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Tour des Mondes – Nina 18

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Le monde Perdu.

«  Tu ferais mieux d’arrêter si tu ne veux pas que je me mette en colère. »

Aster brise des os sous ses talons. Le tas d’os qu’a affronté Nina bouge encore, mais avec difficulté, et Aster essaye d’écraser le plus possible les morceaux. Pour Nina, c’est non seulement inutile, mais la colère et la joie qu’elle peut lire sur le visage d’Aster ne lui plaisent pas du tout.

— Il l’a bien cherché !
— Si tu continues, c’est toi que je vais mettre au sol pour te briser les os.

Aster regarde Nina quelques instants sans comprendre et s’arrête. La hiérarchie au sein du groupe n’est pas encore très claire pour qu’elle ait besoin de se répéter comme ça. Même s’ils viennent de passer plusieurs heures ensemble dans la cellule, il semble qu’ils mettent tous les deux Nina à leur niveau, mais c’est une erreur qu’elle ne leur laissera pas faire plus d’une fois.

Puisqu’elle a décrété qu’elle tuerait des esclavagistes, les deux garçons sont d’accord pour l’emmener à leur camp en échange de nourriture et aussi de protection sur la route, même s’ils n’ont pas clairement parlé du dernier point. Pour le tas d’os, elle comptait le laisser comme ça, le temps qu’il se restructure et qu’il redevienne une menace, ils seront tous les trois loin.

« Rien à faire qu’il ait essayé de nous tuer, un ennemi blessé mérite mieux que de se faire écraser comme un insecte. »

Pour Nina, c’est simple. Si elle avait voulu achever le tas d’os, elle l’aurait fait elle-même bien plus tôt. Ce n’est pas à Aster d’en décider alors qu’il n’aurait jamais osé s’en approcher auparavant. Il n’y a qu’un faible ou un sadique pour frapper aussi bêtement un adversaire au sol.

« Allons-y maintenant. Je n’ai pas envie de perdre mon temps. »

Nina fait un geste aux deux garçons qui acquiescent et passent au-dessus du tas d’os en marchant sur la table. En passant à son tour, Nina met un coup de pied dans la table et les os encore intacts en dessous s’agitent vigoureusement.

« Retourne chez toi. »

Tout en donnant cette consigne au tas d’os, Nina s’éloigne alors que les deux garçons la regardent sans comprendre la logique de son geste. Elle se contente de faire un vague mouvement de la main pour qu’ils continuent d’avancer.
Pour Nina, les couloirs se ressemblent tous, mais les deux garçons ont apparemment conçu un système pour s’y repérer en laissant des marques à la craie sur les parois des murs.

— Vous êtes combien à votre camp ?
— Environ deux cents.
— Et vous avez un chef ou une idée de ce que vous allez faire à l’avenir ? J’imagine que rester sous terre ne vous intéresse pas.
— Une fois que nous aurons trouvé une sortie amenant à la surface, ce sera plus facile de savoir ce que nous pourrons faire. Pour l’instant, nous avons surtout besoin de ressources si nous voulons survivre. Certains esclaves avaient des métiers avant, mais sans outils et sans armes, ce sera impossible de se créer un royaume.

Aster regarde rapidement Dandelion qui vient de parler. Il semble que le premier lui en veuille de donner autant d’informations à une paria indigne de confiance. Il pensait probablement à l’abandonner dans un tunnel à la première occasion vu sa réaction, mais Nina s’en moque. Son objectif ne changera pas, même s’il le fait. Tuer des esclavagistes, tuer le juge. Elle s’en sortira toute seule si nécessaire. Par contre, ils n’auront pas la nourriture qu’elle conserve dans son inventaire dans ce cas et Nina pense sincèrement qu’en y réfléchissant, ils trouveront tout de suite que ce n’est pas une bonne idée.

— Et en ce qui concerne le chef ?
— Nous n’en avons pas vraiment. Certains esclaves étaient des grimpeurs par le passé et s’occupent de défendre les plus faibles. En ce qui concerne les décisions et les règles, c’est Mercure qui s’en occupe.
— Vous êtes sous terre depuis longtemps ?
— C’est… Nous n’avons pas vu la lumière du jour depuis au moins deux ans Aster et moi. On nous a libérés il y a deux semaines.
— Qui vous a libéré ? J’imagine que ça n’arrive pas tous les jours que deux cents esclaves réussissent à fuir en même temps.
— Un renard.
— Ah ?
— La première cage a été ouverte par un renard. Il nous a dit de fuir en parlant dans nos têtes.
— Et les esclavagistes n’ont rien fait ?
— La domination s’est brisée et suite à l’explosion, c’était le chaos. Nous avons dû fuir dans les souterrains, mais beaucoup se sont fait recapturer aussitôt.

Nina soupire. Un renard a sauvé des esclaves, encore une idiotie de plus à attribuer à cette tour. Avec ce système de jeu vidéo et Judas bien sûr.

Dis-moi, les animaux parlent au pied de la tour ?
≈ Je ne sais pas. ≈
Merci.

Judas ne sert vraiment à rien, se dit Nina. Il était censé lui apprendre des choses, mais il a l’air tout aussi perdu qu’elle. Alors qu’ils continuent de marcher pendant encore plusieurs dizaines de minutes, ils finissent par arriver dans une sorte d’embouchure. Les deux garçons continuent de marcher sans s’inquiéter alors qu’un paysage gigantesque se dessine , devant Nina. Le passage s’ouvre sur un pont en pierre suspendu au-dessus du vide. Devant elle, taillés dans la roche, elle peut voir des dizaines de bâtiments enchevêtrés les uns sur les autres contre une paroi rocheuse. Au-dessus de sa tête, une sorte de cristal géant projette une lumière bleutée sur toute la grotte, donnant un côté presque aquatique à l’endroit.
Les deux garçons éteignent leurs torches et continuent d’avancer sans vraiment se préoccuper de l’endroit. Pour Nina cependant, l’atmosphère silencieuse et le calme qui se dégage de cet endroit lui donnent l’impression de découvrir une ville abandonnée. Elle n’est pas en ruines et, même si la pierre manque de couleur, les surfaces lisses des murs donnent un certain charme à l’endroit. Par endroit, elle peut voir sur les côtés quelques bâtiments non achevés dont l’architecture n’est pas la même que la ville qu’elle a en face d’elle. Cela veut probablement dire qu’ils étaient plusieurs à bâtir l’endroit. C’est probablement les architectes dont ils ont parlé tout à l’heure qui sont responsables.

En étant complètement creusée dans la roche, la structure même de la ville  donne une impression de gigantisme assez étrange pour Nina qui lui donne vraiment l’impression d’arriver dans un autre monde.

— Vous êtes installés ici ?
— Non, il n’y a ni eau ni nourriture. Difficile de vivre ici. C’est une ville qui n’aurait probablement pas dû voir le jour, mais il y en a beaucoup sous terre. Elle nous permettra de rejoindre les niveaux supérieurs, mais nous devrons passer par cinq ou six grottes comme celle-ci avant d’arriver. Les villes sont toutes vides, personne ne vit ici.
— Je ne pensais pas que le dessous de la tour serait aussi grand. J’aurais préféré être enfermée dans un endroit comme celui-ci.

Nina traîne les pieds alors qu’elle marche lentement sur le pont en profitant de la vue, les mains dans les poches.
Judas flotte lentement derrière elle, attaché à la ficelle magique, alors qu’elle lève la tête pour se perdre dans les détails qu’elle remarque ici et là. Les deux garçons semblent mécontents de la voir ralentir la marche, mais ce n’est pas comme s’ils pouvaient émettre un commentaire.


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Vos appréciations sont importantes pour m’aider dans l’écriture de l’histoire.

Correction : Hastin


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