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Tour des Mondes – Chapitre 180

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Souvenir Lointain.

Un Hérétique. Jusque-là, je n’en avais pas spécialement entendu parler. J’ai vaguement vu que c’était une classe principale de la tour des Druides dans le livret que Cyrus m’a donné quand je suis arrivé au pied de la tour, mais jusque-là, je n’en ai jamais rencontré et je n’en ai jamais entendu parler non plus.

J’imagine que Seth pourrait me donner des informations sur cette classe, puisqu’en tant que Druide, il partage sa tour avec eux. Mais je ne prendrais pas le risque de le contacter ou de retourner au Prophétie et de mêler plus de monde à cette histoire.

La première chose que je sais, c’est que la classe d’Hérétique est clairement en opposition avec la tour des Prêtres. Le système magique des classes est basé sur différents modes de pensée. Les Magiciens puisent l’énergie en eux-mêmes. Les Prêtres utilisent l’énergie d’êtres qui ne vivent pas dans notre monde. Les Druides se servent de l’énergie naturelle présentent autour de nous et les Shamans utilisent l’énergie naturelle par le biais des esprits… Mais pour les Hérétiques… je serais incapable de dire ce qu’ils utilisent ou comment ils font.

Je manque clairement d’information sur ce qu’ils font, mais si Eruc me dit que l’un d’eux peut me faire une arme convenable, je dois au moins me renseigner en allant le voir. Le nom de la classe est un peu inquiétant… mais je ne devrais peut-être pas me fier aux apparences alors que je n’ai pas d’information.

Après avoir répondu à toutes les questions d’Eruc, il m’a donné temporairement un gantelet de félin qui me servira le temps qu’ils finissent l’armure. Il m’a dit que ça prendrait probablement une semaine s’il ne fait que s’en occuper avec ses amis et je lui fais confiance. Pour l’arbalète, je devrai attendre pour qu’il fasse quelques ajustements qui iront avec l’armure.

Il sait à présent que je suis dresseur et ça pourrait être un problème. Mais s’il cache son magasin, c’est justement pour les clients qui ont besoin de rester discrets, et j’en suis un. Sans parler du fait qu’il soit un membre du peuple de la tour et que j’ai confiance… Cyrus m’avait expliqué à mon arrivée que je pouvais faire confiance aux membres du peuple de la tour pour ne jamais trahir les grimpeurs, et jusqu’à présent, je n’ai jamais eu de problèmes.

À la manière dont il me regarde quand je lui demande des choses, il est plus intéressé par l’idée de créer de nouveaux mécanismes que par l’idée de revendre des informations me concernant. Je devrais en tout cas cacher à cet Hérétique que je suis un dresseur pour éviter des problèmes. Avant de partir, Eruc me parle une dernière fois de l’Hérétique qu’il me conseille d’aller voir.

«  Je ne suis pas allé voir cet Hérétique depuis longtemps, mais il est très connu en matière de fabrication d’armes. Il est un peu étrange aussi, mais j’imagine que c’est commun à toutes les personnes de cette classe. »

*

Il est à présent temps de rencontrer l’Hérétique dont il m’a parlé et donc de retourner à la tour des Druides. Un peu comme le sien, l’atelier de l’Hérétique est un peu reculé et caché des yeux de tous. Cela m’étonne qu’il puisse être connu tout en étant caché, mais je ne sais rien du monde des Artisans au pied de la tour. C’est peut-être une question de contacts révélant les bonnes adresses, comme Maliel l’a fait pour le magasin d’Eruc.

En tout cas, me perdre dans les couloirs de la tour des Druides est plus apaisant que dans la tour des Voleurs. L’architecture varie légèrement de tour en tour, mais c’est vraiment dans les recoins que la différence se fait le plus sentir.

La tour des Voleurs est constituée de pierre froide et il y a beaucoup d’humidité dans l’air. En plus de cela, la lumière est très peu présente, voire inexistante dans certains couloirs. Tandis que dans la tour des Druides, il y a beaucoup de végétations, de mousse, de plantes grimpantes et même de fleurs et d’insectes un peu partout. La tour des Druides est remplie de vie, bien plus par exemple que dans la tour des Rangers, qui a un côté forestier où les arbres se mélangent à la pierre en harmonie. Chez les druides, la vie prend le dessus sur les constructions humaines et donne un côté assez féerique à la tour secondaire.

Si je parle de cela, c’est parce que j’ai l’impression que l’endroit où je me trouve n’est pas vraiment une partie de la tour des Druides. L’ambiance est bien plus sombre que dans les couloirs principaux. Tout est plus sombre et plus inquiétant. Il y a bien des torches, mais l’ambiance est tellement proche du film d’horreur que cela ne serait pas surprenant de voir apparaître un monstre au coin d’un mur. Il y a des chenilles, des fourmis, ou encore des araignées de différentes tailles avec les toiles qui vont avec. Mais il y a aussi des marques d’entailles sur les murs qui semblent avoir été faites par des grimpeurs et des marques d’usure comme si j’étais dans des ruines. L’ambiance est à glacer le sang, même s’il ne fait pas spécialement froid, et cela donne une aura menaçante à toute la zone. Pour peu, je dirais que je suis piégé dans un jeu d’horreur médiéval.
J’aurais peut-être dû demander au garde à qui j’ai demandé des directions vers la boutique de me guider à travers l’endroit, mais ce n’est pas comme si j’étais seul. Je caresse rapidement la tête de Micha alors que Juliette s’amuse à s’enterrer dans mon avant-bras avec son évolution, juste pour voir comment je réagis à la sensation.

Si moi, je me sens un peu tendu d’avancer dans les couloirs, j’ai l’impression que cela ne dérange pas du tout mes animaux. Peut-être la température un peu basse pour Juliette et Yuu, mais à part ça, ils n’ont pas l’air d’être inquiet. J’imagine que c’est à cause de mes préconceptions sur ce genre d’endroit que je me sens un peu mal à l’aise…

Je finis par atteindre la porte en bois indiquée sur le plan qu’Eruc m’a donné, qui est reconnaissable grâce à la même marque formant une spirale un peu étrange qu’il y a sur le bout de papier.
Il n’y a qu’une porte et pas de fenêtre, donc j’ai presque l’impression de me trouver devant une cellule, vu l’épaisseur de la porte.
Je finis par frapper sans vraiment savoir à quoi m’attendre. En tendant l’oreille, je peux entendre un léger bruit de tambour, et dans l’interstice au pied de la porte, je peux voir qu’il y a de la lumière, mais ça fait peu d’informations.

Je n’entends pas de réponse en tout cas et je finis par me décider à ouvrir moi-même la porte, qui tourne lentement sur ses gonds en grinçant. À l’intérieur, je peux voir un rideau de fumée qui enveloppe entièrement la pièce et donne un côté mystique à l’endroit. Je vois aussi des peaux d’animaux accrochés aux murs et des morceaux de papier sur le sol. Plus loin, dans la partie la plus éloignée de la pièce, une femme avec un voile sur le visage est en train de jouer du tambour au sol dans une sorte de cercle rituel dessiné sur le sol.

L’endroit m’a effectivement l’air d’être la maison d’un hérétique. Le côté chaotique du rangement, la fumée, la femme avec le tambour et la déco… J’ai clairement l’impression qu’il se passe des choses assez sombres, ici. J’aurais préféré un simple atelier ou magasin, mais essayons de supporter cette ambiance le temps d’obtenir une arme.

La seule lumière à l’intérieur vient d’un feu de cheminée placé à proximité du cercle, derrière la femme, et je décide d’entrer en restant sur mes gardes. Je ne sais pas ce qu’il se passe ici, mais c’est loin d’être accueillant. La femme au centre de la pièce continue de jouer du tambour sans se préoccuper de moi. Est-ce que c’est elle, l’Hérétique ? Eruc n’a pas précisé de nom et le garde ne savait rien de plus que l’emplacement de la porte.

Je m’approche encore, mais je décide de ne pas entrer dans le cercle et j’évite de parler pour le moment. Elle n’a pas l’air d’être en train de faire une cérémonie et je pense qu’elle a compris que j’étais là, puisqu’elle a commencé à ralentir le rythme du tambour. Pour l’instant, je vais rester où je suis et attendre.

Derrière moi j’entends la porte qui se ferme brutalement, et quand je me retourne, je peux voir un homme torse nu, un couteau dans une main, tandis que l’autre est sur la porte, comme pour m’indiquer qu’elle restera fermée. Sur son torse, je peux voir différents dessins, probablement tatoués, ainsi qu’un grand nombre de cicatrices qui ont l’air récentes.
À son expression faciale, il a l’air d’être amusé par ma présence et son regard n’annonce rien de bon.

La femme par terre se met alors à rire hystériquement et se lève en sortant un couteau de l’intérieur de sa robe et en laissant négligemment son tambour par terre.

Je pense que je me suis trompé d’endroit. Ou alors c’était juste un piège et je m’en rends compte trop tard. J’ordonne à Juliette de se préparer en disant à Micha de se faire discrète et je décide de sortir mes stylets de mon inventaire. Ma meilleure chance est de sortir d’ici en me servant du boost, mais pour cela je vais devoir m’occuper de l’homme en m’assurant que la femme n’en profite pas pour me poignarder.

La situation est un peu incertaine, mais j’ai affronté des mange-mots, je devrais pouvoir m’occuper de deux grimpeurs. Le vrai souci reste mon état. Je suis loin d’être guéri, et me servir du boost sera sans doute dangereux.

« Regarde, regarde ! C’est lui ! Ahahahaha ! »

La femme derrière moi prend la parole, et j’ai vraiment l’impression qu’elle est folle au timbre anormalement excité de sa voix. Je décide de me mettre sur le côté pour réussir à voir les deux « Hérétiques » en même temps. Pas de fuite possible tant que l’homme est devant la porte, je dois l’attirer vers moi si je veux libérer l’accès.

Il fait quelques pas dans ma direction, mais ce n’est pas suffisant.

— Un enfant ! Un enfant ! Et c’est lui, le dresseur ! AhaAhaHaAh !
— Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous n’êtes pas les premiers qui essayeront de me tuer sans réussir. On peut très bien s’arrêter là, et si vous me laissez partir, je ne reviendrai pas.
— Oh ! Oh… oH… Oh !! Donne-le-moi ! Donne-le-moi. Non… Non… Il est à moi ! À MOI !!

Sans attendre, la femme se jette dans ma direction en hurlant. J’entends l’homme qui se met à rire. J’imagine que je n’ai pas l’air suffisamment menaçant. Même Yuu me fait remarquer que c’était mignon de ma part d’essayer de résoudre la situation comme ça. J’ai très envie de le jeter sur la femme pour la distraire avec ses remarques.

J’esquive la charge de la femme en faisant un pas de côté et son couteau siffle dans les airs sans m’atteindre. Je la préviens une nouvelle fois que ça va mal finir, mais cela n’a aucun effet.
Elle répète tout le temps « à moi » en continuant de m’attaquer, mais je me contente de parer l’arme avec les miennes sans trop de difficulté. Elle n’est effectivement pas douée, même si elle essaye de me tuer ou au moins de me blesser.
En la voyant faire, c’est clairement à cause du voile sur son visage qu’elle a du mal, et à cause de sa robe qui la gêne dans ses mouvements. À plusieurs reprises, elle poignarde le vide assez loin de moi, ce qui veut dire que j’ai un peu de marge au niveau du combat. Le souci c’est l’homme. J’aurais plus de problèmes s’il rejoint le combat.

[Il y a probablement du poison sur son arme, ne la laisse pas t’égratigner.]

Je prends en compte la remarque de Yuu et continue d’esquiver sans savoir si je dois vraiment la blesser pour qu’elle arrête. L’homme de son côté me regarde en souriant sans être inquiet pour la femme. Il n’a pas l’air de vouloir intervenir pour le moment. Je dois donc m’occuper de la femme et ensuite l’affronter. D’abord, je vais la désarmer.

J’esquive une attaque qui me frôle presque le ventre alors que je cherche une ouverture. À peu de chose près, elle m’aurait touché avec cette attaque. Je devrais faire plus attention.
Sur un mouvement un peu trop large de sa part, je décide de la contrer en passant la pointe de mon stylet sur le dessus de sa main.
Une petite coupure apparaît et elle se met à crier en lâchant son arme par réflexe.

Elle se tient la main en tremblant et en sanglotant, et j’ai l’impression que mon combat avec elle est fini. Il ne me reste plus que l’homme, et je pourrai sortir de cette maison de fous.

Soudainement, j’entends une voix venir d’en dessous du voile, ce n’est plus celle de la femme hystérique. Un peu comme si elle avait complètement changé de personnalité. Elle est toujours en train de sangloter, mais je reconnais cette voix… Non. Je dois me faire des idées. Je dois juste rêver, ce n’est rien de plus qu’un tour de passe-passe.

« Pourquoi… Pourquoi est-ce que tu continues à me faire souffrir Nomad… »

Cette voix, que je n’ai pas entendue depuis tellement longtemps, n’a pas de raison d’être là. C’est juste un mirage, mais je n’arrive pas à rejeter complètement l’idée que c’est elle. Mes pensées se brouillent alors que ma gorge s’assèche.

« Je t’attendais Nomad, mais tu n’es jamais revenu… Tu m’as ABANDONNÉE ».

Alors qu’elle dit cela, elle se redresse en retirant le voile sur son visage, et je peux voir ce que je craignais. Le visage de cette femme, je le connais. Je reconnais aussi ce parfum et la manière dont ses cheveux sont coiffés et chaque trait de son visage…

« Comment est-ce que tu as pu me faire ça… »

Devant moi se tient Micha. Ma Micha. Celle qui n’a jamais pu entrer dans la tour et que j’essaye d’oublier depuis.

Derrière elle, je peux voir l’homme qui se met à rire puis à sourire alors qu’il me fixe des yeux. Il n’a qu’une phrase à me donner alors que le sosie de Micha attrape son couteau au sol et se prépare à se jeter sur moi à nouveau.

« Bienvenue dans ton cauchemar. »


Correction : Hastin



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Tipeee

4 thoughts on “Tour des Mondes – Chapitre 180

  1. Ah ? Est vraiment sa petite amie avec qui il est rentrer dans la tour ?
    Si oui, la suite promet d’être intéressante.

    Merci pour les chapitres et bon courage pour la suite.

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