerai tout de suite dans la classe des guides, sans même me retourner.

Yep. Une grande peureuse, c’est tout ce que je suis, mais tant que je sais où je vais, ça veut dire qu’il y a une raison pour moi d’y aller. J’espère juste qu’il n’y a ni mort ni sang et absolument rien d’effrayant… Enfin… Vu l’ambiance sinistre dans les couloirs, je serais étonnée du contr –
Non, arrête de réfléchir comme ça. Ne pense pas à ça et continue de suivre ton instinct.

De toute façon, maintenant que j’y pense… Sans mon pressentiment de guide… Je suis perdue dans ses couloirs, non ?
… À force de me dépêcher, je ne sais même pas où je suis… Ne panique pas, ne panique pas et avance….
Pete est avec moi, donc si jamais j’ai un problème, il pourra toujours me servir pour que j’aie le temps de m’enfuir. Désolé Pete, rien de personnel. Tu es juste tombé sur la mauvaise personne avec qui faire équipe.
Au moins, je ne suis pas seule. Alors, arrête de réfléchir au fait qu’un inconnu peut se jeter sur toi à tout moment et avance… En même temps, est-ce que Pete est vraiment rassurant… Il est très bien capable de se jeter sur moi, j’ai parlé quoi… dix fois avec lui…
Non… Arrête, écoute ton instinct et dépêche-toi ! Mets de côté la peur…

Je sens que je suis proche, c’est presque palpable, maintenant. C’est presque euphorique si j’oublie toute la partie effrayante. Aha.
Je passe une autre intersection et je peux entendre Pete crier derrière moi parce qu’il vient de se prendre une toile d’araignée dans le visage… Ehe, je l’ai esquivée moi, au moins. Tu parles d’un guide s’il n’est pas capable de regarder devant lui. Et dire qu’il m’a battu lors de l’épreuve du labyrinthe…

J’ai presque envie d’en rajouter une couche en lui disant nerveusement qu’il a une araignée sur lui, mais je n’ai clairement pas le temps pour cela, vu que la sensation que je ressens me donne l’impression d’avoir fait un bon en intensité.

« Bon, là, je le sens aussi. »

Il me passe aussitôt devant en courant franchement. Maintenant, je comprends mieux pourquoi il m’a battue à l’épreuve du labyrinthe, il court juste plus vite… Tu parles d’un talent. Et vu sa vitesse, il vaut mieux que j’accélère aussi, parce que je n’ai vraiment pas envie de me retrouver seule.

Il finit par s’arrêter devant une porte qu’il enfonce à moitié à coup d’épaule. Vu sa tête, je suis bien contente que ce ne soit pas à moi de le faire. Je peux vaguement entendre du bruit à l’intérieur, mais c’est difficile de savoir ce qu’il se passe. Pete met un coup d’épaule, puis un autre, et finalement, après plusieurs tentatives, la porte finit par céder et s’ouvrir en grand. Il se jette presque aussitôt à l’intérieur et je le suis en serrant fermement mon sceptre en bois qui est aussi censé être mon arme.

À l’intérieur, il y a une épaisse fumée et c’est difficile de bien voir la pièce. Bien sûr, il fallait que la pièce soit elle aussi inquiétante, une cheminée, une sorte de pentacle sur le sol, des livres étalés un peu partout… Et le mieux dans tout ça, ce sont les feuilles de papier avec les symboles étranges qui traînent partout, les têtes d’animaux morts, les ossements, les bocaux remplis de choses étranges…

Et au milieu de l’espèce de pentacle, je peux voir un homme debout, les yeux fermés, qui tient une sorte de poignard tourné vers son cœur.

Soudainement, Pete à côté de moi commence à crier alors qu’un homme se jette sur lui avec un couteau dans les mains… Non non non, je vais m’en aller… je vais partir de là, tant pis pour la mission c’est juste trop flippant. Je le savais, je m’en doutais que ça finirait comme ça quand j’ai senti que je devais me dépêcher… Autant me perdre dans les couloirs tant que je ne suis pas avec un maniaque armé d’un couteau qui essaye d’égorger Pete.

Je dois partir tout de suite, sinon je vais mourir, j’en suis sûre… Ne panique pas, ne panique pas et sors d’ici.

[Toi ! La fille ! Arrête-le avant qu’il ne plante cette lame dans son cœur ! Bouge-toi !]
Et maintenant, j’entends des voix. Fais demi-tour. Quelques pas et referme la porte avant de partir.
[Je te jure que si tu fais ça, je t’arracherai les yeux dans ton sommeil ce soir. Maintenant, avance et retire-lui cette arme des mains, tout de suite !]
O-oui…

Ne pense pas à Pete, ne pense pas à Pete et avance, oui…
[Pete va s’en sortir, mais si tu ne te dépêches pas, il va y avoir un mort, alors fonce !]
L-La femme, elle a un couteau ! Je-je n’approcherai pas si elle a un couteau.]
[Plus pour longtemps.]

Alors que cette voix continue de parler dans ma tête, j’entends le sifflement d’un serpent, et la femme sur mon chemin commence à hurler en s’agitant dans tous les sens. J’ai presque envie de crier avec elle par réflexe alors que la voix dans ma tête continue de me dire d’avancer plus vite.

Je finis par arriver devant l’homme dont l’arme est bientôt enfoncée dans le torse au niveau de son cœur. Il a les yeux fermés et il a l’air très pâle. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? J’essaye de le réveiller ? J’ai déjà vu que quand ce genre de chose arrive chez les somnambules, on ne doit pas les réveiller et il faut attendre. Il ne va pas vraiment se planter ça dans son cœur, si ?

[Oui, on peut aussi attendre qu’il ait fini de se tuer… Si tu continues à hésiter, je te jure que je ferai plus que t’arracher les yeux… RETIRE CETTE ARME DE SES MAINS !!!]

Alors que la voix a l’air d’être encore plus en colère, je décide d’attraper la main de l’homme et j’essaye de lui retirer l’arme des mains… Enfin, comparé à sa force, j’ai l’impression de ne servir à rien. J’arrive à peine à retenir l’arme et je commence à paniquer, puisque si je n’y arrive pas, je vais voir quelqu’un mourir sous mes yeux. Je serai responsable parce que je n’aurais pas réussi à retirer une arme de ses mains, et en plus, il y aura mes empreintes partout… J-je ne veux pas voir ça !

[Gagne du temps, que je trouve un moyen de le réveiller !]

Je force encore plus et j’arrive à arrêter l’arme pendant quelques instants. J’essaye vraiment. Je ne sais pas qui me parle depuis tout à l’heure, mais j’essaye vraiment, d’accord ? Je fais abstraction du bruit derrière moi, des cries de la femme et même de Pete et de l’autre homme qui sont encore en train de se battre. Je suis terrorisée, mais si je ne le fais pas, il va mourir, et j’aurais échoué ma première mission en tant que guide.


Correction : Hastin



Chapitre Précédent | Sommaire | Chapitre Suivant

Pour soutenir mon travail, clique en dessous :

Tipeee

4 thoughts on “Tour des Mondes – Chapitre 182

  1. Merci pour le chapitre.
    PS: Je réussi enfin à trouver le temps de rattraper tout les chapitres de TM et je suis directement sur du super intense, la chance !

  2. C’est un peu téléphoner comme chapitre on savait qu’il allait pas mourir mais quand même

    1. Alors oui étant le protagoniste forcément qu’il n allait pas mourir, mais personnellement je m’attendais pas à ce qu’il soit en train de ce tuer, lui même.
      Et que ce soit les guides qu’il a accepté d aider qui le sauve c est pas mal non plus, sa prouve qu’il ne sera pas leur baby sitter ^^

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :